Amateur Photographer
PROCÉDÉ OZOTYPE.
sion ii boutons filetés pour le repérage du négatif. Pour enlever le panier à la gomme après l'insolation, on applique à sa surface une feuille de papier ordinaire, bien sec, et on repasse le tout à l'aide d'un fer modérément chaud ; par suite du ramollissement de la gutta, il devient facile d'enlever l'épreuve, la dépouiller, et, après lavages, coucher une nouvelle couche de gomme.
M. Pettauer1 utilise les impressions successives en faisant varier la nature de la mixtion. Pour le premier tirage, il mélange h la couleur 2 c c. de dissolution de gomme à 40 % et 8 c. c. de solution sensibilisatrice. Cette solution se prépare avec 5 grammes de bichromate de soude, 5 grammes de bichromate d'ammoniaque, 2 c. c. d'ammoniaque et 100 c. c. d'eau. Pour le deuxième tirage, il utilise 6 c. c. de cette solution et 4 c. c. de solution de gomme; enfin, pour le troisième tirage destiné aux ombres, il emploie 4 c. c. de solution sensibilisatrice et 6 c. c. de solution de gomme. Il développe avec de l'eau à la température ordinaire et, en cas de surexposition, il chauffe jusqu'à 20° C; si cela ne suffit pas, il ajoute à l'eau de l'acide tartrique ou les produits recommandés en pareil cas (carbonate, bisulfite de soude, etc.).
M. Otto Scharf utilise des couches colorées très minces; par la multiplicité des impulsions successives, il arrive à obtenir la vigueur des tons et la justesse des valeurs. Il utilise pour le dépouillement la sciure de bois et l'eau froide; il évite autant que possible l'emploi du pinceau; le développement à la sciure permet d'obtenir les valeurs désirées par rabaissement local des tons.
1926. Papier au chromate de cuivre On prépare à chaud mie solution de 9 grammes de bichromate de potassium el 5 grammes de sulfate de cuivre dans 100 e. c. d'eau; on filtre. Pour sensibiliser le papier bien encollé, on relève les quatre bords de façon à constituer une sorte de cuvette dans laquelle on verse la solution sensibilisatrice; après une minute environ, on fait écouler l'excès de solution par l'un des coins et l'on sèche aussi rapidement que possible. On expose à la lumière jusqu'à l'apparition d'une image d'un brun foncé dont tous les détails sont visibles. L'épreuve es\ alors remise dans l'eau légèrement salée avec du sel de cuisine ordinaire, puis on développe dans une solution aqueuse pure de pyrogallol à 1 %; l'image prend alors un ton sépia plus riche, qui sera d'autant plus intense que la proportion de enivre était plus faible dans Le bain sensibilisateur; on lave et on sèche '.
A l'aide de ce procédé, on peut facilement préparer des cartes postales;
1. l'hnf. Correspondent, 190% p. 682L — 2. La Phtographie, 1905, p. 127.
on y arrive aussi très aisément par l'emploi des sels de chrome en étendant sur le papier une légère colle d'amidon colorée avec une couleur à l'aquarelle ; quand cet encollage est sec, on sensibilise avec une solution de bichromate de potasse que l'on étend au pinceau; on laisse sécher à l'obscurité et on imprime au châssis-presse; le dépouillement se fait à l'eau froide comme dans le procédé à la gomme ; on lave et on laisse sécher1.
§ 4. — Procédés divers.
1927. Catatypie. — Une épreuve formée d'argent ou de platine réduit est recouverte d'une solution d'eau oxygénée; cette eau oxygénée est détruite aux endroits où se rencontre de l'argent ou du platine, tandis qu'elle subsiste dans les autres parties de l'image. On obtient ainsi, d'un négatif d'argent ou de platine, un positif invisible constitué par de l'eau oxygénée. Ce positif est reporté par contact sur une feuille de papier ordinaire ou gélatiné; il peut être rendu visible par divers procédés. On peut le développer avec un sel de manganèse, qui donnera un précipité de bioxyde de manganèse. Si on utilise pour ce développement du sulfate double de fer et d'ammoniaque, on obtient du sulfate basique de fer qui peut être développé par l'action de l'acide gallique.
On peut opérer d'une façon différente. Après avoir recouvert le négatif d'une solution éthérée de bioxyde d'hydrogène, on le met en contact avec un papier à la gomme; l'eau oxygénée, restée sur les ombres du négatif, passe dans la gomme. Le papier est alors recouvert d'une dissolution d'un sel ferreux qui passe en partie à l'état de sel ferrique, et cela proportionnellement à la concentration et à la distribution de l'eau oxygénée restée sur la plaque. Le sel ferrique tanne la gomme comme le fait la lumière en présence du bichromate, de telle sorte qu'après un simple lavage l'épreuve peut être dépouillée à l'eau chaude et à la sciure de bois. On peut, de la même façon, obtenir des épreuves sur du papier au charbon non sensibilisé, sur du papier recouvert de colle, etc.
Le mode opératoire est donc assez simple : on fait un négatif sur papier au platine qu'on monte sur carton à la manière habituelle ; on verse ensuite à la surface de l'image une solution éthérée d'eau oxygénée qu'on prépare en agitant pendant dix minutes 20 c. c. d'eau oxygénée à 30 °/o avec 200 c. c. d'éther anhydre et en décantant ensuite la solution éthérée. Quand l'éther est évaporé, le négatif au platine est prêt pour faire une impression sur papier à la gomme. On prépare ce papier avec la mixture suivante : eau, 8 c. c. ; mucilage de gomme, 6 c. c; solution d'alun de chrome à 5 °/o, 1,5 c. c; couleur en tube (noire ou autre), 0 gr. 6. Pour l'impression, il suffit d'un contact de trente secondes du papier avec le négatif. Le papier est alors immergé pendant quelques secondes dans une solution de sulfate de fer ammoniacal et l'image peut être développée comme s'il s'agissait d'une gomme ordinaire2. Ce procédé est dû à Ostwald et Gros.
Ce n'est pas la seule action que l'eau oxygénée puisse exercer sur les né-
1, Photo-Gazette, 1905, p. 184. — 2. Amateur Photographer, 1903, p. 346.