‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 105 sur 158 · PHOTOGRAPHIES EN RELIEF · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIES EN RELIEF

gatifs. M. Ebert 1 a constaté que le négatif ainsi traité éprouve une augmentation de relief qui augmente son opacité : c'est un véritable renforcement qui se produit, mais ce renforcement disparait en plaçant le négatif dans l'eau ; on peut, de cette façon, réduire les portions trop opaques du négatif. Les épreuves positives au gélatino-bromure, traitées par l'eau oxygénée, changent de teinte et virent au brun. Ce ton est peu stable à la lumière; on peut cependant le conserver en traitant l'épreuve par le bain de métolhydroquinone.

1928. Emploi des dérivés de l'acide amidosalicylique. — En traitant une solution d'acide amidosalicylique dans l'acide chlorhydrique par une proportion moléculaire de aitrite de sodium, on obtient un précipité constitué par !<• diazodérivé de couleur jaune, soluble dans les alcalis, rapidement colon'- par la Lumière. Le papier immergé dans une solution alcaline de ce composé est séché à l'obscurité. Exposé sous un négatif, il donne une image rouge que l'on li\<' par un simple lavage à l'eau. Ce ton rouge peut être modifié en (tassant l'épreuve dans des bains de sels métalliques (acétate ou nitrate de plomb, chlorure ferrique, nitrate de cobalt, etc.).

1929. Fusains photographiques. — On peut obtenir des portraits ayant l'aspect dès fusains en suivant le procédé indiqué par M. Dubreuil2. On fait poser le modèle devant un tond blanc; lorsque le modèle est en place, on fait avec le fusain une série de hachures aux places voulues, de telle sorte que la teinte foncée de ces hachures fasse ressortir la partie mise en lumière; du côté peu éclairé, au contraire, on oppose soit le blanc du papier, soit une série de hachures légères. On se rend compte, sur le verre dépoli, de l'état d'avancement du travail. Le modèle doit être appuyé solidement, «le façon à ne pas changer de place. On peut, à volonté, faire varier la teinte du fond et celle des hachures, opérer par exemple sur un fond noir et faire des hachures blanches ou de tout autre ton.

Le négatif esi imprimé, autant que possible, par un procédé à dépouillement, tel que La gomme bichromatée, en ayant soin (le protéger le bas du négatif au moyen d'un carton dégradateur. Au dépouillement, on accentue légèrement les hachures du fond ; on obtient ainsi un simili-dessin au fusain.

1930. Photographies en relief. — - Le procédé des photo-reliefs par gonflement de la gélatine donne des reliefs qui ne sont pas exacts. Comme l'a fuit observer M. le DrNamias, si l'on veut traduire une photographie en relief, on est forcé de transformer la photographie en un dessin tout à fait spécial. Quelques applications de ce procédé ont été faites au portrait; on a appliqué aussi l'image p ho to graphique sur un relief obtenu à l'aide de

1. Phot. Correspondent, 1908, p. ('>'.>. Voyez aussi : Phot. Rundschau, 1903, p. 145; Phot. Mittheilungen , 1903, p. '.)".): Phot. Wochenblatt, 1903, p. 95; Atelier des Phot. . l'.»n::, p. '.tu ; Phot. Centralblatt, 1908; p. -219; Deutsche Phot. Zeitg., 1903, p. 862; Brevets allemands, a" 147181 et 157411; Chem. Centralblatt, 1903, p. 1289; Eder, Jarbuch fur Photographie, années 1903, 1904, 1905. — 2. Photo-Gazette, 11902, p. 289.

cette image ou même sans avoir recours à elle : M. Daydé1 désignait ces portraits sous le nom de photo-reliefs; à la même époque figuraient à l'exposition d'électricité de Paris des épreuves obtenues en Amérique et donnant un relief bien accentué 2.

Les reliefs produits par l'impression sur gélatine peuvent être reproduits par la photographie. On prépare les plaques gélatinées à l'aide d'une mixtion contenant 5 grammes d'amidon que l'on fait passer à l'état d'empois et dans lequel on fait dissoudre 50 grammes de gélatine blanche préalablement gonflée dans l'eau ; on amène le volume à 250 c. c, et l'on filtre sur une mousseline. A l'aide d'un pinceau , on étend cette mixtion sur des plaques nettoyées, talquées, légèrement chauffées et mises de niveau ; on utilise environ 40 c. c. pour une plaque 13 X 18. Quand la couche a fait prise, on fait sécher à l'abri de la poussière. On sensibilise pendant cinq minutes dans un bain de bichromate à 5 °/0, et on applique contre la couche de gélatine, dans le bain de bichromate, un papier de simple transfert recouvert d'une couche de gélatine à 5 °/o ; on laisse sécher, on incise les bords et on détache le papier que l'on conserve dans un endroit sec et à l'obscurité.

On utilise, pour l'impression, les négatifs reproduisant des marbres blancs, des plâtres et des objets monochromes clairs, photographiés la lumière en face et devant un fond noir. On fait des négatifs spéciaux pour le portrait en se rappelant que les chemises et cols blancs produisent des reliefs exagérés, tandis que les habillements sombres se traduisent en creux. La lumière doit éclairer horizontalement et de face, sans projeter d'ombre sur la personne. Le négatif sera convenablement retouché au rouge d'aniline et au crayon noir.

L'impression se fait à la façon ordinaire, au châssis-presse, sur la couche de gélatine bichromatée. Dès que l'image est suffisamment marquée, la couche est plongée dans l'eau froide que l'on renouvelle jusqu'à ce que tout le bichromate soit dissous. La couche ainsi préparée constitue un véritable cliché qui peut être conservé pendant fort longtemps à l'état sec; le relief se produit par immersion dans l'eau froide pendant quelques heures. La couche de gélatine se gonfle et permet de mouler une série d'empreintes.

Pour établir le moule, avec un fil de cuivre rouge de 1 millimètre de diamètre, on confectionne le contenu du médaillon désiré en tordant, au moyen d'une pince, les deux bouts dont on conserve un de 14 centimètres de longueur. Ce contour est aplani et la tige est redressée à angle droit en inclinant son extrémité un peu vers l'intérieur, afin d'assurer la stabilité. On découpe sur un verre , à l'aide d'un canif et d'une règle, une bandelette de carton mince à arêtes bien droites et de 1 centimètre de largeur. En fixant à la colle forte ses deux extrémités, on fait un ovale juste assez grand pour que l'anneau en fil de cuivre, mis dans son intérieur, serre son bord inférieur et forme avec celui-ci une surface plane.

La composition destinée à fournir le moule se prépare en plaçant dans un vase de fer, sur un feu doux, 130 gr. de colophane, 50 gr. de paraffine et 50 gr. de mine de plomb, terre d'Italie, vieux moules, etc.; après l'avoir bien mélangée avec un bâtonnet, on décante la matière dans un récipient de fer

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1881, p. 318. — 2. Photo- Gazette, 1904, p. 100.

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