‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 106 sur 158 · MONTAGE DES ÉPREUVES · texte numérisé non relu

MONTAGE DES ÉPREUVES

émaillé à manche de petite dimension, en arrêtant avec un carton l'écume qui couvre sa surface.

Le relief, retiré de l'eau et épongé, est couvert abondamment, à l'envers, de coll.' de dextrine et appliqué sur un verre uni et propre. Avec l'index droit on détruit les bulles d'air entre verre et papier, en égalisant le fond qui entoure l'image et en laissant une certaine quantité de colle sous celle-ci, afin de hausser son relief général sans déformer les détails. On nettoie le relief avec une éponge humide, on sèche avec une peau de chamois; on place dessus la carcasse préparée «[non tient par sa tige, celle-ci étant tournée à gauche; on verse dans cette forme la quantité de matière nécessaire; l'opération doit être faite en une seule fois. La composition doit être suffisamment chaude pour qu'elle soit bien liquide, mais pas au delà; trop de chaleur détruit le relief.

On rend l'empreinte bonne conductrice de l'électricité à l'aide de plombagine ; on isole le lil de cuivre, et le moule est prêt pour la galvanoplastie.

Le moule pour le stuc n'exige pas de fil de cuivre, ni aucun enduit. Le stuc se compose de 2 gr. 5 de gélatine blanche fondue dans 50 c. c. d'eau chaude; on y mélange 15 gr. de blanc d'Espagne en pondre, et on filtre sur une mousseline. Cet enduit est versé presque à froid, en couche de 2 millimètres, sur L'empreinte du moule placé horizontalement; on l'étend avec un pinceau à plume, et on laisse sécher spontanément. Lorsqu'il est bien sec, on y colle un papier blanc. Après un jour ou deux d'attente, une pointe de canif est engagée tout autour, entre moule et stuc; celui-ci s'enlève sans difficulté. On peut aussi mouler le médaillon en plâtre ou toute autre matière se coulant à froid

1931. Montage des épreuves. — Il est quelquefois utile de vernir les épreuves, surtout celles qui 80 ni faites sur papier au gélatino-bromure d'argent; un des meilleurs vernis se prépare eh dissolvant 10 grammes de gomme Dannar dans lojc. c. .le benzine pure; on laisse déposer ce vernis après dissolution; on liltreau moment de l'emploi. L'épreuve doit être montée sur un carton assez fort; on le vernit en opérant comme s'il s'agissait de collodionner une plaque, c'est-à-dire en faisant écouler le vernis à la surface du papier *.

Le calibrage des épreuves a une très grande importance et très souvent, quand l'image est terminée, on s'apercevra qu'il y a lieu de supprimer certaines parties qui nuisent à l'ensemble. On ne doit pas craindre de réduire le format de l'épreuve, et pour cela il convient d'utiliser deux feuilles de carton que l'on coupe en forme de L, les deux cotés de l'angle droit ayant environ 6 centimètres de large. On choisit un carton de teinte grise d'une face, l'autre face étant brune ou noire; on place l'épreuve de façon à l'encadrer avec ces deux angles droits; on glisse ces sortes d'équerre de droite à gauche, vers le haut ou vers le lias, jusqu'à ce que l'on ait trouvé la meilleure position ; on détermine ainsi le format le plus convenable qu'il convient de donner à l'épreuve.

Les épreuves mouillées peuvent être coupées à l'aide d'une pointe ou d'un

L Bulletin de l'Association belge de photographie, 1905, p. 43. — 2. La Photographie, L905, p, 18,

canif bien tranchant : on place sur l'épreuve une mince feuille de papier paraffiné tel qu'en emploient les marchands de comestibles ; aussitôt après, on applique sur ce papier la règle de verre ou le calibre et l'on coupe ; il ne se produit ni déchirures, ni accrocs en coupant l'épreuve en même temps que le papier paraffiné

Le blanc, le gris et le noir d'une épreuve sont plus modifiés par les teintes pâles des bristols que par des teintes fonées; les contrastes sont plus accusés avec le vert, le bleu, le violet qu'avec le rouge, l'orangé, le jaune; ils sont aussi plus accusés avec les couleurs dites froides qu'avec les tons chauds.

Chaque coloration peut fournir deux genres de contrastes, celui résultant de la juxtaposition d'autres couleurs et celui pouvant être obtenu par le plus ou moins d'intensité du même ton juxtaposé, plus pâle, à côté du même plus foncé. Des tons rougeâtres sur fond blanc semblent plus foncés, plus intenses; sur gris sombre ou noir, ils prennent une teinte orangée et s'illuminent davantage : du rouge sombre sur blanc semblera brun, tandis que sur noir il deviendra plus rouge. Une image verte devient plus vigoureuse, plus riche quand elle s'enlève sur fond blanc; sur un fond noir, cette même image â un aspect plus pâle. Le bleu de Prusse sur blanc semble verdâtre et se conserve mieux sur fond sombre. Le bleu pur sur blanc s'intensifie sans apparence de vert; sur noir, au contraire, le bleu devient plus lumineux et son intensité est augmentée.

Les teintes grises ont toujours eu du succès dans le montage des épreuves; elles sont recommandables lorsqu'on hésite, dans les cas douteux.

Le montage n'agit pas seulement sur la tonalité de l'image, mais aussi sur l'aspect de la perspective aérienne. Dans un paysage de montagne, si l'on met sur un fond blanc une chaîne de montagne d'un ton neutre gris, la vue perd toute espèce de transparence et paraît plate; sur un fond convenablement choisi, elle prendra une teinte spéciale et pourra être rendue plus lumineuse et plus brillante.

Il est certain que si un fond et un cadre ne peuvent pas améliorer une œuvre, leur choix, peu judicieux, peut empêcher sa mise en valeur. Il faut se garder d'employer un fond uniforme pour tous les genres d'épreuve, même lorsqu'il est d'une tonalité très tranquille qui n'attire point l'attention ; sa tranquillité même peut produire un effet prédominant nuisible à l'épreuve qu'il supportera 2.

Le format du passe-partout se trouve fixé parle format donné à l'épreuve; on peut dire qu'il faut éviter des proportions semblables entre l'épreuve et le passe-partout. Il faut éviter avec soin que les sommets des angles du passepartout soient en ligne droite avec les sommets des angles de l'épreuve. Quand l'épreuve est à peu près carrée et que la partie sur laquelle on veut appeler l'attention a cette forme, ou si l'on désire en accentuer les lignes verticales, on emploie un passe-partout dont le rapport de la longueur et de la largeur sera légèrement moindre que le même rapport de l'épreuve. Si l'on désire accentuer les lignes horizontales, on choisira un passe-partout dans lequel le rapport de la longueur à la largeur sf ra plus grand que celui de l'épreuve elle-même 3.

1. Photo-Gazette, 1905, p. 104. —>% Bulletin de l'Association belge de photo gr a phie, 19U5, p. 103. — 3. Caméra Crafts, 1905.

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