‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 107 sur 158 · COLLAGE A CHAUD · texte numérisé non relu

COLLAGE A CHAUD

La colle à l'amidon doit être réservée pour le montage des petites épreuves, tandis que la colle forte doit être employée pour les images de grandes dimensions. On prépare une colle d'amidon en délayant dans une capsule de porcelaine; 10 grammes d'amidon avec 1;jc. c. d'eau; on ajoute 85 ce. d'eau bouillante en remuant constamment et on porte le mélange à l'ébullition; on prolonge; l'ébullition pendant deux minutes de façon à obtenir un liquide visqueux et assez transparent; on retire la colle du feu et quand elle est froide on l'additionne de \ gouttes d'essence de girolle; on bat le tout avec un pinceau pour mélanger l'essence avec l'amidon. Cette colle est alors passé»; à travers une line mousseline que l'on tord légèrement; on la reçoit dans un llaçon à large goulot. Llle se conserve pendant un temps fort long si l'on met dans le flacon un morceau de campbre; on étend cette colle à l'aide d'un pinceau dur que l'on promène sur l'épreuve humide.

On peut aussi utiliser avec avantage le produit livré par la maison Bayer sous le nom de colle sèche '. C'est une poudre colloïde s'agglutinant immédiatement avec L'eau; elle est Livrée dans une boite fermant par un tamis en toile. Les épreuves calibrées, sortant de la dernière eau de lavage, sont posées à plat, image en dessous : on répand alors à la surface de l'épreuve une mince couche de colle sèche. La poudre s'agglutine immédiatement et l'épreuve se trouve dans le même état que m < lie avait été enduite de colle ordinaire à l'ai. le d'un pinceau: il ne reste plus quV. la retourner, L'appliquer sur le support choisi et passer un rouleau pour chasser les bulles d'air.

Le collage au caoutchouc, à la gutta-percha fournissent de bons résultats s'il s'agit d'épreuves qui ne doivent pas être conservées très longtemps. On utilise de minces pellicules adliési ves, constituées par des feuilles «le caoutchouc très minces, que l'on coupe de la même grandeur que l'épreuve et que l'on juxtapose à celle-ci sur le carton. On obtient une adhérence suffisante en passanl avec un 1er chaud sur l'épreuve; on évite ainsi lu déformation de l'image.

Les avantages du collage à chaud résident dans la suret-'' el la propreté de l'opération. L'absence de déformation de l'image, de tout gondolement du support, si mince soit-il. et de l'inertie chimique de la colle vis-à-vis des substances constitutives de L'image. Le collage B'effectue soit à l'aide d'une presse à copier, soit à L'aide <l'un rouleau métallique, tantôt chauffé par une rampe de gaz intérieure, tantôt chauffé avant l'opération sur un réchaud de forme appropriée. On peut se dispenser d'utiliser les feuilles adhésives vernies sur les deux faces en enduisant directement de mixture le dos de l'épreuve ou les papiers d'emmargement utilisés pour le montage. On évite L'imbibition du papier par l'enduit résineux en donnant au papier un encollage supplémentaire appliqué au verso, préalablement au rognage. Si l'on veut monter des épreuves émaillées, cet encollage est donné avant séparation de l'image d'avec ce support momentané. Les (-preuves sont disposées à plat sur un lit de papier, maintenues aux quatre coins par des épingles et couvertes d'un mélange de 100 c. c. d'eau, 200 grammes de gomme arabique concassée et 50 c. c. de formol; il est inutile d'ajouter de la glycérine. La couche de cet enduit est bientôt sèche; on étend à sa surface une couche d'un enduit résineux composé de 30 grammes de gomme laque blanche,

1. Bulletin de la Société pwiçaisr de photographie, 1906, p. 333.

3 grammes de gomme élémi, 5 grammes de baume du Canada sirupeux et 100 c. c. d'alcool à brûler; ou laisse sécher la couche de cet enduit et on procède au calibrage de l'image. On peut, d'ailleurs, comme l'a constaté M. Clerc1, se servir de vernis à la gomme laque du commerce dans lequel on incorpore simplement de l'élémi et du baume. Pour mettre l'épreuve en place et la fixer provisoirement sur son support, on peut en toucher le dos eu deux points avec un agitateur ou une spatule portant gros comme une tête d'épingle de gomme élémi ; une pression avec le doigt suffit à faire adhérer l'épreuve jusqu'à collage définitif, soit à la presse, soit au fer à repasser. On peut aussi déposer l'épreuve et le carton sur une plaque de fonte polie placée sur une bouillote à eau chaude et provoquer l'adhérence de l'épreuve et du carton. Le fer à repasser ne doit pas avoir une températare supérieure à celle que la main peut supporter; l'emploi de la gomme laque seule nécessite une température plus élevée.

1932. Encadrements. — Les sujets puissants, forts, s'encadrent de préférence à pleins bords; les épreuves délicates se présentent mieux sur un support qui les sépare du cadre. La plupart des photographies ne s'accommodent pas d'un support noir ou blanc, de même que des grosses moulures d'or. Les meilleurs cadres sont ceux présentant une série de baguettes plates ou de profondes moulures entourant l'épreuve de quelques masses de lumière et d'ombre: les lignes doivent courir parallèlement à la longueur de la baguette et ne pas être coupées par des courbes, cartouches, etc. La photographie la mieux encadrée est celle dont on se rappelle le sujet, mais dont on a oublié le cadre2.

Comme l'a fait observer M. le commandant Puyo3, le but même de l'encadrement est d'établir autour de l'œuvre une zone aux lignes calmes, aux tonalités éteintes, qui l'isole du tumulte coloré des murs; le cadre doit passer inaperçu. La rectitude architecturale du cadre constitue une opposition discrète et nécessaire à ces lignes souples que nous offre la nature et dont la photographie sait saisir les modulations les plus sensibles.

Les proportions respectives de la marge de carton et du cadre doivent être en harmonie; une marge développée exige un cadre très mince. La marge inférieure doit toujours être un peu plus grande que la marge supérieure, mais sans exagération. Ce n'est que dans quelques cas très particuliers que cette augmentation de la marge inférieure se justifie. L'épreuve doit se trouver dans l'axe vertical du cadre, et ce cadre doit être de nature différente suivant la nature de l'image.

Les épreuves imprimées sur les anciens papiers s'accommodent bien de l'encadrement en plein bois; le cadre en or éteint ou le cadre vert Empire avec rehauts d'or s'applique aux épreuves de teinte noir franc ou sanguine. Pour les épreuves qui ne sont pas d'une tonalité franche, on doit choisir les bois naturels ou teintés en neutre; le chêne doit être réservé pour les cadres minces et étroits qui complètent les encadrements avec marges.

Les bois à grain fin, tels que le pommier, le noyer, le bois blanc, conviennent le mieux aux images qui sont maigres de matière; la teinte pourra

1. L'Année photographique, 7e année, p. 116. —2. Photo-Gazette, 1905, p. 19.— 3. Revue de photographie, 1903, p. 363.

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