MATIÈRES COLORANTES
utilise Les dalles épaisses de glace : on peut aussi se servir de papiers parcheminés, de feuilles de gélatine bichromatée, etc. M. Balagny1 utilise comme plaque imprimante une couche de gélatino-bromure d'argent sur une pellicule de collodion et fixée sur une feuille de zinc de 1 à 2 millimètres d'épaisseur; on la passe à la pierre ponce, on la rince, puis, prenant une feuille de gélatine de graveurs un peu plus grande que la pellicule de gélatine à reporter, on la trempe aussi rapidement que possible dans l'eau et on l'applique sur le zinc; on la fixe sur le métal en passant le rouleau, et aussitôt après on prend la pellicule à imprimer qui est formée sur une face d'une couche de collodion et sur l'autre d'une couche de gélatinobromure bichromatée. dette pellicule a été exposée sous le négatif, puis insolée parle dos et lavée de façon à éliminer complètement le bichromate; on L'applique toute humide du côté du collodion contre la gélatine, et un coup de rouleau fixe et maintient dans leur position respective la pellicule, la gélatine et la feuille de métal. Au bout de quelques minutes, la solidité devient telle que l'on peut procéder à l'encrage et au tirage de la planche.
1937. Matières colorantes. — L'emploi de l'érythrosine pour colorer la couche de gélatine bichromatée (<:. 17c 2) permet de diminuer la durée de l'insolation. MM. Galmels et Clerc2 ont étudie l'action de certaines matières colorantes sur la colle de poisson bichromatée et l'albumine bichromatée. I /augmentation de sensibilité passe par un maximum pour un.' addition d'une certaine quantité de matière colorante. L'érythrosine BE Poirier, ajoutée à la dose de 2 -ranimes par litre de mixtion à la colle
bichromatée, permet d'abaisser la duré.' de L'insolation d'environ la moitié; la nié matière colorante, ajoutée à la dose «le 'i grammes par litre d'albumine bichromatée, permet de diminuer des deux tiers la durée du temps de pose. L'éOSlne VE de la même marque, ajoutée à la dose de 4 grammes par litre de mixtion à la coll.' bichromatée, permet de réduire au quart la durée de L'insolation : la même dose employée avec L'albumine bichromatée abaisse la durée du temps «le pose «le moitié.
Il est à remarquer qu'avec la colle de poisson bichromatée les images sont d'autant plus pures et d'autant mieux modelées que l'on a davantage accru la sensibilité de la préparation, jusqu'à concurrence de la dose iimite de matière colorante. Au contraire, dans le cas du procédé à l'albumine, L'accroissement de sensibilité par addition de colorant t'ait perdre à l'image la relation correcte des valeurs; ce nouveau mode opératoire ne serait donc, en ce cas, utilisable que pour les images de traits, sans demiteintes.
La maison Ponsin-Druad a mis dans le commerce un nécessaire permettant de pratiquer la photocollographie ». Il suffit de posséder une presse à copier pour multiplier les épreuves qui s'obtiennent très facilement.
1. Bulletin <h> l" Société française de photographie, 1902, p. 250. — 2. put;», p.877. — •'!■ lbid„ 1908, p. 220.
§ 2. — Photolithographie.
1938. Orthotypie. — Les procédés usuels de photolithographie ne permettent pas d'obtenir directement les images en demi-teintes. M. Vilim 1 a insisté sur les avantages que présente l'emploi du bitume de Judée pour la mise sur métal ou sur pierre d'images en demi-teintes continues, non tramées, susceptibles d'être transformées en planches se tirant lithographiquement ou typographiquement.
On sait que lorsqu'on ajoute de l'alcool a du chloroforme tenant en dissolution du bitume de Judée, une partie du produit est précipitée en grains opaques extrêmement fins. Un tel mélange de deux liquides non miscibles ne saurait être coulé sur le métal poli ; mais on peut l'étendre sur une surface grainée et poreuse comme la pierre lithographique. L'addition d'éther en proportion convenable rend le mélange homogène; mais, dans ces conditions, la couche se sèche si rapidement qu'elle fournit à la surface du métal un dépôt granuleux et sans adhérence. On donne à la couche sèche la consistance voulue en ajoutant une certaine proportion de benzine au mélange précédent. On emploie 2 parties de bitume de Judée, 20 parties de chloroforme, 2 parties de benzine, 8 à 10 parties d'alcool, 10 parties d'éther.
Le mélange est étendu à la surface du zinc, du cuivre ou de la pierre lithographique comme l'est la solution habituelle de bitume en photogravure ; on utilise les pierres dures, bleues, de préférence aux pierres tendres ; le grain est d'autant plus régulier que l'étendage est mené plus rapidement. La température doit être comprise entre 15° et 30° G. La plaque ainsi couverte est exposée un instant aux vapeurs qui se dégagent d'une feuille de papier à filtrer imprégnée de benzine : le grain s'accentue alors un peu et prend de la netteté.
L'exposition à la lumière s'effectue sous un négatif ordinaire non tramé; elle dure en moyenne une heure au soleil. Le dépouillement de l'image s'effectue soit à la térébenthine seule, soit à la térébenthine additionnée d'un tiers de benzine. Dès que le dessin apparaît, on lave sous un jet d'eau et on continue, s'il y a lieu, par traitement local ou en faisant à la surface de la planche des réserves au moyen d'un mélange de gomme arabique épaisse et de miel. Après dépouillement, on donne plus de solidité à l'image en l'exposant un quart d'heure en plein soleil ; on peut alors soit procéder à la morsure de la planche, soit préparer la pierre par les moyens connus.
Les procédés de photolithographie sont surtout employés actuellement pour obtenir des images polychromes.
§ 3. — Phototypographie.
1939. Epreuves pour simili-gravure. — Les images destinées à être reproduites par les procédés de simili-gravure ne sont pas toutes également
1. Zeitschrift fur Reproductions Teknik, mai 1905; — le Procédé, 1905, p. 98.
PHOTOTYPOGRAPHIE.
aptes à fournir de bons clichés typographiques1; au point de vue de la facilité et de La perfection des résultats, on peut les classer de la manière suivante :
lo Peinture à l'huile, non vernie, exécutée au noir d'ivoire mélangé d'un peu de terre d'ombre et au blanc d'argent ;
2° Peinture au lavis, exécutée à l'encre de Chine mélangée d'un peu de sépia et à la gouache blanche;
3° Positive sur verre, exécutée d'après le négatif original, surtout sur plaque opaline ou diaphane ;
kfi Epreuve sur papier lent brillant au gélatino-bromure;
5° Epreuve sur papier au citrate d'argent brillant virée en brun pourpré et parfaitement uniforme de ton;
(io Epreuve sur papier albuminé;
7° Epreuve sur papier mat au gélatino-bromure.
En somme, les images doivent présenter de fortes oppositions sans être cependant trop heurtées; on peut dire que les épreuves au gélatino-bromure doivent louioiu'.s être retouchées par le photograveur avant d'obtenir le négatif tramé. On obtient une très bonne couleur pour retoucher le négatif au gélatino-bromure eo faisant tableau noir avec une feuille de papier au gélatino-bromure, exposée à la lumière d'une bougie, développée, lavée et fixée; on lave de nouveau et la surface ainsi uniformément noire est placée, gélatine en dessus, sur un verre de même grandeur et maintenue audessus d'un récipient chauffé jusqu'à fusion de la gélatine; cette gélatine noire, plus ou moins étendue d'eau, sert a retoucher les épreuves.
Les retouches se font aussi très facilement au moyen de l'aérographe. Quelle que soit la nature de l'épreuve, ces retouches sont des plus importantes; bien des maisons de photogravure ne doivent leur réputation qu'au soin apporté à la relouche des épreuves qui leur sont envoyées.
1940. Emploi des trames. — La trame doil être choisie d'après la nature des travaux à exécuter; le nombre des lignes au centimètre doit être de :
20 à 24 pour les grandes affiches;
86 à 82 — journaux imprimés sur les rotatives ;
à 40 — impressions rapides sur machines en blanc ;
44 ;-, 4g transferts photolithographiques j
5Q ;t 53 travaux courants d'éditions, périodiques, etc.;
;,S 0G — revues de luxe et éditions soignées;
(>8 à 70 — catalogues de grand luxe;
80 à 00 — reproductions micrographiques;
00 à 100 — héliogravures tramées en creux. La buée se dépose quelquefois sur la trame dont l'effet est alors plus ou moins annulé. On évite cet insuccès, d'après le D« Miethe*, en réchauffant légèrement l'intérieur de la chambre noire, soit, avec une bouillotte à acétate de soude, soit par tout autre moyen; mais on provoque la dessiccation
1. Le Procédé, 1904, p. 88.; 1905, p. 219. 2. Zeitschrift fur Reproductions teknik, 1904.
de la couche collodionnée. Il vaut mieux recouvrir la surface de la trame tournée vers la couche sensible d'un enduit composé de 12 grammes de gélatine, 25 grammes d'acide acétique et 1 litre d'eau. On peut se contenter aussi de recouvrir la couche d'une solution bien filtrée de 10 grammes d'albumine sèche dans 1 litre d'eau; il est facile d'enlever cet enduit.
La distance de la trame à la surface sensible doit être correctement établie. Cette distance dépend, comme l'a fait observer Newton1, de bien des causes : 1<> écartement des lignes de la trame : celle-ci doit être d'autant plus éloignée de la plaque que ses traits sont plus gros et plus espacés; 2° du tirage de l'appareil : la distance de la trame à la plaque sensible croît proportionnellement au tirage; 3° des dimensions du diaphragme : la trame doit être d'autant plus éloignée que le diaphragme est plus petit; 4o de la nature de l'original; 5° des procédés photographiques, adoptés par l'opérateur.
Les trois premières causes de variations sont reliées par une formule bien connue (G. 1703). La netteté générale du négatif est d'autant plus grande que la distance de trame est elle-même plus grande ; il faut donc choisir la distance de la trame la plus grande possible donnant l'effet désiré. Pour un sujet à grands contrastes, on prendra un petit diaphragme et on rapprochera la trame très près de la plaque, de façon à réduire les pénombres.
Le calcul donne bien, théoriquement, la position de la trame ; mais, dans la pratique, une variation dans la sensibilité du collodion, de la température, du bain d'argent, etc., font modifier cette distance.
Le plus souvent, l'emploi d'un diaphragme dont le diamètre de l'ouverture est le l/90e du tirage est le plus apte à donner, avec une distance convenable de la trame, les points tins et denses dans les ombres, sans exagération de temps de pose et avec un rendu bien gradué des demi-teintes. Il y a cependant lieu, pour certains sujets pour lesquels il faut accentuer les grandes lumières, de commencer la pose avec un diaphragme à très grande ouverture, puis de remplacer ce diaphragme par un plus petit. Par contre, si on ne désire pas accroître les contrastes, on posera plus longtemps avec un diaphragme plus petit. L'emploi successif de ces deux diaphragmes, incapables de donner isolément un résultat satisfaisant, fournit une image présentant toutes les valeurs correctement rendues.
Les établissements Klinsch et Gie ont fait breveter une nouvelle forme de diaphragme destinée à éviter ce changement de diaphragme en cours de pose et cela en vue d'assurer une jonction convenable des points dans l'image des blancs du modèle, sans cependant exagérer les dimensions des points dans les ombres. Ce diaphragme, en forme d'étoile à seize pointes, permet d'obtenir aisément la jonction des points dans les clairs et sans exagération de la pose, même avec d'assez faibles écarts entre la trame et la préparation sensible, ce qui permet par conséquent de n'atténuer que très peu l'original2.
1941. Négatifs pour similigravure. — Les négatifs pour similigravure doivent être obtenus à l'aide d'objectifs modernes, bien exempts