COEFFICIENT DE TRANSMISSION
lumière incidente et peut être négligeable. La perte de lumière à la traversée d'une lentille photographique plongée dans l'air est d'envirou 5 •/•• Les pertes occasionnées par la réflexion sur les deux surfaces extrêmes de chaque élément d'objectif est donc à peu près l/10e de la lumière incidente. Si l'absorption par le verre n'existait pas, le rapport de la lumière transmise par un élément d'objectif ou par un objectif simple à la lumière incidente serait de 0,9 environ.
C'est l'essai photographique qui permet de déterminer cette absorption par le verre. On photographie deux fois sur les deux moitiés d'une première plaque et à La même échelle, une mire blanche éclairée de façon bien constante et uniforme par les rayons solaires. La première image est prise à travers un petit trou (sténopé); pour avoir la seconde, on place derrière le trou, à l'intérieur de la chambre, l'objectif à essayer.
On fait ainsi une série d'images doubles, gardant d'une opération à l'autre un temps de pose invariable pour La photographie à travers le trou seul; on fait croître le temps de pose progressivement pour La série d'images produites à travers l'objectif. Après le développement, on recherche dans la série des négatifs celui qui présente deux images de même intensité. Par exemple, si les poses correspundantes sont de 30 secondes pour l'image obtenue à travers le trou libre et 70 pour l'autre, on en conclut que le coefficient detranspa-
rence pour l'objectif essayé est de — . L'erreur de mesure peut atteindre un vingtième, précision bien suffisante pour les besoins de la pratique.
On constate que dans les objectifs à lentilles indépendantes il y a une perte de lumière par réflexion égale au dixième environ de la quantité de lumière incidente. Si le nombre des lentilles est grand, on arrive à une perte de lumière totale qui diminue de façon appréciable la grande ouverture utile que présentent ces objectifs. De plus, la lumière réfléchie n'est pas annulée comme la lumière absorbée; elle revient à la plaque après des réflexions multiples, et celle-ci reçoit, outre l'image nette principale, un nombre d'images floues réfléchies au moins égal au nombre des surfaces réfléchissantes : l'effet le moindre de ces réflexions multiples est de diminuer le brillant de l'image.
§ 4. — Montures; diaphragmes.
1773. Parasoleil. — Les premiers objectifs photographiques étaient munis de parasoleils de dimensions suffisantes. On néglige ce détail de construction, de même que celui qui consiste à munir les corps de monture et les bagues portant les lentilles de repères indiquant la position correcte des parties mobiles. En serrant trop fortement les contre-barillets, quand on remonte un objectif, on peut comprimer les lentilles et leur communiquer les propriétés fâcheuses du verre trempé1.
Le parasoleil est un accessoire extrêmement utile, indispensable même pour les objectifs à paysages ; il permet d'éviter dans la plupart des cas les troubles que l'on attribue à tort au halo.
L'emploi des trousses d'objectifs pour le paysage n'empêche nullement d'utiliser un parasoleil. Cet accessoire peut être établi en caoutchouc noirci, de surface ondulée et de forme conique; c'est le modèle construit par M. Gaumont. On peut l'adapter immédiatement à tous les objectifs et en faire varier à volonté la saillie, de façon qu'il ne limite jamais le champ de l'instrument. C'est là un dispositif très commode. Grâce à son élasticité, cet accessoire ne prend dans la poche ou dans le sac du photographe qu'une place extrêmement réduite2. On peut d'ailleurs établir facilement un parasoleil extensible, comme l'a indiqué M. Gann3, à l'aide d'un ressort métallique enroulé en spirale et fait avec du fil de laiton écroui; les anneaux de chaque spire sont écartés l'un de l'autre d'environ 2 centimètres quand le parasoleil est étendu. Cette carcasse métallique, peinte en noir et recouverte d'une étoffe protectrice de la lumière, est fixée à la rondelle de l'objectif. La tendance naturelle de la spirale étant de s'étendre, le parasoleil sera toujours tendu; à l'aide de cordelettes mobiles, on lui donne la longueur suffisante pour qu'il ne fasse pas d'ombre sur la plaque.
M. Mathet4 conseille d'employer deux tubes de 4 à 5 centimètres de longueur et d'un diamètre notablement plus grand que celui de la
1. E. Wallon, Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 205. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 531. — 3. Photography, 1905. — 4. La Revue de photographie, 1905, p. 299.
Parasoleil; diaphragmes. 31
partie antérieure de l'objectif. Ces deux tubes peuvent coulisser l'un sur l'autre à frottement doux, de façon à produire une rallonge plus ou moins longue. Le plus petit tube porte à l'arrière une bague qui permet de l'assujettir à l'objectif; le plus gros se termine à l'avant par une coulisse dans laquelle peut se mouvoir une plaque de laiton noirci, percée d'une ouverture rectangulaire dont les côtés présentent le même rapport que le format de la plaque. A l'aide de ce dispositif permettant un tirage plus ou moins grand des deux tubes et le mouvement vertical de l'écran vers le haut ou vers le bas, suivant le décentrement de l'objectif, il est toujours possible de limiter la surface éclairée à celle de la glace dépolie de La chambre noire : les seuls rayons concourant à la formation de l'image atteindront l'objectif et les réflexions nuisibles à l'intérieur du système optique seront réduites au minimum.
1774. Numérotage des diaphragmes. — La Commission du Congrès international de photographie de 1900 a fait connaître les décisions suivantes pour le numérotage des diaphragmes des objectifs et des trousses :
1" Pour les objectifs à distance focale invariable, chaque diaphragme sera caractérisé par une fraction de la forme Y/n où n est le nombre obtenu en divisant la distance focale absolue de l'objectif par le diamètre utile du diaphragme. Pour chaque diaphragme, et en regard de la fraction P/n, on inscrira sur la monture la valeur de n2.
2° Les diamètres utiles des diaphragmes devront toujours appartenir à la progression
F Y F Y F F F F F F F F ÏJ 1,4' 9' 2,8' 41 5,6' S1 11,8' 16' 33' 32' 45"
3° Si le diamètre utile du diaphragme maximum ne correspond pas à l'un des termes de cette progression, le diaphragme maximum sera caractérisé par un signe conventionnel qui, de préférence, sera un point. La valeur du diamètre utile de ce diaphragme maximum figurera parmi les inscriptions gravées sur la monture.
'i° Les constructeurs donneront dans leurs catalogues, pour chaque série d'objectifs, la valeur du coefficient de diamètre utile, et les laboratoires d'essais comprendront régulièrement le contrôle de ce coefficient au nombre des opérations que comporte l'examen des objectifs.
5° Il est demandé aux opticiens d'adopter pour les inscriptions qu'ils gravent sur les montures une disposition aussi uniforme que possible, comportant l'indication : a) du nom du fabricant et du lieu de fabrication; b) du nom caractérisant le type de l'objectif; c) du diamètre utile relatif du plus grand diaphragme utilisable; d) de la distance focale absolue; e) d'un numéro d'ordre; f) enfin, s'il est possible, de la position qu'occupent les points nodaux. Pour les trousses ou objectifs à distance focale variable : 1° Les constructeurs sont invités à rechercher et adopter des dispositifs qui permettent d'étendre à ces instruments les règles qui précèdent.
2° A titre provisoire, les diaphragmes des objectifs à combinaisons multiples pourront être caractérisés par la valeur en millimètres de leur diamètre effectif; mais à chaque objectif devra être jointe une table de traduction indiquant pour chaque diaphragme et pour chaque distance focale la valeur correspondante de F/n et accessoirement celle de n*. Le plus grand diaphragme utilisable pour chaque combinaison sera indiqué sur la monture par un signe distinctif.
Au point de vue pratique, l'établissement de séries de diaphragmes conformes aux décisions du Congrès suppose que l'on connaît la distance focale absolue F et le coefficient du diamètre utile K; on divise la première quantité par la seconde et le calcul des diamètres effectifs à donner aux divers diaphragmes se fera en divisant ce quotient successivement par les diverses valeurs de w, c'est-à-dire pour la série complète par les nombres
Il est plus simple et plus exact d'opérer de la façon suivante. Le diamètre effectif du diaphragme F/1 est égal à F/K; on obtient le diamètre du second en divisant F/K par 1,414; puis, pour les suivants, on divisera successivement les deux premiers diamètres par 2, par 4, par 8, etc.
Pour déterminer la valeur F/n qui caractérise le diaphragme maximum, il suffit de mesurer le diamètre effectif de ce diaphragme et de le multiplier par le coefficient de diamètre utile ; en divisant ce produit par la distance focale principale, on a la valeur de n. Par diaphragme maximum, il faut entendre le plus grand diaphragme pour lequel l'opticien garantisse la netteté de l'image sur toute l'étendue de la surface sensible. 11 est loisible au constructeur de
DÏAPHRAGMOGRAPHE. 33
continuer la graduation au delà du point qui désigne le diaphragme maximum ainsi défini.
Pour les valeurs de n2 correspondant aux diaphragmes réglementaires, on prendra les nombres
Dans le cas des diaphragmes à iris, on peut simplifier la gravure en ne répétant pas pour chaque diaphragme le numérateur de la fraction caractéristique; la graduation pouna être gravée sous la forme suivante :
Lorsque la disposition de la monture permettra d'inscrire, en même temps que les valeurs de F/n, les valeurs de n2, il sera avantageux de graver les deux séries de nombres de part et d'autre de La bague de commande de l'iris.
1775. Diaphragmographe. — MM. Houdry et Durand ont établi, sous le nom de diaphragmographe, un dispositif destiné à indiquer les ouvertures utiles des diaphragmes d'une trousse d'objectifs. L'appareil se compose d'un manchon qui recouvre le tube portant les lentilles, mais il l'enveloppe incomplètement et le laisse voir à travers une large fenêtre, dont les bords, parallèles entre eux, sont dirigés obliquement. L'un de ces bords porte une série de repères équidistants où sont respectivement gravées les distances focales des lentilles élémentaires et des combinaisons que peut former leur association. Pour faire usage de ce dispositif, il suffit d'amener le trait gravé sur le manchon (trait correspondant au foyer employé) en contact avec la graduation correspondant à l'ouverture choisie.