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STÉRÉOSCOPES

Pour examiner les diapositives, on les place sur le verre dépoli G de la platine et l'on dispose l'écran blanc P qui transmet la lumière au travers de l'épreuve. Un appui à encliquetage T maintient tout le stéréoscope dans une position inclinée à 45° sur l'horizontale. Le format de la platine permet l'examen de toutes les dimensions d'épreuves, et en desserrant la vis K on peut retirer tout le système optique et l'employer comme bésicles stéréos-

Fig. 140.

copiques pour l'examen de vues renfermées dans des livres, albums, etc., qu'il n'est pas possible de placer sur La platine.

On a construit un très grand nombre de modèles de stéréoscopes destinés à remplacer les appareils à colonnes, «lits américains, dont le fonctionnement n'est pas toujours régulier. Le Taœiphote de Richard (C, p. 302) a été l'un des premiers appareils de ce genre : il possède actuellement des oculaires à très court loyer et à écartement variable; il est construit pour tous formats. Le Mèréodrome de Gaumont utilise aussi des boites classeurs et présente l'avantage de pouvoir être introduit dans une lanterne de projection spéciale avec un condensateur et un objectif de dimension convenable pour le format des épreuves et servir ainsi à la projection des images stércoseopiques.

M. Hanau a établi un petit stéréoscope de poche qui, lorsqu'il est replié, n'a pas plus de 15 millimètres d'épaisseur. Il est constitué d'un côté par un cadre en aluminium du formai 6 X 13 ou 45 X 107 muni d'un verre dépoli devant lequel se place la diapositive ou l'épreuve sur papier, de l'autre côté par une plaque de même métal dans laquelle sont enchâssées deux lentilles constituant les oculaires. Ces deux parties sont reliées l'une à l'autre par deux tiges articulées qui permettent soit de les replier complète-

ment l'une sur l'autre quand l'appareil n'est pas utilisé, soit de les éloigner plus ou moins pour la mise au point 1.

Dans le stéréoscope pliant de MM. Clément et Gilmer, les images sont empilées l'une sur l'autre, horizontalement auprès des oculaires; en manœuvrant une manette, on les place devant ces oculaires, après quoi elles sont renvoyées dans la partie inférieure du magasin 2.

M. Fougerat utilise des châssis métalliques au nombre de douze, reliés les uns aux autres par une charnière. Tout l'ensemble se replie comme les albums dits dépliants, et une fois plié forme un bloc d'un petit volume. Chaque vue peut, à l'aide d'un dispositif spécial, pivoter autour de la charnière et se placer devant les oculaires; elle est ensuite renvoyée dans la partie inférieure du magasin.

Les stéréo-classeurs de Demaria, ceux d'Hermagis, de Joux, de Mackenst.ein sont du genre des taxiphotes ou du stéréodrome Gaumont. Dans le caténoscope de Deloye, chaque vue du format 45 X 107 est montée individuellement dans les maillons d'une sorte de chaîne continue de modèle spécial; chaque maillon porte-plaque se démonte très rapidement, ce qui permet de modifier comme on le désire les séries que l'on examine à l'aide d'oculaires que l'on met au point comme dans tous les appareils.

1968. Stéréoscopes à miroir. — On a construit des stéréoscopes à un seul miroir. Les épreuves sont placées plus ou moins obliquement l'une par rapport à l'autre ; avec l'œil droit, on regarde directement l'image droite placée à gauche, tandis que l'œil gauche voit, dans un miroir plan, l'image gauche placée à droite. Cette dernière image doit être retournée, afin d'être vue dans son vrai sens après réflexion sur le miroir. Pour corriger la différence de distance aux deux yeux, on rapproche un peu du miroir l'image gauche.

Un autre dispositif, dû à Corbin8, consiste à placer les deux épreuves perpendiculairement l'une à l'autre. L'épreuve de gauche est vue directement par l'œil gauche; l'épreuve de droite est vue dans un miroir; cette épreuve doit être retournée.

M. Pigeon4 a fait construire un stéréoscope dièdre à miroir bissecteur comportant l'usage d'un seul miroir plan de très petit format. On place les deux stéréogrammes à examiner sur les deux côtés d'un dièdre, l'image de gauche étant directe, tandis que celle de droite est inversée; entre les deux faces du dièdre est un cadre bissecteur, ajouré, et portant à sa partie supérieure un tout petit miroir; l'œil gauche est placé tout près du miroir et dans l'angle dièdre gauche l'œil droit regarde directement et librement l'image de droite. La fusion stéréoscopique se produit très aisément. Ce stéréoscope étant destiné à examiner des images de grand format, le plus souvent obtenues par agrandissement, l'inversion de l'une des images s'obtient par agrandissement.

1969. Épreuves en relief sans stéréoscope. — On peut examiner les stéréogrammes sans se servir de stéréoscope et percevoir le relief. Il

1. Photo-Gazette, 1904, p. 90. — 2. Ibid., décembre 1905. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1861, p. 123. — 4. Photo-Gazette, décembre 1905, p. 23.

STÉRÉC^COPES.

suffit de placer le stéréogramme à bonne distance en avant des yeux, 20 centimètres en moyenne; on rend parallèle les axes des yeux en fixant du regard un objet quelconque très éloigné, placé derrière l'image; on ramène vivement le regard sur le stéréogramme, et, faisant agir l'accommodation, on met au point pour l'image qui apparaît alors en relief1.

Les stèrèogrammes parallaxes de M. Ives2 doivent être examinés à distance voulue au travers d'un réseau spécial. L'image est obtenue de la façon suivante : devant la plaque photographique, à l'intérieur de la chambre noire munie de deux objectifs, M Ives dispose une sorte de gril présentant cent liges au pouce (soit à très peu près quatre tiges au millimètre, ces tiges étant un peu plus larges que les vides); il place ce gril à une distance telle que chaque bande étroite de la plaque sur laquelle une tige projette son ombre relativement à la lumière venant de l'objectif de droite reçoit au contraire, librement, les rayons venant de l'objectif de gauche et vice versa. Il se forme donc sur la plaque deux systèmes de hachures très serrées : huit hachures par millimètre correspondant alternativement, les unes à l'image fournie par l'objectif de droite, les autres à l'image fournie par l'objectif de gauche. Chaque système constitue une image nette, mais dont les traits sont, sur presque toute la surface, entrecroisés avec ceux de l'image sœur. Les objectifs ont leurs axes convergents, de façon que les deux images se forment sur la même plaque et non comme dans les appareils stéréoscopiques ordinaires, sur deux plaques voisines. Pourvoir séparément chacune des images et la voir de l'œil seulement auquel elle est destinée, il suffit de regarder la photographie à travers un gril semblable à celui qui a servi pour L'obtenir, en se plaçant de façon qu'il cache à l'un des yeux les hachures d'un même ordre de parité, mais les laisse voir à l'autre œil et vice versa. Un même cadre porte donc le positif sur verre et le gril monté un peu au-dessus. Chaque diapositive est formée de la réunion de trois verres superposés : l'un portant l'image composite des deux images du stéréogramme, un autre situé à l'avant et constitué par un réseau de lignes opaques correspondant aux tiges du gril; le troisième, placé à l'arrière, est un verre opale. Vue à la distance convenable, l'image apparaît avec son relief exact et complet, grâce à la trame spéciale placée devant l'image proprement dite.

Au lieu d'utiliser deux objectifs, M. Ives s'est servi d'un objectif de 7 a 8 centimètres de diamètre, percé de deux ouvertures à l'écartement des yeux; à chacune des deux petites ouvertures placées derrière l'objectif correspond une image composée de lignes ombrées et, en raison de la différence de parallaxe, les lignes constituant chacune des images élémentaires du stéréogramme sont séparées et alternent.

On peut aussi par le même procédé obtenir des diapositives stéréoscopiques en usant de deux négatifs stéréoscopiques ordinaires imprimes a la chambre noire. Le gril étant en place dans la chambre noire, on fait arriver sur la plaque sensible l'image de la moitié d'un négatif stéréoscopique sous un angle donné et l'autre moitié sous un autre angle, ces angles étant

1. La Photographie, 1905, p. 7. - 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 487.

TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE DE PÊtOTOGRAPHlÈ.

calculés de telle façon que leur différence égale l'angle de la vision binoculaire normale à 50 centimètres de distance.

Les négatifs obtenus à la chambre noire peuvent être imprimés par les procédés usuels, mais ils sont d'un montage un peu coûteux, étant donné le prix relativement élevé des trames qui servent de verre couvreur.

Les grandes images, obtenues au moyen d'un objectif à long foyer et examinées de telle sorte que le spectateur soit placé assez loin pour ne plus distinguer les traits de la trame, présentent un relief absolument remarquable.

1970. Stéréophotochronographe. — M. Gaumont a construit, avec la collaboration de M. Nachet, et sur les indications de MM. Vallot frères, un appareil permettant d'obtenir consécutivement et rapidement les trois négatifs nécessaires à la confection d'épreuves stéréoscopiques trichromes. La rapidité avec laquelle les trois négatifs peuvent être produits permet l'exécution de portraits d'après nature; l'ensemble des opérations nécessite pour les trois négatifs une durée de 20 à 30 secondes de pose1.

M. Ducos du Hauron2 a indiqué un dispositif de cinématographe stéréoscopique ou cinémastéréoscope, permettant d'obtenir sur une seule bande négalive, et môme avec un seul objectif, la série des images destinées à l'œil droit et la série des images destinées à l'œil gauche.

1. Bulletin de la Société franç. de photographie, 1902, p. 246. — 2. Ibid., p. 185*

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