‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 131 sur 158 · PHOTOGRAPHIES EN COULEUR · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIES EN COULEUR

| lPr. — Procédés indirects.

1971. Emploi des écrans colorés. — Dans la photographie par prooédé indirect, on prépare trois négatifs obtenus en impressionnant la plaque derrière des écrans colorés. M. Trutat1 a insisté sur les moyens permettant de déterminer les conditions de pose de chacun des négatifs avec les écrans violet, vert et orangé, de façon à produire trois négatifs d'égale intensité en supposant que les écrans présentent la teinte voulue pour donner une sélection exacte et que les plaques sont orthochromatisées d'une manière convenable. D'après le baron Ihibl, la sélection sera satisfaisante si au travers de chacun des écrans deux des trois couleurs agissant sur la plaque comme du blanc, la troisième se comporterait comme du noir.

Pour vérifier le résultat à obtenir, on fait poser devant l'appareil un tableau d'essai préparé de la façon suivante : sur un bristol blanc, on dispose côte à côte trois bandes coloriées en bleu, en jaune et en rouge, et pour cela on a le soin d'employer les couleurs avec lesquelles doit être fait le tirage; au bas de ces trois bandes coloriées, on dispose une bande de papier noir; on fait poser au travers de l'écran violet: on doit obtenir sur le négatif le jaune comme si c'était du noir, le bleu et le rouge comme du blanc; par conséquent, la partie jaune tendra à se confondre avec le noir qui se trouve sur le carton, tandis que le bleu et le rouge se confondront avec le blanc. L'écran rouge donnera le rouge égal au noir, le bleu et le jaune égaux au blanc; l'écran orangé donnera le bleu égal au noir, le jaune et le rouge égaux au blanc.

On réglera la coloration des écrans et la durée des temps de pose, quelles que soient les plaques orthochromatiques employées, en plaçant les tableaux d'essai à coté du modèle à reproduire. En les photographiant en même temps, il est aisé de voir si le négatif obtenu est dans les conditions exigées pour une bonne synthèse des couleurs.

1972. Appareils pour la photographie trichrome. — La maison Gœrz a construit, sur les indications du professeur Miethe, un appareil destiné à l'obtention des trois négatifs utilisés dans la photographie trichrome. L'appareil comporte un châssis de format suffisamment long pour

i. Le Procédé. 1906, p. 62.

donner les trois négatifs : ce châssis fonctionne comme un châssis multiplicateur; un autre châssis, placé entre la plaque sensible et l'objectif, porte les trois écrans colorés. Le maniement de ce châssis s'effectue rapidement par la pression d'une poire, de telle sorte que la pose des trois négatifs est obtenue en quelques secondes.

Dans l'appareil Trichrom-Détective de MM. Prieur et Dubois, on trouve les dispositions générales réalisées dans la chambre à magasin de Guitton de Giraudy (A, 1369). L'appareil en diffère par les porte-plaques qui sont munis de rainures permettant l'emploi d'écrans colorés : le trio de plaques Lumière est constitué par une plaque étiquette bleue, une plaque orthochromatique A et une plaque orthochromatique B; le rapport des temps de pose est 1 pour la première, 2 pour la seconde, 4 pour la troisième sous les écrans appropriés. L'appareil permet d'opérer avec une rapidité suffisante pour obtenir les trois négatifs en trois secondes.

L'appareil imaginé par M. Frachebougr et décrit par M. Chapelain est très léger1. Une première pose se fait par déclenchement au doigt à travers l'écran violet; un coup de poire escamote la plaque et amène un écran vert à la place de l'écran violet. On fait poser, puis un deuxième coup de poire escamote la deuxième plaque et amène un écran rouge orangé, à travers lequel a lieu la troisième pose. Un troisième coup de poire escamote la dernière plaque et referme l'obturateur. L'opération demande donc un déclenchement au doigt et trois coups de poire; la pose nécessaire pour l'écran violet étant déterminé, on la multiplie par 3 pour l'écran violet et par 5 pour l'écran rouge.

1973. Procédé par teinture. — Les écrans employés doivent être à faces planes et parallèles, optiquement travaillées s'il s'agit d'emploi avec des objectifs dont le foyer atteint ou dépasse 24 centimètres; au-dessous de cette longueur focale, on peut utiliser de la glace ordinaire sans défauts. Si l'écran doit être employé contre la surface sensible, M. le major général von Hûbl2 a fait observer que l'on peut se servir de plaques sensibles débromurées et convenablement lavées. On les laisse sécher et on les plonge dans le bain de teinture jusqu'à coloration convenable; on rince sommairement et l'on fait sécher; on conserve ces écrans dans l'obscurité, car les couleurs s'altèrent facilement.

Le négatif du jaune s'obtient à l'aide d'une plaque dont la sensibilité doit être maxima entre les raies F et G et aller en décroissant jusque vers E d'un côté, vers H de l'autre côté. On peut utiliser soit le collodion humide, soit la plaque au gélatino-bromure. Si l'on emploie l'émulsion au collodiobromure, on l'additionne de 5 à 10 % de son volume d'une solution alcoolique à 5 grammes par litre d'acridine NO de Leonhardt. L'écran est constitué soit par une pellicule de gélatine, soit par une solution de bleu carmin nouveau de Hôchst à la concentration de 1/10 000e pour une épaisseur intérieure de cuve de 10 millimètres; on peut aussi employer une solution de violet de méthyle à 1/20 000. Les écrans solides obtenus par teinture dans ces solutions auront même intensité de coloration que les liquides de la cuve.

La sensibilité de la plaque employée pour le négatif du rouge doit s'éten-

1. La Revue de photographie 1904, p. 210. — 2. Die Dreifarben Photographie.

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