‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 132 sur 158 · PROCÉDÉ PAR TEINTURE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ PAR TEINTURE

dre de la raie I) jusqu'à mi-distance entre les raies F et G avec un maximum dans le vert jaunâtre* Si l'on utilise des plaques au gélatino-bromure du commerce, on se servira de plaques panchromatiques ou, à défaut, de plaques sensibles au vert. L'écran liquide pour une épaisseur de 10 millimétrés est obtenu avec 5 c. c. de solution de vert acide à l/300e et 150 c. c. de solution de bichromate de potassium à l/lôO. L'écran solide se prépare par teinture de deux glaces gélatinées : l'une, dans un bain de 15 c. c. de vert solide bleuâtre 365 Bayer au l/200e, 10 c. c. d'alcool, 50 c. c. d'eau et 2 gouttes d'acide acétique cristallisable; l'autre, dans 25 c. c. de solution de jaune naphtol à 1/2006, 30c. c. de méthylorange àl/40O, 10 c. c. d'alcool, 50 c. c. d'eau et 2 gouttes d'acide acétique. A la rigueur, on peut teindre une glace unique dans le mélange de ces deux solutions. Les plaques ordinaires du commerce peuvent, pour le négatif du rouge, être sensibilisées au moment de l'emploi dans un bain contenant 1 litre d'eau, 25 c. c. de solution d'uranine à 1/150«, 6 c. c. de solution d'érythrosine à 1/150®, 10 c. c. d'ammoniaque et 2 c. c. de solution, de nitrate d'argent à 10 %. La plaque est alors exposée à l'état humide et l'on utilise comme écran liquide, sous une épaisseur de 10 millimètres, une solution d'acide picrique à 1 gramme par litre. Si l'on opère avec l'émulsion au collodio-bromure, on l'additionne de 2% de son volume d'un sensibilisateur préparé avec 30 ce. de solution d'éosine jaune à l/150e et 10 c. c. de solution de rose bengale à 1/150*. Après étendage de l'émulsion, la plaque doit être plongée dans une solution à 5 % de nitrate d'argent et exposée à l'état humide.

Pour le négatif du bleu, la sensibilité de la plaque doit être maxima vers C, s'affaiblir graduellement vers D pour s'arrêter brusquement à E. On utilise les plaques panchromatiques du commerce ou les plaques sensibles au rouge. L'écran liquide, sous épaisseur de 10 millimètres, est constitué par un mélange de 00 c. c. de solution de safranine SPE à 1/2000*, 100 c. c. de solution d'aurantia à l/2000e. L'écran solide se prépare par teinture de la gélatine à l'aide d'une solution de 40 c. c. de solution de safranine SPE à 1/2000'', 10 c. c. de solution de jaune naphtol SL à l/200e, 10 c. c. de solution de méthylorange à l/400e, 40 c. c. d'alcool, 10 gouttes d'acide acétique cristallisabie et 200 c. c. d'eau. On peut orthochromatiser les plaques du commerce par immersion dans un bain préparé de la façon suivante : On mélange 20 c. c. de solution de rouge de glycine à l/500«, 20 c. c. de rouge de quinoléine a 1/500», 50 c. c. d'alcool et 100 c. c. d'eau; après quelques heures de repos, on ajoute à ce liquide 1 c. c. de solution de cyanine à l/500«, on filtre, et à la solution limpide et de nuance violette on ajoute 100 c. c. d'alcool, 200 c. c. d'eau, 1 c. c. de solution de cyanine à l/500e et 5 c. c. d'ammoniaque. Les plaques sont plongées pendant deux minutes dans ce bain, lavées pendant deux minutes à l'eau ordinaire, rincées a l'eau distillée, puis séchées. Si l'on veut éviter le séchage et employer la plaque humide, on utilisera un bain contenant 1 litre d'eau, 300 c. c. d'alcool, 5 c. c. de solution de cyanine à l/500e et quelques gouttes d'ammoniaque Les plaques préparées au collodio-bromure seront sensibilisées a la cyanine, au rose bengale ou à la rhodamine 3B. L'écran liquide contient dans ce cas parties égales des solutions de safranine et d'aurantia.

Les positifs s'obtiennent par teinture d'une pellicule de gélatine bichromatée exposée par l'envers; on dépouille à l'eau tiède, on débromure dans

l'hyposulfite, on lave et on sèche. La teinture des trois diapositives ainsi obtenues se fait dans des bains préparés avec des solutions de matière colorante contenant 5 grammes de colorant par litre d'eau. Pour le rouge, on utilise 5 c. c. de solution d'érythrosine, 100 c. c. d'eau et 10 c. c. d'alcool; pour le bleu, on emploie 20 c. c. de vert solide bleuâtre, 10 c. c. d'alcool, 10 gouttes d'acide acétique et 100 c. c. d'eau. Le monochrome jaune s'obtient par immersion de la pellicule dans un bain de 100 c. c. d'eau, 10 c. c. de solution de jauno de naphtol S, 10 c. c. d'alcool, 10 gouttes d'acide acétique cristallisable et 5 c c. de solution saturée d'alun de chrome. On peut obtenir une teinte d'un jaune plus foncé en additionnant le bain de 5 à 10 c. c. d'une solution à l/200e de méthylorange.

1974. Procédé L. Vidal. — M. L. Vidal, auquel on doit pour une large part la vulgarisation du procédé au charbon et qui a appliqué le premier ce procédé à la photochromie sur papier, a récemment indiqué un procédé trichrome sans papiers mixtionnés1 . Il utilise pour la confection des monochromes des glaces collodionnées sur lesquelles il verse la mixtion colorée; on fait sécher cette mixtion, on la sensibilise et on la détache du verre; on l'expose sous un négatif, le côté collodion étant au contact du verre; on dépouille à l'eau chaude sur support provisoire et on superpose les trois monochromes en les scellant sous pression avec de la gélatine.

Des glaces bien nettoyées, puis talquées, sont époussetées au blaireau, recouvertes d'une couche de collodion préparé avec 50 c. c. d'alcool rectifié, 50 c. c. d'éther et 2 grammes de coton-poudre résistant; on fait sécher sur un support à rainures. Ces glaces sont recouvertes d'une mixtion de gélatine colorée, préparée avec 30 grammes de gélatine Nelson, 200 c. c. d'eau, 6 grammes de sucre raffiné et 6 grammes de gylcérine ; à ce mélange on ajoute la matière colorante : on prépare ainsi trois mixtions colorées. La couleur doit être très finement broyée, ne doit pas agir sur le bichromate et la gélatine, comme l'a démontré Jeanrenaud2, et de plus doit être insoluble dans l'eau. La teinte et la proportion à employer varient avec la nature du sujet à reproduire : il convient d'utiliser la laque de garance, la laque jaune et l'outremer. En général, les mixtions à pigment coloré solide, c'est-à-dire contenant des matières pulvérulentes mélangées à la gélatine, ne possèdent pas la transparence de la gélatine colorée par voie de teinture.

La mixtion préparée est filtrée à travers une mousseline dans un entonnoir maintenu chaud; on étend le liquide sur les plaques collodionnées, placées bien horizontalement sur un trépied à vis calantes; l'épaisseur de la couche doit être lmm5 à 2mm. On utilise 10 c. c. de mixtion pour une plaque 9 X 12; quand la gélatine a fait prise, on fait sécher la plaque à l'abri de la poussière ou mieux dans une étuve spéciale à chlorure de calcium; on sensibilise dans un bain de bichromate d'ammoniaque dont le titre varie de 1 à 3 °/0 suivant l'intensité du négatif; l'immersion est prolongée pendant 10 minutes; on fait égoutter, puis l'on sèche dans l'obscurité. Quand la dessiccation est complète, on incise la couche tout autour des

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 138. — 2. Ibid.t 1872, pp. 31, 68, 103.

PROCÉDÉ DE M. MIETHE.

bords, puis, soulevant un des coins on sépare la mixtion collodionnée d'avec son support. On expose sous un négatif dans le châssis presse, comme, s'il s'agissait d'une épreuve au charbon, et l'on dépouille immédiatement après l'iris jlation.

I.o dépouillement s'effectue sur une glace revêtue de vernis au caoutchouc préparé avec 10 grammes de caoutchouc naturel et 100 grammes de benzine; on verse cette dissolution à la surface de la glace, on laisse évaporer ce vernis jusqu'à ce qu'il soit à l'état poisseux. A ce moment, on fait adhérer la pellicule par le coté collodionné en s'aidant d'un rouleau souple; on dépouille à l'eau chaude maintenue à la température de 30° à 40° C. Le dépouillement doit être complet; on lave et on sèche lentement pour éviter Le fendillement de la couche collodionnée.

Quand les pellicules sont sèches, on les sépare d'avec la glace en coupant tout autour le caoutchouc; on les enlève du verre et on élimine la couche de caoutchouc en frottant progressivement avec le doigt; la couche de caoutchouc s'enroule sur elle-même et peut servir à nouveau après dissolution dans la benzine. Les trois monochromes ainsi isolés sont superposés pour former l'image trichrome complète; on juge de sa valeur par transparence et, au besoin, on peut renforcer la teinte de chaque monochrome en utilisant les matières colorantes indiquées par MM. Lumière (G., p. 390).

Après renforcement, les pellicules sont lavées et reportées l'une sur l'autre, en utilisant soit le baume du Canada, soit une solution de gélatine à 5 o/o que l'on passe sur la face gélatinée et non sur le côté collodionné. On peut, avec un mélange fait à parties égales d'éther et d'alcool, détruire chacune des couches collodionnées, de façon qu'il ne reste sur le papier que les trois monochromes isolés de leur support provisoire; l'image est ensuite reportée sur une feuille de papier blanc, sur lequel on la colle avec de la gélatine.

1975. Procédé de M Miethe. — Les plaques au gélatino-bromure destinées au pro.-é.lé trichrome sont panchromatisées à l'aide du rouge d ethyle (1949). La plaque passée au bain de rouge d'éthyle suivant les

indications du D' Mietl Bt huit à dix fois aussi sensible au vert et au

rouge que l'ancienne plaque panchromatique, et permet les mêmes poses avec les écrans pour Le bleu et pour le rouge et une pose moitié moindre pour le vert. Les trois négatifs doivent être assez faibles pour qu'il ne soit pas possible de les imprimer sur papier à la celloïdine. De ces négatifs, le I)'- Miethe1 imprime trois diapositives qui pourront être des agrandissements peu intenses, mais bien limpides dans les ombres. Les positifs durs ou vigoureux ne conviennent pas pour ce procédé. Chacun des positifs est imprimé par les procédés aux poudres colorantes (III, 801). Les images monochromes ainsi produites sont reportées sur pellicules de collodion et les trois pellicules sont superposées sur une feuille de papier blanc.

L'impression à l'aide des diapositives obtenues se fait sur glaces bien nettoyées. On les recouvre d'une mixtion sensible obtenue en dissolvant 0 gr 6 dé -eh, line dans 100 c. c. d'eau tiède, ajoutant 20 grammes de glu-

1. Bulletin de V Association belge de photographie, 1005, pp. 26 et5:

cose, 7 grammes de bichromate de soude et quelques gouttes de solution concentrée d'acide phénique; on filtre cette liqueur qui se conserve pendant quelques jours; on étend la solution sur les glaces que Ton fait sécher dans une étuve chauffée à 60-70° G. Il convient d'opérer à une faible lumière ou dans le laboratoire éclairé par des verres jaunes. Dès que la plaque est sèche, on l'expose sous le diapositif qui doit être légèrement chauffé. L'impression se fait au soleil en une minute trois quarts à deux minutes et demie. Immédiatement après, on procède v au saupoudrage à l'aide d'un pinceau très doux (pinceau à plusieurs plumes pour l'aquarelle). Les poudres employées sont le jaune normal en poudre, la krapplack en poudre de la qualité extra-fine de Mowe, enfin le bleu normal en poudre de Berger et Wirth1. Ces couleurs sont très finement broyées et on les étend sur ]a couche à l'état de poussière très fine tombant au-dessous d'un tamis de soie n° 180. On commence par couvrir toute la surface avec la poudre tamisée, puis on promène lentement le pinceau jusqu'à ce que tous les détails soient bien apparents. Si la poudre prend trop facilement, c'est que la pose a été trop courte; si l'image est lente à venir et si elle est dure, c'est qu'il y a eu surexposition au châssis-presse. On termine en frappant quelques coups sur la plaque tenue verticalement pour faire tomber la poudre restée libre, et on promène légèrement le pinceau à la surface de la couche pour nettoyer l'image; lorsque celle-ci est complète, on recouvre la couche d'une dissolution de collodion à 2 %> de coton-poudre, on laisse égoutter le collodion et, après évaporation à peu près complète de l'éther et de l'alcool, on collodionne une deuxième fois. Quand le collodion a fait prise complètement, on incise les bords de la couche et on porte la plaque dans une cuvette d'eau distillée; la couche de collodion entraînant l'image ne tarde pas à se détacher de la glace; on la lave dans la cuvette et on transporte la pellicule de collodion dans une solution tiède de gélatine à 1 o/o- On Pr0~ cède ainsi successivement avec chacun des diapositifs qui doivent être développés avec leurs poudres respectives.

Dans la solution de gélatine contenant l'épreuve jaune, on introduit un carton blanc et l'on fixe la pellicule au carton en faisant adhérer à celui-ci le côté collodion; on retire ensuite le carton de la cuvette contenant la solution de gélatine et, à l'aide d'un pinceau, on dispose la pellicule de gélatine en bonne place en la tirant par les quatre coins; on abandonne l'image à la dessiccation. Quand le tout est complètement sec, on recouvre l'image d'une couche de vernis négatif ordinaire, on fait sécher, puis on plonge cette image dans la cuvette à bain de gélatine contenant la pellicule rouge. Le repérage est rendu facile par suite de la légère couche de gélatine liquide. On opère de même pour le transfert de la pellicule bleue. Les retouches se font à l'aide de couleurs à l'huile mêlées de siccatif de Gourtrai.

1976. Pinatypie. — M. Sanger Shepperd2 a appliqué aux tirages en couleurs le procédé d'hydrotypie imaginé par Gros. On sait que la gélatine bichromatée exposée derrière un négatif devient insoluble dans l'eau chaude; cette gélatine absorbe l'eau d'autant moins qu'elle a subi plus

1. Chez Berger et Werth, Benthstrasse, Berlin. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1903, pp. 35, 193,

PINATYPIE.

longtemps l'action de la lumière. Si, au lieu de plonger la gélatine dans l'eau on la plonge dans une solution de matière colorante, on obtient, pour une immersion suffisante, une image colorée positive du négatif derrière lequel la couche de gélatine bichro matée n été exposée : c'est là le principe de L'hydrotypie indiqué par Gros dès 1880

En appliquant une feuille de gélatine humide sur une image colorée ainsi obtenue et la laissant au contact de cette sorte de phototype, la matière colorante passera en partie sur la feuille de gélatine humide qui, séparée de la première, donnera une image monochrome. On peut produire les trois planches hydrotypiques d'après trois diapositifs tirés au contact de négatifs convenablement sélectionnés. En colorant l'une des planches en bleu, la seconde en rouge, la troisième en jaune, puis appliquant successivement une feuille de papier gélatine sur chacune de ces trois planches, on produit, par une synthèse trichrome, les diverses colorations du sujet original ».

Dans le procédé qui est exploité sous le nom de pinatypie, les trois diapositifs qui servent à obtenir les planches hydrotypiques sont obtenues à l'aide de bonnes plaques à projection; ils doivent être vigoureux, bien détaillés, mais sans dureté.

Les plaques de verre gélatinées sont sensibilisées dans une solution de bichromate de potassium à 2 o/0 ; on retire du bain, on fait sécher dans l'obscurité et on expose à la lumière derrière la diapositive.

Le temps de pose est peu différent de celui nécessité pour le tirage d'une épreuve sur papier à La celloïdine d'après un négatif de même intensité; le mieux est de régler le temps de pose avec un photomètre de tirage. Après exposition normale, l'image est visible en brun sur fond jaune; on lave pour éliminer tout le bichromate et on abandonne à la dessiccation ; on trace sur chaque plaque une marque spécifiant la couleur à laquelle elle est destinée. La planche du rouge doit être exposée plus longtemps que la planche jaune et que la planche bleue.

La planche correspondant au négatif exécuté derrière l'écran orangé est plongée pendant quinze minutes dans un bain colorant formé par une solution à 5 o/o de bleu F Hœchst; on rince ensuite à l'eau jusqu'à ce que le liquide qui s'écoule ne soit plus coloré. Si les blancs sont fortement teintés, la durée de l'exposition n'a pas été suffisante; si le dessin est dur, sans détail dans les parties claires, il y a eu surexposition.

Quand la planche est à point, on fait tremper dans l'eau une feuille de papier transfert gélatine pour épreuves au charbon; on le maintient dans l'eau jusqu'à ce qu'il soit complètement distendu et devenu bien flexible. On glisse dans La cuvette la planche colorée, et sous l'eau on la met en contact" couche contre couche, avec le papier gélatiné; on retire l'ensemble, on pose le tout sur une table, papier en dessus, on applique sur le papier une feuille de celluloïd ou de taffetas ciré et, au moyen d'une raclette à bande de caoutchouc, on chasse le liquide interposé en manœuvrant la raclette du centre vers les bords. L'adhérence étant obtenue, on pose le tout sur un feutre légèrement mouillé, puis on place sur l'ensemble une glace épaisse et on abandonne au contact pendant dix à quinze minutes. On a le soin d'exami-

\. Bulletin de la Société française de photographie, 1905, p. 302.

ner de temps à autre les progrès du décalque en soulevant de temps à autre un coin de l'épreuve; on repasse de nouveau la raclette pour ramener en contact parfait. L'emploi d'un châssis-presse ordinaire muni d'une glace épaisse en place de la planchette usuelle permet d'obtenir une pression régulière.

Le monochrome rouge s'obtient à l'aide du négatif exécuté sous l'écran vert. On le prépare avec un bain colorant obtenu à l'aide de 5 grammes de rouge F Hœchst que l'on met en bouillie avec très peu d'eau et l'on ajoute 10 c. c. d'ammoniaque; après environ cinq minutes de contact on complète le volume à 100 c. c. et l'on obtient ainsi une liqueur limpide dans laquelle on plonge la planche d'impression; on lave très soigneusement. Pour éviter tout faux décalque qui occasionnerait un doublement des lignes, on interpose une feuille mince de celluloïd en réservant une bande de 5 millimètres à 1 centimètre sur l'un des bords de la planche sans la recouvrir de celluloïd. Le repérage du papier tout humide portant l'image bleue s'effectue facilement au travers de cette pellicule ; quand il est réalisé, au moyen de fortes pinces à ressort on maintient le papier sur la planche par les bords qui sont en contact avec lui, puis, soulevant le papier, on retire le celluloïd, on plonge dans l'eau et l'on applique, comme pour le bleu, le papier sur la planche; le contact dure environ dix à quinze minutes.

Pour le monochrome jaune, on dissout dans 100 c. c. d'eau bouillante f> grammes de jaune F. Hœchst, en agitant fréquemment. La première teinture de la planche dure environ trente minutes; pour les épreuves suivantes, il faudra le plus souvent de cinq à dix minutes, tandis que pour recharger à nouveau la planche en colorant rouge, il suffit généralement de deux à trois minutes d'immersion. Le décalque du monochrome jaune sur le papier portant déjà les images bleue et rouge demande environ trente minutes; la lenteur de ce décalque dispense de toute précaution pendant le repérage, mais il est nécessaire de veiller pendant le tirage à ce que le feutre soit constamment mouillé pour éviter que le papier ne colle à la planche.

Une couleur trop faible peut être renforcée en réappliquant le papier sur la planche correspondante. On peut affaiblir l'ensemble de l'image en la mettant au contact pendant quelque temps avec une plaque gélatinée humide, telle qu'une plaque au gélatino-bromure voilée, mouillée par quelques minutes d'immersion dans l'eau. L'application sur cette planche se fait avec les mêmes précautions que pour un tirage ; l'image se décalquant du papier sur la plaque s'affaiblit d'autant plus que le contact est prolongé pendant plus longtemps.

Les retouches locales s'exécutent avec un pinceau plongé dans des solutions étendues des bains colorants.

M. Brewerton a trouvé que par ce moyen il était difficile d'obtenir le monochrome bleu. Il commence à imprimer le bleu par le procédé au ferroprussiate, ce qui lui donne une bonne base pour recevoir les transferts rouge et jaune.

1977. Procédé du Dr Kœnig. — Ce procédé est basé sur l'emploi de trois négatifs obtenus au travers de trois écrans colorés *. Trois collodions

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