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PROCÉDÉS PAR DÉCOLORATION

incolores renferment un mélange de substances chromogènes engendrant, BOUS l':iction de ta lumière, des matières respectivement rouges, jaunes et bleues. L'un de ces collodions ayant été étendu à la surface d'un support quelconque, on expose à la lumière sous le négatif correspondant et, après apparition de l'image on fixe dans un bain approprié; après lavage et séchage, on coule une couche isolante, on étend le second collodion, on repère le premier tirage sous le second négatif et on opère comme pour le premier; on agit de même pour le troisième tirage. Les manipulations sont, au repérage près qui ne présente d'ailleurs que très peu de difficultés, aussi simples que celles conduisant à L'obtention d'une épreuve au citrate ou tout autre analogue. Le fixage de l'image s'effectue à l'aide d'un dissolvant de ces leucobases (dérivés hydrogénés incolores); on utilise généralement l'acide monochloracétique ; malheureusement, les épreuves ainsi préparées s'altèrent à la lumière1.

Un procédé qui est en quelque sorte l'inverse du précédent a été décrit par J. Szczpanik ; ce procédé est d'ailleurs une variante des procédés antérieurs de Cros, Vallot, Dr Neuhauss, etc. Une couche chromosensible est constituée par la superposition ou le mélange de trois groupes de matières colorantes instables à la lumière, de nuance respectivement rouge, jaune et bleue; on sait qu'une matière colorante rouge fugace est beaucoup plus rapidement détruite par les radiations vertes, qu'elle absorbe le plus complètement, que par toute autre lumière colorée; de même pour chacune des autres. Pour effectuer en conséquence. le tirage du monochrome rouge à l'intérieur de la couche chromosensible, on expose à la lumière cette couche sous le négatif correspondant à l'écran vert, cet écran vert étant lui-même disposé sur le châssis de tirage de façon à empêcher tout accès de lumière étranger à la couche sensible : le pigment rouge est ainsi détruit dans toutes les régions où il ne doit pas figurer; après deux autres tirages, effectués successivement sous les négatifs du bleu et du jaune, doublés chacun de leur écran, la couche sensible présente l'image polychrome complète qu'il reste seulement ;'i lixer.

Le Dr Neuhauss a mis en pratique l'idée de Wiener qui consiste à mélanger des teintures rouge, jaune et bleu sur un papier, de façon à former une teinte noire. En exposant ce papier à la lumière blanche, les trois teintures se décolorent et on obtient du blanc; en l'exposant à la lumière jaune, le rouge et le bleu se décolorent, le jaune subsiste ; à la lumière rouge on conserve le rouge et à la lumière bleue le bleu. Par l'addition de chlorophylle, le DrNeuhauss9 a composé une préparation aussi sensible que le papier albuminé ; un peu d'eau oxygénée augmente la sensibilité de la préparation. On emploie l'éry throsine, l'uranine et le bleu de méthylène qui, mélangés à de la chlorophylle, sont incorporés dans une couche de gélatine ou de collodion. Après exposition sous des verres colorés, on fixe dans une solution de sulfate de cuivre. La dissolution employée par le Dr Neuhauss est étendue sur verre opale et contient 10 grammes de gélatine tendre à émulsion, 100 c. c. d'eau, 6 c. c. de solution de bleu de méthylène à la dose de 1 gramme pour f)00 d'eau, lcc5 de solution d'auramine à 1/500*,

1. La Photographie, 190"), p. S. — l. The Photogram. mars 1002, et Photographische Rundschau, 1903.

3 c. c. de solution d'érythrosine à la dose de 2,3 pour 500. La plaque est traitée par une solution éthérée de peroxyde d'hydrogène; on l'expose à la lumière et l'on obtient de brillantes couleurs.

Le Dr Neuhauss 1 a constaté que plusieurs couleurs mises en contact avec de la gélatine et du persulfate d'ammonium perdent leur coloration et la reprennent sous l'inlluence des rayons de couleurs complémentaires. Il semble qu'il y ait là le germe d'un procédé direct en couleurs permettant de prendre des négatifs en couleurs complémentaires et d'en tirer au châssispresse des épreuves donnant les couleurs du sujet.

§2. — PHOTOGHROMOGRAPHIE INTERFÉRENTIELLE.

1978. Procédé Lippmann. — Les photochromographies interférentielles peuvent être obtenues sur toute surface sensible, aussi bien sur colloïdes bichromatés que sur émulsions aux sels d'argent. Quand l'image est formée sur colloïdes bichromatés, elle apparaît par lavages à l'eau ; les couleurs disparaissent par dessiccation pour réapparaître quand on humidifie à nouveau. Ce phénomène est dû à l'hétérogénéité périodique qui résulte du gonflement des minima d'interférence, tandis que les maxima ne se gonflent pas ou se gonflent moins. M. Lippmann a constaté qu'en imprégnant la couche d'une solution d'iodure de potassium les couleurs subsistent, bien que faiblement. Si l'on verse sur la couche ainsi préparée une solution de nitrate d'argent à 20 %>, les couleurs deviennent très brillantes, et après lavage et séchage elles conservent tout leur éclat : l'image se renforce en même temps qu'elle devient persistante.

Positive par réflexion, elle est par transmission négative, c'est-à-dire qu'elle présente les couleurs complémentaires des couleurs vraies. Si les préparations bichromatées étaient plus sensibles et mieux isochromatiques, on pourrait ainsi obtenir par contact des diapositives en nombre quelconque et la multiplication des images interférentielles deviendrait possible par tirage au châssis-presse.

On peut d'ailleurs obtenir la reproduction photographique des couleurs en employant une couche sensible de nature quelconque, pourvu qu'elle soit transparente et adossée, pendant la pose, à un miroir de mercure. Les couleurs sont visibles par réflexion après développement de la plaque 2.

M. Cotton3 a constaté que lorsqu'on regarde à travers un analyseur une épreuve à la gélatine bichromatée, placée obliquement, les couleurs s'avivent lorsque l'analyseur est orienté de façon à favoriser les rayons subissant des réflexions successives dans l'intérieur de la pellicule. L'emploi d'un analyseur a permis de voir les teintes par transmission prévues par la théorie de M. Lippmann dans les épreuves où on ne les apercevait pas autrement.

M. Goddé 4 traite les plaques préparées avec l'émulsion Lippmann par l'un des deux bains suivants : A) alcool absolu, 40 c. c; solution aqueuse de nitrate d'argent à 10 o/0j 0ce6; acide acétique, 2 gouttes; B) eau distillée,

1. The Britisch Journal of Photography, 10 juillet 1902. — 2. La Revue de «photographie, 1905, p. 354. — 3. Société française de physique, séance du 16 juilet 1905. — 4. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 343,

PLAQUES AUTOCHROMES.

100 grammes, solution d'azotate d'argent fondu à 1 o/0j 3 c. c; ammoniaque, 1 c. c. La duré*; d'immersion dans le bain A) est de dix à quinze secondes; les plaques sont sèches en quelques minutes. Si l'on utilise, au contraire, le bain B) qui donne • beaucoup plus de rapidité, l'immersion doit être prolongée pendant une minute. On développe à l'aide de deux dissolutions : A) eau, 100 c. c. ; bromure de potassium, 5 grammes; ammoniaque (densité 960), 12 c. c; B) eau, 100 c. c. ; acide pyrogallique, 1 gramme. Pour l'emploi, on utilise 100 c. c. d'eau, 10 c. c. de B) et au moment de développer on ajoute 2 c. c. de A). L'image à peine visible doit être retirée du bain sans perte de temps ; on la lave et on la fixe dans un bain de 15 grammes d'hyposultite de soude dissous dans 100 c. c. d'eau. On renforce en plongeant d'abord l'image dans un bain de 1 gramme de bichlorure de mercure dans UH litre d'eau : l'image disparait; on lave et on développe avec un bain d'amidol dont la solution de réserve contient : eau, 100 c. c. : sulfite de soude cristallisé, 10 grammes; amidol, 1 gramme. De cette solution on prend 10 c. c. que l'on ajoute à 100 c. c. d'eau; on recommence les renforcements jusqu'à intensité suffisante.

M. E. Kothé 1 a supprimé le miroir de mercure dans le châssis Lippmann; il utilise seulement comme surface rétléchissante la surface de séparation gélatine-air. Il suffit de placer dans un appareil quelconque, la face du verre tourné vers l'objectif, une plaque transparente au gélatino-bromure préparée par le procédé Lippmann. On peut admettre qu'avec un bain de mercure tout l'air n'a pas été chassé entre la gélatine et le mercure; il en subsiste une mince couche qui est trop mince pour que l'épaisseur traversée introduise une différence de marche appréciable, mais dont la présence peut causer une réflexion sur La surface de séparation gélatine-air avec une différence de phase déterminée. Il y aurait alors, outre la réflexion sur le miroir de mercure, une réflexion sur l'air qui pourrait expliquer les teintes variées observées sur les plaques insuffisamment posés. Les photographies ainsi produites présentent l'avantage de pouvoir être obtenues sans matériel spécial dans un appareil quelconque; elles sont tout à fait suffisantes pour servir à des démonstrations et peuvent être exécutées par tous les amateurs.

M. Niewenglowski B fait observer2 qu'il y avait lieu d'utiliser dans la préparation de l'émulsion Lippmann les nouveaux sensibilisateurs pour le rouge qui ont été récemment mis dans le commerce et d'employer les nouveaux écrans à l'esculine qui arrêtent les radiations ultrà-violettes.

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