‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 2 sur 158 · PROFONDEUR DE CHAMP · texte numérisé non relu

PROFONDEUR DE CHAMP

image plus nette que celle fournie par la plupart des autres objectifs; ce n'est que par l'emploi des verres nouveaux et le plus souvent en rendant moins bonne la partie centrale du champ que l'on a pu rendre l'image homogène.

1762. Profondeur de champ. — La profondeur de champ est théoriquement une propriété des objectifs. Si l'image d'un point était un point, cette profondeur de champ (A, 1539) dépendrait seulement de la distance focale et de l'ouverture utile considérée; mais les conditions que l'on suppose réalisées dans l'établissement de la formule donnant la valeur de cette profondeur de champ sont très rarement satisfaites simultanément. De telle sorte que, dans la pratique, on peut trouver deux objectifs de constructions diflérentes présentant môme distance focale et même ouverture utile, mais possédant des profondeurs de champ très différentes; on peut le constater sur l'ancien objectif double à portraits et l'objectif simple à paysage ancienne forme. Il était admis par les vieux photographes que l'objectif simple avait plus de profondeur de champ que tout autre objectif; ils n'avaient pas tout à fait tort, car les formules donnant la valeur de la profondeur de champ ne peuvent servir qu'à titre d'indication pour la comparaison d'objectifs de construction analogue.

L'établissement des formules exprimant La profondeur du champ suppose implicitement que l'objectif n'admet que les rayons provenant de points situés sur l'axe principal ou très rapprochés de cet axe, et que les faisceaux considérés sont rigoureusement corrigés de toute aberration. Il y a lieu de remarquer que dans l'examen d'une épreuve on compare entre elles les nettetés d'images de points situés aussi bien sur l'axe que hors de l'axe; il faut donc tenir compte de la forme de la surface focale et de la plus ou moins grande perfection des corrections dans les faisceaux obliques. D'ailleurs, la suppression de toute aberration dans les faisceaux de rayons centraux est quelquefois réalisée, mais c'est l'exception, surtout s'il s'agit d'objectifs à travaillant à grande ouverture.

On suppose aussi que le diaphragme coupe l'axe au centre optique de l'objectif. Si cette condition est réalisée pour les objectifs symétriques, elle ne l'est nullement pour les objectifs simples, pour la plupart des trousses, pour les téléobjectifs, etc., en un mot, toutes les fois que l'ouverture utile d'un diaphragme déterminé varie avec l'éloignement du modèle; dans ces cas, la formule qui sup-

pose une valeur constante à cette ouverture n'est plus applicable.

Enfin, on admet que la profondeur de champ peut être déduite de la mesure en valeur absolue des cercles de diffusion formés par l'étalement des images de chaque point. On admet le plus souvent que le diamètre du cercle de diffusion toléré est de 0mml ; or la netteté ne dépend pas seulement de l'objectif, mais encore de la surface sensible, de la durée du temps de pose, etc. Si on considère comme idéal de netteté la région la plus nette obtenue sur une image, on peut arriver à des limites très variables pour ce que l'on considérera comme le maximum de flou toléré. Si l'on emploie une émulsion sensible à gros grain, la profondeur de champ absolue paraît diminuée, tandis que la profondeur de champ relative est augmentée parce que les différences de netteté vers les diverses régions de l'image sont atténuées.

Quand un faisceau lumineux est entaché d'aberration de sphéricité et concentre la lumière non plus en un point, mais sur une surface caustique, les variations de l'ouverture du diaphragme influent sur la longueur de cette caustique, mais non sur son diamètre; la profondeur de champ devient à peu près indépendante de l'ouverture, les seules parties externes de la caustique sur laquelle se manifeste l'influence du diaphragme ne concourant pas à la formation de l'image par suite de leur trop faible éclairement. C'est pour ce motif qu'un objectif imparfaitement corrigé de l'aberration sphérique paraît posséder plus de profondeur de champ que n'en possède un objectif parfait.

Supposons le premier entaché d'aberration positive : un faisceau limité par une caustique se rétrécissant plus vite que celui limité par un cône, la profondeur de champ diminue moins vite avec l'objectif incorrect qu'avec l'objectif parfait. Si l'on considère les objets situés en avant du plan de netteté maxima, cette différence entre les deux objectifs s'accroît en même temps que l'on augmente l'ouverture. A partir d'une certaine ouverture , la caustique venant rencontrer la surface sensible donne un cercle de diffusion pratiquement constant; la limite inférieure de la profondeur de champ est donc à peu près invariable si l'on apprécie la netteté en valeur absoluê. Avec l'objectif parfait, au contraire, tout accroissement de l'ouverture augmente le diamètre des cercles de diffusion et diminue par conséquent la profondeur de champ1.

1. British Journal of Photography, 31 et 28 août 1903; Clerc, L'Année photographique, 1904.

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