Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris
utilisera des diaphragmes relativement grands. On peut constater, en effet, que pour obtenir la séparation de deux points sous-tendant une minute d'arc, il faut que l'ouverture de l'objectif soit supérieure à 2 millimètres de diamètre. Ceci tient aux phénomènes de diffraction qui interviennent dans ce cas, phénomènes dont l'optique géométrique ne tient nul compte : elle enseigne, en effet, que l'image d'un point est un point, ce qui est inexact. On peut le démontrer aisément en mettant au point, avec un très grand diaphragme, une gravure comprenant des tailles très rapprochées. Pour une reproduction à échelle suffisamment réduite, on ne percevra plus les tailles sur le verre dépoli ; mais si à toute ouverture on les aperçoit encore, si l'on parvient à séparer les traits rapprochés, il suffira de diaphragmer l'objectif pour constater qu'avec l'ouverture /*/25 ou f/3Q on ne sépare plus les divers traits : la diminution du diaphragme n'augmente donc pas toujours la finesse de l'image, quelle que soit, d'ailleurs, la nature de la couche sensible utilisée.
La nature de cette couche sensible, le grain qu'elle présente est de dimension variable. L'expérience montre qu'avec les plaques rapides au gélatino-bromure on obtient difficilement des images linéaires dont l'épaisseur soit inférieure à 1/40 de millimètre : c'est une limite qu'on ne dépasse guère. Il en résulte que la définition angulaire de la minute d'arc ne peut être donnée que par les objectifs dont la longueur focale atteint au moins = 75 millimètres ; par conséquent, dans la pratique, les objectifs de très courte longueur focale ne peuvent pas reproduire tout ce que l'on voit1.
1764. Transparence des objectifs; clarté. — Il arrive fré. quemmentque, dans des conditions identiques, des objectifs de types différents donnent des images inégalement éclairées. Pour avoir le véritable coefficient de clarté d'un objectif, il faudrait multiplier la valeur ordinairement admise par le coefficient de transmission, rapport de la lumière transmise à la lumière incidente.
M. H. Cousin2 a publié un important mémoire sur les pertes dues aux réflexions sur les surfaces libres des lentilles composant l'objectif photographique.
1. L.-P. Clerc, L'année photographique, 6e année, p. 11. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 103.