SENSIBILITÉ DES PLAQUES
sées au rouge d'éthyle en utilisant le vert acide brillant G B de Bayer. On fait une solution de 5 gr. 60 de cette matière colorante pour 560 c. c. d'eau contenant 50 grammes de gélatine; cette solution est suffisante pour recouvrir 2.800 centimètres carrés de verre. On utilise un écran double formé parla juxtaposition de deux écrans simples, gélatine contre gélatine1.
1837. Sensibilité des plaques. — M. Camichel a étudié les relations qui existent entre le noircissement de la plaque développée et la quantité de lumière reçue par la plaque au point considéré. En faisant varier séparément l'intensité et la durée de pose de façon que le produit de ces grandeurs reste constant, il a reconnu que le noircissement photographique diminue quand le temps de pose augmente :
Intensités relatives 3 i,5 1 0,75 0,50
Durée de pose 1 2 3 4 <;
Déviations galvanométriques. . . (il <i(i,lô 71,8 80,2 90,7
Les méthodes photométriques qui supposent le noircissement constant pour des valeurs constantes du produit Ix / sont donc inexactes.
M. Gulton s'est proposé d'étudier la relation entre la lumination et l'opacité qui en résulte après développement. 11 a mesuré les opacités des plaques photographiques exposées pendant un temps constant, une minute, à distance décroissante d'une source de lumière constante. Une moitié seulement <le chaque plaque était exposée et son opacité comparée à celle de la région développé.- sans avoir reçu l'action de la lumière. Les intensités lumineuses mesurées étant 1, au travers de la région exposée et I2 dans la région non exposée, on prend pour valeur de l'opacité le rapport
La courbe tracée en portant ces valeurs en ordonnées et les luminations en abcisses monte d'abord lies vite, puis acquiert rapidement une inclinaison moindre; M. Gutton a retrouvé une courbe analogue à celle de Driffreld et Hnrter*.
M. le commandant Houdaille' a établi un appareil d'essai pour mesurer la sensibilité des émulsions. L'instrument utilisé consiste essentiellement en un disque tournant, à sept ouvertures, démasquant respectivement les diverses régions d'une plaque pendant
0,(il 0,02 0,04 0,08 0,K') 0,82 0,64
d'une révolution; un volet permet, pendant la rotation du disque, de masquer une moitié de la plaque. On expose, à 1 mètre d'une bougie étalon, dans l'appareil mû par un mouvement d'horlogerie, une plaque sensible,
1. Phot. Correspondent, 1904, i>. 234. — 8. Photogramm., 1905, p. 57. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1908, p. 288.
pendant une seconde pour l'une des portions, et pendant dix secondes pour l'autre. Les luminations reçues sont
et la portion constamment protégée reste comme témoin du voile latent.
Après avoir développé, fixé et séché, on rapporte la plaque dans l'appareil en même position et, dans les mêmes conditions que précédemment, on répète l'expérience sur une nouvelle plaque, de même émulsion, placée en arrière et au contact négatif; on développe avec le même révélateur et dans les mêmes conditions de température. Cette seconde image doit présenter sept opacités égales. Le moindre écart donne sur cette plaque une gamme d'opacités ascendantes ou descendantes qui caractérise le premier négatif comme doux ou dur. On en déduit (G, 1599) la durée à donner au développement dans un nouvel essai pour obtenir la gamme normale, ou du moins s'en rapprocher avec une approximation très suffisante dans la pratique. D'autre part, si Ton a noté les durées d'apparition des sept teintes de la zone la moins éclairée, on peut déterminer graphiquement la limite inférieure de sensibilité théorique avec une approximation de moins de 0,01 B. M. S., soit moins de 10 %.
La limite inférieure de sensibilité pratique se déduira des mesures d'opacités; des moyens analogues permettront de déterminer l'intensité du voile après une durée de développement déterminée. Pour fournir une image acceptable, un négatif doit, dans la reproduction des parties éclairées du sujet, présenter une opacité voisine de 32, déduction faite du voile.
M. Gravier1 a fait construire par la maison Marion un châssis sensitométrique pour l'essai simultané de la sensibilité des préparations utilisées en photographie. Les préparations sensibles sont obturées par six réglettes, réunies par couples, de façon à former trois groupes, chacun d'eux agissant à la fois sur deux préparations sensibles différentes. Un écran opaque, percé de trous équidistants, est placé à l'intérieur du châssis, devant les préparations sensibles : il permet de produire sur ces surfaces des impressions qui, se détachant du fond environnant, donnent la trace des plus faibles colorations ou réductions de la substance photographique essayée. On peut ainsi obtenir sur deux surfaces sensibles différentes quinze impressions successives dans des intervalles de temps qui dépendent de la volonté de l'opérateur. A l'aide de cet appareil on peut décider entre deux marques de plaques quelle est la meilleure pour le travail à effectuer; on peut, en effet, étudier les gradations de tons données par les diverses plaques, l'opacité, l'influence des écrans colorés, etc.
MM. Mers et Sheppard ont comparé les divers appareils sensitométriques utilisés et établi des tables de concordance pour les divers appareils. Le 25e degré Warnerke équivaut au 16e Scheiner, au 160e Hurter et Driffield, au 180e Watkins, au 113e Wyne2. Ces chiffres ont été obtenus en utilisant le révélateur normal à l'oxalate ferreux préparé de la façon suivante8 : on
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 187. — 2. Revue des sciences photographiques , fév. 1905, p. 335. — 3. Photographie Jour?ial, 1903, p. 199