‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 78 sur 158 · SULFITE DE SOUDE DANS LES RÉVÉLATEURS · texte numérisé non relu

SULFITE DE SOUDE DANS LES RÉVÉLATEURS

violet par le sulfate de fer (en présence d'un alcali); le ferricyanure de potassium ne donne rien.

La glycine donne une coloration jaune rougeâtre avec l'acide nitrique, rouge brun se changeant en vert, puis en violet avec le chlorure ferrique; rien avec le sulfate de fer; jaune clair avec le ferricyanure de potassium.

La pyrocatéchine donne une coloration jaune rougeâtre avec l'acide nitrique, vert sombre avec le chlorure ferrique ; rien avec le ferricyanure de potassium.

Au début de l'emploi du gélatino-bromure, la plaque exposée avant le développement était immergée dans une cuvette contenant de l'eau distillée; pendant ce temps, on passait à la surface de la couche un blaireau fin qui enlevait les poussières et les petites bulles d'air; on ne procédait au développement qu'après un séjour de deux minutes de la plaque dans l'eau.

Le révélateur pouvait alors pénétrer dans toute l'épaisseur de la couche, et l'image ne venait pas seulement en surface, constituant ainsi des négatifs gris, sans intensité, donnant des épreuves très faibles. L'immersion préalable, comme Ta fait observer M. Maes1, est surtout utile lorsque l'on utilise des révélateurs à action rapide; elle permet d'éviter bien des taches de toute nature.

1859. Emploi du sulfite de soude. — MM. Lumière frères et Beyewetz ont étudié l'action «le l'air sur le sulfite de soude2 et les altérations que peut subir ce composé; leurs conclusions sont les suivantes :

1° Le sulfite de soude cristallisé (à l'état solide) s'altère facilement à l'air, et cela d'autant plus rapidement que la température extérieure est plus élevée et l'atmosphère moins humide;

go Cette altération n'est pas, dans la majorité des cas, une oxydation, mais une simple déshydratation; en exposant le sulfite cristallisé dans l'air sec pendant un temps siifli>ant à la température ordinaire, il est possible de le déshydrater complètement suis qu'il se produise (contrairement à ce (pic l'on ;i supposé jusqu'ici) une quantité notable de sulfate;

.> Les solutions aqueuses de sulfite cristallisé se comportent à l'air comme les solutions correspondantes de sulfite anhydre; en solution diluée, elles absorbent très rapidement l'oxygène de l'air, tandis qu'en solution concentrée, cette absorption est très lente;

\° Les solutions diluées, préparées avec du sulfite de soude cristallisé en liqueur acide, sont beaucoup moins altérables à l'air que les solutions de même concentration préparées avec du sulfite cristallisé en liqueur neutre ou alcaline. Au point de vue pratique, il y a donc avantage à se servir, pour la préparation des révélateurs, du sulfite anhydre plutôt que du sulfite cristallisé dont la composition n'est pus constante dans l'air sec puisqu'il se déshydrate constamment. Les solutions de subite qui doivent être conservées seront préparées à un état de concentration d'autant plus grand que l'on voudra mieux éviter leur altération. L'addition de quelques centigrammes d'hydroquinone ou d'amidol à un litre de dissolution empêche l'oxydation du sulfite de soude.

1. Journal de photographie pratique, 1905. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 262.

Les sulfites de potasse jouissent de propriétés un peu différentes; il résulte, en effet, des recherches des mêmes auteurs, que :

lo Le métabisulfite de potasse cristallisé ne s'altère pas dans l'air sec ou dans l'air humide, tandis que les solutions de métabisulfite de potasse s'altèrent à l'air;

2° Cette altération est notablement plus faible que celle des solutions correspondantes de sulfite de soude pour les solutions diluées. L'altération est, au contraire, plus grande pour le métabisulfite dépotasse que pour le sulfite de soude lorsque la concentration atteint 20 o/0;

3° L'influence de la concentration des solutions sur leur oxydabilité à l'air est beaucoup moins importante avec le métabisulfite de potasse et le bisulfite de soude qu'avec le sulfite de soude;

4o Le bisulfite de soude est très altérable à l'air, mais ses solutions se comportent à peu près comme celles du métabisulfite de potasse.

MM. Lumière frères et Seyewetz1 ont montré que l'on peut employer les acétones et les aldéhydes en présence de sulfite de soude pour remplacer les alcalis dans la préparation du bain révélateur. La parafolmaldéhyde, dite encore trioxyméthylène, est soluble dans les solutions aqueuses de sulfite de soude. Cette substance agit d'une façon très énergique, et il en faut cent fois moins que de carbonate de soude pour produire les mêmes effets. Un mélange de trois parties de parafolmaldéhyde et de quatre-vingtdix-sept de sulfite de soude anhydre est désigné sous le nom de formosulfite. Les révélateurs préparés avec cette substance permettent de développer des images très brillantes. Le formosulfite agit d'ailleurs sur la gélatine en insolubilisant cette substance : grâce à l'emploi du formosulfite on n'a à craindre ni l'altération de l'alcali caustique, ni les accidents produits par un excès d'alcali.

Lorsqu'on traite l'acétone par une solution saturée de bisulfite de soude, on obtient une combinaison bisulfitique, se déposant sous forme de paillettes blanches et constituant le produit improprement dénommé sulfite d'acétone. C'est un sel à réaction acide qui conserve les solutions de révélateur non alcalinisées beaucoup mieux que le sulfite de soude qui présente souvent une réaction alcaline : il peut toujours remplacer le sulfite de soude et les métabisulfites de soude ou de potasse. Le Dr Eichengrunn2, et plus tard le Dr Namias3, l'ont recommandé pour corriger les effets de la surexposition : le sulfite d'acétone, comparé au métabisulfite de potasse, semble, dans certains cas, présenter l'avantage d'une plus grande élasticité; mais pour les fortes surexpositions (cent fois et plus), il semble que l'emploi du métabisulfite de potasse soit un peu plus avantageux, précisément parce qu'il ne libère pas d'acétone pendant le développement; en particulier, l'emploi du métabisulfite de potasse .est utile lorsqu'on se sert d'amidol comme révélateur.

Lorsque l'on emploie dans le bain de développement un mélange d'acétone, de sulfite de soude et d'hydroquinone, il est probable qu'il se forme une combinaison bisulfitique d'acétone et une combinaison d'hydroquinone et

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 129. — 2. Congrès de chimie appliquée, Berlin, 1903. — 3. Revue suisse de photographie, 1904.

RÉVÉLATEUR A l'aMIDOL.

de soude. Aucune fies expériences que l'on a cru opposer à cette hypothèse de MM. Lumière et Seyewetz n'est venue l'infirmer. En particulier, l'acétone mélangé ;ï l'acide pyrogallique, à l'hydroquinone, à la pyrocatéchine, n'intervient pas dans le développement qui se fait tout aussi mal en l'absence qu'en la présence de cette substance non additionnée de sulfite.

1860. Pratique du développement. — Le développement des images au gélatino-bromure ne doit pas être effectué trop rapidement, sous peine d'obtenir des images heurtées. Il faut, d'ailleurs, éviter le ramollissement delà couche de gélatine, insuccès qui se présente fréquemment dans les paya chaude. On y parvient en ajoutant au bain un volume d'alcool égal au volume de révélateur employé; cotte addition ne nuit en rien aux qualités du développateur et permet d'éviter les bulles d'air qui adhèrent quelquefois très fortement à la couche de gélatine; on peut aussi par ce moyen révéler l'image ;'i une température relativement élevée.

On désigne sous le nom de développement lent l'opération qui consiste à révéler l'image en utilisant un révélateur dont le mode d'action nécessite souvent plusieurs heures pour obtenir un négatif complet. Le plus souvent* on emploie pour le développement lent un révélateur fortement dilué : c'est le procédé qui était employé il y a plus de cinquante ans pour révéler les images sur albumine, procédé qui a été successivement appliqué aux images obtenues par l'emploi du collodion sec1, pur l'emploi du collodio-bromure, et pour la première fois, croyons-nous, par le peintre Lugardon, de Genève, vers 188.* i, pour la production d'instantanées au gélatino-bromure. Lorsque la couche manifeste une tendance au soulèvement, il y a lieu d'utiliser les révélateurs Bans alcali; presque toutes les formules sont applicables à la confection d'un révélateur lent.

Le développement à plusieurs cuvettes contenant divers bains plus ou moins chargés de bromure, d'alcali, etc.. a été fortement recommandé par H. Vogel au retour de son voyage d'Amérique, en 188'i, pour développer les plaques au gélatino-bromure. Tins tard, Kdwards l'employa avec les bains d'iconogène et «l'hydroquinone s. Le procédé opératoire consiste à utiliser au moins deux bains : l'un très pauvre en alcali, l'autre ne contenant que peu de substance réductrice et une proportion relativement grande d'alcali. On peut utiliser une troisième cuvette contenant le bain normal et, par des immersions successives dans chacune des cuvettes, en opérant avec une certaine lenteur, on arrive à développer d'une façon très correcte des plaques présentant les écarts de pose les plus différents.

1861. Révélateur à l'amidol. MM. Lumière frères et Seyewetz* ont montré que l'altération des révélateursfau diamidophénol n'est pas due à l'oxydation du sulfite de soude, mais à celle du diamidophénol, le sulfite s'oxydant beaucoup moins en présence du 'diamidophénol qu'en simple solution aqueuse. L'excès de sulfite sur La quantité normale d'amidol (6 gr. de sulfite pour 1 d'amidol) entrant dans le révélateur, non seulement ne

1. I,. do Courten, Collodion sec au tannin. — 2. Voyez Aide-mémoire de^photographie t885, p. 80; tsv:h p. 77 et Photo-Gazette 1892, p. 217; 1902, p. 217. — 8. Bulletin de la Société française de photographie, 1906, p. 126.

retarde pas l'oxydation du diamidophénol, mais contribue même à l'accélérer. Les solutions concentrées à la fois en diamidophénol et en sulfite s'oxydent plus facilement que la solution normale et ne peuvent se conserver même en flacons pleins et bouchés par suite de la précipitation de leur diamidophénol. Par contre, on peut conserver sans altération appréciable, pendant un temps très long, le révélateur normal dans un flacon plein et bien bouché.

L'amidol peut être employé simplement avec le sulfite ou encore avec le sulfite additionné de substances alcalines ou acides.

La dissolution de 15 gr. de diamidophénol et 15 gr. de sulfite de soude anhydre pour un litre d'eau permet de développer les plaques ayant un temps de pose normal; si le temps d'exposition a été dépassé, il suffira d'additionner le bain d'un tiers de son volume d'eau, comme l'a recommandé M. Sanchez *.

M. Petitot emploie un bain contenant une forte proportion de diamidophénol et très peu de sulfite de soude. Le bain est préparé avec 2 gr. de diamidophénol, 2 gr. de sulfite de soude anhydre et 125 c. c. d'eau. La plaque à développer est directement plongée dans ce bain. Si l'on reconnaît qu'il y a insuffisance de pose, on plonge la plaque dans une seconde cuvette contenant le même bain, mais additionné d'une plus forte proportion de sulfite, ou encore dans un bain contenant une proportion moins grande d'amidol pour la même quantité de sulfite de soude.

M. Valenta a constaté que l'addition de soude caustique au révélateur normal au diamidophénol permet d'obtenir des négatifs plus doux et plus détaillés que ceux obtenus par la solution normale de diamidophénol. Pratiquement, on ne peut ajouter une dose d'alcali supérieure à celle qui correspond à la neutralisation des deux molécules d'acide chlorhydrique, soit 100 c. c. de solution de soude caustique à 1 %>. Le bain de développement contient 30 gr. de sulfite de soude anhydre, 5 gr. d'amidol, 100 c. c. de solution de soude caustique à 1 % et une quantité d'eau suffisante pour faire un litre 2.

L'emploi du bisulfite de soude dans le bain d'amidol préconisé par le Dr Namias pour corriger la surexposition a été fortement recommandé par M. Balagny 3. Il utilise un révélateur préparé avec 100 c. c. d'eau, 1 gr. d'amidol, 2 gr. de sulfite de soude anhydre, 5 c. c. de solution de bisulfite de soude commercial, 5 c. c. de solution de bromure de potassium à 10 °/0. L'image commence à se montrer après deux minutes d'immersion dans ce bain ; le développement peut durer, suivant le cas, jusqu'à trente ou quarante minutes.

Le bain d'amidol, qui développe avec le sulfite de soude seul,

1. Photo-Gazette, déc. 1905, p. 39. — 2. Phot. Correspondes, 1905, p. 33. —

3. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 173.

RÉVÉLATEUR A. L'AMIDOL.

constitue un bain acide, puisqu'il se charge en bisulfite à mesure qu'il développe. L'amidol agit rapidement avec le sulfite seul; il agit très lentement avec le bisulfite et, comme l'a indiqué M. Heeb, on prépare facilement une solution titrée de bisulfite de soude en mélangeant 180 gr. de sulfite neutre de soude cristallisé avec 800 c. c. d'eau ; après dissolution, on ajoute goutte à goutte un peu de dissolution de bisulfite de soude commercial jusqu'à disparition de la coloration rouge produite sur la phtaléine du phénol. D'autre part, on a mélangé à 200 c. c. d'eau distillée 20 c. c. d'acide sulfurique à 66°B; on ajoute cette dissolution à celle de sullite neutre de soude et l'on obtient ainsi la solution bisullitique de réserve. La plaque à développer est plongée dans une solution faite avec 1 gr. d'amidol, 50 c. c. de solution bisulfitique de réserve et 100 c. c. d'eau ; quand elle est uniformément mouillée par ce liquide, on ajoute centimètre cube par centimètre cube une dissolution de carbonate de soude à 20 % ; à chaque nouvelle addition, on attend environ deux minutes pour juger de l'effet produit. Il ne faut pas dépasser la dose maxima de 25 c. c. de carbonate de soude pour les 150 c. c. de liquide dans lesquels on a dissous 1 gr. d'amidol; on agite la cuvette après chaque addition pour provoquer le départ des bulles d'acide carbonique : ce révélateur est très sensible à l'action du bromure.

On pont, connu»' l'a Indiqué M. Reeb, combiner L'emploi de l'amidol avec celui de la pyrocatéchine et de fhydroquinone. M. Reeb1 désigne sons le nom d'amidol salifie Le produit composé avec 2 gr. d'amidol, 1 gr. de pyrocatéchine et 1 gr. d'hydroquinone. Ce composé développe l'image latente avec le bisulfite de soude seul, sans sulfite, mais il agit très lentement. Le bain do, développement se prépare avec g gr. d'amidol saliiié, 50 c. c. de solution bisullitique de réserve préparé comme nous l'avons indiqué ci-dessus, et 100 c. c. d'eau. Par additions successives d'une solution de carbonate de soude à 20 % jusqu'à concurrence de '25 c. c, la vitesse du développement s'accélère jusqu'au moment où tout le bisulfite est transformé en sullite neutre: Le bain contient alors 1) gr. de sullite neutre de soude. Ce bain révélateur est plus énergique que celui préparé avec l'amidol seul; il est, d'ailleurs, d'un maniement plus facile.

L'addition d'alcool au bain d'amidol permet de développer les plaques à une température relativement élevée (30 à 40° centigrades). On ajoute peu à peu au bain d'amidol Bon volume d'alcool de façon à éviter la précipitation du sullite de Boude. Le développement se l'ait plus lentement que par l'emploi des bains ordinaires et le révélateur se conserve plus longtemps sans

l. Uni I ctin de I" Société française de photographie, 1905, p. 207.

noircir; l'opération doit être prolongée jusqu'à ce que l'image soit visible au dos de la plaque.

Lorsque l'amidol a pris sous l'influence du temps une coloration noirâtre, on peut encore l'utiliser en dissolvant 1 gr. d'amidol dans 200 c. c. de solution tiède de sulfite de soude à 4 %>; on filtre et on développe à l'aide de la dissolution refroidie et colorée en brun.

1862. Révélateur à l'édinol. — L'édinol, par ses propriétés révélatrices, tient le milieu entre les révélateurs de la catégorie des phénols et les révélateurs rapides de la catégorie des amidophénols. Il admet, comme retardateur, tous les produits utilisés pour cet objet et est très sensible à l'addition d'une solution saturée de bicarbonate de sodium dont on peut utiliser jusqu'à 30 °/0. Le bain normal d'édinol contient 10 gr. d'édinol, 100 gr. de sulfite de soude anhydre, 50 gr. de carbonate de soude anhydre et un litre d'eau. On peut préparer un bain concentré en faisant dissoudre 20 gr. de sulfite de sodium anhydre dans 100 c. c. d'eau; on ajoute 10 gr. d'édinol, puis 50 gr. de carbonate de soude cristallisé; on amène le volume à 200 c. c. Ce bain concentré peut être additionné de cinq à vingt fois son volume d'eau et même plus. On peut obtenir des solutions plus concentrées en ajoutant une quantité convenable d'alcali caustique à une dissolution de sulfite de sodium dans lequel se trouve de l'édinol en suspension. En ajoutant plus ou moins d'eau, on obtient un révélateur très rapide développant sans dureté. Par addition d'une grande quantité d'eau (50 à 100 fois le volume du bain concentré), on obtient un bain de développement lent d'un emploi très pratique.

Les solutions concentrées d'édinol avec métabisulfite de potassium se conservent pendant longtemps, pourvu qu'elles soient maintenues en flacons bien bouchés. Le développement peut être effectué à l'aide de deux solutions de réserve : A) eau, 1 litre; sulfite de soude anhydre, 100 gr.; édinol, 10 gr. ; B) eau, 1 litre; carbonate de soude cristallisé, 100 gr. On mélange les deux dissolutions par parties égales, et si l'action de ce bain est par trop rapide, on étend la solution avec une forte proportion d'eau (20 à 50 parties).

L'utilisation de la lithine donne un bain qui agit rapidement tout en conservant les demi-teintes. On le prépare en faisant dissoudre 25 gr. de sulfite de sodium anhydre dans 1 litre d'eau, on ajoute 4gr. d'édinol et 2 gr. de lithine caustique1.

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