Phot. Correspondenz, janvier
RÉVÉLATEUR A L'HYDROQUINONE. 221
Par l'addition d'hydroquinone, on obtient un bain agissant rapidement et fournissant des négatifs intenses. On le prépare en dissolvant 100 gr. de sulfite de sodium anhydre, 16 gr. d'édinol, 8 gr. d'hydroquinone et 80 gr. de carbonate de sodium cristallisé dans une quantité d'eau suffisante pour faire un litre.
Par l'emploi du révélateur à l'édinol, on peut développer tous les genres de négatifs. M. Thorne Baker utilise pour les sujets de paysages, les instantanées, un bain contenant 1 gr. d'édinol, 1 gr. 5 de métabisulfite de potasse, 8 gr. de carbonate de soude, 5 gr. de sulfite de soude et 100 c. c. d'eau. On obtient plus de douceur soit en augmentant la proportion de carbonate, soit en diminuant la proportion d'eau. On utilise la solution de bromure de potassium à 10 °/« dans les cas de forte surexposition. Le plus souvent, il suffit de diluer fortement le révélateur pour que le développement se produise régulièrement; la teinte du négatif développée lentement vire vers le rouge, tandis qu'elle est d'un gris noirâtre si l'opération se fait rapidement.
1863. Révélateur à l'hydroquinone. — L'addition de métol au bain d'hydroquinone est avantageuse, parce que le métol commence l'action réductrice; que l'hydroquinone, en présence d'un peu d'alcali, peut continuer, mais ne pourrait commencer1. La maison Hauff recommanda de faire dissoudre 5 gr. d'hydroquinone et3 gr. de métol dans un litre d'eau; après dissolution, on ajoute 150 gr. de sullite de soude cristallisé, 40 gr. «If carbonate de potasse et 1 à 3 gr. de bromure de potassium : ce bain constitue le révélateur concentré que l'on étend de son volume d'eau au moment de l'emploi ; la température ne doit pas dépasser 18° G.
M. Namias2 emploie 7 gr. d'hydroquinone, lgr. demétol, 60 gr. de carbonate de soude sec et 30 gr. de subite anhydre pour un litre d'eau. L'action de l'alcali peut être neutralisée par l'acide borique qui agit comme retardateur. On dissout à saturation de l'acide borique dans une solution de bromure de potassium à 10 %■ Par addition d'acide borique, le bain diminue d'énergie jusqu'à un point où il ne développe plus que les parties qui ont reçu le plus de lumière et très peu les autres ; on obtient un négatif faible que l'on peut renforcer; par addition de 11) c. c. de solution bruino-borique à 100 c. c. de révélateur, on peut développer des plaques ayant reçu un temps de
1. Photo-Gazette, 1905, p. lsi». — 2. Revue suisse de photographie, 1005.
pose quarante fois plus long que le temps de pose normal. Cette action de l'acide borique est limitée au bain métol-hydroquinone et ne s'exerce pas sur le bain d'amidol.
1864. Révélateur à la métoquinone. — MM. Lumière frères et Seyewetz ont préparé une nouvelle substance, la métoquinone'1, que l'on obtient en mélangeant des solutions aqueuses saturées de métol et d'hydroquinone dans la proportion de deux molécules de métol pour une molécule d'hydroquinone; puis on sature par du sulfite de soude anhydre. On obtient un précipité abondant, constitué par des paillettes blanches, fusibles vers 135°, tandis que l'hydroquinone fond à 169° et le métol à 87°. L'eau en dissout 1 o/0 à 15o G. et 10 °/0 en température plus élevée : le produit cristallise par refroidissement; il est très soluble dans l'alcool froid (20 % à 15o G.) et dans l'acétone.
Quand on chauffe la métoquinone en présence des acides étendus, la combinaison se dédouble en hydroquinone et sels de méthylparamidophénol correspondant à l'acide employé, propriété qui permet de déterminer la composition de la substance et de montrer qu'elle renferme deux molécules de métol pour une d'hydroquinone.
La métoquinone peut développer avec addition de suinte de soude seul, sans alcali; son action révélatrice est alors deux fois plus lente que celle du diamidophénol. Ces images sont d'une intensité et d'une transparence dans les noirs tout à fait comparables à celle des négatifs que l'on obtient par l'emploi du diamidophénol.
On prépare le bain de développement avec 9 grammes de métoquinone et 60 grammes de sulfite de soude anhydre que l'on dissout dans l'eau; on complète au volume d'un litre et l'on conserve en flacons pleins et bien bouchés : ce liquide ne tache pas les doigts.
L'addition d'alcali ne provoque pas le voile et augmente fortement l'énergie réductrice du développateur. La rapidité du développement est environ deux fois et demie plus grande en présence du carbonate de soude qu'en l'absence de cet alcali ; le carbonate de potasse agit comme le carbonate de soude. Le révélateur alcalin à la métoquinone se prépare avec un litre d'eau, 60 grammes de sulfite de soude anhydre, 9 grammes de métoquinone et 10 grammes de carbonate de soude anhydre. Le carbonate de soude peut être remplacé par le phosphate tribasique de soude à même dose, soit 10 grammes.
La préparation du révélateur à la métoquinone et acétone peut être réalisée soit en mettant à profit la solubilité de la métoquinone dans l'acétone, soit en ajoutant de l'acétone au révélateur ordinaire ; le
1. Bulletin de la Société française de photographie t 1903, p. 231.
RÉVÉLATEUR A LA MÉTOQUINONE.
pouvoir réducteur augmente quand on fait croître la quantité d'acétone jusqu'à un maximum de 50 c. c. d'acétone par litre de révélateur. La solution de métoquinone dans l'acétone doit être conservée dans des flacons bien bouchés, sans quoi elle absorbe lentement l'oxygène de l'air et se colore en brun. Lorsque l'on a développé un certain nombre de négatifs dans le même bain et que le pouvoir réducteur a diminué notablement, il suffit de rajouter à nouveau 13 c. c. d'acétone à 100 c. c. de bain pour que le révélateur reprenne son énergie réductrice. La dissolution de métoquinone dans l'acétone se trouve dans le commerce et se vend sous le nom de ttirtucrlonc ; elle permet de préparer très rapidement le bain révélateur : il suffit de l'étendre de cinq ou quinze fois son volume d'eau. Le bain normal contient 1 litre d'eau, 9 grammes de métoquinone, 00 grammes de subite de soude anhydre et 30 grammes d'acétone.
L'énergie du révélateur à la métoquinone est augmentée par l'emploi des alcalis caustiques. L'addition de 5 grammes de lithine caustique à un litre de dissolution de métoquinone dans le subite permet d'obtenir un bain dont la rapidité de développement est environ deux fois plus grande qu'avec le carbonate de soude et cinq fois plus grande qu'avec le sulfite de soude seul; en portant à 10 grammes la quantité de lithine caustique, ou obtient le maximum d'ellet et l'on utilise ce bain pour les négatifs sous-exposés.
On peut employer la métoquinone avec le formosulfite. L<' bais normal renferme grammes de métoquinone, 60 grammes de formosulfite et un litre d'eau. Le formosultite fonctionne avec la métoqui noue comme les carbonates alcalins, tandis qu'il se comporte comme alcali caustique avec les autres révélateur-.
Le révélateur à la métoquinone est très sensible à l'action du bromure de potassium : il suffit de 2 s 8 centimètres eu hé- d'une solution
à 1U " o pour produire un etl'et retardateur très marqué.
La métoquinone permet de révéler facilement ions les négatifs. On utilise pour cela trois solutions : la première est la solution normale; la seconde est constituée par le bain d'hydroquinone au formosulfite : la troisième est la solution normale additionnée de bromure de potassium. Le développement s'effectue d'abord en plaçant la plaque dans la cuvette contenant la solution normale, et, suivant la façon dont elle se comporte, on la fait passer soit dans le bain rapide, soit dans le bain lent; au besoin, ces divers bains seront dilués d'une assez forte quantité d'eau : ils constituent alors de très bons révélateurs lents.
Le mélange de métol et d'hydroquinone est bien loin de se comporter comme la métoquinone. M. Bogisch a montré qu'il valait mieux utiliser le produit cristallisé que d'employer un bain contenant l'hydroquinone et le métol.
1865. Révélateur à l'acide pyrogallique. — M. Valenta1 a constaté qu'en employant l'acide pyrogallique avec une quantité d'alcali strictement nécessaire pour neutraliser une des fonctions phénoliques de l'acide pyrogallique afin de donner un phénate monoalcalin, on obtient un bain jouissant de la propriété de ne pas se colorer, même après le développement de plusieurs négatifs. Il ne voile pas l'image et sa rapidité d'action est environ trois fois plus grande que celle du développateur ordinaire aux carbonates alcalins. Le bain se prépare à l'aide de deux solutions : A) eau, 500 grammes ; sulfite de soude cristallisé, 160 grammes; acide pyrogallique, 25 grammes; après dissolution, on ajoute une quantité d'eau suffisante pour faire un litre; B) eau, 1 litre; potasse caustique, 11 gr. 5. Au moment d'employer le bain, on mélange une partie de A), une partie de B) et deux parties d'eau. On peut remplacer la potasse par 8 grammes de soude caustique.
M. Maes a fait connaître une formule de développement qui donne des négatifs transparents et riches en oppositions. Le bain contient 125 c. c. d'eau, 2 gr. 5 de sulfite de soude anhydre, 1 gramme de carbonate de soude anhydre, 1 gramme d'acide pyrogallique, 6 gouttes de dissolution de bromure de potassium à 10 % et 6 gouttes d'acide acétique cristallisable. L'image n'apparaît qu'après immersion prolongée de la couche. Il faut une immersion d'environ deux minutes avant l'apparition des grandes lumières ; le négatif se complète en un temps variant de dix à vingt minutes. On peut corriger des écarts considérables provenant de la durée de la pose soit par addition de bromure, soit par addition d'acide acétique : la correction est facile, car l'image ne se développe pas brusquement 2.
L'acétone employée dans le développement à l'acide pyrogallique présente une tendance à donner des négatifs faibles, tandis que l'ammoniaque pousse à l'intensité ; en combinant Faction de ces deux substances, on peut, sans changer la dose d'acide pyrogallique, modifier le caractère du négatif.
1. Phot. Correspondenz, 1903, p, 703. — 2. Journal de photographie pratique,