RÉVÉLATEURS DIVERS
On utilise 80 c. c. d'une solution de sulfite anhydre à 3 »/o et 5 à 6 décigrammes d'acide pyrogallique; on ajoute deux gouttes d'ammoniaque et on plonge la plaque dans ce mélange. S'il y a surexposition, l'image se développe assez rapidement et il y a lieu d'ajouter quelques gouttes de solution de bromure de potassium à 10 °/0 ; il est inutile d'employer l'acétone. Si la durée du temps de pose a été insuffisante, on ajoute 2 à 3 gouttes d'ammoniaque et 5 à 6 gouttes d'acétone; on ajoute une quantité d'acétone d'autant plus grande que l'insuffisance de pose aura été plus considérable.
La coloration jaune que possède quelquefois le négatif développé à l'acide pyrogallique peut disparaître par l'emploi d'un bain de citrate d'ammoniaque à 10 p. 100. On peut, d'ailleurs, communiquer au négatif une coloration jaunâtre en l'immergeant plusieurs fois dans une cuvette d'eau et laissant sécher complètement après chaque immersion; cet effet ne se produit pas si le négatif a été immergé dans un bain d'alun.
La maison Meister Lucius et Bruning a mis en vente un révélateur contenant de l'acide pyrogallique, de l'amido-acétate de sodium et du sulfite de sodium; ce révélateur agit très rapidement1. Le composé du sodium est livré sous le nom de piiuikol; on peut d'ailleurs l'employer avec la pyrocatéchine, la glycine, le paraniidophénol, le phénol, etc., à des doses variant de 10 à 20 c. c. pour un demi-litre de révélateur2.
1866. Révélateurs divers. — Le synthol serait, d'après Barrolet, un bon révélateur; c'est le chlorhydrate d'une base dérivée de l'orcine et répondant à la formule < :6HS — NllaIICl — (OH)2. Ou utilise une dissolution contenant 60 grammes de sullite de soude, 0 grammes de synthol et 1 litre d'eau 3.
Le mélange de métol et adurol a été indiqué par Hauff. Il utilise deux bains : l'un contient 1 litre d'eau, 12 grammes de métol et 40 grammes d' adurol; l'autre renferme pour 1 litre d'eau 150 grammes de sulfite de sonde anhydre, 200 grammes de carbonate de potasse et 2 grammes de bromure de potassium; on mélange par parties égales et l'on étend de 10 à 20 volumes d'eau K
Les produits de condensation du paraniidophénol et des aldéhydes, en particulier de L'aldéhyde formique et de l'aldéhyde acétique, donnent des substances qui révèlent energiqueinent l'image latente; on peut utiliser 100 gr. de solution commerciale d'aldéhyde formique à 10 %, i44g<5 de chlorhydrate de paramidophénol et L20 grammes de bisulfite de potasse dissous dans MX) c c. d'eau. La combinaison sulfitée obtenue est dissoute à la dose de 1 gramme pour 100 c c d'eau mélangée de.") grammes de carbonate de potasse et 5 grammes de sulfite de soude 5.
M. <;. Roy a indiqué un excellent moyen d'utiliser les révélateurs concentrés du commerce8. On plonge dans l'eau pure les plaques qui ont été exposées à la lumière et l'on y ajoute peu à peu le révélateur concentré; deux minutes après la dernière addition, les grands noirs commencent à
1. Phot. Correspondent, 1902, i>|». 621 et 625. — 2. Eder, Jarbuch fur Photographie, 1903, |». 180. 8. Phot. MittheH.ungen, 1902, p. 296. —4. Phot. Rundschau, 1903, p. 180. —5. Phot. Industrie, 1906, p. 416. — 6. Photo-Gazette, 1903, p. 71.
lô
paraître; on cesse alors toute addition et l'image acquiert l'intensité nécessaire sans qu'il soit utile de faire une nouvelle addition de révélateur.
Le révélateur à la paraphé nylène diamine permet d'obtenir des images d'intensité normale et exemptes de voile. On utilise une solution de 10 grammes de paraphénylène diamine, un litre d-eau et 60 grammes de sulfite de soude anhydre; le temps de pose doit être de huit à dix fois plus prolongé que si l'on utilisait les révélateurs ordinaires : l'image se développe lentement avec une couleur brunâtre.
La solution aqueuse d'hydrosulfite de soude pur se comporte comme un révélateur organique; l'image obtenue est très intense, mais se voile rapidement. En additionnant le révélateur d'une quantité suffisante de bromure de potassium, on peut révéler en trois minutes une plaque normalement posée; on utilise 20 grammes d'hydrosulfite de soude pur, 100 c. c. de solution de bisulfite de soude commercial et 70 c. c. de solution aqueuse de bromure de potassium à 10 p. 100. Ce révélateur peut être additionné d'une très grande quantité de bisulfite de soude sans que la durée du développement soit augmentée, ce qui n'est pas le cas avec les révélateurs organiques; par contre, les combinaisons instables de l'acide hydrosulfureux avec les bases organiques développatrices ne présentent aucun intérêt comme substances révélatrices et ne confirment pas les prévisions que l'on peut faire en raison de leur constitution *.
L'intensité d'une plaque photographique est, pour une même lumination, d'autant plus grande que la durée du développement dans un même révélateur est elle-même plus grande. Quand le développement est très écourté, des variations même considérables de la lumination n'entraînent que de faibles variations de la densité. A température constante, la densité est proportionnelle à une certaine puissance de la durée du développement.
1867. Développement en pleine lumière. — Certains produits spéciaux destinés à colorer le bain révélateur permettent d'effectuer hors du laboratoire le développement de la plaque sensible. Un châssis spécial à déclenchement fait tomber la plaque dans le bain de développement. Il suffit de glisser ce châssis sur une sorte d'adapteur installé au-dessus de la cuvette2. La coxine du Dr Hezekiel, le Géka du Dr Krebs permettent de colorer assez fortement le bain pour effectuer cette opération; après imbibition complète, la plaque peut être transportée au jour et développée dans n'importe quel développateur.
MM. Boer, Bocage et plusieurs autres opérateurs ont établi qu'on peut développer en pleine lumière avec n'importe quel révélateur alcalin à la condition de lui ajouter quelques gouttes d'une solution alcoolique de phénolphtaléine, substance qui vire au rouge avec les alcalis; la coloration rouge de la plaque disparaît dans le fixateur acide 3.
MM. Lumière frères et Seyewetz ont fait observer 4 que les matières colorantes employées pour cet objet doivent donner, avec les révélateurs, des
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1905. — 2. La Revue de photographie, 1903, p. 348. — 3. Phot. Rundschau, 1903, p. 54. — 4. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1903, p. 741.
EMPLOI DU CHKYSOSULFITE.
solutions convenablement colorées pour absorber les radiations actiniques; elles ne doivent pas se fixer sur la gélatine, ne provoquer ni le voile, ni la destruction de l'image latente, enfin ne pas tacher les doigts de l'opérateur. Cette dernière propriété est indispensable s'il s'agit du développement des papiers. Il faut eniin qu'elles puissent être employées avec les divers révélateurs sans donner de précipité et sans changer sensiblement de couleur, ni avec la substance développatrice, ni avec ses adjuvants.
Les matières colorantes du commerce qui possèdent les propriétés les plus voisines de celles qui sont nécessaires sont en petit nombre : Yécarlate de crocéine SB, la phénoflavine, le ponceau 6B, Yuranine, la tartrazine, s'en rapprochent le plus, mais communiquent au papier une coloration qui altère la fraîcheur des épreuves.
Les picrates dissous dans le sulfite de soude donnent des solutions colorées et non tinctoriales d'une couleur convenable pour absorber pratiquement les radiations actiniques. Les picrates de sodium, de magnésium, d'ammonium sont les plus solubles; ce dernier ne peut être utilisé, car il donne le voile dichroïque. Le picrate de magnésium doit être préféré, car c'est celui que l'on prépare le plus facilement.
MM. Lumière frères et Seyewetz mélangent le picrate de magnésium au sulfite de soude et obtiennent ainsi un produit pouvant être utilisé comme succédané du sulfite de soude dans la préparation des développateurs. Un premier mélange contenant 100 parties de sullite de soude anhydre et 50 pailics de picrate de magnésium est appelé Chrysosul/itc n" I taudis que le chri/sosu/fUe n° l> contient 100 parties de sulfite de soude anhydre et L5 parties de picrate de magnésium. Ce dernier est utilisé avec le diamidophénol, le paramidophénol, l'hydramine et la glycine, tandis que le premier est employé exclusivement avec la métoquinone, l'hydroquinone, l'hydroquinonemétol, l'acide pyrogallique, l'édinol, l'iconogène, le métol, l'adurol, l'ortol et la pyrocatéchine.
La proportion de sulfite à employer peut être diminuée dans toutes les formules de développement. Avec la métoquinone. on emploiera 1 litre d'eau. !» grammes de métoquinone. 60 grammes de chrysosultite n° 1 et 30 v. c. d'acétone.
Le bain d'hydroquinone-métol se prépare avec deux dissolutions : a) eau, r>()0 c. c; métol, 2 gr. 5; chrysosultite n° 1, 50 grammes; bydroquinone, G gr. 5; b) eau, 500 c. c; carbonate de soude anhydre, §5 grammes; on mélange par parties égales. Le bain d'bydroquinone en une solution contient 40 grammes de chrysosultite n° 1, 10 gram-
mes d'hydroquinone, 56 grammes de carbonate de soude anhydre et 1 litre d'eau. Si l'on veut le préparer en deux dissolutions employées par parties égales, on pourra utiliser une plus forte proportion de chrysosulfite : a) eau, 500 c. c; hydroquinone, 10 grammes; chrysosulfite n° 1, 60 grammes; b) eau, 500 c. c; carbonate de soude anhydre, 70 grammes.
Le bain de métol préparé en deux dissolutions à mélanger par parties égales pour développer en pleine lumière contiendra : a) eau, 500 c. c; chrysosulfite n° 1, 40 grammes ; métol, 5 grammes ; b) eau, 500 c. c; carbonate de soude anhydre, 15 grammes.
Le révélateur à l'acide pyrogallique est obtenu avec 500 c. c. d'eau, 100 grammes de chrysosulfite n<> 1, 20 grammes d'acide pyrogallique. Pour développer, on prend 50 c. c. de cette solution, 150 c. c. d'eau et 20 c. c. d'acétone.
Avec l'édinol, on emploiera 1 litre d'eau, 60 grammes de chrysosulfite n° 1, 10 grammes d'édinol, 60 grammes de phosphate tribasique de soude.
Le bain d'iconogène contient 1 litre d'eau, 30 grammes de chrysosulfite n° 1, 40 grammes de carbonate de soude anhydre et 10 gr. d'iconogène.
Le développateur à l'adurol se prépare avec : a) 500 c. c. d'eau,
50 grammes de chrysosulfite n° 1, 8 grammes d'adurol; b) eau, 500 c. c; carbonate de soude anhydre, 35 grammes; on mélange les deux solutions par parties égales.
Le développement en pleine lumière avec l'ortol se pratique à l'aide d'une solution de 7 grammes d'ortol dans un litre d'eau, 60 grammes de chrysosulfite n° 1 et 40 grammes de carbonate de soude anhydre.
51 l'on veut remplacer l'ortol par la pyrocatéchine, on emploiera : eau, 1 litre; chrysosulfite n° 1, 40 grammes; pyrocatéchine. 15 grammes ; carbonate de soude anhydre, 40 grammes.
Le chrysosulfite n° 2 contient moins de picrate de magnésie que le chrysosulfite n° 1. Pour l'amidol, on emploiera : eau, 1,000- c. c; chrysosulfite n° 2, 30 grammes; diamidophénol, 10 grammes. Avec le paramidophénol, on utilisera 1 litre d'eau, 75 grammes de chrysosulfite n° 2, 5 grammes de lithine caustique et 10 grammes de paramidophénol.
L'hydramine, la glycine constituent des révélateurs sensibles à l'action du bromure. Le bain préparé avec le premier de ces corps contiendra 1 litre d'eau, 15 grammes de chrysosulfite n° 2, 5 grammes
FIXAGE DU NÉGATIF. 229
de lithine caustique, 5 grammes cVhydramine. Pour l'emploi du second, il convient de préparer deux dissolutions : a) eau, 500 c. c; glycine. 15 grammes ; chrysosulfite n° 2, 60 grammes ; b) eau. 500c. c; carbonate de soude desséché, 40 grammes; on mélange ces deux dernières dissolutions par parties égales.
La quantité de révélateur employé doit être suffisante pour former dans la cuvette une couche de 15 millimètres de hauteur. Il faut environ 200 c. c. de bain pour une cuvette du format 9 X 12. Si l'on n'a pas de lanterne spéciale, on place devant une bougie plusieurs bouteilles contenant une solution de chrysosulfite n« 1 à 5 %. Pendant qu'on retire la plaque du châssis pour l'introduire dans la cuvette, on tourne le dos à la source éclairante et l'on n'expose pas inutilement la plaque à la lumière; quand le développement est terminé, on rince la plaque à l'eau courante, on fixe et on lave par les procédés usuels.
11 convient d'éviter l'emploi des sels de potasse quand on utilise les chrysosulfites. Ces sels peuvent donner naissance à un précipité de picrate de potasse qui adhère très fortement à la gélatine et qui est très peu soluble pOO c. c. d'eau dissolvent environ 1 gramme de picrate de potasse i. Si le développement se fait à la lumière du jour, il faut éviter absolument l'action de cette lumière sur la plaque avant son introduction dans la cuvette.
1868. Développement physique des plaques. — Le développement physique des plaques donne «1rs images extrêmement Unes; mais il ne saurait être employé avec les plaques rapides. Par contre, il donne de bons résultats avec les plaques lentes au bromure d'argent pour projection. Les images sont particulièrement lines quand on les développe avant le fixage; on peut cependant les développer après le fixage. Le bain de développement se prépare avec un litre d'eau, 20 grammes de métol, 10 grammes d'acide Citrique et 0 c. c. d'une solution de chlorure de sodium à 10 %• Le ton de limage est d'un aspect agréable et la Latitude du temps de pose est extrêmement grande1 ; Lee plaques au chloro-bromure peuvent être développées par ce procédé.
§ 3. — FlXAGK, ALUNAGE.
1869. Fixage du négatif. — Le fixage du négatif s'effectue en plongeant dans un bain d'hyposulflte de soude la couche développée. Gœdicke a montré qu'en additionnant deux molécules de bromure d'argent de sept molécules d'hyposulflte dissoutes dans environ le double deleur poids d'eau, la dissolution complète du bromure d'argent a lieu. Par filtration et addi-