Moniteur de la photographie, 1er août
tion d'alcool, on obtient un sel double de soude et d'argent dont la solution est peu stable à l'air; mais en l'additionnant d'un peu de bisulfite de soude, on obtient des cristaux incolores et stables à la lumière1.
Les vieux bains de fixage ont une tendance à colorer en jaune la gélatine des négatifs : il faut alors un lavage très prolongé pour faire disparaître cette coloration. On évite cet insuccès en employant une solution fraîchement préparée, additionnée de bisulfite de sodium. D'ailleurs, comme l'a constaté M. Sutcliffe 2, les très vieux bains d'hyposulfite réduisent si bien l'image qu'on peut la faire disparaître complètement en douze heures ; cette action est encore plus rapide si l'on n'utilise qu'une minime quantité de liquide et si l'on favorise l'action de l'air.
Au lieu d'hyposulfite de soude on peut utiliser le papier fixateur fabriqué par l'usine d'Helfenberg : c'est du papier à filtrer, chimiquement pur, en feuilles découpées aux dimensions des plaques, trempées dans un bain fixateur et séchées après l'immersion. On place la feuille dans (une cuvette, on dispose le négatif au-dessus et on verse assez d'eau pour couvrir le tout. En agitant la cuvette, le sel contenu dans le papier se dissout et le fixage se produit immédiatement.
MM. Lumière et Seyewetz ont montré récemment3 que l'addition du bisulfite de soude dans les bains de fixage empêche la décomposition habituelle que subit Phyposullite de sodium en présence des sels de chrome ou d'alumine, et permet l'addition de ces composés dans le bain de fixage sans qu'on ait à craindre la sulfuration bien connue des négatifs.
L'insolubilisation des couches gélatinées, obtenues dans le bain de fixage en ajoutant à celui-ci de l'alun de chrome, n'est pas modifiée par addition d'une faible quantité de bisulfite de soude, mais est détruite si cette quantité est trop forte.
Les proportions d'alun de chrome et de bisulfite de sodium les plus favorables à employer dans le bain de fixage sont 5 grammes d'alun de chrome et 10 à 15 centimètres cubes de solution de bisulfite de sodium commercial pour 1 litre de bain d'hyposulfite à 15 %.
Les couches gélatinées ainsi insolubilisées dans le fixage abandonnent par lavage l'h-yposulfite qui les imprègne aussi rapidement que les couches non insolubilisées. Elles peuvent subir aussi facilement que ces dernières les traitements usuels des plaques et donnent même moins facilement naissance au voile dichroïque. Enfin, elles peuvent être lavées sans inconvénients à l'eau chaude et séchées rapidement sur une flamme.
1. Eder, Jarbuch fur Photographie, 1903, p. 203. — 2. The Amateur photographer, 30 juillet 1903. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1906, p. 306.