VOILE DES PLAQUES
Au lieu d'alun, M. Prunier1 a conseillé d'utiliser les bisulfites et d'employer dans les fixateurs et dans les virages fixateurs un mélange d'hyposullite et de bisulfite. Si l'on veut durcir la gélatine, on emploie le formol à la dose de 10 °/0 après achèvement complet du négatif. M. Precht a recommandé l'emploi de 20 grammes de sulfite d'acétone pour un litre de bain fixateur comme donnant des négatifs très limpides2. M. P. Erbe a fait observer que le bain acide permet d'obtenir des images exemptes de voile jaune3 si le négatif a été obtenu par développement. Pour les épreuves produites par noircissement direct et virage, le fixage neutre est préférable, car l'acide sulfureux libre infiuence le ton de l'épreuve.
Le cyanure de potassium n'est employé que pour le fixage des négatifs au collodion : c'est un poison des plus violents, pour lequel un des meilleurs contre-poisons est la solution de sulfate ferreux. Il est bon d'avoir toujours prêt un tlacon hermétiquement clos, renfermant 30 c. c. d'une solution à 20 °/o de sulfate de fer et un paquet de 5 grammes de bicarbonate de soude que l'on absorbera aussitôt après, délayé dans un peu d'eau. En môme temps, on aura recours aux atfusions d'eau froide et à des inhalations d'air chloré : on obtient facilement cet air chloré en mélangeant par petites quantités à la fois de l'hypochlorite de soude et de l'acide chlorhydrique4.
1870. Élimination de l'hyposulfite. — Un certain nombre de sels permettent de détruire les traces d'hyposulfite de soude qui existent dans la couche après le lavage sommaire de celle-ci. M. F. Pearse a insisté sur l'emploi du permanganate de potassium dissous à la dose de 4 décigrammes par litre d'eau que l'on fait couler lentement sur la plaque jusqu'à ce que la décoloration ne se produise plus; on lave ensuite et l'ont fait sécher. S'il s'est produit un précipité jaunAtre, on fait passer la plaque dans une dissolution de bisulfite de sodium . on lave de nouveau et l'on fait sécher5. Il est à remarquer que si la coloration brune est assez forte, l'image s'affaiblit par le traitement au bisulfite.
On trouve dans le commerce, sous le nom d'anthion, de thioxidant, un persulfate alcalin qui détruit rapidement l'hyposullite. Un perborate, mis en vente sous le nom de hom.ri/li/hc , élimine très vite l'hyposulfite. Ce perborate de soude, dissous à la dose de 5 grammes par litre d'eau, constitue le bain éliminateur dans lequel on plonge la plaque après lavage sommaire de la couche au sortir du fixateur; la solution ne peut servir qu'une seule fois.
1871. Voile des plaques. — On désigne improprement sous le nom de voile jaune une coloration de la couche de gélatine étendue sur les plaques. On parvient à la faire disparaître en lavant abondamment le négatif après fixage et le plongeant dans un bain d'eau acidulée par l'acide sulfurique à raison de 20 grammes d'acide pour 1 litre d'eau; on peut aussi utiliser un bain formé de 15 grammes d'alun, 45 grammes de sulfate ferreux, 15 gram-
1. Photo-Gazette, 25 nov. 1902. — 2. Phot. Centralblatt, 1902, p. 307. — 3. Phot. Wochenblatt, L904, p. 129. — t. Le Procédé, 1905, p. 143. — 5. La Revue de Photographie, 1901, p. 321.
mes d'acide citrique et 300 c. c. d'eau; on lave à fond après ce traitement1.
MM. Lumière frères et Seyewetz ont étudié les causes de production et la composition du voile qui se manifeste dans certaines circonstances et que l'on désigne sous le nom de voile dichroïque. Il est caractérisé non seulement par des différences de coloration, suivant qu'on examine le négatif à la lumière réfléchie ou à la lumière transmise, mais aussi par son opacité spéciale qui peut faire croire, dans certains cas, que les négatifs présentant ce voile sont incomplètement fixés.
Les causes qui produisent le phénomène sont multiples : on le constate avec des plaques n'ayant pas subi l'action de la lumière; on ne saurait donc l'attribuer au manque de pose. Il se produit par excès de sulfite de soude dans le révélateur au diamidophénol, par addition d'ammoniaque, même en petite quantité, d'hyposulfite de soude à la dose de 2 à 3 grammes par litre de révélateur, tandis qu'avec 7 et 8 grammes de ce sel il n'est pas perceptible. Les résultats ne paraissent pas modifiés si on remplace Thyposulfite de soude par une solution de bromure d'argent dans ce sel.
Il augmente avec l'élévation de température et se manifeste dans certaines parties avec une intensité d'autant plus grande que la quantité d'argent réduit dans ces parties est plus faible; il augmente aussi avec la durée du développement et l'épaisseur de la couche de gélatine. Avec l'hydroquinone, l'acide pyrogallique, l'hydroquinone-métol , les résultats sont les mêmes qu'avec le révélateur au diamidophénol.
Quand on ajoute de petites quantités de sulfite de soude et de diamidophénol au bain fixateur on produit le voile dichroïque : 1 gramme de diamidophénol et 4 grammes de sulfite anhydre semblent produire le voile dichroïque le plus intense. Il faut donc éliminer du négatif le révélateur avant de faire l'opération du fixage. Le voile dichroïque est d'ailleurs d'autant plus intense que l'exposition de la plaque à la lumière a été plus faible. L'intensité du voile augmente avec la durée du développement, mais diminue d'autant plus que le bain fixateur est riche en hyposulfite de soude, qu'il présente une réaction acide et que la température est plus basse; par suite plus grande est la quantité de bisulfite ajoutée au bain de fixage, plus faible est le voile dichroïque; mais cette acidité du fixateur n'exerce aucune influence sur la formation du voile dichroïque lorsque celui-ci prend naissance dans le bain de développement.
Les révélateurs fonctionnant sans alcali sont les seuls donnant naissance au voile dichroïque quand on les introduit dans le fixateur en présence de sulfite de soude ; les autres révélateurs ne le fournissent pas dans le bain de fixage, à moins que ce bain ne contienne une forte dose de carbonate alcalin ou d'alcali, auquel cas on obtient un voile dichroïque intense.
La gélatine traitée par les alcalis est beaucoup plus apte à la production du voile dichroïque que celle qui n'a pas subi ce traitement; certains acides semblent diminuer cette aptitude; les plaques de faible sensibilité donnent les plus faibles voiles dichroïques.
La composition de ce voile dichroïque paraît devoir être rapprochée de celle de la substance connue sous le nom de collargol2, composé organique d'argent. Les divers traitements permettant de transformer l'argent soit en
1. Photo-Gazette, 1905, pp. 145-222. — 2. Comptes rendus, 1903, p. 680.
VOILE DICHROÏQUE.
sulfure, soit en composés oxydés, agissent sur ce voile dichroïque et en détruisent la couleur intense en la ramenant à celle beaucoup plus faible du sulfure ou do l'oxyde d'argent; il est probable qu'on détruit ainsi la combinaison de l'argent avec la matière organique.
Le voile forint' dans le révélateur est beaucoup plus superficiel que celui formé dans le fixateur; le voile profond est celui qui est produit dans le fixateur. Ces deux voiles se comportent d'une façon différente vis-à-vis des réactifs, les uns agissant plus facilement à la surface de la couche, les autres exerrant surtout leur action dans les parties les plus profondes.
Pour détruire ce voile, MM. Lumière et Seyewetz donnent la préférence aux trois procédés suivants :
1° Traitement du négatif par une solution acide de persulfate d'ammoniaque à 3% : ce traitement est applicable au voile profond. La solution de persulfate, utilisée pour l'affaiblissement des négatifs, enlève facilement ce voile sans attaquer sensiblement l'image, pourvu que l'on prenne la précaution d'arrêter l'action du persulfate en plongeant le négatif dans une dissolution de sulfite ou de bisulfite de soude aussitôt que le voile a disparu.
2° Traitement par L'hydrogène sulfuré a l'état naissant qui transforme l'argent en sulfure : on fait disparaître ainsi le voile superficiel. Il suffit de plonger le négatif dans une dissolution d'hyposulfite de soude <{ue l'on vient d'additionner d'une petite quantité d'acide tartrique ou d'acide citrique: on lave ensuite et on frotte avec un tampon d'ouate pour enlever un léger dépôt de soufre.
8° Enfin, le traitement le meilleur, applicable à tous les cas, consiste à utiliser le permanganate de potassium. On plonge le négatif dans une dissolution contenant 1 gramme de permanganate de potassium pour 1 litre d'eau : le voile disparait et il se forme dans la couche de l'oxyde de manganèse. En plongeant ensuite le négatif dans une solution de bisulfite de sodium, on dissout l'oxyde de manganèse et toute trace de l'accidenl a disparu sans que l'image ait été affaiblie: sa couleur seule a été modifiée : elle est devenue plus brunâtre. Lorsqu'on examine par réflexion l'image sèche, on peut observer qu'elle présente, sur les parties correspondant aux plus grandes épaisseurs d'argent réduit, des places miroitantes qui ne changent nullement la valeur relative des demi-teintes quand on examine l'image par transparence.
L'action du permanganate se manifeste aussi bien sur le voile formé dans le fixateur que sur celui qui prend naissance dans le révélateur: aussi ce procédé est le plus efficace de tous ceux indiqués.
1872. Altérations de la couche de gélatine. — Un certain nombre de micro-organismes qui existent soit dans l'atmosphère, soit dans les eaux, se développe fort bien sur les couches de gélatine, que la plaque ait été humidifiée et non développée ou bien que le négatif soit terminé. Il se forme alors de petites colonies grisâtres, entourées d'un anneau transparent dû à la liquéfaction de la gélatine. L'attaque peut s'arrêter à cette phase si la plaque, venant à sécher, manque de Fhumidité nécessaire au développement des colonies, mais, dans des conditions favorables d'humidité, la liquéfaction s'étend progressivement à toute la couche; l'immersion préalable dans le formol à 5 % ne retarde en rien le phénomène. Sur les plaques renforcées au chlorure mercurique, les lésions n'apparaissent que beaucoup plus lentement et restent plus limitées; la gélatine résiste encore mieux après renforcement à l'urane qui, comme on le sait, durcit notablement la couche. Ces accidents sont les mêmes sur plaques ou sur papier, que ceux-ci aient été ou non préalablement stérilisés.
On a constaté que ces accidents étaient moins importants sur plaques tenues en cuves verticales que sur plaques abandonnées en cuvettes horizontales, couche de gélatine en dessus.
Il convient de procéder aussi rapidement que possible au lavage et au séchage des plaques; en cas d'infection des cuves et des cuvettes, il sera bon de les désinfecter à l'eau bouillante avant de les employer à nouveau *.
§ 4. — Renforçateurs, affaiblisseurs.
1873. Renforçateurs à l'argent. — Les négatifs peuvent être renforcés en utilisant une solution de nitrate d'argent. La plaque est immergée dans une solution contenant 5 grammes d'alun de chrome, 5 gouttes d'acide nitrique et 100 c. c. d'eau; on lave au sortir de ce bain et on plonge le négatif dans un mélange de solution d'acide gallique et de nitrate d'argent. Ce bain renforçateur se prépare par mélange fait par parties égales d'une solution aqueuse saturée d'acide gallique et d'une solution de 2 grammes de nitrate d'argent dans 100 c. c. d'eau; le mélange obtenu est additionné de 15 volumes d'eau. Si le bain de renforcement se trouble, on le rejette et on le remplace par une nouvelle quantité de bain préparée au moment de l'emploi. Quand on a obtenu l'intensité suffisante, on lave à fond et on fait sécher 2.
Ce renforçateur est un renforçateur physique. M. Jarmann a insisté sur les avantages que présente le renforcement au sulfocyanure d'argent. On fait dissoudre 6 grammes de nitrate d'argent dans 100 c. c. d'eau et, après dissolution, on ajoute 12 grammes de sulfocyanure d'ammonium; on agite jusqu'à redissolution du précipité de sulfocyanure d'argent, puis on ajoute 400 c. c. d'eau distillée; le précipité est redissous par addition d'une quantité suffisante de solution aqueuse saturée d'hyposulfite de soude ajoutée goutte à goutte. D'autre part, on prépare une dissolution contenant 3 gram-
1. P. Clerc, L'année photographique. 1903, p. 110. — 2. Anthony's phot. Bulletin, avril 1902,
RENFORÇATEURS AU MERCURE.
mes de pyrogallol, 12 grammes de sulfite de soude, 2 grammes de bromure de potassium et 500 grammes d'eau distillée. Le négatif à renforcer est d'abord bien lavé, puis on passe à la surface de la couche un tampon de coton hydrophile, de façon à enlever toutes les impuretés qui pourraient se trouver à la surface. On met ensuite dans une cuvette 50 c. c. de la solution d'argent, on ajoute 100 c. c. de la solution d'acide pyrogallique et 1 à 2 gouttes d'ammoniaque. Le négatif est plongé sans temps d'arrêt dans ce bain; quand l'image est suffisamment intense, on retire la plaque, on la lave et on La fait sécher. Certaines couches de gélatine se soulèvent par l'action du sulfocyanure d'ammonium; c'est là, d'ailleurs, le principal obstacle à L'emploi de ce corps comme fixateur.
1874. Renforçateurs au mercure. — Tout négatif destiné au renforcement ne doit pas être voilé. M. Martin 1 élimine le voile en immergeant la plaque dans un bain do OO grammes de perchlorure de fer sec, 60 grammes d'acide citrique et 1 litre d'eau; on lave le négatif dans l'eau courante et on le plonge dans un bain de 30 grammes de bichlorure de mercure, 80 grammes de chlorure de sodium et 1 litre d'eau. La couche blanchit; on la lave pendant une minute dans une solution de 60 grammes de sel marin pour 1 litre d'eau, puis on la plonge dans un bain contenant 180 grammes de sulfite de soude anhydre, 20 c. c. d'acide sulfurique et 1 litre d'eau. L'image se renforce; on lave avec soin et on laisse sécher.
Au lieu de chlorure de sodium, on peut ajouter au bain de bichlorure de mercure du chlorure d'ammonium en quantité égale à celle du bichlorure employé.
Les négatifs trop renforcés à L'aide du bichlorure de mercure peuvent être affaiblis par l'emploi d'une solution d*hyposulflte de soude dont le titre varie de 1 à 5 %>, ou encore avec une solution de cyanure de potassium à 2 °/o; mais certaines gélatines ne supportent pas ce traitement.
Si l'on prolonge trop longtemps l'action de l'hyposulfite de soude après le blanchiment de l'image, celle-ci s'affaiblit. On peut remédier à cet inconvénient en dissolvant :J gr. ô d'hyposulfite de soude et 0 gr. 5 de chlorure d'of dans 500 c. c. d'eau : on obtient un hyposulfite double d'or et de sodium qui a un pouvoir renforçateur considérable2.
On peut aussi employer du bromure double d'argent et de sodium obtenu en dissolvant du bromure d'argent dans l'hyposulfite de soude. Valenta a reemnmam lé l'emploi de l'hyposulfite double de soude et de plomb. On le prépare en ajoutant à une solution d'acétate ou d'azotate de plomb de l'hypoRulfite de soude en solution concentrée jusqu'à redissolution du précipité qui se forme au commencement. Cette dissolution concentrée se conserve très bien à l'abri de la lumière. Pour l'emploi, elle doit être diluée avec de l'eau ; les négatifs ainsi renforcés acquièrent une très grande intensité.
Lorsqu'il s'agit d'obtenir «les négatifs très denses, on peut faire blanchir la couche à l'aide du bichlorure de mercure et, après lavage, plonger la plaque dans un bain contenant 3 grammes de sulfocyanure d'ammonium, 100 c. c. d'eau et 10 c. c. d'une solution de chlorure d'or à 10 %• Ce bain, qui se conserve pendant quelques jours, doit être préparé au moins une
L. Revue belge de photographie, 1904. — 8. Phot. Correspondons, 1903, p. 302.
demi-heure à l'avance : la teinte de l'image se modifie et varie du bleu au violet noir.
M. L.-P. Clerc1 a recommandé l'emploi d'un bain contenant par litre d'eau 20 grammes de bichlorure de mercure et 50 grammes de bromure de potassium ; l'immersion du négatif dans ce bain doit être d'autant plus prolongée que l'on veut un renforcement plus complet. Au sortir de ce bain, on rince abondamment la couche et on plonge la plaque jusqu'à noircissement complet dans toute l'épaisseur de la couche (ce dont on s'assure par l'examen au dos) dans une solution renfermant, par litre d'eau, 100 grammes de sulfite de soude cristallisé ; on lave à fond après noircissement. La solution de sulfite doit être rejetée après l'emploi; quant à la solution de bromure, elle est utilisable jusqu'à épuisement des sels actifs.
Une solution à 20 °/o de sulfite d'acétone peut être substituée avantageusement à la solution de sulfite de soude pour le renforcement des négatifs préalablement blanchis à l'aide des sels de mercure. Après blanchiment, on lave, on plonge dans la solution de sulfite d'acétone et on lave de nouveau : on conserve ainsi les demi-teintes et l'on évite la production de négatifs heurtés.
1875. Renforçateur au plomb. — Le renforcement aux sels de plomb et bichromate donne des négatifs d'une teinte jaune peu actinique. On prépare une solution de 4 grammes d'azotate de plomb et 6 grammes de ferricyanure de potassium dans 100 c. c. d'eau ; on conserve cette solution dans l'obscurité. D'autre part, on fait dissoudre 10 grammes de bichromate de potasse dans 100 c. c. d'eau. Le négatif bien lavé est immergé pendant dix à quinze minutes dans la première solution; on opère dans l'obscurité. La couche passe à la teinte blanc jaunâtre; après un lavage soigné, le négatif est traité par la solution de bichromate qui lui communique une belle couleur orangée ; on lave et on fait sécher2.
Le lavage après le traitement au bain de plomb peut être remplacé par immersion dans un bain abondant de sulfite de soude à 10 %. On lave et on peut faire noircir la couche soit par un sulfure, soit par un bain d'hydroquinone : on obtient ainsi une coloration brunâtre. Avec une solution de métol, on obtient la teinte grise primitivement obtenue parle développement du négatif.
1876. Affaiblisseurs. — Le persulfate d'ammoniaque constitue un des meilleurs affaiblisseurs que l'on puisse employer. Les persulfates peuvent, d'ailleurs être utilisés, de même que les bichromates et permanganates, pendant le développement. Dans ce but, on emploie le persulfate de potassium en solution à 10 °/0 mélangé à du bromure dans la proportion de 10 parties de bromure pour 15 de persulfate. Si le persulfate est employé seul, il faut doubler la dose par rapport à celle de bromure; on ajoute la dissolution de persulfate à de l'eau distillée dans laquelle on fait baigner la plaque et on développe. Ce moyen est meilleur que celui qui consiste à ajouter la dissolution de persulfate au moment de l'emploi3.
1. Le Procédé, 1905, p. 25. — 2. The Photographie Times, 1905, n° 2. — 3. Amateur photographer, 1905.
AFFAIBLISSEURS. 237
Quand on traite un négatif par le persulfate d'ammoniaque, il se forme souvent un précipité". On évite cet insuccès en traitant d'abord la solution par un négatif mis au rebut. L'immersion est prolongée pendant quelques minutes; on filtre et l'on peut utiliser la dissolution ainsi préparée.
On peut combiner l'action du persulfate d'ammoniaque avec celle de l'alfaiblisseur de Farmer. On immerge le négatif à affaiblir dans un premier bain contenant 100 c. c. d'eau, 2 grammes de ferricyanure de potassium et 20 grammes d'hyposulfite de soude; dans une seconde cuvette, on fait dissoudre 4 grammes de persulfate d'ammoniaque dans un litre d'eau. Le négatif est alternativement soumis à l'action de ces deux bains, avec lavages après chaque bain. On arrive ainsi à obtenir de bonnes images avec des négatifs surdéveloppés qui n'auraient donné que des épreuves grises si l'on avait employé la méthode usuelle1.
MM. Lumière frères et Seyewetz, qui ont montré que le persulfate d'ammoniaque permet d'atténuer les parties opaques d'un négatif sans détruire les demi-teintes, ont constaté que le persulfate agit plus rapidement lorsque le négatif est encore humide que lorsqu'il a été séché. Cette action ne se manifeste qu'au bout d'un temps relativement long après que le négatif a été plongé dans la dissolution; mais, dès que cette action a commencé, elle continue régulièrement. L'immersion de la plaque dans l'eau ne suffit pas pour arrêter l'action du persulfate ; il faut immerger la couche dans une solution de sulfite ou de bisullite de soude. La concentration de la solution de persulfate n'a pas d'influence sur le résultat linal ; seule la rapidité d'action varie : elle est d'autan! plus faible que la solution est moins riche. L'action du persulfate ne modifiant pas le voile produit par surexposition ou excès de développement, il faut éliminer ce voile avant de faire agir le bain de persulfate.
Le mélange d'hyposulfite de soude et de ferricyanure de potassium ne se conserve pas. On peut éviter la décomposition du ferricyanure en employant les sels alcalins de l'acide amido-acétique, qui remplacent avantageusement l'hyposulflte ; le réducteur ainsi préparé se conserve. On trouve dans le commerce ce sol en dissolution à 20 % sous 1b nom de Pinakol- %alz S Dan- L00 c. c. de cette dissolution, <>n dissoul •"> grammes de terricyanure «1<> potassium. Pour l'emploi, on dilue avec 5 à L0 parties d'eau et l'on y introduit I;. plaque àaffaiblir. La réduction se fait assez rapidement; on suit la marche de l'opération on examinant do temps en temps la plaque par transparence. La réduction est accompagnée de la production d'un voile violet. La plaque, arrivée au degré do réduction voulu, est introduite dans un bain de dxage acide où le voile disparait et l'image prend un beau ton