‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 86 sur 158 · Photography, 2fi janvier · texte numérisé non relu

Photography, 2fi janvier

sera retouchée, reproduite à la chambre noire, et fournira un nouveau négatif susceptible d'être imprimé. La production de contre-types par ce moyen est fréquemment utilisée dans les procédés de tirage industriel.

Il suffit, le plus souvent, de transformer en négatif le positif obtenu par copie à la chambre noire; les procédés de transformation ne différent en rien des moyens employés lorsque le contretype est produit par contact et par l'emploi des agents oxydants.

1881. Contretypes par contact. — La méthode de Bolas, basée sur cette observation que le renversement de l'image s'effectue facilement lorsqu'on imprègne la couche d'une substance oxydante, constitue le moyen le plus anciennement employé1 pour obtenir des contretypes; il a été étudié en détail par Eder et Pizzighelli qui précisèrent la méthode de Bolas 2 ; rien d'important n'a été ajouté à la méthode d'emploi du bichromate de potasse pour la confection des contretypes.

M. Drouillard produit d'abord un positif par transparence en copiant par contact ou à la chambre noire le négatif original : il développe au diamidophénol la plaque qui ne doit pas être surexposée; après développement et avant fixage, il fait disparaître l'image par l'action du permanganate de potasse et de l'acide sulfurique; la couche est lavée, puis exposée à la lumière d'une lampe à pétrole pendant trois minutes à la distance de 40 centimètres; on développe ensuite dans un bain d'oxalate ferreux, non acidulé : l'emploi de ce bain rend inutile le passage de la plaque dans un bain de sulfite de soude3. Le bain de permanganate de potasse peut être remplacé par un bain de bichromate de potasse, de soude ou d'ammoniaque additionné d'acide nitrique, comme l'avaient indiqué divers auteurs.

Un autre procédé, connu sous le nom de Photo-tégie, est celui qui consiste à impressionner la plaque par contact, la développer, la dépouiller par l'eau oxygénée et l'imbiber d'un colorant inactinique : cette dernière opération est le plus souvent inutile. Le procédé est basé sur ce fait que si l'on plonge un négatif dans l'eau oxygénée et qu'on l'y laisse jusqu'à blanchiment complet on remarque que les portions de gélatine qui contiennent l'argent primitivement réduit sont devenues d'un fragilité extrême; si, après avoir rincé la plaque à l'eau tiède on la lave à l'eau froide, on obtient un relief de gélatine qui, imprégné d'une couleur d'aniline, fournit une image par hydrotypie, ancien procédé dû à Gros ; on peut donc, par ce moyen, obtenir des contretypes. M. Goustet 4 recommande de développer à l'oxalate de fer la plaque destinée à fournir le contretype. Après développement et lavages, la plaque est plongée dans une solution d'eau oxygé-

1. Phot. News, 1880, t. XXIV, p. 304. — 2. Phot. Correspondent , février 1881, p, 45. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 496. — 4. Photo-Gazette, 1905.

PELLICULAGE DES NÉGATIFS. , 245

née fraîchement préparée. Au lieu d'utiliser l'eau oxygénée du commerce, on peut préparer une dissolution de cette substance en ajoutant à 100 c. c. d'acide chlor hydrique pur et versant dans ce liquide bien refroidi 4 grammes de bioxyde de baryum pulvérisé. L'addition de bioxyde de baryum doit être faite par petites quantités à la fois et en évitant toute élévation de température. Le négatif, développé à fond, est plongé dans une solution d'eau oxygénée que l'on remplace par de l'eau pure aussitôt que l'on voit quelques parcelles de gélatine abandonner leur support: on termine le dépouillement dans l'eau et l'on obtient ainsi un diapositif constitué par des épaisseurs variables de gélatine contenant du bromure d'argent. Au lieu de soumettre l'image ainsi obtenue à l'action d'un révélateur qui ferait noircir le bromure d'argent, on la plonge dans un bain de teinture constitué par une matière colorante soluble dans l'eau. Les parties épaisses du relief en gélatine absorbent une grande quantité du colorant, tandis que les régions les plus minces en prennent moins et celles dans lesquelles le verre a été complètement mis ;'i nu par l'action de l'eau oxygénée ne retiennent pas de couleur. La durée de L'imbibition est des plus variables ; quand on la juge suffisante en examinant la plaque par transparence, on lave et OU laisse sécher.

La production des contretypes par contact a l'ai»!»' d'une forte surexposition présente des difficultés dans la détermination de l'excès de temps de pose1. M. Guebhard2 et M. J. Sterry ont montré que l'on peut obtenir des images inversées p:ir développement prolongé. M. (iuehhard a constaté que l'inversion commence toujours par les régions ayant reçu le moins de lumière, que dans le révélateur à l'acide pyrogallique elle est souvent accompagnée d'un rougissement "les Mânes cl que la -n 1 exposition ^Oppose à l'inversion par prolongation du développement.

g — Procédés divers.

1882. Pelliculage des négatifs. - Le pelliculage des négatifs (B, 1426) peut être effectué facilement par l'emploi du bain de formol carbonate indiqué par M. Drouillard*. On place le négatif pendant cinq minutes dans un bain contenant 100 C. C. d'eau, 4 grammes de carbonate de soude et 10 grammes de formol; au sortir de ce bain, que Ton peut diluer d'une assez grande quantité d'eau, on laisse sécher complètement la couche

1. Bulletin de la Société fra?îçaise de photographie, 1902, p. 431. — 2. Comptes fr*ndus, 1904 à 1906, et Journal de physique, 1901 à 1900. — '■'>. Bulletin de la Société française de photographie; 1908, p. 348.

de gélatine et on immerge la plaque dans une solution de 20 c. c. d'acide chlorhydrique pour 1 litre d'eau : la couche ne tarde pas à abandonner l'image ; on la lave et on la fait sécher. Si l'on veut donner pins de consistance à la pellicule, on la reporte sur une glace talquée et collodionnée ; on laisse sécher, on recouvre d'une nouvelle couche de collodion , on laisse sécher et on sépare d'avec la glace la pellicule de gélatine qui se trouve ainsi emprisonnée entre deux couches de collodion.

On peut aussi, lorsque l'on a affaire à un négatif verni, le recouvrir d'une solution contenant 1 litre d'eau, 33 grammes de gélatine, 50 grammes d'acide acétique, 2 à 3 grammes de savon de Marseille. Ce liquide est étendu à la façon du collodion; on laisse sécher la couche, puis on étend à sa surface une couche de collodion riciné; après séchage complet, la couche s'enlève facilement si on incise les bords.

1883. Reproduction des objets d'art. — Les objets d'art en métal peuvent être photographiés sans reflets nuisibles à l'aide de l'artifice suivant : on les maintient à basse température pendant un certain temps (dans une glacière par exemple); aussitôt qu'ils arrivent au contact de l'air, l'humidité se condense à leur surface, et dès qu'ils ont atteint le point de rosée, on peut les photographier; il faut, d'ailleurs, opérer assez rapidement et au besoin recommencer la réfrigération.

Les objets qui peuvent être placés debout, comme les vases, les statuettes, sont disposés sur une table, et on évitera autant que possible le mauvais effet produit par les ombres portées et la ligne de séparation du fond et du support de l'objet : table, pied, etc. Dans ce but, on prend une feuille de papier assez grande pour reposer sur la table, venir déborder par devant et se relever derrière l'objet à photographier à une hauteur suffisante pour qu'il s'y trouve inscrit entièrement avec marges tout autour. Le papier ne doit pas être plié derrière le sujet ; on le cintre de façon à ne pas obtenir de ligne de démarcation bien nette entre la partie horizontale et la partie verticale. L'objet est donc photographié sur un fond uniforme, et une petite ombre portée part du pied de cet objet et est fondue sur les bords. L'effet produit est celui que Ton chercherait à obtenir dans un dessin. M. Gosselin, qui a recommandé ce procédé, conseille d'utiliser un fond uni en bristol mince de teinte neutre1.

1884. Photographie des nuages. — L'importance du ciel dans une photographie de paysages est considérable; mais la reproduction simultanée des nuages et du paysage est assez difficile à obtenir; si l'on ne réussit pas, on peut faire des négatifs spéciaux de nuages que l'on imprimera sur l'épreuve définitive.

En utilisant un écran jaune, des plaques orthochromatiques et un enduit antihalo, si l'on a le soin de ne pas trop développer le négatif, on pourra conserver les nuages et les imprimer sur le positif; il convient le plus souvent de munir l'objectif d'un obturateur à volet se relevant et donnant moins de pose aux ciels qu'aux premiers plans. Le maniement de certains

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