PAPIER SALÉ
avec une très grande précision ces quantités d'argent en opérant par voie Ôlectrolytique et pesant L'argent qui se dépose sur la cathode de platine1, (domine les papiers photographiques contiennent rarement des métaux denses autres que l'argent, il y a très peu de chances d'erreur dans cette détermination. Pour l'examen d'un produit inconnu, on devra préalablement procéder à une analyse qualitative de façon à s'assurer qu'aucun métal autre que l'argent ne se déposera sur la cathode.
1887. Papier salé. — On peut préparer un papier sensible se conservant bien d'après La formule suivante : du papier Watmann uni ou à gros grains est immergé dans une solution contenant 7 gr. 5 de chlorure de sodium pur, ."> grammes de chlorure d'ammonium, 0 gr. 20 de bichromate d»' potasse et (300 c. c. d'eau. Lorsque le papier est sec, on le sensibilise à l'aide d'un bain de "20 grammes de nitrate d'argent, 7 grammes d'acide citrique et 000 c. c. d'eau. On laisse flotter Le papier pendant deux minutes sur ce bain et on le fait sécher dans l'obscurité. L'impression se fait au châssispresse et l'intensité de l'image doit être plus forte que celle qui est nécessaire. Après impression, on lave jusqa'à ce que la teinte jaune ait disparu.; on vire à L'aide d'un l>;tin ordinaire de moyenne concentration, on lave pour enlever L'excès de bain d'or et l'on fixe dans un bain d'hyposulfite de soude à 10 °/0. Si le papier est épais, le Lavage final doit être fait avec le plus grand soin.
L'emploi du bichromate permet de conserver assez bien le papier. On peut aussi, couine' l'a recommandé M. Namias, utiliser l'acide oxalique. Un papier salé, sensibilisé sur un bain d'argent à 10 %> es^ plongé dans une dissolution aqueuse d'acide oxalique à 5 °/0, ou mieux, après le séchage qui suit la sensibilisation, dans un bain contenant 20 grammes d'acide oxalique et 'i0 grammes d'acide citrique pour un litre .l'eau. L'immersion est prolongée pendant une minute ; on retire le papier, on enlève l'excès de liquide avec un buvard et on l'ait Bêcher. Ce papier se conserve blanc pendant fort longtemps et les épreuve* dont le tirage doil être pOU88é assei loin peuvent être virées comme celles obtenues sur les papiers mats émulsionnés. Pour adiver Le tirage, <>n peut soumettre Le papier à l'action des vapeurs ammoniacales avant de l'exposer sous le négatif. Il est bon de plonger les images avant Le virage dans une solution de sel commun, de façon à éliminer par rinçage préalable les acides oxalique et citrique ainsi que le nitrate d'argent qui pourraient détériorer Les bains.
1888. Papiers de grande sensibilité. — Les papiers destinés à fournir des épreuves par noircissement direct sont, en général, peu sensibles. M. Grieshaber prépare, sous le nom de papier Bromyl, un papier au bromure d'argent ômulsionné dans la gélatine et préparé sous un étal particulier rendant très rapide son noircissement direct ; sa grande sensibilité exige quelques précautions pour Les manipulations préalables qui doivent être etïectuées en lumière très atténuée.
Presque tous les papiers sensibles contiennent un excès de sel d'argent BOluble qui provoque des taches au contact de l'hyposullite de soude et qui
1. Bulletin de l'Association belge de photographie, T-JOU, p. Ô43.
est un obstacle à la conservation de ces papiers; ils ont aussi le défaut de donner des épreuves manquant de demi-teintes, principalement quand les négatifs employés sont un peu trop intenses.
MM. Lumière ont évité ces inconvénients et ont constaté l'heureux effet de l'introduction dans les émulsions des phénols et des polyphénols et en particulier de la résorcine; certains sels minéraux, tels que les nitrites, les sels manganeux agissent de la même façon. Ces recherches les ont conduits à la fabrication d'un nouveau papier à noircissement direct, dénommé Actinos, et qui ne renferme pas de sels d'argent soluble. Ce papier se conserve indéfiniment, ne tache pas les négatifs, ne donne pas de taches jaunes par le bain d'hyposulfite de soude, permet le tirage de toute espèce de négatifs heurtés ou normaux, se vire avec tous les bains et donne les tonalités les plus variées; on le traite comme tous les papiers, c'est-à-dire lavant après insolation et virant par un bain de virage acide à l'or ou au platine, suivi d'un fixage à l'hyposulfite de soude à 15°/°. Le virage-fixage donne des épreuves dont le ton varie du jaune sépia au brun noir.
Le papier noir mat, marque H de la même maison, donne des tons noirs veloutés ; cette teinte noire s'obtient par virage au borax ; sans virage, ou en abaissant à quelques secondes la durée d'action du bain de virage fixage, on obtient des teintes sépia ou sanguine.
Le bichromate de potasse incorporé dans l'émulsion des papiers aux sels d'argent à image apparente allonge la durée de l'impression lumineuse et permet d'obtenir des images ayant des contrastes d'autant plus accusés que la sensibilité du papier est moindre. On trouve dans le commerce un papier, brillant ou mat, à couche de celloïdine, coloré en orangé et vendu sous le nom de papier Rembrandt. Chaque pochette renferme trois variétés de papier : l'une pour négatifs un peu faibles, l'autre pour négatifs faibles ou voilés, la troisième donnant une image très vigoureuse sous des négatifs qu'il est impossible d'imprimer par d'autres procédés. Ces papiers « de secours » permettent d'utiliser directement pour l'impression les négatifs très médiocres ou même franchement mauvais.
M. le Dr Reiss 1 a donné la formule de préparation d'un papier pouvant fournir des effets artistiques intéressants. L'émulsion sensible se prépare en pulvérisant 100 grammes de gomme arabique extra qu'il fait dissoudre dans 100 c. c. d'eau ; 3 c. c. d'acide acétique cristallisable sont
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 525.