‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 90 sur 158 · BAINS CONTINUATEURS · texte numérisé non relu

BAINS CONTINUATEURS

ajoutés à ce mucilage ; on broie au pilon et on ajoute en lumière jaune 1 gramme de nitrate d'argent dissous dans 3 o. c. d'eau distillée; on broie jusqu'à mélange homogène et on étend sur papier fortement encollé tel que le Canson pour lavis. L'étendage et le séchage doivent être faits rapidement. Le papier ne se conserve que peu de temps. Après l'impression à la lumière (l'intensité qui doit être un peu plus vigoureuse que celle de l'image terminée), on lave et on fixe à l'hyposulfite à 2 °/0 ; la teinte jaune obtenue peut être modifiée par virage. Au lieu de gomme, on peut aussi utiliser Tarrow-root.

1889. Positifs surexposés au châssis-presse. Développement local. — Les images positives qui ont été surexposées au châssis-presse sont lavées dans mu; eau n'ayant pas servi à dégorger d'autres épreuves, puis plongées dans une dissolution de 50 grammes d'iodure de potassium par litre d'eau. Sous l'inlluence de l'air, l'image tend insensiblement à disparaître. On arrête l'action rongeante de l'iodure en plongeant le papier dans l'eau \ au besoin, on renouvelle plusieurs fois L'action de ce bain : l'affaiblissement obtenu, on plonge le papier dans une grande cuvette pleine d'eau ; les lavages doivent être complets avant de soumettre l'épreuve à l'action du virage.

Ce moyen permet de dépouiller localement Lee épreuves aux sels d'argent. On utilise des procédés analogues & ceux que l'on met en œuvre pour le dépouillement des images à la gomme bichromatée. Au sortir du châssispresse, l'épreuve, bien lavé.', est placée Bur une feuille de verre; à l'aide de papier buvard, on enlève l'excès d'eau et, au moyen d'un pinceau imprégné de solution d'iodure de potassium plus ou moins concentrée, on agit localement sur les parties que Ton veut éclaiivir; quand la dissolution a agi, on arrête son action par un courant d'eau énergique; on peut ainsi réaliser certains ell'ets que Ton considère à tort comme appartenant aux seuls procédés par dépouillement. L'emploi de la solution d'iodure de potassium permet de blanchir complètement les noirs; cette propriété peut être utilisée pour écrire Le titre d'une ('■preuve.

1890. Bains continuateurs. — Les photogrammes insuffisamment imprimés peuvent ôtre amenés à une intensité suffisante par remploi de bains continuateurs de l'action de la lumière. Ces bains permettent d'obtenir des épreuves sur papier au gélatino ou au coliodio -chlorure d'argent par exposition très courte au châssis-presse : il suffit d'imprimer jusqu'à ce que les grandes ombres soient bien indiquées. On lave dans trois ou quatre eaux ; l'on immerge l'épreuve dans le révélateur; quand l'intensité est suffisante, on lave, on vire et on fixe par les procédés usuels. Une des meilleures formules à employer est celle qu'a fait connaître la maison Lumière : le bain concentré se prépare avec 250 c. c. d'eau, 10 grammes d'hydroquinone, 25 grammes de formosullite et 1 gramme de bromure de potassium. Ce révélateur concentré peut être étendu de moitié d'eau pour

obtenir des tons bruns ou de huit fois son volume d'eau et même plus pour obtenir des tons rosés. Dans ce cas, l'insolation doit être assez fortement prolongée; un révélateur concentré et une exposition assez courte donnent une image d'un ton verdâtre, tandis qu'une longue exposition et une forte dilution du révélateur permettent d'obtenir des tons sépia. Dans ce dernier cas, le développement peut durer près d'une demi-heure par température moyenne.

Pour obtenir des images ayant des blancs très purs, il est essentiel d'employer du papier n'ayant pas subi la moindre impression lumineuse. 'On peut obtenir les teintes les plus variées et faire virer l'épreuve à l'aide des bains d'or ou de platine pourvu qu'elle soit bien débarrassée des substances révélatrices.

Quand on est obligé d'imprimer une image sur papier préparé au citrate ou sur papier de ce genre, le mieux est d'exposer le châssis à la lumière du jour; au besoin, on opérera avec la lumière du magnésium. Il suffit de faire brûler devant le châssis-presse, à une distance d'environ 15 centimètres, un ruban de magnésium ; il en faudra une quantité plus ou moins longue, suivant le degré d'opacité du négatif; en moyenne de 30 à 50 centimètres suffiront pour donner sur le papier au citrate une impression faible mais distincte; il ne reste plus alors qu'à développer cette image pour lui donner l'intensité voulue1.

Les papiers aristotypes peuvent être développés à l'aide d'un bain de pyrocatéehine. On fait dissoudre 20 grammes de pyrocatéchine dans 400 c. c. d'eau et 100 grammes d'acétate de soude dans 500 c. c. d'eau; l'épreuve, faiblement imprimée au châssis-presse, est plongée dans un bain contenant 10 c. c. de la première solution, 10 c. c. de la seconde et 80 c. c. d'eau : on obtient rapidement l'intensité désirée. On lave à fond pour arrêter le développement et on fixe dans un bain de virage-fixage.

Le révélateur au métol permet d'obtenir des blancs très purs si l'on opère suivant la formule donnée par M. Schnauss2. On prépare une solution alcoolique de métol à J0 %, et pour développer une image, on ajoute 1 c. c. de cette solution et 5 gouttes d'acide acétique cristallisable à 100 c. c. d'eau. L'épreuve, légèrement lavée, est plongée dans ce bain de développement.

Au lieu de métol, on peut utiliser l'acide pyrogallique, comme l'a indiqué M. Maës. Le bain se prépare avec 1 gramme d'acide pyrogallique dissous dans 40 c. c. d'eau avec 6 grammes d'acétate de plomb et 60 gouttes d'acide acétique cristallisable. Le papier doit être imprimé très légèrement et manipulé à l'abri d'une vive lumière si l'on veut obtenir des blancs très purs.

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