‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 93 sur 158 · DÉVELOPPEMENT DES PAPIERS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DES PAPIERS

bonate de soude cristallisé el 200 c. c. d'eau, on obtient de bons résultats avec la plupart 'les papiers du commerce. <> bain a une tendance à donner dur; pour obtenir des épreuves plus douces, il faut réduire la quantité de bromure. Il se prête difficilement au développement <les papiers au chlorobromure. Pour ces derniers, M. Namias1 recommande le glycin dissous Sabord dans le mélange de sulfite et de carbonate de soude; on utilise 36 grammes de sulfite de soude cristallisé, 3 grammes de glycin. 20 grammes de carbonate de soude anhydre, 2 grammes de bromure de potassium et 200 c. c. d'eau. Les tons noirs verdâtres s'obtiennent avec peu de pose et bain concentré (dilué au plus de 2 volumes d'eau); les tons chauds s'obtiennent avec dilution du bain jusqu'à 90 volumes d'eau et augmentation de la durée du temps de pose.

L'addition d'acide formique au bain d'amidol permet d'obtenir de beaux tons, mais en utilisant les papiers Lents au gélatino-bromure. Dans 150 c. c. d'eau, on fait dissoudre \ grammes de sulfite de soude anhydre; on ajoute 1 gramme de diamidophénol, 2 grammes d'acide formique et 5 c. c. d'une dissolution de carbonate de soude à 20 °/o. Si l'on veut utiliser ce bain au développement des négatifs, il y a lieu d'augmenter la dose de carbonate»

L'emploi du papier au chloro-bromure présente sur le papier au gélatinobromure les avantages d'une manipulation plus facile : la durée du temps do pose n'a pas l'importance qu'elle présente avec les papiers au bromure. Plus le temps de pose est court et le révélateur énergique, plus le ton tend vers le vert; avec un temps de pose prolongé et un révélateur faible la teinte tend vers Le rouge plus ou moins jaunâtre. Les révélateurs qu'il convient d'employer le plus souvent sont : soit l'hydroquinone, soit l'édinol. Le révélateur à l'hydroquinone contient 125 grammes de sulfite de soude cristallisé, 15 grammes d'hydroquinone, 2ôojgrammes de carbonate de soude Cristallisé, 10 grammes de bromure de potassium et 1 litre d'eau. Bayer 2 conseille «le préparer le révéla Ouïr à l'édinol avec 50 grammes de sulfite d'acétone, lo grammes d'édinol, M5 grammes de carbonate de soude cristallisé, H) grammes de bromure de potassium et 1 litre d'eau. Pour obtenir une teinte déterminée, on cherche d'abord par tâtonnement le temps de pose nécessaire pour obtenir le ton noir avec le révélateurs l'hydroquinone; on modifie alors la durée du temps. le pose suivant la teinte que l'on désire; une surexposition de dix fois «>t la dilution à Cinquante fois du révélateur à L'édinol donneront la teinte sanguine orangée, tandis qu'une surexposition de vingt fois donnera avec la même dilution la teinte jaune.

Le D' Bicbengnin a follement recommandé' la dilution «lu bain «l'édinol3 et l'addition de sulfite d'acétone à ce bain comme permettant d'obtenir avec les temps de pose les plus variés les teintes les plus diverses, soit sur papier, soit sur verre. Le bain dont il préconise l'emploi contient à l'état normal 10 grammes d'édinol, 100 grammes de sulfite de soude cristallisé, 1 litre d'eau sans addition d'alcali. Lu faisant varier les proportions de sulfite on modifie aus^i la couleur : plus on emploie de sulfite, plus longtemps on expose, plus la teinte des photogrammes se rapproche du rouge. Le plus souvent il convient de remplacer les 100 grammes de sulfite de soude par

1. soc lot. Mal., 1904, i». 826. — 2. Bulletin de la Société française de pJiotoçraphiet 1905, p. 81. - Congi 'ès de Chimie appliquée de Berlin, 1903, p. 389.

50 grammes de sulfite d'acétone et 35 grammes de carbonate de soude cristallisé. On peut aussi n'ajouter le carbonate de soude que par petites fractions. Le sulfite d'acétone agit comme retardateur, tandis que le carbonate de potasse agit comme accélérateur pour les tons noirs. L'avantage de cette méthode réside dans le fait de pouvoir, par une surexposition assez forte, révéler les détails dans les ombres, détails qui disparaîtraient par suite de la surexposition si l'on employait un révélateur ordinaire. L'influence de la dilution est considérable, et avec une dilution de cinquante à soixante fois le volume primitif on arrive à développer sans voile. Tous les papiers du commerce dits lents peuvent donner des tons chauds à la condition d'employer des révélateurs suffisamment dilués.

Le révélateur à l'adurol permet d'obtenir assez facilement des tons chauds par l'emploi du papier au bromure d'argent. Dans 300 c. c. d'eau chaude, on fait dissoudre 120 grammes de sulfite de soude cristallisé et 90 grammes de carbonate de potasse; après dissolution, on ajoute 45 grammes d'adurol : on obtient ainsi la solution de réserve; d'autre part, on prépare une solution à 10 % de bromure de potassium, une solution de bromure d'ammonium à 10 0 o et une solution de carbonate d'ammonium à 10 °/V A. l'aide de ces bains, on peut obtenir diverses teintes à partir du sépia chaud jusqu'au rouge; on y parvient en diluant le révélateur et l'additionnant de plus ou moins grandes proportions de bromure d'ammonium et de carbonate d'ammonium. Un ton brun chaud s'obtient en doublant la durée normale d'exposition et préparant un bain avec 600 c. c. d'eau et 30 c. c. de solution de réserve avec 50 gouttes de solution de bromure de potassium, 50 gouttes de solution de bromure d'ammonium et 50 gouttes de solution de carbonate d'ammoniaque; la durée du développement est d'environ cinq minutes. Pour les tons ronges, la durée d'exposition est de douze à quinze fois le temps normal, et le développateur est formé de 3 litres d'eau, 30 c. c. de solution concentrée d'adurol, 50 gouttes de solution de bromure de potassium , 150 gouttes de solution de carbonate d'ammoniaque et 150 gouttes de solution de bromure d'ammonium; dans ce cas, la durée du développement varie de quinze à trente minutes1.

L'emploi de la métoquinone pour le développement des papiers permet d'obtenir des images présentant de très beaux noirs; l'intensité de ces noirs est supérieure à celle que donne l'emploi des révélateurs au diamidophénol2. Les papiers au gélatino-bromure se déyeloppent avec un bain contenant : 1 litre d'eau, 9 grammes de métoquinone, 60 grammes de sulfite anhydre, 10 grammes de carbonate de soude anhydre ou de phosphate tribasique de soude et 10 c. c. d'une solution de bromure de potassium à 10 %. On peut avantageusement remplacer le sulfite et le carbonate alcalin par le formosulfite ; le bain normal avec le formosulfite contient 1 litre d'eau, 9 grammes de métoquinone et 60 c. c. de formosulfite.

Un excès de pose donne presque toujours des tons chauds en utilisant la plupart des développements. La teinte est particulièrement agréable en employant un révélateur obtenu en mélangeant par parties égales les solutions suivantes : A) eau, 1 litre; acide pyrogallique, 12 grammes; sulfite

1. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1905, p. 218. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 236.

VIRAGE

de Boude cristallisé, 50 grammes : B) eau, 1 litre; carbonate d'ammoniaque, 25 grammes; potasse caustique, 15 grammes; bromure d'ammonium, 12 grammes. La dilution tend à donner des teintes de plus en plus jaunes1.

Le révélateur à L'bydroquinone, additionné de sels ammoniacaux, permet d'obtenir des teintes très variées soit par augmentation de la durée de pose, soit par la dilution du bain. On peut Le préparer à l'aide de deux dissolutions qui se conservent séparément pendant un temps fort long : A) eau, 1 litre; sulfite de soude, 100 grammes; hydroquinone, 18 grammes; bromure de potassium, 3 grammes; bromure d'ammonium, 12 grammes; B) eau, 1 litre; soude caustique, 18 grammes ; carbonate d'ammoniaque, 12 grammes. Le développement doit être prolongé pendant quatre minutes au inoins.

L'ourle développement «les papiers au bromure, M. Balagny a recommandé l'emploi «l'un bain contenant 150 c. c. d'eau, 1 gramme de diamidophénol, 2 grainmes.de sulfite de soude anhydre, 5 c. c. de solution de bromure de potassium à 10 0 0 et 10 c. c. de solution de bisulfite de soude du commerce. Ce bain agit lentement et les blancs de l'image ne se colorent pas si la dorée du temps de pose n'a pas été trop exagérée. Si l'épreuve se développe trop lentement, on peut la mettre dans le bain coucbe en dessous : l'action se l'ait sentir Immédiatement d'une façon très vive; en recommençant deux ou trois t'ois rette opération, on obtient toute l'intensité désirée.

Au lieu d'utiliser Le révélateur dans une cuvetle, on peut développer à l'aide d'un pinceau plat dont les poils sont sertis dans une enveloppe en gutta-pereba ; au besoin, on peut se .servir d'une étoile de coton hydrophyle sertie à L'extrémité d'un tube de verre. Toutes les parties métalliques des pinceaux doivent être protégées parune couche de vernis au caoutchouc Le développement s'effectue à l'aide du pinceau trempé dans le révélateur; on Le promène sur la surface sensible du papier placé sur une feuille de verre, on commence le développement en cuvette, avec un révélateur très dilué; aussitôt que les grandes lumières ont apparu, on enlève l'épreuve, on La met dans une cuvette d'eau propre, on élimine l'excès d'eau après l'avoir placée sur une feuille de verre et l'on continue alors le développement à l'aide du pinceau'^. On peut ainsi faciliter l'action locale du révélateur en séchant au buvard les parties de l'image qui sont suflisamment développées et mélangeant Le révélateur avec La moitié de son volume de glycérine; ce mélange agit plus lentement que Le révélateur ordinaire et foisonne très peu en dehors des parties à révéler. Au Lieu de glycérine, on peut employer le sucre en poudre que l'on mélange au révélateur; on emploie d'autant plus de sucre que l'on veut retarder l'action du révélateur».

1901. Virage. — on peut virer et renforcer simultanément Les -'preuves

au gfélatino-brottiure d'argent 4. < >n commence par les faire blanchir dans un bain contenant 20 grammes de chlorure de mercure, 50 grammes de chlorure d'ammonium, H) C c. «l'acide chlorhydrique pur et une quantité d'eau suffisante pour faire un litre; quand la couche a complètement blanchi, on la lave pendant dix minutes et on La plonge dans un bain de 20 grammes de sulfocyanure d'ammonium, l gramme de chlorure d'or et un litre d'eau,

l. Photo*0az$Ue, 1908, p. 871. —2. La Photographie, 1906, p. 89. —8. Photo- Gazette, pp. 75, 144. — 4. Voyez Suppl. C. p. *<i/0.

solution qui doit être préparée au moment de l'emploi. L'image réapparaît, se renforce et acquiert un beau ton noir violacé ; on peut l'affaiblir par passage dans un bain d'hyposulfite après lavages. On peut aussi virer à l'aide du chlorure de platine : après blanchiment de la couche, on développe avec un révélateur ordinaire fortement étendu d'eau : on obtient un ton noir tirant sur le vert; on lave et on plonge dans le bain de virage contenant 1 gramme de chloroplatinite de potasse, 10 grammes d'acide oxalique et un litre d'eau.

L'emploi du chlorure de platine permet d'obtenir un ton chaud spécial qui est en particulier très agréable pour les images diapositives. L'épreuve bien lavée est plongée dans une solution de chloroplatinite de potassium à 1 °/0, 20 c. c. d'une solution de bichlorure de mercure à 1 °/0, 2 grammes d'acide citrique et 50 c. c. d'eau; on ajoute à ce bain de une à trois gouttes de solution de bromure de potassium à 10 °/o- Quand le ton désiré est obtenu, on lave, on fixe et on lave à nouveau1. Si l'épreuve n'est pas assez intense, on la plonge pendant quelques minutes dans un bain contenant 12 grammes de sulfate de cuivre, 12 grammes de bromure de potassium et 600 c. c. d'eau; après un lavage sommaire, on développe avec un révélateur ordinaire; après lavage, on peut virer l'épreuve ainsi intensifiée.

Si l'on veut obtenir des tons verts, on fait blanchir l'image dans une solution de ferricyanure de potassium à 5 °/0, on lave et on fait virer dans un bain préparé avec 2,500 c. c. d'eau bouillante, 25 c. c. d'acide chlorhydrique concentré, 12 grammes de chlorure ferrique, 10 grammes de chlorure de vanadium et 25 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque. On dissout ces diverses substances dans l'ordre indiqué. L'épreuve, immergée dans ce bain refroidi, prend un ton vert analogue à celui que l'on obtient par l'emploi du procédé au charbon. Cette teinte verte résulte du mélange de ferrocyanure de fer (vert) avec le ferrocyanure de vanadium (jaune)2.

MM. Lumière ont mis dans le commerce, sous le nom de chromogènes, trois préparations pour le vidage aux ferrocyanures d'urane, de cuivre et de fer; les tons brun, rouge et bleu obtenus peuvent être variés à l'infini par mélange de divers bains.

M. Namias3 obtient des épreuves d'un ton bleu en réduisant l'acide molybdique en présence de la lumière. On fait dissoudre 10 grammes d'acide molybdique dans 50 c. c. d'ammoniaque étendu de son volume d'eau, on verse goutte à goutte et en agitant constamment cette solution dans 100 c. c. d'un mélange fait par parties égales d'eau et d'acide nitrique de densité 1,42. Pour l'usage, on prend 50 c. c. du réactif molybdique ainsi préparé et 150 c. c. d'eau contenant en dissolution 10 grammes de métabisulfite de potasse. Ce liquide doit être préparé au moment de l'emploi ; on immerge dans ce bain l'épreuve au bromure préalablement mouillée, on l'abandonne dans ce bain jusqu'à production de la teinte désirée. Il est difficile d'obtenir des blancs très purs lorsque le virage est très poussé, surtout si Ton opère en vive lumière; le lavage n'élimine pas complètement les produits résiduaires.

1. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1903, p. 492. — 2. Bulleti?i de la Société française de photographie, 1903, p. 440. — 3. Progresso fot., 1904, p. 155.

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