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RETOUCHE CHIMIQUE

Le tirage des négatifs manquant do contrastes peut être fait à l'aide du procédé suivant préconisé par M. Sterry1 : après exposition assez prolongée derrière le négatif, le papier est plongé dans une solution plus ou moins diluée de bichromate do potassium; on procède ensuite au développement. Le plus souvent il suffit d'une solution de 5 grammes de bichromate de polasse dans un litre d'eau. L'exposition doit être suffisamment prolongée pour donner, par un développement normal, tous les détails correspondants aux parties les plus denses du négatif. L'immersion dans le bain de bichromate doit être prolongée de trente secondes à trois ou quatre minutes. Les contrastes sont d'autant plus accusés que la solution est plus concentrée et la' durée de l'immersion prolongée. Le papier est ensuite lavé sommairement, puis placé dans le révélateur. L'effet du bichromate est de retarder la venue des ombres mais non celle des parties les plus claires qui, par suite, ont tout le temps voulu pour être développées à fond. Il convient d'utiliser un bain de développement n'ayant pas servi; pour certains papiers, rebelles à ce mole de traitement, on ajoutera quelques gouttes d'acide sulfuriquo au bain de bichromate ou bien on emploiera une solution très diluée d'acide chromique, dont l'action est beaucoup plus énergique.

MM. Lumière et Scyewetz ont utilisé la formation intermédiaire de ferrocyanure de plomb pour virer à l'aide des sels de cobalt les épreuves au gélatino-bromure d'argent. On fait blanchir L'épreuve dans un bain contenant 50 grammes do l'errocyanure de potassium et 'il) grammes d'azotate de plomb; on lave complètement et on l'immerge pendant une à doux minutes dans une solution de un litre «l'eau, 10U grammes de chlorure do cobalt et 300 c. c. d'acide chlorhydrique ; dans ce bain, elle prend un ton vert très brillant sans coloration des blancs; on lave ensuite pour éliminer l'excès des réactifs.

1902. Affaiblisseurs. — On peut affaiblir les images au gélatinobromure en utilisant une solution de :J grammes de persulfate d'ammoniaque pour un litre d'eau: mais il est indispensable de laver très soigneusement les épreuves avant et après l'opération. On peut aussi utiliser 100 c. c. d'eau contenant 10 gouttes de solution de ferricyanurc de potassium à 10 " o. 100 gouttes de solution de sulfocyanure d'ammonium à 10 °/o. L'éprouve est immergée dans ce bail) jusqu'à ce que l'on ait obtenu l'affaiblissement désiré. Avant de lui faire subir ce traitement, il est bon de passer l'épreuve au formol pour éviter l'action dissolvant»; du sulfocyanure d'ammonium sur la gélatine*». On peut aussi employer l'eau céleste additionnée d'hyposultito do soude.

1903. Retouche chimique. — La retouche chimique doit se faire sur l'épreuve sortant du bain de lavage qui suit le bain d'hyposulfite. L'épreuve humide est placée sur une grande glace OU sur une feuille d'ébonite, puis épongée avec soin. On prépare une solution de sulfate de cuivre à 6 °/o, on la précipite par la potasse. Le précipité bleu vert ainsi obtenu est lavé plusieurs fois par décantation . puis recueilli sur un filtre; on verse sur ce

t. Photographie News, 1« avril 1904, — 2. Amateur photographer, PJUô, p. 34:2.

filtre de l'eau contenant 10 % d'acide chlorhydrique de façon à dissoudre complètement le précipité : on obtient ainsi une dissolution verte de chlorure de cuivre à laquelle on ajoute goutte à goutte de l'ammoniaque en agitant constamment jusqu'à ce que le précipité d'abord formé soit redissous. De cette dissolution amenée au volume de 100 c. c. on prend 10 c. c. que l'on additionne de 10 c. c. de solution d'hyposulfite de soude à 5 °/0, et on ajoute 200 c. c. d'eau : on obtient ainsi un liquide qui permet de réduire l'intensité du négatif et que l'on étend de deux fois, trois fois, cinq fois, dix fois son volume d'eau.

Les retouches se font à l'aide de pinceaux établis comme ceux qui servent pour le développement. La solution la plus forte permet d'obtenir des blancs très francs ; les solutions plus faibles permettent de réduire les parties trop denses. A l'aide d'une éponge mouillée d'eau propre on arrête l'action du réducteur par un lavage immédiat.

Si l'on a à retoucher de grandes surfaces, on en découpe la silhouette avec du papier buvard, puis cette sorte de patron est juxtaposée sur la partie correspondante de l'épreuve et imbibée de réducteur au moyen de l'éponge. L'opération se fait régulièrement, et il suffit de temps en temps de rajouter du liquide avec l'éponge; on lave ensuite abondamment.

Pour faire les fonds dégradés, on se sert de deux éponges de lavis, l'une chargée de réducteur, l'autre d'eau pure. Le passage de ces deux éponges, opéré d'après la méthode de la teinte fondue, donne un résultat très satisfaisant. Il faut toujours avoir à côté de l'épreuve une cuvette remplie d'eau pure pour arrêter l'action du réducteur par immersion dans une grande quantité d'eau. Après lavages, il est bon de passer l'épreuve dans une solution d'alun de chrome à 4 °/0, additionnée d'ammoniaque, jusqu'à ce qu'il se forme un léger trouble, puis laver à grande eau.

Les épreuves au gélatino-bromure peuvent être vernies ou émaillées par les anciens procédés que l'on mettait en œuvre pour les épreuves sur albumine. On peut, plus simplement, modifier l'aspect de l'épreuve en la recouvrant d'une couche d'encaustique à la cire; on polit ensuite avec un chiffon de laine.

1904. Impressions pigmentaires. — M. Hanzel a indiqué une nouvelle utilisation du papier au gélatino-bromure. Une image positive obtenue sur papier Lumière B est fixée et lavée , et abandonnée pendant vingtquatre heures dans l'eau oxygénée commerciale (à 12 volumes) étendue de trois parties d'eau; puis avec un pinceau très doux, ne produisant pas de rayures, on balaie la surface du papier pour nettoyer et enlever tout ce qui n'a pas d'adhérence; on recouvre alors toute la surface d'encre de Chine au moyen d'un large pinceau, et on dépouille l'épreuve à l'eau chaude. La gélatine qui s'était conservée dans les endroits correspondant aux blancs se dissout, et l'on voit bientôt l'image se dessiner avec toutes ses demi teintes ; on arrête le dépouillement dès qu'elle est à point.

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