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PRÉPARATION DES PLAQUES

S 3. — Photogrammes sur verre.

1905. Préparation des plaques. — L'addition fie bromure d'argent à L'émulsion au chlorure, destinée à donner des plaques pour diapositives, n*a d'autre effet, comme l'a constat»'' M. Balagny1, que de permettre un étendage facile dp l'émulsion : le bromure rend l'émulsion opaque; une plaque préparée au chlorure d'argent seul peut donner et donne des tons magnifiques. L'émulsion peut être préparée soit avec le chlorure d'ammonium, soit avec le chlorure de sodium ; la maturation n'est pas indispensable, et la couche séchée sur le verre doit paraître brillante lorsqu'on l'examine par réflexion. Le développement s'effectue :i l'aide des substances que l'on utilise pour le développement des papiers lents. Il est à remarquer qu'une pose courte avec un révélateur actif donne des tons noirs, tandis que si l'on désire des tons chauds, il vaut mieux employer un révélateur dilué et augmenter la durée du temps de posa

La maison Lumière a mis dans Le commerce plusieurs variétés de plaques

pour diapositives : les unes, pour tons noirs, sont de rapidité moyenne analogue à celle des plaques s\ étiquette jaune; les autres, à émulsion lente, donnent des images d'un.' très grande (messe, d'une grande variété de tons. Pour ces dernières, le tirage s'elTeetue Pnide de la lumière du magnésium. Un dispositif commode pour l'emploi de cette source d'éclairage a été indiqué par MM. Lumière2, 11 consiste à clouer ensemble deux planchettes, l'une verticale, L'autre horizontale {/tg. (37). La planchette horizontale porte des divisions numérotées de 10 en LO centimètres ; la planchette verticale est perforée d'un petit t ton à quelques centimètres de la base. Ce trou sert de logement à un fragment de magnésium en ruban dont on engage une des

L. Bulletin de la Société française de photographie , 1908, p. 123. — luire de la Société Lumière, 3e édition, p. Tt.

'2. Formulé

extrémités dans la planchette ; le métal se maintient à peu près horizontal. Le châssis-presse chargé est placé verticalement sur une des divisions, la glace face au magnésium. Une petite lampe à essence complète le matériel; elle reste constamment allumée à proximité, sa flamme étant sans grand effet sur la couche sensible. La lampe sert à mettre le feu au ruban de magnésium au moment convenable. Pour la commodité des opérations, il est bon de fragmenter à l'avance le magnésium en morceaux de longueur égale (3 à 6 centimètres, suivant la force des négatifs). La largeur du ruban de magnésium est de 2 millimètres et demi : à 6 centimètres de magnésium, brûlant à 30 centimètres d'un négatif de densité moyenne, correspond un diapositif d'une bonne tonalité sépia chaud. Si l'on rapproche le châssispresse, les tons deviendront de plus en plus chauds, et arriveront presque aux tons sanguine et jaune-rouge; si l'on éloigne, la tonalité de l'image deviendra verdâtre.

Dans ces derniers temps, la maison Lumière a mis en vente des plaques diapositives recouvertes de l'excellente émulsion au citrate d'argent servant à la préparation des papiers au citrate. On obtient ainsi des plaques pouvant être imprimées par noircissement direct, comme les papiers au citrate d'argent; elles se manipulent exactement comme les papiers et donnent des images dont les teintes sont identiques à celles fournies par les papiers. De même que pour les plaques à tons chauds, on peut les développer à Paide des révélateurs spéciaux qui sont dans le commerce ou encore en employant le révélateur physique (acide pyrogallique et nitrate d'argent) additionné d'acide citrique pour les tons noirs-bleus, acétique pour les bruns, formique pour les bruns-rouges. Dans ce cas, il convient de commencer le développement après avoir soigneusement lavé la plaque et en employant très peu de nitrate d'argent : l'image ainsi obtenue est d'abord peu intense, mais très détaillée; on la renforce en ajoutant goutte à goutte au bain de développement une solution de nitrate d'argent à 4 °/0, comme on le faisait autrefois du temps du collodion.

Les plaques au chloro-bromure d'argent (plaques à tons chauds) ne se conservent pas aussi bien que celles au bromure; par contre, leur préparation est plus facile. On obtient l'émulsion en faisant gonfler 5 gr. 25 de gélatine Nelson no 1 dans l'eau froide que l'on renouvelle fréquemment; on fait égoutter la gélatine, on dissout dans l'eau distillée et l'on complète au volume de 100 c. c; on ajoute en remuant 6 gr. 60 de bromure d'ammonium, 1 gr. 6 de chlorure de sodium et 10 gouttes d'une solution d'acide chlorhydrique à 10 %. D'autre part, on fait dissoudre 10 grammes de nitrate d'argent dans 25 c. c. d'eau. Dans le laboratoire obscur, on verse la solution de nitrate d'argent en mince filet dans la solution de gélatine maintenue au bain-marie à la température de 60° G., on agite vivement le mélange qu'on laisse digérer pendant dix minutes tout en élevant la température du bainmarie à 65° G., on ajoute ensuite 10 grammes de bonne gélatine dure préalablement gonflée et lavée dans plusieurs eaux; lorsque cette gélatine est fondue, on ajoute de l'eau distillée de façon à amener le volume de l'émulsion à 250 c. c. L'émulsion ainsi préparée, étendue en couche mince sur une lame de verre, doit transmettre en rouge orangé la flamme d'une bougie. On fait figer l'émulsion dans une cuvette placée dans l'eau froide ; la gelée obtenue est découpée en menus fragments, tordue dans une poche de canevas, de

DÉVELOPPEMENT DES DIAPOSITIVES.

façon à obtenir une sorte de vermicelle que l'on lave complètement pour éliminer les sels solubles. Après lavage, on fait refondre l'émulsion et on l'additionne de 1 gramme de tannin dissous dans un peu d'eau; on filtre sur coton hydrophile ou dans une peau de chamois et on reçoit l'émulsion dans une théière de faïence, la douille de l'entonnoir plongeant jusqu'au fond de la théière; quand la température de l'émulsion atteint 38° C , on la coule sur les plaques de verre bien nettoyées; on fait sécher comme d'habitude *.

L'altération des plaques au chlorure et au chloro-bromure fait qu'au bout d'un certain temps l'image ne peut pas être révélée à l'aide des révélateurs ordinaires: ces plaques, en général, peuvent donner, à cet état, de bons résultats par l'emploi du révélateur physique. Dans ce cas, l'exposition à la lumière sous le négatif doit être assez prolongée; plus la durée d'exposition est longue, plus la teinte de la plaque se rapproche du rouge. Le bain de développement se prépare avec 3 grammes d'acide pyrogallique dissous dans 1 litre d'eau avec 10 grammes d'acide citrique. La plaque est plongée dans ce bain : quand elle est uniformément imbibée de ce liquide on la retire de la cuvette et l'on ajoute par 100 c. c. de solution, cinq gouttes de bain d'argent m 'i " o dans L'eau distillée: l'image apparaît lentement. Quand tous les détails sont visibles on rejette le bain et l'on donne l'intensité suffisante en immergeant la plaque dans KM) c. c. de solution d'acide pyrogallique additionnée de \ à ."> c. c. de solution de nitrate d'argent. Le fixage se l'ait à la façon habituelle après un lavage soigné; on peut virer à l'urane, ou bien à l'aide du chlorure d'or qui donne une teinte d'un noir bleuâtre2.

1906. Développement. — D'une manière générale, on peut dire que tous les révélateurs qui donnent de bons résultats avec les papiers au gélatino-bromure sont susceptibles d'être employés pour développer les plaques diapositives. Le mode «l'emploi est d'ailleurs identique à celui qui a été indiqué pour les papiers par développement.

MM. Lumière1 ont préparé un révélateur concentré pour plaques à tons chauds. Dans un litre d'eau ils font dissoudre 100 grammes de formosulfite, 'i0 grammes d'hydroquinone et \ grammes de bromure de potassium. Ce révélateur de réserve est dilué avec trois volumes d'eau au moment de L'emploi. Par des variations d'exposition on obtient toute une gamme de tons variant du vert au rouge en passant par la teinte sépia. On obtient les tons extrêmes en diluant Le révélateur et employant une partie de solution concentré,- pour sept parties d'eau : on obtient ainsi des tons rouges, tandis que le mélange de parties égales d'eau et de révélateur donnera des tons verts si l'on réduit suffisamment la durée du temps d'exposition.

M. le D» Kœnig a recommandé L'emploi de l'acide pyrogallique avec sulfite de soude sans alcali pour développer les diapositives au chlorure d'argent. La quantité de sulfite de soude a une grande influence sur la teinte définitive de L'image. En utilisant une solution contenant 1 gramme d'acide pyrogallique pour 100 C. C. d'eau, on obtient une faible image jaunâtre; mais en ajoutant I o/0 de sulfite, l'image devient plus brune et plus vigou-

1, Bulletin de l'Association belge de photographie, 1905, p. 222. —2. The Amateur photographer, 1906. — 8. Bulletin de la Société française de photographie, m'A, p. 287.

reuse. En portant la quantité de sulfite à 2 %, le ton est brun violet, et avec 3 % de sulfite le ton est analogue à celui que l'on obtient par l'emploi du virage à l'or Dans la pratique, il convient d'utiliser un bain contenant 1 gramme d'acide pyrogallique, 4 gramm°s de sulfite de soude et 250 c. c. d'eau. Si le temps de pose est fortement exagéré on pourra doubler la quantité d'eau.

En ajoutant à ce bain une petite quantité de chlorure de sodium, on peut tirer parti des négatifs très faibles.

L'emploi de l'éJitiol permet d'obtenir, comme avec les papiers, une grande variété de teintes. Les tons bruns s'obtiennent avec les plaques au chlorure en utilisant un bain renfermant 4 grammes d'édinol, 12 grammes de mêtabisulfite de potasse, 30 grammes de carbonate de potasse et 500 c. c. d'eau; à 60 c. c. de révélateur on ajoute 3 c. c. de solution de bromure de potassium à 10 o/o1. Le bain agit lentement; en augmentant la durée de la pose et diluant fortement la liqueur, on obtient un bain qui donne des teintes d'un rouge brun.

Avec l'édinol sans sulfite, on obtient des tons pourpres par l'emploi de 50 c. c. de solution d'édinol à 1 o/0> 50 c. c. de solution de carbonate de potasse à 10 %, 10 gouttes de solution de bromure de potassium à 10 °/0. Ce mélange ne doit être préparé qu'au moment de l'emploi, car il se colore très vite2; avec addition de sulfite dans le bain, le ton devient noir, sauf dans les cas d'excès de pose.

L'addition d'ammoniaque ou de toute substance dissolvant les sels d'argent permet d'obtenir un bain de développement donnant des teintes sépia et même rougeâtres; il faut employer un bain très dilué. Avec les plaques au chloro-bromure, on peut utiliser le révélateur pyrogallique contenant 1 litre d'eau, 12 grammes de sulfite de sodium, 1 gramme d'acide citrique, 2 grammes d'acide pyrogallique; on additionne ce bain d'une solution à 10 o/o de bromure de potassium et 10 °/0 d'ammoniaque du commerce : l'image apparaît très lentement. Si, par suite d'une grande surexposition, la teinte obtenue est trop rougeâtre, on virera à l'aide d'un bain contenant 5 grammes de sulfocyanure d'ammonium et un demi-gramme de chlorure d'or pour 1 litre d'eau.

Un excès d'ammoniaque dans le bain de développement permet d'obtenir des images de teinte pourprée, mais le voile dichroïque se produit fatalement; l'image est d'un beau rouge pourpré. On fait disparaître le voile dichroïque d'après le procédé indiqué par MM. Lumière et Seyewetz, et on obtient une image de teinte pourprée3.

1907. Renforcement. — M. L.-P. Clerc utilise le renforcement à l'iodure mercurique pour obtenir des tons chauds. Dans 350 c. c. d'une solution à 5 °/o de chlorure mercurique, on verse doucement et sans cesser d'agiter 50 c. c. d'une solution à 5 °/o d'iodure de potassium : la dissolution reste limpide; on plonge l'image dans ce bain où elle blanchit puis prend

1. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1903, p. 716; Photography, 1903, p. 407. — 2. Phot. Mittheilungen, 1904, p. 115. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 396.

VIRAGES

une nuance jaune verdatre par réflexion, rouge orangé par transparence. L'image blanchie et lavée est plongée dans une dissolution à environ 10°/o de sulfite de sodium cristallisé ; elle passe par toute une série de teintes chaudes et ne gagne le noir qu'après environ une heure d'immersion; un lavage rapide amène l'image au ton désiré; la nuance ne se modifie pas sensiblement par le séchage >.

L'image blanchie par le mélange de bichlorure de mercure et de chlorure d'ammonium peut acquérir une teinte d'un noir chaud si on additionne la solution de sulfite de quelques gouttes d'ammoniaque. On obtient un brun rouge en versant sur la plaque une dissolution de carbonate de soude à 10 <>/o.

1908. Virages. — Les diapositives peuvent être virées à La teinte pourpre par immersion dans un bain de 500 c. c. d'eau, 1 gramme de chlorure d'or et LO grammes d'acétate de soude. <>n peut encore, après lavages, immerger l'épreuve dans des bains composés de solution de chlorure d'or, d'iridium, de palladium ou de cuivre, avec de petites quantités de carbonate de sodium, de phosphate de sodium ou de borax; on peut aussi employer les bains de virage ou de viro-flxage.

Le virage aux sels d' ura ne B'effectue facilement par L'emploi d'une solution de réserve contenant 2 grammes d'azotate d'urane, 50 c. c. d'acide acétique et 1 litre d'eau. A .'{Oc. c. de cette solution de réserve on ajoute, au moment de l'emploi, M ou 'i gouttes d'une solution saturée de ferricyanure de potassium; on y plonge la plaque, on agite la cuvette pour assurer un virage uniforme, on retire du bain aussitôt que la teinte est obtenue et on lave rapidement. On obtient une coloration d'un brun riche que l'on peut enlever par l'ammoniaque ou. au contraire, renforcer vers le rouge en immergeant dans un bain d'alun a G " d'eau acidulée par l'acide chlorhydrique. Plus l'épreuve séjourne dans ce bain, plus elle vire vers le rouge. Les plaques doivent être bien lavées après le fixage, suis quoi les opérations du virage ne produisent invariablement que des insuccès; te séchage doit être t'ait très rapidement8. Ce bain renforce toujours un peu l'image.

Les vapeurs de sult'li vdrate d'ammoniaque permettent d'obtenir de très belles colorations ; h cause de l'odeur désagéable de ce composé, il convient d'opérer en plein air. M. Molteni conseille le mode opératoire suivant : on prend des boites en carton servant à envelopper les plaques de projection 86 X 100, on découpe dans le couvercle une ouverture de dimensions un peu plus petites que celle de la plaque, soit 80 x 95, on paraffine les boites qui peuvent ainsi recevoir le liquide et on pose alors la plaque face en dessous sur l'ouverture; on abandonne le tout au repos. L'action se produit peu à peu; on retire In plaque lorsque le ton désiré est obtenu. Quand l'action des vapeurs se prolonge pendant trop longtemps, il se forme dans l'épaisseur de la gélatine un voile blanchâtre qui disparait après plusieurs heures d'immersion dans le bain d'hyposultite de soude.

I. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 89. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1906, p. 161.

1909. Affaiblisseurs. — L'empâtement des noirs et la teinte verdâtre de l'image peuvent être modifiés par l'emploi de l'eau iodée, comme l'a indiqué M. G. Briand1. On prépare une solution de réserve en triturant dans un mortier de verre 12 grammes d'iodure de potassium, 1 gramme d'iode et quelques centimètres cubes d'eau distillée; on amène ensuite au volume de 200 c. c; on prélève 15 c. c. de cette liqueur, on étend avec 200 c. c. d'eau et l'on plonge la plaque dans ce bain. La couche blanchit peu à peu; plus on l'y laisse séjourner, plus on obtient de transparence. Un séjour trop prolongé ferait disparaître les demi-teintes au fixage; il vaut mieux recommencer plusieurs fois ce traitement. Quand la couche a légèrement blanchi, on lave et on fixe dans un bain contenant 1 litre d'eau, 100 grammes d'hyposulfite de soude, 10 c. c. de bisulfite de soude liquide; on lave pendant quatre à cinq minutes dans l'eau courante. On obtient un ton noir chaud, sépia, ou noir bleuté en plaçant l'épreuve dans le bain de virage employé pour les papiers au citrate; on lave et on laisse sécher. Ce procédé réussit fort bien avec les plaques à ton chaud; s'il s'agit de plaques à ton noirs, on emploiera des affaiblisseurs ordinaires et les virages chromogènes du commerce.

1910. Nuages et couleurs pour diapositives. — L'impression des nuages peut être faite, comme Ta conseillé M. Goderus2 en doublant la diapositive avec un 7iégatif de nuage. On expose deux plaques : l'une donne normalement l'épreuve du sujet, l'autre, avec très peu de temps de pose, reproduit le ciel. Dans le développement de la seconde, on s'arrête dès que le ciel a paru; au besoin, on enlève avec une solution de perchlorure de fer étendue au pinceau les portions d'image qui ne doivent pas figurer sur la diapositive. Ce négatif, légèrement développé, sert de verre couvreur pour la diapositive et en forme le ciel.

Ce moyen est inapplicable dans bien des cas : par exemple si l'on a le disque solaire dans le ciel, si le ciel, éclairé d'un côté, sombre de l'autre, donne des reflets dans l'eau. Il est plus simple d'imprimer un positif des nuages en utilisant un négatif pelliculaire retourné : on évite ainsi le renversement des clairs et des ombre? que donne le procédé indiqué par M. Goderus.

11 est assez difficile d'obtenir en deux impressions sur la même plaque le paysage et les nuages. Le procédé qui consiste à doubler la diapositive avec un ciel de nuages est d'une exécution assez facile; on fait disparaître soit avec le réducteur Farmer, soit avec une solution d'iode dans l'iodure de potassium, les portions de l'image qui ne doivent pas figurer sur la vue.

Le coloriage des épreuves positives sur verre peut être facilité en durcissant la couche par le formol, recouvrant d'albumine et délayant la couleur avec 15 grammes de gomme arabique dissoute dans la quantité d'eau nécessaire; la dissolution filtrée est additionnée de 6 à 8 gouttes de glycérine, plus un petit morceau de camphre pour éviter la production des moisissures.

1. Photo-Gazette, 1905, p. 243. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1905, p. 81.

CHAIMTKE II

PHOTOGRAMMBfl OBTENUS PAR L 'EMPLOI DE DIVERS SELS.

I 1. — PlIOTOGKAMMKS AUX SKLS DE PLATINE.

1911. Préparation du papier. - Le papier au platine préparé par les bonnes maisons ne nécessite plus L'usage exclusif de négatifs vigoureux, très intenses; il peut servir avec tons les négatifs. En ajoutant au bain de développement mie quantité plus ou moins forte de glycérine, on peut retarder beaucoup l'action du bain, accélérer la venue de l'image dans une région, la retarder dans une autre Comme Faction du bain cesse dès que l'image est développée, qu'elle ne monte plus et ne se voile pas, il est facile de développer d'abord la parti»' de l'image que l'on veut complète; on traite ensuite les régions qu'on ne veut développer qu'incomplètement. Si le négatif est dur, s'il offre des oppositions exagérées, on développe à chaud; s'il est au contraire gris, sans opposition, quelques gouttes d'une solution saturée de bichromate de potasse ajoutées au bain de développement permettront d'obtenir une épreuve à oppositions vigoureuses. Cette action du bichromate est comparable à celle du bromure dans le développement des plaques.

On peut d'ailleurs donner diverses teintes à l'image. En développant localement au moyen de bains glycérinés et additionnés plus ou moins de bichlorure de mercure, on obtient des tons variés : sur un portrait, par exemple, le visage sera d'une couleur chaude rappelant la teinte chair, les cheveux seront bruns, le fond sera noir, etc.

La nature de l'encollage est très importante et doit varier suivant la tonalité que l'on veut obtenir. Tour le noir, on emploie une solution préparée avec 3 parties de dissolution de gélatine dans l'eau à 16 °/oo et 1 partie de solution dans l'eau à lô o/00; à ce mélange, on ajoute le quart de son volume d'alcool à !).>. Pour les tons bruns, il vaut mieux employer l'arrowroot. On le prépare en versant de l'eau bouillante sur 10 grammes d'arrowroot mélangé avec un peu d'eau de façon à obtenir un mélange total de 800 c. c, puis on ajoute un quart d'alcool. La préparation ne présente rien de particulier (I, 618; B, 1450; C. 1679). Les vieux papiers au platine servent à imprimer les négatifs faibles et mous; on augmente la dose de chlorate de fer dans la préparation quand on désire obtenir des teintes heurtées.

1912. Développement. — On peut diminuer les contrastes des images sur papier au platine en immergeant l'épreuve, au sortir du châssis-presse, dans un bain de carbonate de soude dissous à la dose de J0 %• On développe avec une solution contenant GO grammes d'oxalate neutre de potasse, 14 grammes de phosphate de potasse et 800 c. c. d'eau; cette solution doit être chauffée à 35 ou 40° tandis que la solution de carbonate de sonde est emplo}Tée à froid. Avant le développement, on fait flotter l'épreuve pendant un temps variable (5 à 20 secondes) sur la solution de caVbonate de soude : les contrastes sont d'autant plus atténués que l'action du carbonate de soude est plus prolongée. Il faut éviter la production de bulles tout en agitant l'épreuve dans le bain de développement. Les épreuves doivent être exposées à la lumière pendant un temps plus long que celui qui serait nécessaire parle développement usuel. La durée de l'application du carbonate de soude dépend de la nature de l'épreuve à traiter : avec une application trop courte, on peut avoir un renversement dans les ombres ; avec une application trop prolongée, l'épreuve sera plate sans détail dans les lumières.

Avec les papiers ordinaires, d'après M. Zimmerman1, il convient de chauffer le bain ordinaire d'oxalate à 36° quand l'exposition a été un peu courte. Si l'exposition a été de beaucoup supérieure à la normale, on doit chauffer la solution d'oxalate préparée à saturation : on obtient une épreuve d'un brun riche. De même, les négatifs durs doivent être développés avec une solution d'oxalate très chaude.

Quand l'épreuve est surexposée, on dilue la solution d'oxalate à saturation avec une quantité d'eau qui peut varier de 1 à 5 parties. Si, au sortir du châssis-presse, l'épreuve paraît posséder une intensité suffisante, on dilue le bain de développement avec 10 à 20 parties d'eau. Si l'image est presque noire, on développe dans de l'eau chaude pure et si l'impression est poussée si loin que les ombres paraissent en négatif, on n'emploie que de l'eau froide pour le développement. Pour obtenir des images à grands contrastes, il faut imprimer à fond en allant parfois jusqu'au renversement de l'image. On développe à l'eau chaude et le bain de fixage acide doit aussi être chauffé; moins on emploie d'oxalate et plus les contrastes augmentent. Pour les diminuer, on imprime légèrement, on chauffe le bain d'oxalate à saturation : on obtient une épreuve harmonieuse de ton noir-brun.

1913. Renforcement. — Le procédé le plus simple consiste à utiliser la précipitation du platine sur l'image par l'action du formiate de soude. On prépare d'une part une solution de 100 grammes de formiate de soude dans

1 litre d'eau, et d'autre part une solution de tétrachlorure de platine à

2 %• On ajoute 15 gouttes de chacune de ces solutions à 30 c. c. d'eau; l'épreuve à renforcer est d'abord immergée dans l'eau pure, puis introduite dans le bain de renforcement. On remue constamment l'épreuve et on fait agir ce bain jusqu'à ce que l'on ait l'intensité nécessaire; on lave avec soin et on sèche2. Avec ce renforçateur, l'image est constituée par du platine pur. Il n'en est plus de même lorsque l'on utilise le renforçateur avec acide pyrogallique et nitrate d'argent; avec ce bain, dont l'emploi nécessite beau-

1. Photography, n° 815. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1905, p. 112.

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