‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 107 sur 146 · PROCÉDÉ ÉMAIL · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ ÉMAIL

fait refroidir sur un marbre, et l'on passe à l'opération de la retouche et de la morsure.

La retouche s'effectue avec un pinceau et de l'encre grasse; on repasse sur cette encre avec un burin, de façon à ce que les lignes soient recoupées pendant la morsure. Cette retouche est surtout utile dans les places où la teinle est moins intense. Les poussières qui ont adhéré à la surface pendant la préparation provoquent la formation de ces taches. La planche est ensuite entourée d'un ûlet carré ou ovale que l'on trace à l'encre lithographique.

La morsure s'effectue après avoir recouvert l'envers do la plaque d'un vernis à la gomme laque. Si l'image est sur zinc, la morsure se fait dans un bain contenant 1 litre d'eau, 20 à 25 C. c. d'acide nitrique et 00 grammes d'alun en poudre. L'opération se fait en plongeant la plaque dans ce liquide placé dans une cuvette de porcelaine: la cuvette doit être fixée sur une balance-cuvette permettant d'agiter régulièrement le liquide. Pendant la morsure, qui peut durer lô à 20 minutes, on passe à la surface de la plaque un blaireau très doux; celte opération doit être faite toutes les quatre minutes; on rince à l'eau et on tamponne avec un chill'on pour sécher.

Les planches de cuivre, recouvertes ;'i l'envers de vernis à la gommelaque, sont mordues à l'aide d'une dissolution de perchlorure de fer à 45° B. On chauffe cette dissolution jusqu'à la température de 80° : la durée de l'opération est de 6 à 8 minutes. <>n peul aussi l'aire la morsure à froid avec une solution de perchlorure de f.-r à :;.> 11. L'opération doit être Continuée jusqu'à Cfl que tes points dans les lumières soient devenus très fins. Pendant la morsure, on passe sur la plaque un blaireau liés doux; ce nettoyage doit être fait toutes les deux minutes; on examine fi la Loupe les progrès de la morsure : lorsqu'elle est suffisante, on arrête l'action du mordant par un courant d'eau et l'on sèche en tamponnant avec un cliill'on qui absorbe l'eau.

On charge alors un rouleau de gélatine av le l'encre -À vignettes, on

encre le cuivre et on tire une épreuve. Si la planche manque de creux, si

les blancs sont trop lourds, on nettoie la planche à L'essence de térébenthine, on rince la surface et on recommence la morsure après avoir fait les corrections nécessaires.

La couche d'émail qui reste sur la plaque apréfl morsure es! extrêmement résistante, il est Inutile d'essayer de L'enlever; elle favorise d'ailleurs l'encrage régulier de la planche.

Le tirage des planches ou clichés ainsi produits diffère absolument du tirage des gravures sur bois ou des galvanos ordinaires. Vouloir se servir du même matériel et des mêmes produits pour les uns et pour les autres, c'est courir au-devant d une foule d'insuccès, On peut admettre que les planches de cuivre ou de zinc produites par les nouveaux procédés de photo typogra vu re sont analogues à des pierres lithographiques qu'on aurai! mis très fortement en relief. Le procédé de tirage doit donc être UlhO* typographique, si l'on peut s'exprimer ainsi. On emploiera des encres frès chargées de matières colorantes, par suite très compactes, mais d'une distribution facile, ne déposant sur la forme que le minimum de matière colorante, de façon à ne pas boucheries creux provenant de La (rame et par suite n'empâtant pas les gravures. Les machines doivent être parfaitement

nivelées, munies d'une distribution énergique et d'un très grand nombre de rouleaux. Ce nombre doit être au moins le double de celui des rouleaux des anciennes machines.

La touche n'a pas d'importance. Le rouleau effleure la forme, il ne touche pas; il suffit qu'il soit élastique, résistant, qu'il ait du nerf et soit sans coutures. Quand on ne s'en sert pas, on le recouvre de corps gras non siccatifs.

Les encres doivent être très chargées de noir. Afin de pouvoir employer des encres aussi fortes que possible, les encriers sont chauffés par une rampe à gaz dès qu'il fait froid. La constance de température dans un atelier où l'on tire des clichés de phototypogravure est une des premières conditions de réussite. Une seconde condition réside dans l'emploi de machines parfaitement nivelées. Si le cliché est bien de niveau, il n'y a pas à faire de mise en train proprement dite. Le conducteur n'a qu'à interposer entre le bois et le cliché un découpage assez grossier, à fixer sur le cylindre une simple feuille de carton, et voici la mise en train terminée; mais le collage doit être fait avec le plus grand soin, car le moindre grumeau de colle ferait trou dans le cliché. La pression ne doit pas être trop forte, afin d'éviter le foulage qui ferait plonger le papier1.

Les impressions se font sur papier très fortement satiné ou sur papier couché de bonne qualité. Ce papier présente l'avantage de relever toute l'encre déposée sur la forme; les impressions sont plus nettes, plus vigoureuses qu'en employant d'autres papiers. Le papier glacé de qualité ordinaire est cassant; on l'assouplit en ajoutant à l'eau de trempage 5 pour 100 de glycérine.

L'emploi des plaques de zinc dans le procédé émail présente certaines difficultés provenant de la haute température à laquelle est porté le zinc. En se refroidissant, le métal prend une structure cristalline et la morsure met à nu ces cristaux ; de là productions d'une gravure rugueuse. Husnick a recommandé l'emploi du brome pour faire la morsure; Turani3 a préconisé la morsure à l'acide chromique faible, suivie d'un passage au bain ordinaire d'acide nitrique et alun. On peut éviter cet insuccès en opérant d'une autre façon. La plaque, recouverte d'albumine bichromatée, est séchée, exposée à la lumière, recouverte d'encre et dépouillée à l'eau. Lorsque l'eau est éliminée, on applique à la surface de la plaque du bitume en poudre impalpable qui adhère à l'encre, on enlève le bitume en excès, on porte la plaque à la température de fusion du bitume et on obtient ainsi une réserve solide, résistant fort bien à l'action des acides. Le bitume employé pour.cette opération est un mélange obtenu par fusion de 00 parties de bitume de Judée pur, 25 parties de poix noire et 15 parties de résine. Ce mélange est fondu plusieurs fois, en agitant constamment et après fusion coulant sur une table de marbre. On broie finement ce mélange. La poudre ainsi obtenue est passée au tamis de soie le plus fin et conservée pour être appliquée sur l'image encrée. Il faut éviter de trop chauffer le bitume, qui en s'étalant pourrait boucher les vides existant entre les points.

1465. Phototypes ne présentant que des traits. — Lorsque l'image

1. Hascher, Annuaire général, 1896, p. 157. — 2. Moniteur de la photographie, 1897, p. 216.

1 ' 1 1 OTOL ITHOG H A Pi 1 1 E . 343

à reproduire ne présente pas de demi-teintes, la production du cliché typographique est relativement facile. On peut employer le même procédé "que celui qui sert à préparer les planches de sujets à demi-teinte avec la différence que l'emploi du réseau est supprimé : c'est la seule modification a apporter au procédé.

L«'s planchée employées sont le plus souvent en zinc. Le chauffage nécessité par le procédé émail provoque, comme nous l'avons vu, la formation d'une gravure rugueuse que l'on évite par l'emploi de l'albumine bichromatée comme couche sensible et saupoudrage de l'image encrée. Le zinc est utilisé sous forme de plaques de 1»»5 à ;>»"'> d'épaisseur; le commerce le livre sous forme de métal poli droit et métal poli rond. C'est le poli droit, c'est-à-dire poli dans un seul sens, que l'on emploie pour les planches d'images au trait; Le poli rond, obtenu avec une machine spéciale, est réservé pour les planchée phototypographiques à demi-teintes. Depuis quelque temps, on emploie les plaques d'aluminium, qui s'attaquent très régulièrement sous l'action des acides.

La solution d'albumine bichromatée se prépare avec GO c. c. d'albumine provenant du dépôt de blancs d'o-ufs battus en neige, <;<><) ,-. c. d'eau et 10 grammes de bichromate d'ammoniaque. <>tt«. dissolution, soigneusement filtrée, est étendue sur le sine, bien décapée, en observant les prescriptions Indiquées plus haut. La plaque de zinc est fixée à la lournette, à laquelle on imprime une vitesse moyenne; une vitesse trop grande formerait une sorte d'étoile au centre de la plaque; on fait tourner pendant une demi-minute, on enlève la plaque de la tournette et on lait Bêcher à une chaleur modérée ; on expose à la lumière sous le phototype aussitôt que la plaque est refroidie.

La durée de l'exposition au soleil SSl de deui à cinq minutes, suivant l'intensité du négatif. Ce procédé est avantageux a cause de la rapidité d'insolation qui est beaucoup plus courte que celle exigée par l'emploi du bitume de Judée (A, 1217).

Après exposition à la lumière, la plaque est recouverte «l'encre à report, éclaircie avec de la térébenthine rectifiée : la surface de la plaque doit être d'un gris foncé uniforme; on laisse évaporer la térébenthine et on plonge la plaque dans une cuvette d'eau propre : après quelques minutes, on frotte la surface insolée avec une touffe de coton , on lave la plaque, on fait sécher rapidement à L'aide d'uni' chaleur modérée et avec un pinceau doux, on applique la poudre de bitume (1464), on rejette l'excès de poudre qui pourrait amener la formation de points dans les blancs, on chauffe La plaque dans une étuve ou sur un réchaud en observant l'image : aussitôt que celle-ci devient brillante dans les noirs, c'e>t que la poudre entre en fusion: il Laut alors la retirer du feu, laisser refroidir et faire les retouches avec l'encre Lithographique ou toute autre encre grasse; on peut alors procéder à la morsure : l'impression se fait par les procédés usuels.

s S. - Photolithographib.

1466. Procédé par report. — Le procédé par report d'images à demiteintes n'a pas encore donné de résultats pratiques : ce procédé consiste à imprimer sur papier de report une photocopie tramée et à reporter sur

pierre cette impression. Les résultats sont généralement défectueux : l'image est grise, sans vigueur, et si l'on essaie de monter en couleur, tout s'empâte. Le résultat est inférieur à celui que fournit la phototypographie; en outre, il est plus coûteux, et l'aspect des images est moins agréable que celui des lithographies les plus ordinaires.

On a essayé d'obtenir des images à demi-teintes présentant un aspect analogue à celui auquel l'œil est habitué dans le dessin lithographique. On prépare une trame ou réseau « à grain de résine » en grainant une glace transparente avec une poudre ténue de bitume et de noir d'ivoir. Ce grain se fait avec une boite à grainer ordinaire; on porte à la température de 120° dans une étuve à air chaud pour fixer le grain. On fait un phototype en utilisant comme trame la glace ainsi grainée. Ce phototype sert à produire une planche photocollographique; cette planche, très peu mouillée, est fortement encrée avec de l'encre à report; on imprime l'image sur un' papier fort, très satiné et collé. Le couchage se fait avec un empois très cuit, contenant 250 c. c. d'eau et 20 grammes d'amidon de maïs; après séchage, ce papier est passé plusieurs fois en pression. L'épreuve est tirée avec peu de pression de façon que le papier ne plonge pas; les retouches se font à la façon habituelle.

Le procédé par report sur pierre n'est guère employé que s'il s'agit de reproduire des phototypes d'images au trait ; dans ce cas, on prépare une image à l'albumine bichromatée en sensibilisant le papier albuminé du commerce à l'aide d'un bain de bichromate de potasse à 5 °/o d'eau. La sensibilisation se fait par imbibition en plaçant le côté non albuminé du papier sur le bain de bichromate de potasse. Lorsque la face albuminée est colorée en jaune, on retire la feuille du bain et on la fait sécher dans le cabinet noir.

On imprime au châssis-presse le phototype d'image au trait. L'insolation est assez rapide: elle est à point quand l'image se montre en brun sur fond jaune au dos du papier : il suffit d'examiner le dos du papier sans observer la face albuminée. L'insolation étant faite, on recouvre la face albuminée du papier avec un mélange de noir à report délayé dans de l'essence mélangée d'un peu de vernis : on obtient ainsi une couche grise, légère et égale. Le papier est immergé clans l'eau; l'image est dépouillée de l'excès de noir en frottant sa surface avec un blaireau très doux. On lave à grande eau jusqu'à ce que la teinte du bichromate ait complètement disparu; on éponge l'image que l'on traite comme une épreuve à report ordinaire.

Au lieu de papier albuminé, on peut utiliser le papier gélatiné que l'on trouve dans le commerce; ce papier, sensibilisé dans un bain de bichromate et séché, est moins sensible à la lumière que le papier albuminé bichromaté.

1467. Procédés directs. — L'emploi des procédés directs sur pierre est à peu près abandonné aujourd'hui. On opère sur zinc qui présente l'avantage d'être moins cher et moins lourd que la pierre; le métal doit être très finement dépoli et bien décapé.

On recouvre le zinc du mélange bien filtré d'albumine et de bichromate. Pour éviter les poussières, il est bon de verser plusieurs fois l'albumine pour nettoyer la couche; on fait sécher dans l'obscurité et on insole sous un négatif « à grain de bitume », portant un tramé ou constitué par un négatif

PROCÉDÉS DIRECTS

d'image au trait. La durée de l'insolation est de une à cinq minutes en plein soleil. Aussitôt que l'insolation est terminée, on délaie un peu de noir à report avec quelques gouttes d'essence de térébenthine, et au moyen d'un tampon de coton imprégné de ce corps gras, on frictionne vivement la surface du zinc; on met la plaque dans l'eau et au bout de quelques minutes on lave sous un fort jet d'eau de façon à dépouiller tout le dessin; au besoin, on dégage les tailles les plus serrées en les frottant avec une houppe de coton et de l'eau gommée très limpide. Aussitôt que l'image est à point, on lave et on sèche rapidement; on porte peu à peu la température de la plaque à 100°, ee qui donne une grande solidité à la couche d'albumine. Gomme il n'y a que des traces d'encre sur le dessin qui parait gris clair, on n'a pas à craindre l'étalement du trait par suite du chauffage, ce qui aurait lieu si on avait passé le noir au rouleau.

La feuille de zinc refroidie est alors recouverte de la préparation à l'acide gallique. M. Stadeler1 prépare la solution gallique avec un mélange de 15 grammes d'acide nitrique ordinaire, lô grammes d'acide chlorhydrique et 15 grammes d'acide gallique placés dans une capsule de porcelaine; on agite le récipient jusqu'à ce que l'effervescence et le dégagement de vapeurs rutilantes soient complètement terminés. D'autre part, on fait fondre 70 grammes de gomme arabique dans 1 litre d'eau; après dissolution, on mélange les deux liquides obtenus, on filtre au travers d'un linge pour retenir les impuretés de la gomme et on ajoute à la préparation 10 grammes d'acide nitrique ordinaire : le zinc reste sous cette préparation jusqu'à ce qu'il semble se couvrir d'une boue jaunâtre; on lave la planche sous un courant d'eau énergique; au besoin , on frotte sa surface avec un blaireau ou du coton hydrophile, et finalement on le recouvre d'eau gommée : la planche ainsi préparée est livrée à l'imprimeur.

Comme papier servant à obtenir l'image photolithographique, M. W. I >. Richmond* utilise le papier gélatine fabriqué par la maison Van Monckhoven pour Le double transfert du procédé au charbon. Ce papier est mince et convient fort bien pour ce procédé. On sensibilise au bain de bichromate et on sèche ce papier BUr glace, comme dans Le procédé au charbon ; après insolation et encrage de ce papier, on le laisse sécher : la gélatine portant l'image est placée sur une feuille de papier sec; on passé l'éponge au dos du papier jusqu'à « e que La gélatine ait pu absorber assez d'eau sans que le relief s'accroisse trop, ce qui détruirait La finesse de l'image; La pierre sur laquelle Be fait le transfert doit être complètement sèche et au besoin légèrement chautTée. Le transfert est posé à la surface du papier et le tout est soumis à l'action de La presse. On fait passer quatre ou cinq fois le râteau sans mouiller davantage. Le papier ne doit pas adhérer à la pierre, et, en soulevant un coin, on doit voir l'encre sur la pierre; on fait ensuite les retouches et l'on traite la pierre par les procédés usuels de la lithographie.

M. Cramer3, de Saint- Louis, livre au commerce des plaques au gélatinobromure spécialement préparées pour les travaux de photolithographie et

1. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1 SO-î, p. •><♦<;. — i. Photographie Journal , 1897, et Moniteur de la photographie. 1897, p. 348. — '■>. Moniteur de la photographie. lN'.f,, p. "217.

de phototypogravure; ces plaques fournissent des négatifs très fins et à contrastes fortement accentués.

Au lieu de faire le report sur zinc avec de l'encre ordinaire, M. Villaume1 emploie une encre contenant 40 grammes de cire, 30 grammes de résine, 20 grammes de savon de résine et 10 parties de biiodure de mercure. On tire une épreuve sur papier à report et on l'applique sur une plaque de zinc : au bout de deux ou trois heures les lignes sont amalgamées. On lave alors la plaque avec de la térébenthine et on procède à la morsure dans un bain contenant 35 grammes d'acide nitrique pour un litre d'eau; aussitôt que l'acide a agi légèrement, on recouvre la planche d'une encre de réserve contenant 100 parties de vaseline, 12 parties de cire. 5 parties d'huile de lin et 5 parties de noir de fumée.

§ 4. — Photoglyptographie.

. 1468. Photoglyptographie en creux. — M. H.-R. Blaney 2 a fait connaître un procédé qui est une modification de celui de Talbot (III, 774). On fait, d'après un bon négatif, une épreuve positive sur verre : cette diapositive doit être renversée par rapport à l'original ; on borde les marges de cette diapositive comme s'il s'agissait d'imprimer au charbon. Une plaque de cuivre est polie, poncée, puis grainée avec de la résine ou du bitume; c'est cette plaque, recouverte d'un grain d'aquatinte, qui reçoit la photocopie au charbon, photocopie qui est négative. Elle présente les plus grandes épaisseurs dans les parties qui doivent être les plus blanches lors de l'impression de la planche, et dont l'épaisseur devient graduellement moindre à mesure que l'on va vers les noirs les plus denses. Cette photocopie négative est destinée à faire fonction de réserve contre l'action du mordant, le laissant traverser facilement dans les parties les plus minces, et de moins en moins à mesure qu'augmente l'épaisseur. On obtient ce négatif d'après le diapositif renversé que l'on imprime en se servant du papier no 100 de la Compagnie autotype. Après sensibilisation, séchage et exposition de ce papier à la lumière, on le reporte sur la plaque de cuivre grainée qui joue alors le rôle de support transitoire dans le procédé au charbon; on développe à l'eau chaude et l'on sèche rapidement en lavant d'abord avec un mélange de moitié eau et moitié alcool, puis avec de l'alcool; on peut aussi terminer l'image sur papier stéariné, et après l'avoir alunée et lavée, la plonger dans un mélange de 50 c. c. de glycérine et 1 litre d'alcool. La plaque est soumise à la morsure après avoir été recouverte sur les marges et à l'envers d'un vernis formé d'une dissolution de bitume dans l'éther.

Le mordant ne doit pas déterminer de dégagement de gaz, parce que les bulles gazeuses tendant à comprimer fortement de la couche ne peuvent que la déchirer. On fait usage de solutions de perchlorure de fer de densités différentes. Une solution dense ne pénètre qu'à travers les parties les plus minces de la couche, tandis qu'une solution plus faible agit à travers les parties les plus épaisses. On commence donc à mordre avec une solution dense qui

1. British Journal of Photography, 1895. — 2. Phot, Work, 20 mai 1892.

PHOTOGLYPTOGBAPHIE.

agit seulement sur les parties qui doivent être les plus vigoureuses, et on continue avec des solutions do moins en moins denses qui agissent encore sur les parties vigoureuses en même temps qu'elles commencent à agir sur les parties les plus faibles.

On prépare quatre dissolutions de perchlorure de fer marquant respectivement 42, 37, 33, 30° à l'aréomètre de Baumé à la température de 18° C. La plaque étant prête pour la morsure, on verse la solution à 42°, en ayant a l'avance préparé les autres solutions dans des verres à expérience. L'action du mordant se produit après une minute. Ce sont les parties les plus minces de la couche qui sont d'abord attaquées. Quand le noircissement du cuivre cesse de s'étendre aux parties les plus épaisses, il faut immédiatement rejeter le liquide et verser la solution à 37" B. La durée de cette première morsure est d'environ cinq minutes. Il faut autant que possible éviter l'action de l'air sur la gélatine et faire le changement de bains aussi rapidement que possible. La durée d'action du bain à 37° B. est d'environ cinq minutes; celle des bains à 33 et 30° B. est de deux minutes pour chacun. La solution à 30° fait apparaître une teinte un peu claire. On laisse agir environ une minute encore après que cette teinte claire a apparu, soit environ deux minutes en tout : il est rare que la durée de cette dernière morsure dépasse ce temps. Ces durées d'action peuvent d'ailleurs varier avec la température et l'épaisseur de la gélatine qui est à la surface de la couche. Il est bon d'opérer à une température comprise entre 15 et 18°; au besoin, pendant Tété, on refroidira la plaque et les bains de morsure.

Quand la morsure est terminée, on place rapidement la plaque sous un robinet et on la rince tout d'un coup en enlevant la couche avec les doigts : la gélatine se détache aisément. On élimine le vernis d'abord avec de l'alcool, puis du chloroforme; il reste sur la plaque un dessin terne et recouvert comme d'une sorte d'écume. On mouille la plaque avec de la térébenthine et on frotte fortement avec du rouge; on polit également la surface dans tous les sens à l'aide d'un tampon de coton imbibé de térébenthine. 11 ne faut pas trop polir au rouge, qui doit simplement amener le cuivre au brillant. Lorsque la plaque a été polie, ou t'ait usage d'un brunissoir de graveur pour terminer la préparation des grandes lumières et pour modifier les autres. Deux ou trois roulettes de différentes finesses sont nécessaires pour retoucher les parties vigoureuses qui ont besoin d'être éclaireies. On fait tirer une épreuve par un imprimeur habile, afin d'examiner l'état de la planche et de voir ce qui peut lui manquer avant de la considérer comme achevée; on fait imprimer les épreuves sur diverses sortes de papier et avec des encres de diverses couleurs, pour juger des elfets divers à obtenir.

Une planche de gravure préparée par ce procédé ne fournit guère que Soixante-quinze bonnes épreuves; on peut obtenir un tirage plus considérable si l'on prend la précaution de faire aciérer ta planche. Pour effectuer convenablement cette opération, il faut que la planche soit chimiquement propre; on la nettoie avec une vieille brosse, puis du chloroforme, ensuite de l'alcool, en lin de la potasse; on soude un fil de cuivre au dos de la plaque et l'on relie ce fil au pôle négatif de la pile; le pôle positif est en communication avec une laine d'acier poli de même dimension que celle de la plaque de cuivre; on place le tout dans une auge à galvanoplastie contenant un bain d'aciérage préparé avec (HO c. c. d'eau chaude, 96 gram-

mes de chlorure d'ammonium et 118 grammes de sulfate de fer et d'ammonium ; on filtre ce liquide et on le laisse reposer pendant vingt-quatre heures. Par l'emploi de ce bain, la planche, dans l'espace de cinq minutes, se recouvre d'une mince couche d'acier. Après l'aciérage, on lave et on sèche rapidement; on graisse la surface pour la préserver de la rouille.

1469. Procédés divers. — Ch. Nègre1 a obtenu de belles gravures à l'aide du procédé suivant : un phototype négatif, retourné, est appliqué sur une plaque d'acier poli, préalablement recouverte d'une mince couche de bitume de Judée; après le dépouillement de l'image, la plaque d'acier se trouve à découvert dans les parties correspondant aux lumières. La plaque est alors plongée dans un bain d'or et soumise à l'action d'un courant électrique; elle se recouvre d'une mince couche d'or dans les parties correspondant aux lumières du dessin où l'acier a été mis à découvert. Dans les parties correspondant aux ombres et recouvertes de bitume, le dépôt d'or est très faible ou même nul. La plaque d'acier, dépouillée du bitume, ne supporte plus qu'une image en or parfaitement adhérente et formant une véritable damasquinure ombrée; on fait mordre à l'acide et on obtient une planche susceptible d'être imprimée en taille-douce. Ce procédé était employé par M. Dufrène pour obtenir des plaques damasquinées'2.

M. Placet a fait breveter « un procédé qui est une application ingénieuse de découvertes qui lui sont étrangères. En les combinant, en les modifiant, en y faisant de nombreuses additions, il a su se les assimiler3. » Ce procédé a été modifié de bien des manières et a permis d'obtenir de belles gravures. Il consiste à obtenir une image grainée, en gélatine, image que l'on moule par divers moyens; ces moules servent à produire la planche en cuivre. Par exemple, on sensibilise dans un bain de bichromate une feuille de gélatine, on expose à la lumière, sous un phototype; après insoation, on la plonge dans une solution saturée de bichromate de potasse, on enlève rapidement l'excès de bichromate de potasse et on plonge la feuille dans une solution de sulfate de fer : en quelques secondes, si l'exposition à la lumière a été convenable, l'image se trouve développée et grainée; il n'y a plus qu'à la mouler pour obtenir une planche susceptible d'être imprimée. On peut aussi dépouiller, par double transfert, une image au charbon en utilisant une solution de bichromate de potasse. Quand l'image est suffisamment venue, on l'immerge dans une solution de sulfate de fer (eau, 100 c. c; acide acétique, 10 grammes; solution saturée de sulfate de fer, 40 c. c.) : elle se couvre de grains et peut être moulée. On peut enfin se servir d'une épreuve au charbon ordinaire que l'on plonge dans une solution ayant la propriété de redissoudre la gélatine rendue insoluble par la lumière (ammoniaque, potasse, hypochlorite de chaux, etc.). On trempe ensuite l'épreuve dans les solutions de bichromate de potasse et de sulfate de fer : le grain apparaît surtout si les solutions ont été légèrement chauffées. Un autre procédé consiste à appliquer à l'état solide une matière tannante. La gélatine insolée est plongée dans la solution dissolvante de

1. Bulletin belge de la photographie , 1866, p. 105. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1867, p. 40. — 3. Davanne, Bulletin de la Société française de photographie, 1867, p. 111.

PROCÉDÉS DIVERS

bichromate; on développe l'image en mettant sa surface en contact avec une poudre tannante avide d'eau, telle que les acides gallique, tannique, les aluns, le sulfate de fer, la chaux, etc.

Au lieu d'employer la gélatine seule, on la mélange d'une certaine quantité de gomme, albumine, dextrine, gélatine soluble, etc. On verse sur une glace un mélange de 10 grammes de gélatine ordinaire, 2 grammes de gélatine soluble, 100 c. c. d'eau, 1 à 3 grammes de sucre, 1 à 3 grammes de bichromate de potasse. Cette couche est séchée dans l'obscurité, puis insolée sous un phototype; on l'immerge ensuite soit dans l'eau, soit dans une solution de borax ou toute autre matière de façon à obtenir un Liquide plus dense que l'eau : l'image se forme avec grains. Si l'image ne graine pas à ce premier bain, on la laisse sécher à peu prés et on la plonge dans un bain de bichromate à saturation; on laisse la gélatine gonller hors du bain : les parties correspondantes aux noirs ne tardent pas à devenir luisantes, comme prêtes à fondre. C'est à ce moment qu'il convient de faire agir te bain de fer; on recommence au besoin plusieurs fois ce traitement. Si Le grain se forme dans le bain de borax, on arrête l'action de ce liquide en plongeant la glace dans un bain de 1,000 c. c. d'eau, 200 à 300 c. c. d'alcool et 20 à 40 0. c d'ammoniaque : on éponge avec du papier buvard et on laisse sécher peu à peu complètement dans L'obscurité; on l'immerge dans une solution de sulfate de fer : le grain se forme de nouveau ; on La plonge dans l'eau pure ou légèrement acidulée, on l'éponge au buvard et l'image se trouve définitivement fixée et terminée.

On reproduit par La galvanoplastie La Burface de la gélatine grainée; cette reproduction s'effectue directement à l'aide de la pellicule de gélatine. M. Plaçât a constaté que o'était La seule méthode fournissant des planches parfaites '.

La surface de La gélatine est rendue conductrice de l'électricité au moyen d'une métallisation préalable faite avec le plus grand soin. 11 faut, en efTet, que la gélatine, au moment même où elle pénétre dans le bain galvanoplastique, soit instantanément couverte par un dépôt de métal et ainsi soustraite à l'iniluence dissolvante de ce bain : plus le dépôt tarde à se produire, plus il devient impossible sur le^ parties gonllées. L'image en gélatine est plongée dans une dissolution de 1,000 c. c. d'eau, 15 à 20 e . c. de nitrate d'argent, 20 à 85c. c. d'ammoniaque; après quelques instants d'immersion, on retire La gélatine, on éponge l'excès du liquide et on laisse sécher; on la trempe ensuite dans un bain réducteur de 1 litre d'eau, ô à 10 grammes d'acide pyrogallique, 10 grammes d'acide tartrique et ÔO c. c. d'alcool : la gélatine se couvre d'une couche d'argent brillant, pourvu que la température ne soit pas trop basse; on lave rapidement et on laisse sécher. Pour avoir une couche d'argent réduit assez épaisse, il est bon de recommencer plusieurs fois le trempage dans le bain réducteur et de laisser sécher chaque fois La gélatine : on évite ainsi les gonflements exagérés qui déformeraient l'image d'une façon permanente.

On peut alors mettre au bain galvanoplastique La pellicule ainsi traitée; cependant, avant de faire cette opération, il est mieux de faire tremper l'image dans un bain préparateur formé d'un litre d'eau, 200 grammes de

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