L. Brevet de L
sulfate de cuivre et 200 grammes de sulfate de fer; on lave, on fait sécher, on vernit les bords et l'envers de la plaque avec du vernis au caoutchouc après l'avoir reliée à un conducteur, et on la plonge dans le bain qui ne doit pas être acidulé par l'acide sulfurique. C'est un bain de sulfate de cuivre auquel on ajoute 200 grammes de sulfate de fer par litre; on peut aussi additionner ce bain d'alun, de sulfate de soude, de potasse, de magnésie, de 10 à 15 °/0 d'alcool et de glycérine, etc. Le courant, au début, doit être assez énergique pour que la formation du dépôt se fasse rapidement avant que la gélatine soit altérée. Lorsque la couche de cuivre qui s'est formée est assez épaisse pour protéger la gélatine, on la porte dans un bain ordinaire de cuivrage qui fournit un métal de bonne qualité. Quand l'épaisseur est suffisante, on démoule et on dissout dans de l'acide sulfurique froid et concentré la gélatine qui peut adhérer au moulage; on lave dans une grande quantité d'eau et l'on fait sécher.
Cette planche de cuivre peut servir à obtenir un contre-moulage que l'on utilisera pour obtenir des planches du même sujet. Dans ce but, la planche type est argentée très légèrement avec du cyanure d'argent dissous dans une solution de cyanure de potassium. On peut donner plus de cohésion et de dureté au métal en le recuisant à une température assez élevée; mais il faut préserver la couche de métal de l'oxydation qui se produit à cette température.
Le grain de la planche peut être obtenu d'une façon différente, comme l'ont indiqué Hervier, Chauvet et plusieurs autres. Dans ces procédés (I, 789), au lieu d'imprimer le papier au charbon sous un x>ositif, on l'imprime sous un négatif retourné. Le papier au charbon est sensibilisé à la façon ordinaire, on l'applique sur une glace pour l'essorer et on le retourne sur cette glace de façon que la couche de gélatine soit en dessus. On le saupoudre alors d'une poudre assez fine et plus ou moins opaque (bitume, émeri, sanguine, verre fin, etc.), on applique cette poussière fine soit à l'aide d'un tamis, soit en utilisant la boîte à grains. La feuille est séchée, on passe un blaireau à sa surface pour enlever la poudre qui ne doit pas être en grand excès; on expose à la lumière, on dépouille la feuille transportée sur une plaque de cuivre légèrement argentée. L'image dépouillée est passée à l'alcool, rendue conductrice à la mine de plomb et mise au bain galvanoplastique.
Garnier, Dujardin, etc., impriment d'après trois positifs repérés (I, 768). Ces diapositifs sont faits sur plaque sèche, d'après un négatif portant des croix de repérage : l'un est très doux, très détaillé dans les blancs, le deuxième est d'intensité moyenne, le troisième est à opposition violente ne présentant que les blancs et les noirs; après insolation de la planche de cuivre grainée très finement, recouverte de gélatine et albumine bichromatée, on fait mordre au perchlorure de fer à 38° B : cette première pose se fait sous le positif très doux; après morsure, on enlève la gélatine à l'aide d'une solution de potasse, puis, avec de la benzine, on enlève le grain : on passe la plaque au blanc, puis au cyanure. On pose alors sur la planche un grain un peu plus gros que le premier; on cuit le grain, on recouvre la planche de gélatine bichromatée, on fait sécher et on insole sous le second positif : la morsure de cette deuxième pose se fait avec du perchlorure à 40<> B. La seconde morsure n'agit que sur les noirs et les fortes demi-tein-
PHOTOCHROMOGRAPHIK.
tes; on nettoie de nouveau la planche, on pose le troisième grain qui doit être plus gros que le premier, on gélatine la planche et on insole sous le troisième positif qui est à oppositions violentes; on insole assez longtemps et on fait mordre avec une solution de perchlorure de fer à 42 ou 43° qui agit lentement et creuse beaucoup. La planche nettoyée est livrée à l'imprimeur qui en tire des épreuves, dites étals, permettant de faire les retouches nécessaires.
Les planches de cuivre peuvent être g rainées à l'aide d'une sorte de pulvérisateur connu en Amérique sous le nom à'A ir Brtuh, qui projette sur la plaque un vernis donnant pur évaporation un grain gros ou fin suivant qu'on le désire; mais l'emploi de cet appareil nécessite une grande expérience.
S ô. — PhOTOCHROMOGRAPHIE par procédés mécaniques.
1470. Emploi de la photocollographie. — Les procédés de photocollographie peuvent fournir des Images polychromes ; il suffit de reporter sur un même papier les impressions fournies par trois planches photocollographiques : la première planche est imprimée sous un négatif obtenu un travers d'un écran bleu-violet, la seconde sous un négatif obtenu au travers d'un •'•cran vert, la troisième sous le négatif obtenu au travers de la lumière rouge-orangé. La première planche est encrée avec de l'encre au jaune de chrome ou au jaune de cadmium : c'est la première que l'on imprime; la seconde est encrée avec de la laque de garance; la troisième est enduite d'encre au bleu de Prusse ou au bleu minéral mélangé de bleu d'Orient.
Les coïncidences des trois couleurs superposées sur un.- même feuille s'obtiendront à l'aide des moyens de repérage pratiqués dans les ateliers.
On imprime l'image 'punie la première à cause de la médiocre transparence des pigments jaunes. Il faut attendre que l'image fuit.' avec une. 'm ie d'une couleur soit sèche avant d'appliquer la seconde et la troisième teinte. Si les écrans analyseurs et si les encres d'impression sont bien choisis, il est inutile d'ajouter aux trois monochromes jaune, rouge, bleu, une très légère teinte noire, comme le faisait A. Ouinsac. Cette teinte avait pour unique destination d'accentuer les vigueurs de la polychromie.
1471. Emploi de la phototypographie et de la photoglyptographie. — Dans l'examen d'une image en trois couleurs réalisée soit par la photocollographie, soit par les tirages au charbon, l'.eil .'"prouve la sensation d'une teinte composite due ;'i la sitpcrj.'nsilion dé deux ou trois couches colorées, tandis que dans le tirage, phototypographique cette sensation repose sur une ju.ctaposU ion des couleurs.
Les trois phototypes correspondants à chacune des couleurs sont transformés en phototypes à linéatures. Par l'emploi de cadres intermédiaires spéciaux, on peut donner à ces linéatures diverses inclinaisons, de telle sorte que le négatif soit tramé d'une façon différente pour chacune des couleurs. La meilleure inclinaison d'une lin. ature sur l'autre est obtenue1 pour l'angle de (30°; on n'emploie que les réseaux à lignes parallèles; avec les qua-