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RADIOGRAPHIE

que possible pour les rayons X et sont munis de deux électrodes soudées à leur parois : Y anode ou électrode positive et la cathode ou électrode négative formée d'un long fil de platine qui se continue à l'intérieur par un disque de platine appelé anticalfiode ou focus, d'où le nom de tube focus. Le vide est fait dans l'appareil à un millionième d'atmosphère prés. Ces tubes doivent être construits de façon que les rayons cathodiques émis par chaque point de la cathode perpendiculairement à sa surface viennent converger en un même point qui doit être sur la lame anticathodique ou focus. On distingue deux types de tubes : les tubes faibles et les tubes /bris. Les premiers, construits d'abord en Angleterre par M. Jackson, ont été améliorés en France par M. Colardeau et M. Chabot; ils sont disposés de telle sorte que l'on obtient Sur l'anticathode une source de rayons X de très petite surface. Ce tube donne les radiographies et les radioscopies les plus lines pourvu qu'il s'agisse de corps de minimes épaisseurs, de substances peu opaques, et La pose est très courte pourvu que les corps ne soient pas trop épais. Avec ces tubes, si les étincelles sont un peu fortes, on arrête le courant au moment OÙ le platine rougit fortement, on laisse refroidir, on fait passer et on arrête de nouveau le courant: on opère ainsi par poses intermittentes.

Les tubes forts présentent les dispositions les plus diverses : ils sont souvent munis d'anodes supplémentaires qui diminuent la résistance électrique du tube; ils reçoivent une somme plus grande d'énergie électrique d'une façon continue, ont une puissance plus grande que les tubes faillies, et permettent d'opérer au travers de grandes épaisseurs comme celles du thorax ou de l'abdomen, mais ils donnent moins de finesse.

Il est bon de chantier les tubes de temps en temps; on se sert d'une étuve portée lentement et progressivement à des températures voisines de 250 à 300o ; on laisse refroidir peu ft peu.

Les opérations radiographiques peuvent se faire à la lumière du jour ou de tout autre éclairage. La plaque sensible est exposée aux rayons X après avoir pris la. précaution de l'empaqueter dans deux doubles de papier aiguille si l'on opère à la lumière du jour; on les conserve dans des boites en plomb formées de deux feuilles de ce métal, de 1 ou 2 millimètres d'épaisseur, dont on replie les bords pour obtenir une boite plate et son couvercle : cette boite préserve la plaque de l'action des rayons X qui traversent les récipients habituellement employés en photographie.

Le sujet à photographier doit être placé dans une position telle qu'il puisse la conserver sans aucun mouvement pendant toute la durée de la pose. S'il s'agit, par exemple, de rechercher une line aiguille dans une main, on dispose le sujet de façon que le coude et l'avaut-bras reposent sans charge comme la main elle-même, en plaçant le tube (qui sera dans le cas actuel un tube faible) à lô centimètres au-dessus de la table, cette distance étant comptée à partir de la surface anticathodique. On interpose entre la plaque cathodique et ta main une feuille très mince de celluloïd ou de toute autre substance capable d'empêcher la sueur d'atteindre la gélatine au traversdu papier; cette feuille de celluloïd doit déborder sur les côtés de la table ; on La fixe à celle-ci à l'aide de punaises. Dans le cas de poses très longues, on interpose une feuille d'aluminium de 1 ou 2 dixièmes de millimètre pour faciliter la diffusion de la chaleur; lorsque l'immobilité est obtenue on

agit sur l'interrupteur, on fermeté circuit inducteur et on fait la pose. Avec les nouvelles plaques Lumière il suffit de 10 à 15 secondes si l'étincelle est de 10 à 12 centimètres et si l'anticathode atteint la température du rouge. Il est bon d'employer un témoin pour décider de la présence ou de l'absence du corps étranger cherché ; par exemple, si l'on cherche un petit grain de plomb ou une aiguille dans la main, on placera une aiguille ou un anneau de métal sur la surface supérieure de la main; si l'on reconnaît une silhouette de ces témoins sans trouver le corps cherché, c'est que celui-ci n'existe pas dans la main; si l'on ne voit ni l'un ni l'autre, on recommence la photographie en éloignant le tube et allongeant la pose.

La méthode radiographique permet de définir le siège d'une anomalie par rapport aux surfaces extérieures : avec deux radiographies convenablement faites on peut connaître, par rapport à trois plans rectangulaires bien définis, trois coordonnées du corps cherché.

Les Drs Eder et Valenta1 ont obtenu des épreuves stéréoradiographiques dès la publication de la découverte de Rœntgen ; MM. Imbert et Berlin- Sans en ont produit de très remarquables2; MM. Marie et Rabot ont obtenu des images à relief exact par la méthode de M. Gazes 3.

On peut produire les ombres radiographiques sur des écrans fluorescents. Si l'on utilise le platino-cyanure de baryum plusieurs fois cristallisé, le tungstate de soude, le fluorure d'uranyle, et que l'on place l'écran au contact de la plaque sensible, on peut notablement diminuer la durée de la pose. Avec le fluorure d'uranyle, l'écran étant au contact de la plaque sensible, le temps de pose peut être dix à douze fois moindre que sans l'emploi de ce corps4. Avec un papier imprégné de cristaux de platino-cyanure de baryum que l'on place contre la couche de gélatino-bromure on obtient un effet neuf fois plus énergique qu'en l'absence de ce corps. Il y a avantage à se servir de plaques à l'érythrosine qui sont bien plus sensibles que les plaques ordinaires à la lueur fluorescente du platino-cyanure. On prépare ces plaques5 en plongeant pendant quatre minutes des plaques extra-rapides du commerce dans un bain préparé avec 1.000 c. c. d'eau, 40 c. c. d'une solution alcoolique d'érythrosine à la dose de 1 pour 380 c. c, 16 gouttes de dissolution de nitrate d'argent à la dose de 132 grammes pour 1 litre d'eau, et 4 c. c. d'ammoniaque concentré; on fait sécher dans l'obscurité complète.

1501. Applications. — MM. A. et L. Lumière ont constaté la grande sensibilité pour les rayons Rœntgen des plaques colorées6. M. Colson a montré que les rayons X sont de nature telle qu'ils sont capables de produire, dans le gélatino-bromure, le travail préliminaire que le révélateur termine en faisant apparaître l'image.

On peut par la radiographie distinguer les perles vraies d'avec les perles fausses ; ces dernières laissent passer les rayons X ; au contraire, les diamants vrais laissent passer les rayons X, tandis que les diamants faux absorbent ces mêmes rayons.

1. Phot. Correspondenz , mars 1898. — 2. Comptes rendus, avril 1896. — 3. Comptes rendus , juillet 1897. — 4. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1893, p. 675. — 5. Phot. Wochenblatt, 1896, n° 16. — 6. Comptes rendus, 7 juillet 1896.

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