‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 125 sur 146 · SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

SCIENCES NATURELLES

C'est surtout la chirurgie qui utilise les rayons Rœntgen pour découvrir le siège de certaines anomalies, l'existence et la place de corps étrangers introduits accidentellement dans l'organisme. M. le D* Lannelongue a vérifié sur une radiographie de fémur des théories sur la marche des altérations dans l'ostéomyélite. On peut faire traverser par les rayons Rœntgen le crâne, le thorax et les grandes opacités de notre corps.

M. Chappuis a photographié le bassin: MM. Imbert et Bertin-Sans, l'épaule, le torse, la région lombaire de la colonne vertébrale; MM. Brissaud et Londe, le crâne; certains expérimentateurs ont photographié le squelette entier en deux opérations. Les recherches analomiques ont utilisé l'absorption considérable exercée par les métaux; grâce à ceux-ci injectés en poudre, MM. Key et Contremoulin ont pu représenter sur la plaque le trajet complet et très détaillé des veines et. des artères.

La détermination de la position d'un calcul dans le rein ou la vésicule biliaire peut être faite par la radiographie, comme l'a montré M. J. Chappuis. Dans le rein, les calculs révèlent leur existence par un»' ombre bien marquée ; dans la vésicule biliaire, l'espace occupe'' par le calcul présente au contraire l'apparence d'une cavité. Ces recherches de M. Uiappuis ont confirmé les expériences de M. Meslans sur la transparence des substances organiques et l'opacité qu'elles acquièrent par l'addition d'une molécule inorganique. M. l\ de Ileen'a été amen,' â conclure que diverses expériences faites avec les rayons Ro-ntgen ainsi que celle du radiomètre doivent être interprétées comme démontrant L'existence de l'énergie infra-électrique2.

MM. (iirard et Bordas ont caractérisé par leurs opacités les explosifs tels que les poudres chloratées, les nitro-celluloses, le fulminate de mercure, etc. M. Ranvez a appliqué la radiographie à la reconnaissance des falsifications du safran par des matières minérales telles que le sulfate de baryum. On peut aussi L'employer pour découvrir des pailles ou des soudures dans les plaques métalliques.

| 1. — Sciences naturelles.

1502. Missions scientifiques. — L'Association belge de photographie a rédigé des instructions pour ceux qui veulent taire de la photographie dans les pays chauds \ Il est Indispensable que Le missionnaire se familiarise à l'avance avec les opérations photographiques en utilisant te matériel qu'il emportera en voyage. Ce matériel sera à la fois léger et solide, le verre dépoli de la chambre noire sera remplacé par une feuille de celluloïd mat, qui est incassable : on peut tendre cette feuille sur le châssis à l'aide d'une sorte destirator. Le souftletde la chambre sera en peau collée avec une colle renfermant du bichlorure de mercure. Le bois doit être très fortement verni et préalablement trempé dans de la paraffine en fusion. Les assemblages seront en métal peu oxydable, tel que le nickel ; si l'on emploie l'aluminium, il faut le vernir très fortement à chaud pour le préserver de l'action des

1. Bulletin de ? Académie royale de Belgique, 1896, p. 7ô. — 2. Bulletin de l'Institut de physique de l'université de Liège, 1896. — -3. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1896, p. 604.

vapeurs salées. Les meilleurs châssis sont ceux en bois ouvrant comme un livre; les châssis à rideaux peuvent être utilisés à condition que les lamelles des rideaux soient imperméabilisées et collées sur toile de caoutchouc avec un vernis au caoutchouc; les plaques ne doivent pas séjourner longtemps dans de tels châssis. Les châssis métalliques, à la condition que le métal soit peu oxydable, sont ceux qui fournissent les meilleurs résultats.

Les trousses d'objectifs doivent être employées, sauf pour le cas où l'on manque de recul : on utilise alors un grand angulaire pour le format adopté (100 à 115 millimètres de foyer pour le format 13 X 18). Les diaphragmes seront du système iris et les lamelles de l'iris en ébonite; par ce moyen, on empêche la poussière et l'humidité d'arriver au contact des faces intérieures des verres de l'objectif.

L'obturateur fera corps avec la chambre noire : il sera de construction aussi solide et aussi simple que possible, il permettra de faire les négatifs posés et sera muni d'une poussette métallique soulevant le levier de départ. Les poires et tubes de caoutchouc se conservent fort mal en voyage. Le pied sera léger; la base à laquelle on fixe la chambre sera assez large pour offrir une grande stabilité. Le voile noir sera imperméabilisé.

Les préparations sensibles sont de deux sortes : plaques ou pellicules. Les premières sont plus lourdes et plus fragiles que les secondes, mais se conservent mieux. On les emballe dans des boîtes en carton, contenues elles-mêmes dans des boîtes en fer-blanc soudé et non en zinc dont les vapeurs peuvent altérer les surfaces sensibles.

Il est préférable de ne pas développer sur place quand on ne dispose que d'une mauvaise installation, de produits altérés, de l'eau de mauvaise qualité, d'une température élevée et que la réexpédition est rapide, sûre et facile. Il est cependant quelquefois utile de développer sur place les plaques impressionnées pour se rendre compte de la pose : on donnera la préférence aux révélateurs stables et faciles à emporter sous un petit volume. Si la température est très élevée et qu'il faille développer, on traitera la plaque par un bain préliminaire de formol; mais il est mieux de ne faire l'opération du développement qu'au retour, en ayant soin d'emballer les plaques dans un ordre déterminé dont on prend note sur un registre contenant la date de la pose, la durée de celle-ci, la mention du sujet et le numéro d'ordre de la plaque. Ce numéro d'ordre peut être inscrit au crayon dans un angle de la plaque. Il vaut mieux inscrire les numéros de la série sur la boîte dans l'ordre suivant lequel les plaques se présentent : on sait ainsi quel est le genre de négatif à développer et quel révélateur il convient d'employer. La diamidorésorcine ou l'acide pyrogallique sont ceux qui fournissent les meilleurs révélateurs pour ce genre de travail qui sera facilité si l'on a le soin de faire autant que possible des épreuves posées. Si l'on fait des instantanées, il ne faut pas opérer avec de petits diaphragmes et de grandes vitesses d'obturateur; il est bon de donner une légère surexposition afin de permettre aux détails dans les ombres de s'impressionner. D'après M. Rousseau1, si l'on rapporte d'Afrique des négatifs voilés, il faut s'en prendre à l'inexpérience des opérateurs, à la mauvaise qualité

1. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1896, p. 746.

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