Moniteur de la photographie, 1892, p
ACCESSOIRES DIVERS
glaces ordinaires ; la nianoaivre est la même que s'il s'agissait de pellicules.
Le châssis magasin de M. Cerutti, de Grenoble, est un appareil du même genre. Les glaces ou les pellicules sont contenues dans des cadres très légers, en aluminium, et un compteur placé sur le côté du châssis inscrit le nombre de plaques qui ont été exposées; l'aiguille est fixe et le cadran tourne au fur et à mesure des plaques découvertes par le seul mouvement du volet; la glace exposée passe dans un sac de peau et va occuper le dernier rang.
Des châssis magasin du même genre sont employés dans les jumelles photographiques de Mackenstein, Zion, etc. Le changement de plaque s'effectue très simplement et très, régulièrement à l'aide de ces appareils
1377. Châssis à rouleaux. — Le châssis à rouleaux construit par M. Mackenstein renferme un marqueur à peigne qui détermine d'une façon bien nette la séparation entre chaque négatif. Le peigne perce automatiquement la Burface sensible quand la quantité suffisante de pellicule a été déroulée; de plus, un compteur numérote les pellicules à mesure qu'elles posent. Ce résultat est obtenu au moyen de deux petits disques de tôle dans lesquels les cliilfres sont découpés à jour. Le bord de la pellicule sensible étant engagé sous ces disques, le numéro se douve imprimé par l'action de la lumière et apparaît au développement. Le premier disque donne un numéro d'ordre à chaque pellicule de 1 à 12 et le second numérote chaque série de douze; les mômes chiffres apparaissent à l'extérieur «lu châssis, de telle sorte que l'opérateur peut prendre des notes sur chaque négatif qu'il sera toujours sur de reconnaître au développement. Le mouvement métallique supportant les rouleaux peut s'enlever très facilement de In boîte en acajou qui le renferme. Cette boite se ferme d'un côté par un tiroir à coulisse, et de l'autre côté par un rideau qui couvre et découvre la pellicule.
Le châssis île M. Masson se compose d'un rouleau magasin oû se trouve enroulée la pellicule à impressionner, d'un rouleau tendeur et pointeur en aluminium, d'un rouleau récepteur sur lequel la pellicule impressionnée et pointée vient s'enrouler, enfin, d'un compteur automatique visible à l'extérieur, actionné par Le rouleau tendeur. Tout ce mécanisme se trouve enfermé dans un châssis â rideau de la grandeur d'un châssis ordinaire1.
M. Jullien2a imaginé un châssis à rouleaux doubles, c'est-à-dire contenant deux bobines chargées de pellicules. La surface à impressionner, enroulée sur la bobine qo 1. se déroule devant la l'ace n" 1 du châssis; cette surface peut être exposée à la lumière en ouvrant le volet n° 1.
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:L Paris-Photographe, L89U, p. 138.
Lorsque la pellicule qui forme la bobine a été exposée à l'action de la lumière, on replace le volet, on retourne le châssis pour que la face n° 2 soit à l'intérieur de la chambre noire, on utilise la bobine n° 2, qui se déroule sur la face n° 2. A l'aide de ce système, on utilise deux rouleaux de pellicules pour une môme épaisseur de châssis. Ce résultat est obtenu en faisant ouvrir le châssis par le milieu dans le sens de la longueur. Les deux parties contenant chacune un jeu de bobines sont semblables et symétriques par rapport à un plan passant par le milieu du châssis. L'appareil démonté ressemble à celui que l'on obtiendrait si l'on accolait dos à dos deux intérieurs de châssis à rouleaux ordinaires en logeant les bobines dans l'espace laissé libre à l'intérieur.
Les bobines de pellicules ou de papier que l'on emploie aujourd'hui sont disposées de telle sorte que leur mise en place et leur extraction du châssis à rouleaux puissent être effectués en pleine lumière. On parvient à ce résultat en collant à chacune des extrémités de la bande de pellicule une certaine longueur débande de papier noir qui, au début de l'opération, recouvre toute la pellicule et qui, à la fin, s'cnroulant sur la pellicule exposée, la préserve de l'action de la lumière.
Il est utile, lorsqu'on possède des châssis doubles de formats divers, de faire établir un cadre intermédiaire construit de façon à s'adapter à la plus grande chambre et pouvant recevoir les châssis de plus petit format. Cet accessoire est des plus pratiques et, avec une môme chambre, permet d'utiliser les châssis établis par divers constructeurs.
1378. Poids et volumes des plaques et pellicules. — L'avantage qui résulte de l'emploi des papiers ou des pellicules provient de leur poids très faible et de leur volume relativement réduit; c'est ce que montrent les chiffres suivants :
Une douzaine de plaques Lumière 13 X 18 pèse 1,340 grammes. Une douzaine de plaques orthochromatiques du même fabricant pèse 1,290 grammes.
Une douzaine de plaques Edwards 13 X 18 orthochromatiques pèse 1,250 grammes.
Une douzaine de pellicules Edwards 13 X 18 pèse 200 grammes.
Une douzaine de plaques Lumière 9 X 12 ordinaires pèse 6G0 grammes.
Une douzaine de pellicules Edwards orthochromatiques pèse 110 grammes.
On voit clone qu'en moyenne, pour ces deux formats, le poids d'une douzaine de plaques est six fois plus considérable que celui d'une douzaine de pellicules de même format.
Il y a moins de différence pour le volume : en effet, six douzaines de pellicules 13 x 18 forment un paquet de 0»'20 X 0™16 X 0'»04 = 1,600 c. c.
Une douzaine de plaques 13 X 18 occupe un volume de 0m14 X 0"»19 X O'ï'04 = 1,004 c. c.
Six douzaines de pellicules 9 x 12 forment un paquet de 0m15x0m 10 X 0m05 = 975 c. c.
Une douzaine de plaques 9 X 12 occupe un volume de 0m13 X 0m10 X 0«»04 = 520 c. c.
On peut donc dire que le volume d'une douzaine de plaques est, en
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chiffres ronds, quatre fois j>lus coifsidérable que le volume d'une douzaine de pellicules L
1379. Photomètres. — Les photomètres dont L'emploi a été proposé ont pour objet de déterminer le temps pendant lequel il convient d'exposer soit la plaque sensible destinée à fournir le phototype, soit le papier qui doit donner une photocopie. Ces appareils n'ont pas de valeur au point de vue scientifique; ils peuvent cependant fournir des résultats assez approchés pour les besoins de la pratique.
MM. Hurter et Driffield3 ont fait connaître sous le nomd'« actinographe » un appareil destiné à déterminer le temps de pose des plaques photographiques. Le degré de l'actinographe. pris comme unité de lumière, correspond à la centième partie de la lumière diffuse la plus brillante possible quand l'altitude du soleil est 90°. Ces degrés sont inscrits sur un petit cylindre contre lequel glisse une échelle portant d'un côté les différents rapports d'ouvertures généralement employés par rapport à La longueur focale des objectifs, et de l'autre les différents temps de pose, depuis un vingtième de seconde jusqu'à une minute. Une seconde échelle mobile indique les conditions atmosphériques; au bas de cette échelle est placée
une petite marque que l'on met en regard du numéro correspondant à la
rapidité des plaques employées.
M. Decoudun a construit deux petits instruments qui facilitent l'appréciation du temps de pose ; tous les deux sont basés sur la disparition d'une tache lumineuse. Dans l'un, une simple irisée du sujet qu'il s'agit de photographier donne le degré de Lumière qui doil impressionner la plaque. La disparition de La tache Lumineuse est provoquée par L'écartement de deux
tubes coulissant l'un dans L'autre. Le chiffre correspondant au curseur indique la valeur de la Lumière réfléchie par Le sujet et Les diaphragmes qu'il faut employer. Si au n" I le point lumineux n'est pas visible, c'est que l'obtention d'une épreuve instantané.- n'est pus possible et qu'il n'y a pas lieu d'exposer une plaque. Le second modèle est spécialement gradué pour les vues posées et port.' un dispositif spécial de loupe qui permet, fout en l'appliquant sur le verre dépoli, de mettre au point et dé lire la durée du temps de pose qui sera nécessaire.
Dans le photomètre désigné sous le nom de contrôleur de tirage Fernande, on observe la teinte que prend, sous L'influence de la lumière, une feuille de papier préparée aux sels d'argent. L'appareil se compose d'une échelle opaque noire dans laquelle sont percées dix ouvertures carrées, recouvertes d'un verre jaune dont la teinte va s'aocen tuant du n° 1 au n° 10; sur le côté de la plaque supérieure portant la graduation se trouve un index coulissant sur une petite tringle métallique. Lorsqu'on veut procédera un tirage, on place sur un petit coussin de feutre qui se trouve entre les deux plaques une bande de papier de même préparation que celui employé pour le tirage; quand La première photocopie est arrivée à l'intensité voulue, ce qu'on vérifie en ouvrant Le châssis connue à L'ordinaire, on observe quelle est l'ouverture carrée de L'appareil qui présente une
1. Wienev photographische Blatte)', septembre 1894. '1. Photo-Gazette f 1892, p. 231.
teinte égale à celle du fond (cette constatation doit être faite sans l'ouvrir) ; on place l'index en regard de cette ouverture. Toutes les fois que Ton exposera à la lumière l'instrument et le châssis en même temps, l'épreuve sera suffisamment imprimée lorsque la teinte numérotée dans le premier essai sera obtenue.
Dans Paetinomètre appelé le Perpétuel, M. Abel a utilisé la régénération du chlorure d'argent blanc par l'action du chlore dans l'obscurité. Cet instrument présente une teinte normale. Si le chlorure d'argent est trop long à prendre la teinte normale, on doit s'abstenir de faire de la photographie instantanée.
1380. Laboratoires portatifs. — M. Schittenheim utilise comme laboratoire de voyage une armoire portative très légère, composée de quatre cadres de 2 mètres de hauteur sur lm20 de largeur. Ces panneaux, tendus d'étoffe, constituent une véritable cabine rigide dont le toit, en toile imperméable, peut contenir environ trente litres d'eau, quantité très suffisante pour les premiers lavages. La cabine repose sur une toile cirée; un des panneaux sert de porte et est muni de guichets en verre rouge et jaune glissant l'un sur l'autre. Des étagères et une table montée à charnières reçoivent les diverses cuvettes et les produits; un seau recueille les liquides employés; une petite lampe complète l'installation. La fermeture hermétique est assurée par l'étotfe même qui est collée et non pas clouée sur les montants des cadres; ceux-ci sont en jonc. 11 suffit de cinq minutes pour monter ou pour démonter cette armoire. L'avantage de ce système consiste en ce que le photographe, aussi bien en plein air que dans un hôtel, a le moyen de charger ses châssis en toute sécurité et de procéder au développement dans les cas urgents1. M. Dehors a construit un laboratoire du même genre.
S'il s'agit de changer simplement les plaques sensibles, on utilisera avec avantage le laboratoire de MM. Nardin et Dufrénoy2. Ce laboratoire est constitué par une double armature de parapluie en étoile rouge inactiniquc : l'une des armatures sert de toit, l'autre sert de fond. Le montage se fait aussi rapidement que l'ouverture d'un parapluie. Ce laboratoire peut être suspendu à un arbre ou être placé sur une table quelconque.
1381. Éclairage du laboratoire. — L'étude de la lumière employée pour l'éclairage des laboratoires clans lesquels on manipule les surfaces sensibles a été entreprise par M. le capitaine Houdaille3. Les expériences ont été faites avec, comme source de lumière, une petite lampe, genre Pigeon, brûlant, non pas de l'essence, mais du pétrole, à raison de 4 grammes à l'heure, et correspondant, comme intensité, à une bougie ou 1/10 de lampe étalon. Cette petite lampe a été choisie comme unité de lumière, aussi bien au point de vue photométrique qu'au point de vue actinique. Le pouvoir photométrique a été mesuré par les dimensions de caractères im-