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ÉCRANS COLORÉ

[1 est inexact de dire que l'emploi de L'écran jaune est inutile quand le soleil est bas à l'horizon, c'est-à-dire le matin et le soir, pas plus qu'il n'esl exacl de dire qu'à ces périodes de la journée l'état de l'atmosphère est tel que les rayons lumineux semblent filtrés à travers un verre jaune. Comme l'a fait observer le Dr Yogel1, c'est alors que l'emploi de l'écran jaune est particulièrement avantageux ; en effet, les expériences de Crova prouvent que la lumière bleue du ciel présente son maximum d'existence le matin et le soir, tandis qu'elle est dissipée vers midi: or, le verre jaune a précisément pour but d'atténuer l'action de la lumière bleue: on ne doit donc pas en supprimer l'emploi aux moments précis où il doit produire son maximum d'effet.

Pour les photographies d'objets très éloignés, panoramas de montagne, on doit employer un écran allongeant la durée de la pose au moins quinze fois, d'après les expériences de M. Yallot. Nous avons trouvé que dans certains cas il était très avantageux d'employer des écrans de teinte plus foncée, augmentant d'environ soixante fois la durée du temps de pose: l'emploi de tels écrans est utile pour la reproduction de névés, de glaciers très éclairés avec lointains et verdures foncées, etc.

Les écrans colorés à faces parallèles sont construits par tous les bons opticiens. Pour vérifier le parallélisme des faces, on peut opérer, comme l'a indiqué1 M. L. Duchesne. On place sur un fond noir (drap, velours, etc. t l'écran à examiner, on L'incline à 15° et on regarde les images réfléchies d'objets éloignés el à arêtes bien nettes, telles que tètes de cheminées, tiges de paratonnerre, etc. L'écran est de bonne qualité si l'image vue par réflexion présente «les lignes bien nettes, sans trouble et sans être doublées : on aperçoit plus facilement encore les défauts de l'écran en l'examinant à l'aide d'une longue-vue et en le faisant tourner sur Lui-même de façon à bien observer toute sa surface, l'n autre procédé de vérification consiste à regardera la fois partie au travers de l'écran à examiner tenu bien verticalement et partie en dehors une ligne verticale : cette ligne doit rester verticale pendant que l'on fait tourner l'écran entre les doigts : le moindre déplacement de la ligne verticale indique que l'écran n'est pas à faces parallèles.

Au lieu d'écrans en verre, on pont employer >"it des cuves à faces parai-

1. Phot. Correspondent, juillet 1896. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1897, p. 892.

lèles dans lesquelles on place des dissolutions colorées, soit des pellicules de gélatine ou de collodion (I, 472; IV, 891). Les cuves à faces parallèles sont essayées par un procédé analogue à celui qui sert à essayer les verres ; quant aux pellicules, on les prépare facilement soit en étendant les mixtures colorées sur glace et laissant sécher, soit à l'aide du procédé suivant : on polit soigneusement l'intérieur et l'extérieur d'un anneau d'acier très mince, d'environ 1/2 ou 1 millimètre d'épaisseur. Le diamètre de cet anneau dépend de l'objectif auquel on destine l'écran. Dans une petite cuvette ou un large godet, on met du mercure pur et on dépose l'anneau sur le mercure où il flotte librement; on verse sur le mercure, à l'intérieur de l'anneau, un collodion que l'on a eu soin de colorer à la nuance voulue ; on en verse assez pour qu'il déborde en dehors de l'anneau. On couvre la cuvette d'une feuille de papier pour la garantir de la poussière et on laisse le tout en repos jusqu'à ce que le collodion soit complètement sec. On soulève alors soigneusement l'anneau, on gratte avec un canif le collodion qui adhère à l'extérieur de l'anneau et, si l'on a opéré avec soin, on obtient un écran transparent, dont la partie centrale est sans le moindre défaut optique 1 .

Avec les plaques à l'éosine et à la cyanine préparées suivant les formules de M. Burton, on se sert d'une dissolution faite avec 2 grammes d'acide picrique dans un litre d'eau ; ce liquide est placé dans une cuve à faces parallèles de 6mm5 d'épaisseur. Avec les plaques ainsi préparées et en se servant de cet écran, la durée d'exposition à la lumière est dix fois plus longue qu'en employant une plaque ordinaire sans écran.

Si les cuvettes à faces parallèles doivent servir à photographier les nuages, on emploiera des solutions de bichromate de potasse à divers degrés de concentration, comme l'a recommandé M. Angot2. Il est bon d'ajouter à ce liquide quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour éviter le dépôt qu'il forme à la longue dans la dissolution. On prépare facilement ces cuvettes avec deux glaces à faces parallèles, réunies sur trois de leurs côtés par des baguettes de verre à faces parallèles, le tout collé au baume du Canada; ces cuvettes ont G à 7 millimètres d'épaisseur et 7 à 8 centimètres de côté. Avant d'introduire le liquide on a soin de plonger l'extrémité ouverte de la cuve dans un mélange fait à parties égales de cire jaune et de colophane. Pour fermer ultérieurement la cuve, il suffit de poser sur les bords, ainsi recouverts d'arkanson, une petite lame de verre taillée à la dimension convenable et que l'on a fait chauffer sur une plaque de cuivre pour éviter de la briser.

Les cuvettes en glace à faces parallèles sont construites par les opticiens soit en collant au baume du Canada deux lames de glace o faces parallèles contre un anneau de verre d'épaisseur bien uniforme, soit en taillant une glace épaisse en forme d'U; au moyen de deux autres glaces collées au baume du Canada, on forme une cuvette qu'il est très facile de nettoyer et qu'on bouche en y appliquant une lame de verre. MM. Degen, Lacour, Jarret, Steinheil, Zeiss, etc., et tous les bons opticiens construisent des appareils de ce genre.

1. Revue suisse de photographie, 1895, p. 252. — 2. Annuaire de la Société météorologique de France, 1895, p. 13.

PLAQUES oKTHOCHROMATIQUEs.

1424. Développement des plaques orthochromatiques.

— Il n'est pas possible de suivre sans interruption l'action du révélateur agissant sur les plaques orthochromatiques, comme on peut le faire quand on emploie des plaques peu sensibles ; il faut éviter absolument l'action directe de la .lumière, lors même qu'elle est tamisée par les verres de couleurs.

La nature du développateur n'a pas une grande importance : il est bon qu'il soit additionné de bromure. On plonge rapidement la plaque dans le bain, on recouvre la cuvette et on attend plus ou moins, suivant la rapidité d'action du révélateur, avant d'examiner l'image; cet examen se fera avec une lumière très faible et aussi rapidement que possible. Lorsque le développement touche à sa lin. on peut examiner l'image à la lumière rouge faible. Au sortir du bain de développement, il est bon d'arrêter l'action du révélateur (si celui-ci est additionné d'un alcali) en plongeant la plaque dans une dissolution de bisullite de soude commercial étendu de dix fois son volume d'eau. Le iixage ne présente rien de particulier.

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