AGRANDISSEMENT DE L'IMAGE
mesuré ù partir de l'oculaire, f étant exactement connu, et P, f, étant exprimés en millimétrés.
907. Agrandissement de l'image. — Nous avons vu que les appareils à petites épreuves nécessitaient l'agrandissement ultérieur de l'image obtenue ; on pourra évidemment se servir pour cet objet de grands appareils. Van Heurck1 s'est servi d'une toute petite chambre noire à peu près cubique de 0"05 à 0"'(X> de coté, posée sur le tube du microscope à la façon d'un oculaire et muni intérieurement d'une lentille correctrice. Ce procédé donne de bons résultats si la chambre noire est légère et si le microscope est d'une rigidité parfaite. Le grand modèle Radial arm de Ross, et le grand microscope renversé de Nachet répondent fort bien à ce but : ce dernier est surtout remarquable par le peu d'influence que les vibrations exercent sur lui. On peut opérer avec une amplification initiale de 1,000 à 1,500 fois; il Suffit alors d'agrandir l'image à 'i OU ô diamètres avec un objectif photographique ordinaire. Les plaques au gélatino-bromure d'argent fournissent d'assez bons résultats si bon ne dépasse pas cette amplification.
Tous les appareils ne permettent pas de produire un petit négatif avec une amplification aussi considérable. Très souvent le grossissement ne dépassera pas à rji> diamètres; dans ce cas. il faudra opérer soit au collodion, soit à l'albumine, et l image obtenue sera agrandie à l'aide des objectifs spéciaux de Zeiss on d'Hartnack S97>. Pour l'agrandissement du petit négatif, on emploiera avec avantage le dispositif recommandé par Zeiss lorsqu'il s'agit d'obtenir à une faible amplification l'image d'un objet transparent. L'objet est éclairé à l'aide d'une glace dépolie (flg, 676) sur laquelle ou projette l'image de la source lumineuse ; cette image est reprise par une lentille qui projette sur la préparation un cône lumineux : le sommet de ce cône doit se trouver au centre de la combinaison optique employée qui. le plus souvent, est un petit aplanat de &*70 de foyer, monté directement sur La chambre noire. La lentille que l'on emploie pour condenser la lumière est une lentille simple à paysages, d'assez grand diamètre, dont le côté concave doit être tourné vers la préparation. On peut aussi employer tel objectif que l'on voudra, pourvu qu'il soit lumineux et exempt d'aberration sphérique suivant Vaxe, Pour déter-
1, Bulletin de la Société hehjc de mioroteopir, XIII, p. <!, et Jiritish Journal of Photograjthy, 18 août 188(5.
miner en quel point de l'objectif d'agrandissement doit être projetée par la lentille condensatrice l'image de la source lumineuse, on opère de la manière suivante : soit un aplanat fixé sur la chambre noire, on dévisse la lentille antérieure sans changer de place l'objectif, et dans la fente du diaphragme on introduit un petit carton blanc formant écran ; c'est sur cet écran que doit venir se peindre nettement l'image de la source lumineuse. On fait cette mise au point de la lentille condensatrice après que l'on a mis au point l'image à agrandir.
Fig. 676.
Le cône des rayons lumineux doit présenter dans le plan du diaphragme une section aussi petite que possible, afin que les rayons puissent traverser librement l'objectif amplificateur (817); il faut de plus que la section de ce cône par le plan du porte-objet (ou du petit négatif) soit assez grande pour éclairer l'objet; elle ne doit pas être trop grande, sans quoi il y a une certaine quantité de lumière perdue et la pose est prolongée en pure perte. On atteint ces résultats en approchant ou éloignant le condensateur de la source de lumière et en se servant de divers objectifs h foyer plus ou moins long. L'objectif n° 1 de Nachet, les objectifs anglais de 4, 3 et 2 pouces, l'objectif a* de Zeiss, peuvent être employés lorsque l'image à agrandir ne présente pas une trop grande surface, mais ils n'ont pas un champ
PROJECTION DES PHOTOMICROGRAPHIES. 185
aussi plan que les instruments spécialement construits pour la microphotographie.
908. Choix des préparations à photographier. — Presque toutes les préparations obtenues «m micrographie sont susceptibles de donner do bons résultats lorsqu'on les photographie. Elles doivent cependant présenter certaines propriétés si ce sont des coupes d'objets anatomiques : il faut qu'elles soient assez minces pour ne contenir pour ainsi dire qu'une couche de cellules; leur coloration doit être convenable pour bien différencier les divers tissus. Hoggan a indiqué le procédé suivant pour teinter les préparations microscopiques de sujets histologiques, de façon à pouvoir les photographier On prépare d'abord une solution aqueuse ou alcoolique de perchlorure de fer et une solution aqueuse ou alcoolique d'acide pyrogallique. Les solutions alcooliques sont Les meilleures; ces deux solutions doivent être à 1 ou 2 «/0. Les coupes des U88U8 à colorer sont d'abord plongées pendant une ou deux minutes dans l'alcool, puis on verse à leur surface la solution de percblorure dé fer bien filtrée qu'on laisse séjourner pendant environ deux minutes; après avoir rejeté le perchlorure de fer, on le remplace par l'acide pyrogallique bien filtré, et au bout d'une ou deux minutes on a la coloration nécessaire. On lave el OU monte la préparation, soit à la glycérine, soit au baume, soit au vernis. Les nucléus apparaissent colorés en noir dans les cellules plus ou moins teintées: si I ran de lavage est alcaline, la teinte deviendra bleuâtre, ce qui la rendra encore plus photographique.
Thurston* a recommandé pour l«-> colorations des bactéries une solution saturée de vésuvine ou de brun lîismark: on lave à l'eau, puis avec une dissolution à 1 «»/(, d'acide acétique.
Ces diverses colorations ont été fort utiles lorsque Ton employait le procédé au collodion humide et que l'on ne se servait pas de glaces orthochromatiques. On peut actuellement photographier tontes les préparations
usuelles en employant dans la couche sensible nue matière colorante convenable.
Les préparations montées au baume sont en généra] tr68 transparentes ;
on se servira de préparations de cette nature Lorsque l'objet par Lui-môme sera assez opaque.
909. Projection des photomicrographies. — A. et L. Lumière9 on! fait remarquer que les images positives destinées aux projections et représentant des Objets microscopiques ne possèdent pas en général la couleur de la préparation qui s servi à les obtenir. On peut reproduire ces couleurs en impHmant d'abord l'image par le procédé au charbon sur un papier qui renferme peu de matière colorante; on dépouille l'image après a voir reporté la mixtion colorée sur un verre douci, on lave l'épreuve à l'eau froide, puis on l'Immerge pendant dix minutes dans l'alcool et on la laisse sécher. L'image obtenue doit être faible ; dans certains cas elle sera peu visible. Pour la
1. Phot.News, 1877, et Bulletin de la Société français de photographie, 1S77, p. 143.
2. Bulletin de la Société française de ]>/iotograj)hie, 1890.