‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 121 sur 276 · Monthly Notices, 16 sept · texte numérisé non relu

Monthly Notices, 16 sept

3. Comptes rendus, 1877, et Annuaire du Bureau des longitudes pour 1879.

4. Bulletin de la Société de française photographie, 1880, p. 321.

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choisi pour place de l'obturateur un des foyers réels de l'image. Cet emplacement est imposé par les lois de l'optique pour éviter toute diffraction et conserver à l'image toute sa pureté et l'exactitude rigoureuse de sa forme; cependant, afin de ne pas être gêné pour placer le téticule, on peut, en fait, s'en écarter de quelques millimètres sans inconvénient. Une autre condition non moins essentielle était d'assurer une vitesse uniforme à l'obturateur pendant toute la durée d'action. L'instrument étant monté parallactiquement, l'obturateur devait pouvoir prendre, sans qne son fonctionnement en souffrit, toutes les positions possibles par rapport à l'horizon. La partie mobile de l'appareil doit donc être équilibrée, non seulement au point de vue statique, mais encore au point de vue dynamique. Pour obtenir ce résultat, la partie mobile de l'obturateur est mise en mouvement par un ressort qui est maintenu bandé an moyen d'un fil. Lorsqu'on veut opérer, on coupe ce fil, cl la foule prend un mouvement rapide uniformément accéléré. Pour transformer ce mouvement accéléré en une vitesse uniforme, l'obturateur rencontre dans sa marche un galet lixé à un ressort qui le presse contre le contour do la pièce en mouvement. A mesure que le ressort moteur tend à accélérer la vitesse, le ressort additionnel presse sur le galet et augmente la résistance au mouvement ; une fois la courbe do pression bien déterminée, la fente prend un mouvement parfaitement uniforme pendant toute la durée de l'action. On obtient donc avec cet obturateur l'uniformité d'éclairage, l'absence de déformation et de diffraction, el une tin esse extrême de l'image.

Les qualités de l'objectif sont pour beaucoup dans cette finesse de l'image. M. Jansson 1 a été conduit à déterminer la réfrangibililé des rayons chimiques solaires qui ont le plus d'action sur les plaques préparées au collodion humide. Pour cela, il a photographié sur une

plaque, avec des temps de pose de plus en plus courts, un spectre formé a vec des prismes composés des matières qui devaient plus tard Constituer son objectif photographique. 11 a ainsi démontré que l'intensité maœima du spectre photographique était au voisinage de G. L'étendue dos spectres photographiques diminue avec le temps de pose, et, pour des durées de quelques secondes ou fractions de Seconde, suivant le cas. le spectre se réduit à une bande située très près de la raie (i. Cette circonstance remarquable montre tous les

1. Bulletin de la Sorirtc française tir ph,>tê<jrtiph\c, 1S7S. l». 171.

avantages que les images photographiques peuvent avoir dans ces conditions au point de vue de la netteté sur les images oculaires ; elle explique en grande partie comment la courte durée de pose permet d'obtenir des images solaires plus parfaites que les images oculaires des lunettes astronomiques. Il résulte de la propriété des spectres photographiques découverte par M. Janssen que dans la construction de l'objectif photographique destiné à l'héliophotographie on n'a à compter qu'avec des rayons extrêmement voisins, et l'achromatisme peut alors être obtenu avec une extrême rigueur.

Les photographies solaires obtenues à l'Observatoire de Meudon sont de très grandes dimensions; celles qui donnent un disque de 0m30 de diamètre ont montré des détails inconnus jusqu'alors sur la constitution de la photosphère, notamment sur la vraie nature des granulations. Ces photographies, obtenues couramment depuis 1877, montrent nettement le réseau photosphérique, souvent impossible à voir lorsqu'on examine l'astre par projection ou par l'intermédiaire de verres noirs, d'hélioscopes, et avec le secours d'objectifs argentés. L'emploi de la photographie donne des résultats incomparablement supérieurs à ceux que donne l'observation directe. Pour obtenir régulièrement ces photographies qui montrent les granulations solaires et leurs dispositions en réseau polygonal, etc., il a fallu toute la courageuse énergie et toute l'habileté du savant directeur de l'Observatoire de Meudon, qui, le premier en France, n'a pas craint d'introduire officiellement dans un établissement scientifique la photographie; il fallait à cette époque un vrai courage pour agir ainsi, car au lieu d'être aidés, ceux qui voulaient appliquer les plaques sensibles à leurs recherches étaient en butte aux tracasseries incessantes et aux sarcasmes de bien des savants dont le rôle eût été de protéger la photographie.

921. Méthode de M. Laussedat. — Plusieurs astronomes ont émis l'opinion qu'il y aurait avantage à obtenir directement de grandes images solaires h l'aide d'un objectif à long foyer employé sans appareil d'agrandissement. Dans ces conditions, il devient extrêmement difficile de monter l'objectif équatorialement à cause de la longueur qu'atteindrait le tube. On place alors la lunette horizontalement, et sa grande distance focale est sans inconvénient. Les rayons solaires sont réfléchis sur l'objectif à l'aide d'un miroir plan argenté à sa surface et monté équatorialement ; cette monture n'est pas inclis-

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pensable, puisque la pose est instantanée. C'est le dispositif employé par M. Laussedat pour l'observation de l'éclipsé de 1860. Depuis lors, cette méthode a été fréquemment employée; elle est en usage à Harvard Collège depuis 1870 el a donné de bons résultats». L'objectif employé a 0*10 d'ouverture et K) métrés de distance focale. L'obturateur à guillotine est placé sur un support spécial entre le miroir et l'objectif; il porte une fente de prés de 0"'05 de large. Le miroir, l'objectif et la plaque photographique sont disposés sur trois piliers différents; ce système est analogue à celui employé par M. Laussedat et proposé par Fizeau et Foucault en îs'ifi.

922. Historique. • Les premières photographies solaires ont été obtenues en 1842 par Majocchi 11 : il opérait sur plaque d'argent par le procédé de Daguerre. Fi/eau et Foucault, eu lK'iô, obtinrent la première image qui montrait la décroissance de la Lumière du centre à la circonférence du disque solaire et des groupes de taches avec leur pénombre. Reade 3, en 1854, obtint une image instantanée du Soleil montrant la surface moutonnée de ce dernier.

MM. Faye et I'orro*, en 1858, employèrent pour photographier le Soleil un objectif ayant lô métrés de longueur focale. Leurs ('preuves permettent de reconnaître à l'œil nu. sans avoir besoin de loupe, non seulement les facules des taches marginales, mais encore les marbrures les plus délicates qui sillonnent les bords du soleil5. Les images obtenues avaient environ 0"'i~> de diamètre. Le temps de pose «'-tait très court; un obturateur instantané était déçlanché électriquement el enregistrait le moment «le la pose. (Jn dispositif spécial permettait de prendre des empreintes d'un même bord du Soleil à des intervalles de temps connus pour déterminer la valeur en seconde d'arc des dimensions linéaires des images obtenues; l'opération s'effectuait à l'aide du collodion sec. M. Faye*, qui, en L848, avait dit à l'Académie des sciences : <« supprimons l'observateur, remplaçons-le par la plaque daguerrienne », reprit la proposition faite par Herschell 1 en 1664, et demanda «pie l'on fit, à l'aide d'un grand instrument, une histoire photographique du Soleil jour par joui-, et qu'on conservât soigneusement les négatifs pour fournir à la postérité des éléments précieux. C'est sur cette proposition d'Herschell, adoptée par l'Association britannique, que fut décidée la construction du photohéliographe «le Ke\v. L'instrument fut établi en 1855 et 1856 par Dallineyer; il fut installé en 1858 sous la direction de M. Warren de la Hue. L'appareil se compost- d'nn objectif de 0*086 de

1. Annal» of the AstronasMieal Obsorraiory of Harward Collège, 1876, p. 37.

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