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Comptes rendus. '.) Dlfli et 18 juillet

2. Bulletin de la Société française de photographia, 187."», pp. 139, 165. '.\. American Journal of Sciences and Arts, décembre 1S72.

§ 3. — KKLKNKPHOTOGRAPHTE.

923. Procédés opératoires. — Les procédés photographiques employés pour former l'image de la Lune varient suivant que le négatif obtenu est destiné à être agrandi ou à être employé directement. Dans le premier cas, on emploiera soit le procédé du collodion humide, soit le procédé du collodio -bromure. Avec un équatoiïal très bien réglé et muni d'un chercheur à longue distance focale permettant de maintenir sur la croisée des fils un point de la surface lunaire, il vaut mieux employer le procédé au collodion albuminé ou le procédé indiqué par Abney pour l'obtention des images solaires, car les surfaces sensibles préparées par ces divers procédés fournissent des images d'une très grande finesse.

Lorsque l'image de la Lune projetée sur la surface sensible est d'un diamètre assez grand, on peut employer les plaques préparées au gélatino-bromure d'argent.

Pour obtenir des images suffisamment détaillées, il est indispensable de conduire le développement de façon à produire une image peu intense. Avec les plaques préparées par les procédés du collodion, on se sert d'un révélateur alcalin peu concentré ; au besoin, on renforce légèrement l'image avec le mélange d'acide pyrogallique et de nitrate d'argent. Si le développement est bien conduit, on évite le principal insuccès d'ordre technique qui se présente dans la photographie lunaire, à savoir la production d'images dures, ne présentant que du blanc et du noir, sans demi-teintes : or, ce sont précisément ces demiteintes qui dans une image nette font toute la valeur de la photographie et constituent sa supériorité sur un dessin fait à la main. L'emploi des plaques orthochromatiques a déjà permis d'obtenir quelques résultats intéressants ; mais il faut des préparations spéciales autres que celles que l'on trouve dans le commerce pour tirer tout le parti possible de ce mode opératoire. Ce qu'il faut surtout éviter dans la photographie lunaire, c'est l'empâtement des grands clairs ; on y parvient en opérant comme s'il s'agissait d'obtenir un négatif destiné à l'agrandissement ; il faut aussi éviter la production du voile et arrêter le développement avant que le fond de l'image ne commence à se teinter sous l'influence du révélateur, ce qui n'est pas toujours facile. Dans certains cas, un excès de pose permettant aux parties fortement

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éclairées de se sobiriser et une forte quantité de bromure dans le révélateur conduisent à un bon résultat. Le développement à l'iconogène fait à basse température permet d'obtenir âes négatifs très brillants et remplis de détails.

924. Application diverses. — Le commandant Moessard 1 a insisté sur les avantages que présente La photographie pour obtenir la trajectoire de la Lune. 11 emploie un objectif rectilinéaire monté sur une chambre noire., l'appareil étant disposé «le façon à embrasser l'espace que doit parcourir l'astre dans son mouvement diurne. L'objectif est découvert au moment où l'image de la Lune va apparaître sur La plaque et l'appareil est abandonné à luimême pendant trois heures ; après le développement de l'image, on constate que la plaque est traversée par un ruban noir dont La largeur est celle du diamètre apparent de La Lune et qui représente L'enveloppe des positions occupées par La Lune pendant La pose. Lu taisant la même opération pendant un certain nombre de nuits de suite, la chambiv étant chaque t'ois dans

la même position, on obtient des images dont La succession démontre d'une façon palpable les lois du mouvemenl propre de La Lune combiné avec Le mouvement diurne de la sphère (••'•leste. On peut enregistrer ces variations d'une façon saisissante en installant un appareil en position convenable et recevant sur La môme plaque La trajectoire de la Lune pendant plusieurs nuits consécutives (quatorze dans les conditions les plus favorables) à partir de Tune des positions extrêmes.

Les phases de la Lune pourront en même temps être enregistrées d'une

manière très simple : il suffit, quand L'image dé La Lune se projette à peu près au milieu de ta plaque, de boucher l'objectif pendant deu\ minutes et

demie, de le découvrir ensuite pendant u >u deux secondes, de le boucher

de nouveau pendant deux minutes <*t demie, puis de le rouvrir jusqu'à La fin de l'expérience: ou note exactement L'heure de «es interruptions successives. La courbe Obtenue sera interrompue, et. au milieu «le l'interruption, on aura la ligure de L'astre sous forme d'un cercle plein <>u d'un croissant

plus OU moins délit' selon l'âge de la Lune.

Les courbes permettent l'étude du mouvement périodique de la Lune et les phases celles de son mouvement synodique. La combinaison des courbes et des phases donnera Les relations entre le mois lunaire périodique, entre deux passages au même point du ciel, et le mois lunaire synodique, entre deux nouvelles Lunes.

Quand la Lune n'est pas pleine, on obtient sur la plaque des traces noires Qlies. parallèles et d'intensité différente qui sont produites par les étoiles.

Si l'on fait poser une plaque pendant un certain nombre de nuits consécutives, une même («toile donnera une même courbe qui gagnera ainsi beaucoup en intensité. Ces courbes d'étoiles représentent sur le négatif des courbes d'égale latitude qui permettront la mesure exacte des variations de la Lune en latitude.

Les photographies «le la Lune faites avec les appareils de grande dimen-

1. Bulletin de la S «-tété française de photographie, 1S87. p. 296.

sion pourront indiquer plus tard si notre satellite est en voie de transformation: il faudra pour cela refaire de temps en temps des images de la Lune. Il est évident que s'il survient quelques changements dans les détails topographiques de la surface lunaire, il suffira, pour qu'ils deviennent perceptibles sur les photographies faites avec de très grands instruments, qu'ils aient une étendue équivalente à 1" d'arc, soit 1500 à 2000 mètres.

925. Historique. — La sélénéphotographie ou photographie de la Lune a été la première application qui ait été faite de la photographie à l'astronomie. Arago1, en 1839, avait fait faire les premiers essais par Daguerre; mais vu le peu de sensibilité de la plaque à l'iodure d'argent, les résultats furent des plus médiocres. J.-W. Draper2, qui fit en Amérique la première application du daguerréotype au portrait, réussit, en mars 1840, à obtenir des images lunaires de 0m025 de diamètre en employant un télescope de Newton ayant un miroir de 0m13 d'ouverture; la durée du temps de pose avait été de vingt minutes. Dix ans plus tard, Bond et Wipple obtinrent des photographies de la Lune ayant, 0m12 de diamètre ; ils se servaient de l'équatorial de 0in38 d'ouverture, de Harvard Collège, et plaçaient la plaque iodée au foyer chimique principal de cet objectif; la durée de la pose était d'environ quarante secondes. Ces remarquables épreuves figurèrent à l'Exposition universelle de Londres en 1851. La découverte du procédé au collodion fit abandonner les essais de photographie lunaire qui avaient été tentés sur papier ou sur albumine.

Warren de la Rue obtint, en 1852, les premières images de la Lune par le procédé du collodion ; il se servait d'un télescope dont le miroir avait 0m33 d'ouverture et 3m05 de distance focale. Pour suivre le mouvement de la Lune, on manœuvrait la manette de l'instrument de manière à maintenir sur la croisée des fils du chercheur un point remarquable d'un cratère déterminé. En 1857, il fit adapter un mouvement d'horlogerie à ce télescope et obtint des négatifs de 0m028 de diamètre pouvant être facilement amplifiés une vingtaine de fois en diamètre3; il obtint des épreuves stéréoscopiques de la Lune. Il suffit pour cela de faire deux photographies à un intervalle de temps déterminé; les deux images diffèrent alors comme si on les prenait de deux stations éloignées. Warren de la Rue remarqua que des portions de la Lune, également éclairées pour l'œil, n'étaient pas également brillantes au point de vue chimique; les ombres et les lumières ne répondent pas à celles d'un dessin.

Philipps, en juillet 1853, se servit d'une lunette équatoriale de 0m159 d'ouverture et 3m35 de distance focale; il employait le procédé au collodion humide. Dès cette époque, il reconnut le grand avantage que présentent, sous le rapport de l'absence de foyer chimique, l'emploi des télescopes à réflexion. J.-B. Reade se servit d'un grand instrument de cette construction ; ce télescope avait un miroir de 0m60 d'ouverture et une distance focale de 23m49. Un tel instrument n'étant pas facilement maniable, on avait dis-

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