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d'absorption et de réfraction qui se traduiraient sur l'image par un adoucissement de la ligne circulaire de séparation des deux disques ; or, il n'en est rien, la ligne de séparation est absolument nette.
W. Huggins, en modifiant la durée du temps de pose et en employant le gélatino-chlorure d'argent, est parvenu à photographier la couronne solaire. Il avait essayé d'isoler la partie du spectre comprise entre G et H; dans ce but, il avait d'abord employé un verre violet, puis une dissolution de permanganate de potasse ; mais il n'a pas tardé à renoncer à l'emploi des milieux absorbants, parce que le chlorure d'argent est très sensible aux rayons voisins de H. La couronne solaire a d'ailleurs été photographiée en 188 4 par Zenger. En se servant d'un appareil astrophotographique construit par Browning, il a obtenu l'image de la chromosphère lorsque le ciel était très pur : il a même photographié un halo solaire très vivement coloré, avec toutes les couleurs visibles à l'œil nu.
M. Janssen 1 a indiqué l'emploi du revolver photographique comme permettant l'observation des contacts dans une éclipse solaire. Un instrument de ce genre donnant une douzaine d'images solaires de 0n,06 à 0m10 de diamètre, prises à une seconde d'intervalle, conduirait très sûrement et très simplement au résultat. Par l'observation optique, ces contacts ne peuvent être observés avec précision en raison de la faible déformation du disque solaire au moment où celui de la Lune, qui est du même ordre de grandeur, l'entame à peine. Avec le revolver, on obtient une série d'épreuves dont plusieurs se rapportent à ce moment critique. Ces épreuves peuvent être examinées à loisir, et l'astronome peut se déterminer avec toute sécurité sur l'instant du contact ; ces épreuves permettent aussi des mesures sur les progrès des mouvements relatifs des deux astres en fonction du temps. Des images du phénomène prises à des instants déterminés pourront permettre aussi de fixer la position des deux astres à une époque quelconque. Si la granulation solaire est bien visible sur cette épreuve, elle permettra d'étudier la question de l'atmosphère lunaire ; si le globe lunaire est absolument dépouillé de toute couche gazeuse, la granulation solaire conservera ses formes et son aspect jusqu'au bord occultant lunaire; si, au contraire, une couche gazeuse de quelque importance se trouve interposée, elle agira dans les conditions les plus favorables pour produire des déformations par réfraction. L'existence et la valeur de ces déformations des éléments granulaires au bord occultant de la Lune deviendront dans ces circonstances des critériums très sûrs de la présence et de la densité de cette atmosphère.
Les photographies d'éclipsés, comme l'a fait remarquer M. Janssen, peuvent servir à déterminer la hauteur des montagnes lunaires situées au bord du limbe de cet astre, c'est-à-dire des montagnes qui occupent une région où les mesures par les procédés actuels sont les plus difficiles et les plus incertaines. En effet, la photographie du bord solaire échancré par la Lune nous donne le relief de tous les accidents de terrain de notre satellite qui se projettent sur le Soleil. La mesure de ces reliefs s'obtient de la manière la plus simple et la plus sûre en comparant micrométriquement leur grandeur à celle du disque solaire: on en déduit ensuite l'angle sous lequel ils sont •
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1880. p. 107, et Comptes rendus,