La Nature, 26 février
PHOTOGRAPHIE PAR CERFVVOLANT.
reil plus léger. La chambre noire employée doit être très légère, très solide, et la planchette d'objectif est d'une fixité absolue par rapport à la surface sensible. L'instrument consiste en une boite cubique de bois blanc de 0m004 d'épaisseur, dont les joints sont simplement cloués et collés ; intérieurement la chambre est peinte en noir mat, extérieurement elle est recouverte de papier noir à aiguillée. L'objectif, pour éviter les chances d'accident, est fixé à l'intérieur de la chambre noire. Au lieu de châssis, M. Batuf emploie une planchette de noyer de 0m0Q2 d'épaisseur, pouvant entrer dans la chambre noire; sur cette planchette on fixe la pellicule sensible à l'aide de bandes de papier gommé appliquées sur ses quatre côtés. La mise au
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point de l'objectif a été faite une fois pour tontes. La chambre noire est fixée à un support qui lui-même fuit corps avec l'axe du cerf volant. Pour que
l'axe optique de L'objectif soit sensiblement vertical, le support de la chambre noire doit faire un angle de 83* avec la verticale. Ce support est fixé en un point déterminé par L'expérience. En divisant la longueur de l'axe vertical par 10 <»n obtient une unité : c'est entre la quatrième et cinquième unité que L'on doit placer La chambre noire (flg, 695)' Pour éviter que l'épreuve ne soil traversée par L'image de La bride, on modifie la disposition des cordes qui la constituent comme L'indique la figure; on obtient ainsi, à l'aide d'uni' sorte de palonnier en roseau MX, deux fenêtres, l'une OMN, servant pour les vues horizontales, l'autre XMN, qui permet d'employer l'appareil Lorsque l'axe de l'objectif est vertical; l'olive de la corde de manœuvre se fixe sur la boucle /.
La chambre noire est munie d'un obturateur à guillotine en bois très léger; cet obturateur reste armé au moyen d'un lil de coton qui est brûlé au bout
de quelques minutes par une mèche à temps allumée au moment du départ de l'appareil. La surface sensible est constituée par une pellicule photographique. Cette surface est bien plus légère que le verre; de plus, elle peut résister facilement aux accidents qui peuvent se produire pendant la descente.
Lorsque la mèche d'amadou est allumée et le cerf-volant enlevé, il peut arriver que, par suite de la violence ou de l'irrégularité du vent, le cerfvolant éprouve des secousses. Dans ce cas, quelques secondes avant le déclenchement (ce qu'il est facile d'apprécier si Ton a bien mesuré la mèche et noté exactement l'heure), il faut marcher dans le même sens que le vent avec une vitesse suffisante pour que le cerf-volant ait une tendance à descendre; dans ces conditions, il retrouvera la stabilité nécessaire à l'obtention d'une épreuve.
Les photographies obtenues par ce moyen nous ont été communiquées par M. Batut. Ces images montrent que la photographie aérienne par cerfvolant peut suppléer le ballon captif lorsque le vent empêche ce dernier de s'élever. Par un temps calme, il est possible de faire monter un cerf-volant à une hauteur suffisante pour prendre une vue perspective assez étendue.
M. Batut a proposé de faire emporter par un cavalier au trot l'extrémité de la corde de manœuvre entièrement déroulée. La photographie obtenue, le cavalier doit s'arrêter sans abandonner l'extrémité de la corde, et l'on voit le cerf-volant descendre avec une lenteur et une régularité telles que les appareils qu'il porte n'ont rien à redouter.
Il est incontestable que le cerf- volant peut être rapidement mis en état de s'élever dans les airs, et, sous ce rapport, il est d'un maniement plus commode que le ballon captif, qui est toujours encombrant et coûteux.
958. Appareil à fusée volante. — M. Amédée Denisse1 a essayé d'obtenir une photographie à vol d'oiseau au moyen d'un appareil enlevé par une fusée volante, redescendant en parachute. L'instrument consiste en une toute petite chambre noire cylindrique ayant douze objectifs régulièrement espacés sur sa circonférence et séparés par des cloisons. Le châssis à double enveloppe, de forme cylindrique, maintient en place une pellicule sensible et est placé au centre de la chambre. Derrière les objectifs, un obturateur dit à guillotine, de forme cylindrique, est percé de trous en regard des objectifs; il fonctionne par son propre poids : suspendu à une mèche d'artifice que la fusée brûle au terme de son ascension, l'obturateur, en tombant, ouvre et referme instantanément les ouvertures; à la fin de cette même mèche se trouve la détente du parachute qui se déploie, et la fusée retenue captive par une cordelette est ramenée à son point de départ.
M. le colonel Laussédat a fait connaître récemment un procédé permettant de transformer les projections obtenues sur des plans obliques à l'horizon, comme c'est le cas lorsque l'on fait de la photographie aérienne par cerf- volant. Il faut connaître la hauteur du point de vue au-dessus du terrain, la distance du point de vue au tableau, et l'inclinaison du plan du tableau sur l'horizon. Lorsque l'on a obtenu plusieurs photographies du même site, mais de stations aériennes différentes, soit en ballon, soit à