‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 178 sur 276 · La Nature, 1875, II, p. \ô · texte numérisé non relu

La Nature, 1875, II, p. \ô

8. Aide-mémoire de photographie pour 1883, p. 130. 4. Comptes rendu*. *2o octobre 1888.

les images engendrées par la décharge de l'électricité positive sont dissemblables et ne ressemblent en aucune manière aux images engendrées par la décharge de l'électricité négative. Les premières, sinueuses et singulièrement ramifiées, ressemblent à certains lichens, à certaines algues, tandis que les secondes, à ligne souvent brisée, rappellent par leur forme les feuilles élégantes de certains palmiers. Les plaques photographiques elles-mêmes apportent une certaine modification , très légère , il est vrai , dans la forme de l'étincelle, selon qu'elles reçoivent telle ou telle émulsion. La forme des électrodes n'apporte pas de modification sensible. Les photographies de l'étincelle permettent d'étudier la marche du phénomène.

M. Ducretet1 place dans l'obscurité une plaque photographique entre les deux conducteurs d'une bobine d'induction et fait jaillir l'étincelle à la surface de la pellicule sensible ; il développe par les procédés habituels et obtient des images aussi belles que si elles eussent été produites au foyer d'un objectif. Il photographie de môme l'effluve, et ses nombreuses épreuves permettent de comparer les différentes manifestations de la tension électrique. Quand on opère avec une chambre noire, la seule opération délicate réside dans la mise au point. On la prépare à l'avance sur un objet lumineux (tel qu'une hélice de platine rendue incandescente par un courant électrique). On place cet objet lumineux au centre de la ligne qui joint les deux conducteurs de la machine, puis on relire cet objet, on supprime les lumières, on débouche l'objectif et on met en marche l'appareil producteur des étincelles. Après chaque étincelle on change la plaque ou bien, comme l'a indiqué M. Moussette, on en fait jaillir un certain nombre avant de la renouveler. Si l'image est au point, les traits sont nets, filiformes ; mais, dans un faisceau d'étincelles, quelques-unes apparaissent diffuses et d'aspect rubané, parce que dans leur marche elles se sont écartées en deçà ou en delà de la route qu'on comptait leur voir suivre.

974. Photographie d'éclairs. — R. Haensel 2 a pu photographier un éclair à l'instant où la foudre atteint la terre et reproduit l'action de l'étincelle électrique. Le paysage ayant été photographié en même temps, on a pu faire le calcul de la longueur de l'éclair, qui était environ 1,700 mètres. La photographie montre que l'étincelle électrique semble se subdiviser en une foule de petites veines, à peu près comme le chevelu d'une plante. M. Mascart3 a constaté sur certaines épreuves que l'éclair est en quelque sorte pulvérisé, tant ses ramifications sont nombreuses; il a comparé le passage de l'étincelle dans l'air à celui de l'étincelle de la bobine de Rhumkorff dans un tube de verre, l'air étant aussi pour l'électricité un milieu résistant.

M. Trouvelot4 a constaté par l'étude microscopique des négatifs que le trait fulgurant se subdivise un très grand nombre de fois ; dans un cas, en trente-sept branches dont quelques-unes sont d'ailleurs extrêmement ténues et faibles. La forme du trait n'est évidemment pas cylindrique, mais aplatie

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