‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 68 sur 276 · OCULAIRES · texte numérisé non relu

OCULAIRES

que le foyer inférieur arrive exactement au même niveau dans tous les numéros de la môme série quand ils sont placés dans le tube du microscope. Le changement d'oculaire n'entraîne par conséquent aucun changement dans la mise au point, et la longueur optique du tube, qui est l'élément dont dépend l'amplification, conserve une valeur constante. Cette longueur optique du tube est, sauf les petits écarts pouvant exister entre les différents objectifs de 0m180 quand la longueur réelle du tube, depuis le bord inférieur contre lequel s'applique l'entonnoir de l'objectif jusqu'au bord supérieur sur lequel repose l'oculaire, est deOm160.

Zeiss construit deux séries d'oculaires compensateurs : les oculaires Chercheurs et les oculaires de travail. Les premiers sont précieux pour l'examen rapide d'une préparation, parce que l'objet apparaît sous un angle visuel faible (12° à &|o).

Lorsque l'on voudra projeter limage microscopique (et c'est le cas qui se présente en photomicrographie), on se servira des oculaires à projection imaginés par Zeiss. Ces oculaires sont tout à fait semblables* quant à l'apparence extérieure aux oculaires ordinaires: on les dispose comme eui dans l'extrémité supérieure du tube du microscope. Ils sont tous formés d'une lentille collectrice de champ et d'un système projecteur qui n'esl autre qu'un petit objectif photographique ordinaire. Ce système esl soigneusement corrigé des aberrations chromatiques et sphériques; il est exempt de foyer chimique. Entre la lentille collectrice e1 le système projecteur se trouve un diaphragme destiné à limiter le champ de l'image et dont le système projecteur peu! se rapprocher plus ou moins, l/oculairo porte audessus du système projecteur un diaphragme qui a pour but «le supprimer complètement les rayons iétié<iii> sur les parois Intérieures du tube. L'ouverture de ce diaphragme doit être telle que l'ouverture numérique extrême de l'objectif puisse être utilisé. Toutefois, il est parfois utile, lorsqu'on emploie des objectifs faibles de ().:> à 0,0 d'ouverture, de diminuer un peu celle-ci afin d'obtenir une image uniformément nette jusqu'aux bords du champ; on se sert alors de diaphragmes supplémentaires à ouverture plus petite4.

L'emploi de ces oculaires est exl rèmemenl pratique en microphotographie, car dans cette application de la photographie les opérations se réduisent toujours à éclairer l'objet, le projeter, puis photographier la projection. Dans la première opération, on dispose l image convenablement en se servant d'un oculaire ordinaire: il suffit donc de remplacer l'oculaire ordinaire par l'oculaire à projection et de visser ou dévisser le système projecteur jusqu'au moment où le bord du diaphragme se montre avec le maximum de netteté sur l'écran ou sur

le verre dépoli de la chambre noire. Plus la distance entre le verre dépoli et le microscope est petite, plus le système projecteur doit s'écarter du diaphragme. Les oculaires à projection construits par Zeiss portent des chiffres qui indiquent directement la multiplication par l'oculaire du grossissement initial de l'objectif ou, en d'autres termes, le rapport dans lequel la longueur focale de tout le microscope est diminuée. Ainsi l'oculaire 2 diminue juste de moitié la longueur focale d'un objectif quelconque; par conséquent, un objectif de 0m003 projette avec cet oculaire, à une distance donnée, une image dont la grandeur est absolument identique à celle que donnerait sans oculaire, pour la même distance, un objectif dont le foyer ne serait que de 0m0015.

L'amplification linéaire d'une image projetée est le quotient de la distance entre l'image et le foyer postérieur du système de lentilles, divisée par la longueur focale de ce système. Le foyer postérieur du système de lentilles correspond dans le microscope juste au bord supérieur de l'oculaire. On obtient la valeur de l'amplification de l'image pour une distance quelconque entre l'oculaire et l'écran en divisant cette distance exprimée en millimètres par la longueur focale de l'objectif employé et en multipliant le quotient obtenu par le numéro de l'oculaire. C'est ainsi que l'objectif de 0m003 donnera avec l'oculaire de projection n° 2, à une distance de 1500 millimètres, une amplification égale à

lf X 2 = 1,000.

Cette règle ne s'applique exactement qu'aux grandes distances; avec les distances faibles, les résultats que donne le calcul sont trop élevés.

Le diamètre de l'image projetée sur la plaque photographique varie avec le numéro de l'oculaire employé; elle est égale à 1/5 de la distance de l'image avec les oculaires 2 et 3; elle est de 1/3 avec les oculaires 4 et 6. Cette image peut d'ailleurs être prise à une aussi grande distance de l'oculaire qu'on le désire. Le minimum de la distance entre l'oculaire et l'image peut être de 0m40 avec les oculaires nos 2 et 4 et de 0m25 avec les oculaires 3 et 6; par conséquent, lorsqu'on voudra photographier avec de faibles grossissements ou avec de longues chambres noires, on emploiera les oculaires faibles. On devra préférer les oculaires forts 3 ou 6 quand il s'agira de photographier avec des chambres noires de faible longueur.

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