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EMPLOI DE LA LUMIÈRE OBLIQUE

des expériences de Stephenson que l'on a reconnu Faction de la lumière oblique. Ce mode d'emploi des éclairages est cependant peu usité, bien qu'il permette d'obtenir des résultats très intéressants. La plupart des micrographes laissent de côté cet auxiliaire précieux de la photomicrographie pour deux raisons principales : d'abord leur ignorance à peu près complète de la théorie de la formation des images microscopiques, ensuite les difficultés réelles que suscite l'emploi de la lumière oblique. 11 n'y a guère que les diatomistes qui s'en servent, et il faut bien reconnaître que c'est grâce à leurs travaux et à leurs justes exigences que sont dus presque tous les progrès du microscope depuis une vingtaine d'années1, k ceux qui veulent perfectionner leurs connaissances de technique microscopique dans le but d'obtenir de bonnes photomicrographies, nous ne saurions trop recommander l'étude pratique des diatomées2 et la photographie de ces infiniment petits; c'est le meilleur moyen de se rendre compte du fonctionnement des appareils.

Les règles que nous avons Indiquées pour remploi de la Lumière centrale doivent être observées pour le centrage des appareils, lors môme que l'on doit employer la lumière oblique. On se servira soit du condensateur Abbe (1,40 d'ouverture), soit de celui de Powel et Lealand. Le condensateur sera nui à la préparation au moyen d'un liquide ayant un indice de rétraction aussi voisin «pie possible de celui du verre. Le centrage et la mise au point du foyer lumineux en éclairage central seront faits aussi soigneusement que possible. On passe alors à l'emploi de l'objectif à immersion : on met au point sur la préparation en lumière centrale d'abord; on remplace le diaphragme à ouverture ronde du condensateur par un diaphragme ayant une ouverture périphérique ou en forme de croissant, comme» ceux qui accompagnent le condensateur Abbe: on met au point la préparation: on enlève l'oculaire et l'on examine si Ton peut augmenter l'obliquité de L'éclairage, si l'ouverture du diaphragme est

1. H. PeragallO, Histoire sommaire du microscope composé et de ses récents perfectionnements, 1883.

2. Nous ne parlons que des diatomées difficiles à résoudre, telles que \n Nitzchia Unearis, la Naricula rhomboïdes, Xitzchla vermleula ris, curcula, A m phi pleura jicllucida, etc. Les frustulc8 de ces diatomées portent un nombre de stries variant de trois mille à cinq mille par millimètre. On employait autrefois comme test le PleurOêigfM angnlatum (environ deux mille trois cents stries au millimètre) et la Surlrella gemma (environ deux mille huit cents stries par millimètre). Ces diatomées ne sont plus employées comme test en lumière oblique s'il s'agit d'objectifs puissants,

suffisante, etc. L'obliquité des rayons lumineux étant obtenue, on corrige l'objectif de façon à obtenir une image aussi nette et aussi éclairée que possible ; lorsque ce résultat est obtenu, on remplace l'oculaire par un oculaire de projection; c'est le seul moyen pratique d'obtenir une bonne photomicrographie. La projection à l'aide de l'amplifier ou plus simplement à l'aide de l'objectif n'est pas à recommander, car il faut alors modifier l'éclairage d'après l'aspect de l'image projetée, image qui ne ressemble plus à ce qu'elle était à l'observation oculaire. Avec l'oculaire à projection, au contraire, l'image qui se forme sur la glace dépolie n'est pas celle formée par l'objectif au moyen des rayons obliques; c'est une seconde image de la première, projetée directement suivant l'axe, par le système projecteur de l'oculaire à projection. Si donc l'image est bonne à l'observation oculaire, elle le sera aussi en projection.

Ce n'est pas à dire qu'il soit impossible de projeter directement par l'objectif l'image de l'objet, mais alors il faut, le plus souvent, se livrer à des manipulations longues et fastidieuses pour obtenir une image bien éclairée. Woodward (dont les belles microphotographies sont toujours des modèles) opérait en se servant d'appareils installés, comme l'indique le schéma suivant :

Chambre noire.

Miroir plan.

Les rayons solaires traversaient les diaphragmes, puis la cuvette renfermant la solution destinée à donner une lumière monochromatique; au sortir de la cuvette les rayons solaires étaient condensés par un objectif photographique de trois pouces d'ouverture; ils arrivaient sur la préparation par l'intermédiaire d'un prisme de verre taillé à 45°, ayant environ 0m01 de hauteur et dont l'hypothénuse avait environ 0m008. L'une des faces rectangulaires était reliée à la face inférieure du porte-objet par une goutte d'essence de cèdre ou d'un liquide ayant le même indice de réfraction que le verre.

IflCROBPBGTHOPHOTOGHAPHIË.

Lorsqu'on emploie un éclairage assez oblique pour que les rayons ne puissent entrer dans l'objectif, on obtient l'éclairage appelé à fond noir. On peut réaliser cet éclairage de diverses manières : l'une des plus pratiques consiste à munir le condensateur d'un diaphragme annulaire spécial qui élimine tous les rayons qui pourraient pénétrer dans le champ et l'éclairer; mais l'objet est vivement éclairé, il rayonne et il se forme une image sur le fond noir analogue à celle (jue donnent les corps opaques éclairés par-dessus. On peut aussi employer pour le même objet le parabolo'idc des constructeurs anglais, l'appareil d'éclairage à fond noir de Nachet, etc. Si l'on se sert d'objectifs à immersion et que l'objet soit monté sur le porteobjet (et non sur le couvre-objet) on se servira du reflex illuminator de WcnJia/ii. instrument fondé sur l'utilisation de l'angle limite de réflexion et qui permet d'obtenir d'excellents résultats.

900. Emploi de la lumière polarisée. — Les applications les plus intéressantes de la Lumière polarisée à la photomicrographie ont pour objet la pétrographie et l'étude des différentes espèces de fécules, dont les aspects peuvent être parfaitement indiqués par La photographie. Les appareils de polarisation que l'on emploie consistent en un polariseur qui se place sous le condensateur et un analyseur que l'on pince au-dessus de l'objectif.

On règle d'abord la lumière comme s'il s'agissait d'opérer en lumière ordinaire, puis on met en place Le polariseur et L'analyseur sur l'objectif : il y a avantage à rapprocher Le plus possible L'analyseur de la surface postérieure de l'objectif. On se servira < l * 1 1 1 1 éclairage aussi intense que possible (lumière solaire) et on donnera au polariseur la dimension la plus grande que comporte l'appareil.

La photomicrographie PO Lumière polarisée ne présente pas plus de difficultés que celle des objets éclairés directement; elle exige seulement l'emploi de plaques orthoeliromatiques si l'on veut reproduire avec fidélité les variations de teintes que prennent les coupes minces de roches examinées sous cette lumière. 11 est bon pour ce genre de travail de se servir d'un

microscope disposé spécialement pour cet objet. Nachet a établi un excellent modèle plus ou moins bien imité par ditférents constructeurs et dont l'emploi facilitera singulièrement ce genre de recherche.

Lorsque les sections principales du polariseur et de l'analyseur font un angle droit, toute lumière est «'teinte et le champ du microscope paraît obscur : on obtient ainsi une sorte d'éclairage à fond noir pour les objets qui polarisent La lumière; on peut ainsi photographier assez facilement les spicules calcaires des spongiaires et des polypiers, qui se dessinent souvent plus nettement sur un fond obscur que sur un fond lumineux ; La reproduction de certains détails des coupes minces d<' roches et de quelques minéraux pourra être faite facilement par ce moyen.

901. Microspectrophotographie. — 11 est souvent important de pho-

tographier le spectre d'absorption de certaines substances dont on n'a que de petites quantités; on se sert pour cet objet du microspectroscope. Zeiss1, a donné les indications suivantes sur le spectroscope spécial qu'il a construit pour cet usage.

Les deux lentilles oculaires du microspectroscope ordinaires sont remplacées par celles d'un oculaire à projection n° 2. L'appareil ainsi modifié est mis à la place de l'oculaire à projection ordinaire après que l'image de l'objet dont on doit prendre le spectre a été projeté sur la plaque. On supprime alors le prisme d'Amici qui fait partie du microspectroscope, et l'on projette sur la plaque une image nette de la fente au moyen de l'objectif antérieur de projection. L'image de l'objet se trouve alors également nette dans l'image de la fente, dont on règle la longueur et la largeur de manière à ce qu'elle encadre l'objet. On replace alors le prisme d'Amici devant la lentille oculaire qui ne reçoit plus de lumière que celle de l'objet dont on veut étudier le spectre. Ce genre de microphotographie exige l'emploi de la lumière solaire. Si l'on n'utilise pas les oculaires à projection, on se servira d'un objectif photographique que l'on fixera à la chambre noire et que l'on amènera devant la lentille de champ de l'oculaire. Cette lentille et l'objectif photographique constituent un système optique fonctionnant de la, même manière qu'un oculaire de projection.

902. Images stéréoscopiques. — On construit des microscopes binoculaires qui permettent d'observer les objets dans les conditions de la vision oculaire, et par suite d'éprouver la sensation du relief. Il est clair que si l'on place une chambre noire aux deux extrémités des tubes du microscope, on obtiendra deux épreuves qui, réunies dans le stéréoscope, montreront l'objet avec tout son relief. Ce mode opératoire n'est pas pratique, parce que dans certains systèmes de microscopes binoculaires les deux images ne se forment pas à la même hauteur dans les deux tubes, à cause du chemin parcouru à la sortie de l'objectif. On corrige pour l'observation cette inégalité de longueur par l'emploi de deux oculaires d'une puissance différente, qui ramènent à des [dimensions identiques les images perçues dans les deux yeux. On pourrait bien adapter aux tubes stéréoscopiques (fifj. 673) deux oculaires à projection différents, mais le réglage de l'appareil serait fort difficile.

Moitessier2 a proposé de produire les deux images de l'objet avec les deux moitiés d'un même objectif : ces deux portions, agissant d'une manière tout à fait indépendante, voient l'objet sous deux angles différents'; de là, la sensation du relief ou du creux produite par la vision simultanée des deux images. Pour obtenir des épreuves réalisant ces conditions, lorsqu'on opère avec un objectif de faible pouvoir, il suffit de placer contre la lentille postérieure de l'objectif un demi-diaphragme de papier noir et de dévisser l'objectif d'un demi-tour pour lui faire occuper les deux positions indiquées ; ce moyen change un peu la mise au foyer, qui devra être rétablie après chaque manœuvre. La position du demi-diaphragme, relativement à

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