UNITÉ DE LUMIÈRE
n'est donc pas Fénergie de la source qni produit la réaction ; elle n'est ici que la cause indirecte.
1270. Unité de sensibilité. — La Commission permanente chargée d'organiser le Ck)ngrè8 international de photographie de 1891 était d'avis, en principe, en ce qui concerne les grandeurs photographiques, de laisser aux physiciens le soin de choisir des unités, mais en faisant exception pour l'énergie lumineuse reçue par les surfaces sensibles, dont les photographes ont intérêt, au premier chef, d'obtenir une évaluation en mesures uniformes et dont la définition lui paraissait, par suite, justifier l'intervention du Congrès.
Elle proposait, en conséquence, de désigner par le mot illumination l'énergie lumineuse reçue par l'unité de surface d*une préparation sensible et de désigner par le mot phot l'unité pratique choisie pour la mesure de cette énergie, en définissant cette unité : la quantité de lumière reçue d'une bougie décimale placée à un mètre pendant une seconde et par centimètre carré. Le Congrès a adopté ces propositions. La Commission permanente avait également été d'avis qu'il y avait intérêt à adopter une unité pratique de sensibilité pour les préparations photographiques, unité qu'elle définissait ainsi :
L'unité pratique de sensibilité des préparations photographiques est la sensibilité de la couche qui, pour une illumination d'un phot, prend, après développement convenable, une teinte grise égale au ton normal.
Sur ce point Taccord n'a pas pu s'établir au Congrès. Il existe, en eflfet, de grandes divergences de vues au sujet de la façon d'apprécier la sensibilité des préparations photographiques. Les uns voudraient la déterminer par la première apparition d'une teinte appréciable, les autres par la production d'une teinte d'intensité déterminée, ce qui est la méthode admise (1031) par le Congrès de 1889. Le Congrès de 1891 a été d'avis qu'avant d'adopter une unité de mesure il convenait, comme l'a proposé M. Janssen, d'approfondir par de nouvelles expériences la façon dont interviennent les couches successives des préparations sensibles dans la production des teintes obtenues, et il a chargé une Commission spéciale de faire h ce sujet des recherches qui pourront conduire sans doute, plus tard, à une solution satisfaisante^.
1280. Unité de lumière. — Les mesures effectuées avec la lampe à l'acétate d'amyle adoptée par le Congrès de 1889 ont donné la valeur 0,12 pour son intensité rapportée à l'unité Carcel. Par suite, cette même
lampe rapportée à l'unité Violle aurait pour intensité 0,0576, si l'on adopte
le rapport ^t-tç^ trouvé par M. Violle entre la lampe Carcel et son étalon
lumineux.
Ces comparaisons ont été exécutées par les soins de M. le général Sèbert, avec le concours du laboratoire central de la Marine. Le tableau joint au travail de M. le général Sèbert donne les résultats suivants, rapportés à
L Cette Commiseion est composée de MM. Jansseo, Abney, C. Fabrc, de La Banme- PlOTinel, A. Bugnet, Pricaxn et Pottemane,
Tuniié pratique d'intensité lumineuse, c'est-à-dire la bougie décimale, qui, postérieurement au Ck)ngrés de photographie de 1889, a été définie : la vingtième partie de Tétalon Violle :
Lampe à Tacétate d*amyle adoptée par | sans écran 0,24
le Congrès { avec écran 0,11
Lampe Heffner et Âtteneck à Tacétate ( sans écran 1,10
d'amyle | avec écran. 0,rj2
Étoile, six au paquet. . . . 1,27
Bougies sans écran ^ Étoile, cinq au paquet. . . 1.^
" ' Bavaroise, stéarine 1,48
Allemande, paraffine.... 1,28
Étoile, cinq au paquet. . . 0,54
Bougies avec écran { Bavaroise, stéarine 0^
Allemande, paraffine. • . . 0,52
On peut donc, en se servant de ce tableau, employer les bougies et autres étalons lumineux usuels à la détermination de la sensibilité des plaqaes photographiques, concurremment avec la lampe étalon à l'acétate d*amyle adoptée par le Congrès.
Pour Tapplication de la méthode de mesure de sensibilité des plaques (1031), on admet que les effets photographiques s'atténuent avec les distances suivant la même loi que les effets lumineux. Le tableau suivant ^ indique, en regard des diverses sources lumineuses : 1® Vinlensité en bougies décimales; 2© le rapport des intensités; 3o la distance à adopter pour les essais de sensibilité des plaques.
SouBces lomineoses. Intensité. Rapports. Distance.
Lampe étalon h l'acétate d*amyle. •
avec écran 0,11 1,00 1,00
sans écran 0,24 1,44 2,08
Lampe Heffner et Alteneck j avec écran 0,52 2,12 4,50
à l'acétate d'amyle ( sans écran 1,10 3,16 10,00
Étoile, cinq au paquet. 0,54 2,16 4,66
Bougies avec écran \ Bavaroise, stéarine. . . . 0,68 2,50 6,26
Allemande, paraffine.. 0,52 2,13 4,54
Étoile, six au paquet. . 1,27 3,32 11,00
. , , Étoile, cinq au paquet. 1,30 3,35 11,20
Boug.es sans écran j g^^^roise, stéarine. . . . 1,58 3^58 12,80
Allemande, paraffine. . 1,28 3,33 11,10
1281. Action chimique de la lumière sur le chlorure d'argent.
— M. Guntz^ a montré que par l'action de la lumière sur le chlorure d'argent il se produit tout d'abord du sous-chlorure d'argent. Cette formation do sous-chlorure se fait par une absorption de 28 Cal. 7. Ce résultat extréme-
1. Rapport général de la Qmmiisio» pemMuente^ 1891, p. 17. — 2. Compte» rendtUj 1891.
SOUS-CHLORURE d'argent. 877
ment important montre que la lumière exécute un travail considérable en effectuant la décomposition du chlorure d'argent. Les déterminations calorimétriques de M. Guntz expliquent pourquoi l'action de la lumière est facilitée par l'addition de substances capables d'absorber le chlore avec dégagement de chaleur : on introduit ainsi une énergie étrangère qui facilite la décomposition du composé. Le sous-chlorure d'argent est lui-même détruit par la lumière avec mise en liberté d'argent et de chlore.