‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 64 sur 178 · Le GéfiM oivU, 24 janyier 1891, p · texte numérisé non relu

Le GéfiM oivU, 24 janyier 1891, p

APi>AREÎL DU GÉNÉRAL SÉBERT. 143

extérieure faisant soixante vibrations à la seconde. Cette lame porte un appendice fermant une petite fenêtre qui donne sur la plaque sensible ; cet appendice est percé d'un trou très fin par lequel la lumière arrive sur la marge de la plaque sensible et y trace une ligne sinusoïdale dont chaque ondulation correspond à un soixantième de seconde. On connaît donc ainsi la vitesse du chariot à chaque instant de l'opération.

A l'extérieur, devant la fente étroite du châssis, on dispose au moyen d'une planchette spéciale l'obturateur dont on veut faire l'essai. Le tout étant fermé dans l'obscurité, on produit au-devant une lumière vive par l'électricité ou par un rayon de soleil, ou, ce qui est plus simple, par la combustion de quelques centimètres d'un ruban de magnésium, et en môme temps, soit à la main, soit avec une poire de caoutchouc munie d'un tube bifurqué, on opère le déclenchement qui, du même coup, met en marche le chariot, la lame vibrante, puis l'obturateur ; on retire la plaque sensible et on procède au développement de l'image.

Les figures que l'on obtient par cette opération varient suivant la marche de l'obturateur. Si celui-ci ouvre et ferme l'objectif dans l'axe des lentilles, sans qu'il y ail un instant de pleine pose, la figure sera un losange plus ou moins régulier; s'il y a pleine pose, la figure représentera un rectangle d'autant plus allongé que la pleine pose aura été de plus longue durée. Les temps d'ouverture et de fermeture seront indiqués chacun par un triangle terminant l'un la partie supérieure, l'autre la partie inférieure du rectangle imprimé sur la plaque. SI l'ouverture s'opère en partant de l'un des bords et la fermeture en partant du bord opposé, la forme de la figure obtenue sur la plaque sensible sera celle d'un triangle à base verticale; si l'ouverture et la fermeture s'opèrent en partant du môme bord, la figure sera celle d'un parallélogramme présentant deux côtés verticaux. Dans tous les cas, la pleine pose (si elle existe) sera représentée par un rectangle interposé dans la partie médiane de l'une des figures. On mesurera sa durée en projetant sur les marges le petit côté du rectangle ; cette projection intercepte sur la courbe sinueuse tracée par la lame vibrante une certaine longueur qu'il est facile de transformer en temps. On aura de même la durée de la période d'ouverture et la durée de la période de fermeture. Il est par suite très facile de déterminer le rendement de l'obturateur.

Ce même appareil peut être employé pour apprécier les variations

rapides des intensités lumineuses, telles que celles qui se présentent avec la lumière électrique ; l'enregistrement de ces variations se fait avec une très grande exactitude.

1118. Chftssis-obturateur. — M. le commandant Moessard a fait établir un obturateur qui est constitué par une sorte de rideau ^ Ce système d'obturateur (264) est employé par Anschûtz pour obtenir des images instantanées. Le principe de l'appareil consiste à employer une fente étroite que l'on fait passer avec une vitesse constante le plus près possible de la surface sensible, c'est-à-dire au sommet du cône des rayons réfractés qui concourent à la formation de chaque point de l'image.

La durée d'action totale ou le temps de pose que l'on obtient avec cet obturateur dépend seulement de la largeur de la fente et de la vitesse du rideau. Une fente de 0'"001 et une vitesse de 1 mètre par seconde donnent une pose de 0*001; une fente de 0"»0005 et une vitesse de 5 mètres donneraient une pose de 0*0001.

Le rendement de cet obturateur ne dépend que de la distance du rideau mobile à la surface sensible. Si cette distance était nulle, on aurait un obturateur idéal dont le rendement serait égal à l'unité. On

peut, en pratique, obtenir un rendement égal à -.

Le rapport du temps d'ouverture de pleine pose à la durée du fonctionnement ne dépend ainsi que de la distance du rideau à la plaque. Dans l'appareil qui a été construit sur les indications de M. le coni-

mandant Moessard, ce rapport est égal à -.

Ce système d'obturateur est indépendant de l'objectif et du diaphragme ; on peut donc employer des objectifs extrêmement lumineux, ce qui est indispensable pour avoir des images avec des poses aussi courtes. Le mouvement de l'obturateur est sensiblement uniforme, puisque la tension du ressort diminue et le frottement du rideau croît pendant le mouvement.

M. le commandant Fribourg* a appliqué un obturateur de ce genre à une chambre à main munie d'un objectif extra rapide du système Petzval. Cet objectif est disposé de façon qu'il pivote sur la

1. JBulktin de la Société française (le photographie, 18U1, p. 415. — 2. Ibid,, 1892, p. 163.

OBTURATEUR A RIDEAU. 14o

verticale de son point nodal d'émergence, comme dans le cylindrographe de M. le commandant Moessard. On peut donc obtenir, par suite de la rotation de l'axe optique, une image parfaitement nette et de grande longueur dans le sens horizontal, sur une plaque sensible affectant la forme d'un cylindre vertical ayant pour axe le pivot de l'objectif et pour base un cercle de rayon égal à la distance focale de cet objectif.

A la partie postérieure de l'objectif est fixée une sorte de boite prismatique bien close, qui se meut avec lui et qui est percée d'une fente de 0™003 de largeur sur l'arête qui vient presque en contact avec la plaque sensible; ce système produit le même effet que la fente du rideau obturateur.

La partie postérieure de l'appareil est disposée pour recevoir un châssis simple à rideau dans l'intérieur duquel se trouve une pellicule sensible courbée suivant un cylindre circulaire de 0"076 de rayon. Quand le châssis est bien en place, la pellicule occupe exactement la position qu'elle doit avoir par rapport au point nodal d'émergence. La partie antérieure de la chambre noire est fermée par un rideau articulé, fixé au parasoleil de l'objectif, de façon à se mouvoir avec lui, et dont les extrémités latérales pénètrent dans des rainures pratiquées sur les deux côtés de la chambre. Le pivot autour duquel tourne l'objectif est sur la verticale du point nodal d'émergence.

La largeur de la fente mobile peut être réduite à une fraction minime de la longueur de la surface sensible, et, par conséquent, la durée d'impression de chaque zone verticale de cette surface n'est qu'une fraction minime de la durée totale de la rotation de l'objectif, laquelle peut elle-même être excessivement courte. Dans le premier appareil construit sur les indications de M. le commandant Fribourg, la rotation totale s'effectue en 0*1 environ, la surface sensible a 0™09 de longueur et la fente O^OOS de largeur. Cette fente n'est donc que le trentième du développement de la surface sensible, et comme elle parcourt tout ce développement en un dixième de seconde, il en résulte que chaque zone verticale n'est impressionnée que pendant un trois centième de seconde.

Avec le système d'obturateur à rideau il peut arriver que l'image présente une déformation provenant de ce que les différentes parties de la plaque n'ont pas été impressionnées en même temps. Il est donc nécessaire que la fente soit animée d'un mouvement très rapide, que l'objectif soit très lumineux et que la surface sensible soit de petit A 10

format. Dans ces conditions, ces obturateurs donnent de très bons résultats.

1119. Diverses formes d'obturateurs centraux. — Le

nombre des obturateurs que l'on a construits depuis la fabrication des plaques au gélatino-bromure est fort grand. Nous avons décrit {voir t. I) les principaux obturateurs : les perfectionnements que l'on a introduits dans ces appareils ont trait surtout k des points de détail. M. Mattioli a construit un obturateur iris composé de trois lamelles. Trois lames en forme de raquette, percées chacune d'un trou circulaire, sont lixéesù pivot sur un disque mobile actionné lui-même par un ressort à boudin, de façon à découvrir au centre du diaphragme fixe d'abord un triangle curviligne résultant de l'intersection des trois

Fig.SS.

ouvertures circulaires, puis un cercle parfait lorsque ces trois ouvertures viennent coïncider, el de nouveau un triangle curviligne lorsque les (rois lames se referment.

Le déclenchement s'opère à volonté à la main ou à la poire en caoutchouc, et un frein permet de graduer la vitesse; les diaphragmes sont percés dans une plaque fixée à l'appareil '.

M. Gilon* a construit un obturateur du même genre qui, comme le précédent, se lîxe entre les deux Jenlilles de l'objectif. Le volume de cet obturateur est des plus réduits. Les pièces de manœuvre étant toutes placées sur le côté de l'instrument, il devient possible de monter cet obturateur sur n'importe quel diamètre de lentille.

1. SMetia itt la Smriitifrançaùe de irlmtiyraphie, 1889, p. 2W. — 2. Photo- Gaiftle, l8&l,p.T2.

OBTURATEURS CENTRAtJX. 147

L'obturateur de MM. Bézu et Hauser se compose essentiellement de deux lames minces suspendues par une de leurs extrémités et percées de deux rainures qui, superposées, figurent un V. Un levier extérieur {fig, 58) porte une petite tige qui est engagée dans ces rainures, de telle façon que, selon qu'il est à un point ou à un autre de sa course, le V se renverse et prend la forme A- Oi^ comprend que les lames sont obligées de se croiser pendant ce mouvement et que l'objectif se trouve masqué, démasqué, remasqué. Comme la course de la tige du levier n'est que d'environ 1 centimètre, il est évident qu'il n'y a pas de chocs violents; il suffit d'imprimer au levier un mouvement plus ou moins rapide pour que l'obturation soit plus ou raoins brève. Cette impulsion est donnée au levier C par un ressort de tension E, formé d'un fil de laiton enroulé plusieurs fois sur luimême. Une de ses extrémités soulève le levier tandis que Tautre s'engage dans les dents d'une crémaillère F, et. selon le point où on l'arrête, donne une tension plus ou moins forte et par conséquent une vitesse plus ou moins grande. On peut avoir des ressorts de force différente, de manière à multiplier encore les vitesses. Pour les changer, il suffit de dévisser le bouton d'attache, ce qui n'ofi're pas la moindre difficulté, le ressort étant complètement détendu aussitôt qu'il est dégagé de la crémaillère. Le déclenchement s'effectue soit à l'aide d'une poire pneumatique, soit à la main^ Cet obturateur est appelé triplex en Amérique. MM. Bézu et Hauser ont construit cet obturateur de manière à l'utiliser pour l'obtention des épreuves stéréoscopiques. Comme les deux obturateurs sont actionnés par le même levier qui est mis en mouvement par un déclenchement unique, les deux épreuves sont prises en môme temps. L'ouverture et la fermeture sont absolument simultanées. Un levier coudé, placé sur le côté, permet de déclencher à la main avec la plus grande facilité, sans crainte d'ébranler l'appareiP.

M. Fleury-Hermagis a récemment adapté à ses aplanétiques un obturateur à deux lamelles qui se loge à la place du diaphragme et se fixe à la monture de l'objectif qui reste intacte.

Sous le nom d'automatique, M. Irunberry construit un obturateur constitué par une guillotine à deux lamelles. Il peut servir à volonté pour les épreuves posées ou pour les instantanées. Il présente ceci de

1. BuUetin de la Société française de photographie ^ 1890, p. 285. — 2. Ihid., 1891, p. 100.

particulier : c'est que sans avoir besoin d'être armé il est toujours prêt à fonctionner, le déclenchement de la lamelle antérieure amenant la lamelle postérieure à la position de départ. Cet obturateur s'adapte soit sur le parasoleil de l'objectif, soit à l'arrière de l'instrument.

Il existe un très grand nombre d'obturateurs à deux lamelles se mouvant soit d'un mouvement rectiligne, soit autour d'un pivot. On ne connaît pas d'une façon précise le rendement de ces instruments; leur étude est à peine ébauchée et l'on ne peut pas en général se fier aux indicatiom que fournissent les constructeurs, indications qui le plus souvent n'ont aucune valeur.

1120. Obturateurs ft une lamelle. — M. Bertbiot a construit spécialement pour les objectifs périgraphes extra rapides un obtura-

teur à une lamelle en forme de secteur, mobile autour d'un pivot placé près de la circonférence du diaphragme. Cet obturateur (fig. 59), qui 36 place entre les deux verres de l'objectif, est très léger, occupe peu de place et peut être armé très rapidement.

MM. Bariquand et Mare* ont établi un obturateur remarquable par son faible volume et sa simplicité : il se place dans la monture de l'objectif, à côté des diaphragmes.

Il est mis en mouvement à distance à l'aide d'une poire de caoutchouc dont le tube s'adapte sur un corps de pompe de dimensions très réduites. Il suffit de déplacer dans un sens ou dans l'autre une petite douille métallique qui coulisse sur ce corps de pompe pour

1. BHlletin de la Saciité françaiie de pkatvffraphU, 1892, p. 329,

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