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APPAREILS SPÉCIAUX

1130. ChAssis à pellicules. — Les pellicules sensibles, dont l'emploi se généralise de plus en plus, peuvent être utilisées en se servant de châssis ordinaires à glaces. On tend ces pellicules soit sur une glace, soit sur une feuille de carton épais ou de bois ; mais il est préférable de se servir de châssis spéciaux, tel que celui de M. Martin-Chavarez, de Grenoble. Dans cet appareil, les pellicules sont placées sur des feuilles de carton portant sur leur pourtour une rainure dans laquelle on fait glisser la pellicule qui se trouve ainsi parfaitement tendue; on place toutes les surfaces sensibles de sorte qu'elles soient tournées du même côté, et l'on peut ainsi faire passer chaque carton porte-pellicule au premier rang sans que le paquet change de place ni de volume.

L'appareil consiste en une boite de bois de l'épaisseur d'un châssis à rouleau ordinaire et à l'extrémité duquel se trouve une sorte de poche en étoffe imperméable dans laquelle on peut introduire la main. Le changement de place des pellicules s'effectue à l'aide de deux petites plaques de cuivre recourbées et terminées par un arrêt placé de chaque côté des parois du châssis en haut et en un petit plancher flexible en bas. On introduit tout le paquet de pellicules dans le châssis et on fait la première pose. Pour opérer la substitution de la pellicule n'ayant pas posé, on introduit la main dans le sac fermé par deux rubans de caoutchouc et ne laissant pas passer la lumière, et on avance l'index et le médium disposés en forme de fourche tout en avant contre le volet; on opère alors avec ces deux doigts une légère pression accompagnée d'une traction en arrière, de telle sorte que le paquet de cartons, y compris celui qui a posé, fasse un mouvement de recul et que le plancher flexible, se relevant après la pression, le retienne derrière les deux petites plaques de cuivre. Le chemin se trouve alors dégagé pour le passage d'un nouveau carton. On presse alors (toujours à l'intérieur du sac) sur une tige à coulisse à ressorts terminée au bas par un crochet et placée contre la porte de derrière. Elle est destinée à faire soulever de quelques millimètres le dernier carton, mouvement permettant de le saisir commodément. On le prend et on l'élève dans l'intérieur du sac. Dès qu'il est sorti du paquet, on le pousse en avant ; il glisse sur

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les plaques de cuivre, dans le chemin qui lui a été ménagé, de manière à venir se placer au premier rang. On opère alors de nouveau une pression sur le paquet, mais en sens inverse, de façon qu'en repassant sous les arrêts il appuie sur le premier carton et rende sa surface plane. Cette manœuvre s'effectue en moins de temps qu'il ne faut pour la décrire et peut être facilement faite en quelques secondes quand on a l'habitude de l'appareil.

La substitution d'un paquet de pellicules à une série de pellicules ayant posé peut s'effectuer très rapidement dans l'obscurité. Les pellicules mises en place sur leur support de carton forment un bloc très facile à transporter et dont le poids, pour trente-deux pellicules, n'atteint pas celui d'une douzaine de glaces préparées. Ces blocs sont disposés avant le départ pour une excursion et le changement d'une trentaine de surfaces sensibles s'effectue en moins de deux minutes dans l'obscurité.

1131. ChAssis à rouleaux. — De nombreux perfectionnements ont été réalisés dans la construction des châssis à rouleaux, grâce à la fabrication des pellicules au gélatino-bromure. La Compagnie Eastmann est parvenue à simplifier la construction de ces châssis, ce qui a permis d'en réduire notablement les prix. D'autres constructeurs ont modifié ces appareils de manière à obtenir une tension bien uniforme de la pellicule et à éviter toute erreur lorsqu'il s'agit de diviser les bandes qui ont posé dans la chambre noire.

M. de Faucompré* a imaginé certains dispositifs qui rendent les opérations automatiques et permettent d'éviter toute erreur dans la mise en position de la pellicule, son numérotage, sa tension, etc. L'opérateur est arrêté brusquement, d'une façon automatique, lorsque la longueur voulue de la pellicule a été déroulée ; un numéro d'ordre indique le rang du négatif qui a été exposé et une aiguille pique la pellicule à l'endroit de la séparation des deux phototypes. La tension de la pellicule placée dans cet appareil est obtenue grâce à l'élasticité de la matière qui la constitue. Cette élasticité, quelque petite qu'elle soit, est cependant suffisante pour compenser le léger recul qui se produit lorsque l'opérateur cesse de tourner le bouton faisant avancer la pellicule. Ce résultat est produit par l'arrêt automatique du rouleau-magasin lorsque la bande sensible, non encore impression-

1. JBuUetin de la Société française de pJiotograjpJiitff 1892, p 391.

née qu'il porte, a parcouru une longueur déterminée : c'est une manière pratique de réaliser la tension parfaite de la pellicule, surtout lorsque le chilsaîs à rouleau est destiné à donner des épreuves un peu grandes. Les rouleaux portant la pellicule peuvent être mis en place et enlevés avec la plus grande facilité, grâce à des pistons munis de

ressorts. Ils sont interchangeables et par suite il n'est pas nécessaire de dérouler la pellicule impressionnée pour l'enlever du châssis; il suffit de retirer le rouleau récepteur qui la porte et de remplacer ce dernier parle rouleau-magasin qui est dévidé. On peut aussi timbrer automatiquement chaque négatif avec un numéro spécial correspondant â celui donné par le marqueur. Ce numéro, visible sur la surface sensible avant qu'elle ait été plongée dans un bain, permet à l'opérateur, grâce aux observations prises pendant la pose, de déter-

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miner avec quelque certitude les précautions nécessaires pendant son développenient.

Le ciiAssis construit par M. Barrière présente ces divers perfectionnements.

Les figures 74 et 75 représentent ce cliûssis fermé et ouvert. Comme on le voit sur la figure, l'appareil est muni d'un volet i!i rideau, dispositif très commode pour éviter toute intioduetion de lumière par les joints. Pour garnir de pellicule sensible cet appareil,

Fi(f. 77. Fis. 7«-

on enlève le couvercle de la boite et l'on dévisse jusqu'à arrêt les deux vis qu'on aperçoit sur le côlé de la boite {(\g. 70) ; on tire alors extérieurement jusqu'il arrêt la manclle du rouleau récepteur ainsi que la poussette; on maintient cette dernière, et l'on peut alors retirer le mécanisme de la boite qui constitue le ch:issis, ou bien mettre en place la bobine de pellicule sensible, en ayant soin de placer à l'extérieur la surface sensible {fig. 77). On remet le mécanisme dans la bolte-ch assis, on ferme le couvercle et l'appareil est prêt à fonctionner. Lorsqu'il s'agît de faire poser un sujet, on presse à fond la poussette (flg. 78) en s'assurant que le compteur a avancé d'un numéro, et l'on fait tourner à droite la manette du rouleau récepteur jusqu'à arrêt absolu {fig. 79). En effectuant ce dernier mouvement, A 13

1?6 TR&rrâ encyclopédique db photographie.

il ne faut pas craindre de tourner fortement la manette pour obtenir une tension absolument parfaite de la pellicule. Pour dégager le rouleau récepteur qui porte la surface sensible qu'on a soumis à l'a^ tion de la lumière, on n'a qu'à déclencher le cliquet d'arrêt du rochel. M. Deneuz a construit un cliàssis à rideau très léger permettant l'emploi facile des pellicules.

1134. Appareil pour photographier par éclairage oblique. — Il est dans certains cas difficile de reproduire des fossiles, des médailles, etc., en un mot, des objets qui n'offrent à l'œil que des

Kig. 78.

saillies et des creux à peine sensibles. M. le D' Bernard n'éclaire l'objet que d'un seul côlé, par des rayons rasant la surface, et supprime totalement toute source lumineuse étrangère *.

Sur le plateau support d'une cliambre noire verticale située à environ trois mètres d'une fenêtre exposée au nord et recevant abondamment la lumière diffuse du ciel, on place une boîte profonde dont le couvercle et l'une des parois sont supprimés. L'intérieur de cette boite est soigneusement enduit de noir de fumée pour éviter tout effet de réflexion et le côté évidé est dirigé vers la lumière.

L'objet à pliotographier est placé sur le fond en c {fig. 80) et orienté de telle façon que la plus grande somme possible des creux de sa surface soit légèrement ombrée. La mise au point étant terminée, on

1. SnUttin de la SoeUti françtnu de photographie, 1891, p. 40.

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glisse un verre dépoli devant l'objet dans deux rainures ménagées sur le bord libre des parois latérales de la boite. Dans les mômes rainures on place un écran opaque, une feuille de bristol noircie ; on fait descendre plus ou moins cet écran, de manière à limiter une petite fenêtre ne dépassant en bauteur la surface à photographier que de quelques centimètres ; on adapte enfin les deux extrémités d'un manchon ou étoffe noire autour de la planchette d'objectif et de l'ori-

fice supérieur, dépourvu de couvercle, de la boîte qui renferme l'objet c; on laisse l'objectif ouvert et l'on démasque la plaque sensible par la simple ouverture du volet du cbâssîs. Les quelques trépidations occasionnées par ce mouvement ne laissent aucune trace sur ■ l'image.

Dans ce cas particulier , on emploie des plaques recouvertes d'émulsion peu sensible, telles que les plaques Lumière, étiquette rouge ; le temps de pose est toujours un peu long.

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113S. Appareils pour agrandissement et reproduction des négatifs. — Lorsqu'il s'agit de reproduire des négatifs, soit pour les agrandir, soit pour en obtenir une copie de grandeur égale, on se servira avec avantage de l'appareil combiné par M. Pussel*, appareil qui peut se ûxer sur toutes les chambres noires. Il se compose {fig. 81) d'une crémaillère de mise au point, se mouvant horizontalement dans une coulisse à pignon, immobilisée par une applique en métal vissée sur la chambre noire. B est une crémaillère de mise en place se mouvant verticalement dans une coulisse à pignon.

Fig. 81.

fixée à angle droit sur la crémaillère A. Le porte-négatif C permet de placer automatiquement tous les verres intermédiaires depuis le format 0"04 X O^Oâ jusqu'à 0"09 X 0"12. 11 est assujetti sur la crémaillère B par un écrou sur lequel il pivote de manière à redresser ainsi, à l'agrandissement, les négatifs dont les lignes droites ne sont pas parallèles aux marges de l'épreuve. Il est bon d'envelopper tout l'appareil avec un voile noir, afin de ne laisser arriver sur l'objectif que la lumière qui a traversé le phototype sur verre.

Pour obtenir le même résultat, M. Mendozza et plusieurs autres constructeurs fixent à l'avant d'une chambre noire ordinaire une sorte de chariot sur lequel se meut un cadre (fig. 82) dans lequel on place le négatif à reproduire. Au moment d'opérer, on recouvre d'un voile noir l'espace compris entre le cadre antérieur de la chambre noire et le négatif comme dans les appareils précédents.

Au lieu d'employer la lumière du jour pour obtenir ces sortes de

1. Bulletin Je la SuciM françaiie i« pliototTapkie, 1891, p. SB.

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reproduction, MM. Merville et Lansiaux utilisent la lumière produite par la combustion du magnésium. Ils placent le négatif dans une boite prismatique placée en avant de l'objectif, de telle sorte qu'ils opèrent en réalité avec une chambre à trois corps (104) dont la partie antérieure est à tiroir. L'emploi de l'éclair magnésique permet d'éviter les vibrations nuisibles à la netteté de l'image; on peut aussi

opérer pendant la nuit et déterminer très exactement la quantité de magnésium nécessaire à la production d'une bonne image.

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