‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 78 sur 178 · I. PaHt-Pkotegrap»e,l6y\,p.S · texte numérisé non relu

I. PaHt-Pkotegrap»e,l6y\,p.S

190 TRAITÉ ENCYCLOpéDlQUE DE PBOTOOBAPÈlfc.

1138. Les Kodaks. — La Compagnie Eastman, dont les cbâssis'à ronleaur (fig. 95) sont universellement employés, a modifié, en la perfectionnant, la construction des appareils à main qu'elle livre sous le nom de Kodaks. Les instruments des plus petits formats ont été simplifiés, ce qui a permis de les livrer à un prix plus réduit. Le Kodak no 2 (jig. 96) est muni d'un viseur et l'objectif possède une série de diaphragmes. Le ii« 3 est

Fig. ve.

un appareil tr^s court, dont la bobino contient de quoi faire soixante négatifs et une vis de vég]age permettant de niettro l'appareil au point à toutes distances (/îfj. 96); mais celte mise au point s'elTectue très facilement si l'on emploie les kodaks no' 4 et 5 folding {Jig. 97 et 98). Ce dernier appareil replié occupe très peu de place, car le soufflet de la chambre se renferme à l'intérieur; la base se rabat de telle sorte que le volume est alors fort

réduit. Un index placé sur la base de la chambre permet de taire très rapidement la mise au point ; le viseur permet d'observer le sujet soit qu'on veuille photographier en hauteur ou en largeur; enfin, l'appareil peut, grâce à un écrou, être placé sur un pied de campagne.

Dans ces derniers temps, la Compagnie Eastman a modifié cet appareil de manière à ce que l'on puisse employer soit des pellicules avec le châssis

à rouleau, soit des glaces en utilisant les châssis négatifs ifig. 9S). Dans ces conditions, le poids el le volume de l'appareil sont fort réduits, et toutes les manipulations s'effectuent comme ù l'ordinaire.

1139. Ttaeurs pour chambres noii^s. — Le viseur à double effet de MM. Londe et Dessoudeix permet de viser à volonté soit verticalement, soit horizontalement. Il se compose d'une boite cubique en métal oxydé portant H l'avant une lentille ; à l'arrière et sur le dessus se trouvent deux verres dépolis sur lesquels l'image peut venir se former; un miroir mobile placé à l'intérieur de la boite est incliné i i5o sur l'ase de la lentille ou bien relevé complètement vers le verre dépoli supérieur. Dans ce cas, l'image se fait sur le verre dépoli postérieur et l'appareil fonctionne comme viseur horizontal. Si le miroir est placé à 45°, l'imago est renvoyée sur le verre dépoli supérieur et l'on a ainsi un viseur vertical.

Ce viseur est destiné k être employé sans voile; il est [donc nécessaire d'abriter les verres dépolis de la plus grande somme possible de lumière extérieure afin d'examiner facilement l'image. Ce résultat est obtenu au moyen d'une partie métallique qui sort en quelque sorte d'abat-jour. Lorsqu'on veut viser verticalement, il suffît de soulever cette partie qui vient démasquer et abriter le verre dépoli ; si l'on veut viser horizontalement, on rabat cette partie et on la tire en arriére : elle vient alors protéger le verre dépoli postérieur pour les visées iiorizontales'. Le simple déplacement de cette pièce provoque le mouvement du miroir dans un sens ou dans l'autre.

Les viseurs généralement employés sont constitués par de petites chambres noires et l'on regarde de haut l'image qui se forme sur la petite glace dépolie de ces chambres noires. M. Davanne* a fait observer que ce mode d'opérer n'est pas correct, parce qu'en appuyant la chambre contre la poi-

- 2. Ihid., 1893,

ttW TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOGRAPHIE.

trine ou l'estomac on obtient l'image du sujet tel qu'on le verrait en s'agenouîllant. Aux viseurs ordinaires il convient de substituer une sorte d'alidade semblable h celle que Itertsch plaçait sur ses chambres noires (830). Cetl« alidade est fonni^e de deux plaques métalliques se relevant paraUèlement, à charnières et à ressorts, et se trouvant alors écartées de quelques centimètres l'une de l'autre. La plaque d'avant n'est en réalité qu'un cadre mÈtallique dont les côtés sont proportionnels à <xux des glaces sensibles employées. On voit, dans ce cadre à jour, le srijet lui-même que l'on veut

Fig. 99,

ptiatogrnjihiereu regardant par le Iroude quelques millimètres qui est percé au centre de la seconde plaque; l'ouverture du cadre et lecart entre les deux plaques sont réglés approximativement d'après le rapport entre la dimension des plaques et la longueur focale de l'objectif. Cette alidade est fixée sur la chambre à la place du chercheur ordinaire. Pour l'emploi, au lieu de placer la chambre noii-e contre soi, comme on le fait le plus sonvent, on l'élûve à la hauteur de l'œil, de telle sorte que l'ouverture de^I'alidade soit tout proche de celui-ci, et l'on vise ainsi comme avec un fusil; la mise en place se fait en quelque sorte instinctivement, puisqu'on voit et qu'on suit le sujet lui-même. Lorsqu'il est bien dans sou cadre, on fait jouer l'obluraleur; on a ainsi l'image telle que les yeux voient le modèle.

- ACCESSOIRES DIVEltS

1140. Boites à rainures. —Les boites à rainures ;dans lesquelles on enferme les plaques sensibles présentent l'inconvénient d'être assez volumineuses, à cause de l'épaisseur des rainures en bois

Fig. 100.

qui séparent les glaces l'une de l'autre. Au lieu d'employer le bois pour la confection de ces boites, M. Monlel se sert de lames métalliques; la boîte ainsi construite est d'un volume très restreint, puisque pour douze plaques de petit format son épaisseur est seulement de O^OS. Le couvercle, à triple recouvrement, préserve l'intérieur de la botte des atteintes de la lumière, même par une exposition prolongée au soleil. La fermeture ordinaire consiste en un simple bracelet de caoutchouc; raais.il est possible d'adapter un cadenas à clef à la courroie qui réunit le couvercle h la boite. M. Montel construit aussi séparément des rainures pour bottes à glaces ; ce sont de minces A la

feuilles de fer-blanc repliées sur elles-mêmes et pouvant se fixer dans rintérleur des boîtes en bois ordinaire. On peut ainsi réduire le volume de la boîte, ce qui est avantageux lorsqu'il s'agit d'expédier des plaques ayant subi l'action de la lumière, ou bien des négatifs complètement terminés. Dans ce dernier cas, les rainures sont inutiles. On place une feuille de papier mince entre chaque plaque, puis on les réunit en un seul paquet serré fortement par du papier ; on prend une boîte un peu plus grande dans chaque sens que les négatifs, on met au fond une couche de papier froissé ou de crin végétal, on place les négatifs dans la boîte, on met par-dessus du crin végétal ou du papier froissé et on ferme le couvercle. Le papier forme ressort et empêche le verre d'être brisé par les chocs survenant en cours de route*.

1141. Éclairage du cabinet noir. — - L'éclairage des laboratoires dans lesquels on effectue les opérations photographiques doit réaliser certaines conditions. Quelle que soit la couleur de la lumière employée pour Féclairage, cette lumière est très fatigante pour les yeux. Il faut que la plaque à traiter puisse être seule éclairée, et que la figure et surtout les yeux de l'opérateur se trouvent dans Tombre.

On emploie en général la lumière qui passe au travers un ou deux verres rouges de couleur foncée; ces verres sont le plus souvent des verres plaqués ou émaillés, c'est-à-dire recouverts d'une mince couche de fondant rouge. Depuis quelque temps on trouve dans le commerce du verre rouge dans toute son épaisseur. On l'obtient en faisant fondre au creuset ouvert les substances suivantes : sable fin, 1,000 grammes; minium, 200 grammes; carbonate de potasse, 300 grammes ; chaux, 50 grammes; phosphate de chaux, 10 grammes; crème de tartre, 10 grammes; borax, 10 grammes; oxyde de cuivre, 48'"5 ; bioxyde d'étain, 6«^5. Par une seule fusion, on obtient ainsi un verre rouge transparent, permettant de fabriquer directement les divers ustensiles de verre, sans qu'il soit nécessaire d'opérer un second chauffage en vue d'intensifier la couleur.

Au lieu d'employer la lumière rouge seule, on peut se servir d'un verre vert que Ton place devant le verre rouge, dans l'intérieur du laboratoire. On peut aussi, comme l'a conseillé Brandshaw*, placer à

1. BHtish Journal of Phatography, 1891, p. 807. — 2. BuUeHn de la Société /rançaiêe de photograpMô, 1883, p. 89.

ÉCLAIRAGE t>D CABtNEt NOiR. lïlS

l'extérieur de la fenêtre du laboratoire un verre dépoli, contre ceiui-ci un verre orangé foncé et enfin un verre vert; on obtient ainsi une lumière de teinte spéciale, ne fatigant pas la vue dans le laboratoire. Cette lumière n'a d'ailleurs qu'une très faible action sur les plaques, action qui peut être considérée comme nulle si les opérations se font rapidement.

M. le capitaine Abaey a constaté que s'il faut 3,500 unités de lumière rouge pour rendre visible un objet, il ne faut que 1,000 unités de lumière orange, 600 de lumière jaune, l(fô de lumière verte, 5 de lumière bleue et 30 de lumière violette. C'est ainsi qu'on peut expli-

Kig. ICI.

quer l'avantage de la lumière jaune ou même verte pour l'éclairage du laboratoire.

Parmi les diverses sources de lumière artificielle que l'on peut employer pour l'éclairage du laboratoire, l'une des plus pratiques consiste à utiliser la lumière électrique, qui développe peu de chaleur et n'émet ni gaz malsain ni odeur désagréable. M. Badiguet a construit une lampe à laquelle il a donné le nom d'électro-photophore. Cette lampe {flg. iOt) se compose d'un bocal en verre contenant une solution de bichromate de potasse. On place dans ce récipient trois vases également en verre, à fond perforé, dans lesquels plongent, lorsqu'on le veut, des zincs et des charbons, de façon qu'on a ainsi, sous un très petit volume, trois éléments montés en tension. Ces zincs et ces charbons sont soutenus par une triple attacbe|qui glisse k frottement le long d'une tige centrale, de sorte qu'il suffit de l'abaisser ou de la soulever pour les plonger dans la solution de bichromate ou les en retirer, et par conséquent pour allumer ou éteindre une petite lampe

TRAITÉ SNCYGLOPâDIQUË DE PHOTOGRAPHIE.

à incandescence de la puissance d'une bougie. Cette lampe est renfermée dans un réflecteur parabolique qui peut tourner autour de la tige centrale et prendre toutes les inclinaisons, ce qui permet de diriger la lumière dans telle direction qu'on juge à propos. L'appareil ainsi construit peut servir pour s'éclairer dans tous les endroits où il peut être dangereux de faire pénétrer un corps enflammé. Pour l'usage photographique, on adapte sur le devant du réflecteur une lunette munie d'un verre rouge ; on obtient ainsi un éclairage convenable, sans chaleur et sans odeur, ce qui n'est pas chose à dédaigner, surtout quand le laboratoire est de petite dimension. Deux bornes

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Fig. 102.

permettent, si un accident est arrivé aux piles de 1 appareil, de l'utiliser avec une pile extérieure.

La lampe donnant un éclairage monochromatique produit par la flamme du sodium a été employée par Bardy, Riche et A, Girard \ et recommandée par Stein^. Gœdike a modifié avantageusement cette lampe en remplaçant le support de platine par des anneaux en fil de fer, ayant une durée de cent à cent quarante heures. Lorsqu'un anneau est hors de service, on le remplace par un autre. La flamme de la lampe est entourée d'un verre jaune. Cette lumière permet de supprimer totalement l'emploi du verre rouge ; elle est, d'après Gœdike ^, absolument sans action sur les plaques les plus sensibles.

Decoudun a utilisé pour l'éclairage du laboratoire la paraffine

1. BuUetin de la Soeiété/rançaùe de photographie, 1875, p. 76. ^2. Iku Liehty 1877, p. 96. — 8. Phat, JHîttheilwiffenf 1889, n« 388.

LABORATOraES PORTATIFS.

fondue. L'emploi d'une simple bougie (231), que l'on trouve partout, est préférable à ce moyen.

1142. Laboratoires portatifs. — M. Dessoudeix ' a combiné un matériel de développement qui permet, sous un faible volume, d'emporter les divers appareils destinés à faire un petit laboratoire provisoire qui, pour le format 0™18 X 0™24, présente les dimensions suivantes : longueur, 0™34; largeur, 0"26; hauteur, 0"19. La boîte extérieure en zinc est destinée à servir de réservoir d'eau ;

Fig. 103.

elle est munie d'un robinet à sa partie inférieure. Dans cette boite se trouve une cuve rectangulaire, munie également d'un robinet : c'est un évier dans lequel on recueille toutes les eaux sales. Un tube de caoutchouc adapté sur le robinet vient aboutir dans un récipient quelconque qui se trouve à terre sous la table sur laquelle on travaille. Dans l'évier se place une cuve à laver à rainures mobiles : ce dispositif très avantageux permet de laver des négatifs de formats différents depuis 0«»18 X 0»24 jusqu'au format 0"08 X 0™09. Dans cette cuve se trouve un vide suffisant pour loger un jeu de six

h BuUetin de la SoeièUfrançaite de photographie^ 1891, p. 339.

TRAITÉ ENGYCIiOPÉDIQUB DE PHOTOGRAPHIE.

cuvettes en celluloïd. Il suffit d'ajouter à ce matériel une autre caisse contenant la lanterne à verre rouge et les produits ; on a ainsi tout ce qu'il faut pour travailler n'importe où assez commodément, pourvu que l'on puisse se placer dans l'obscurité.

Il n'est pas toujours possible d'obtenir en voyage l'obscurité nécessaire aux diverses manipulations photographiques, et, dans ce cas, on utilisera les laboratoires se repliant en portefeuilles ou en bottes. Ces laboratoires, imaginés par M. Poitrineau, peuvent servir dans les appartements et en voyage ; ils permettent de développer des plaques de toutes grandeurs ^ Les grands formats {fig, 102) présentent les

Fig. 104.

dimensions suivantes : 1™ x 0"60 X 0™50. Les portes en s'ouvrant à 45<>, à l'aide d'une tablette et d'un plafond fermés par un rideau ou voile , permettent à l'opérateur de travailler soit assis (fig. iOS\ quand le laboratoire est posé sur une table ordinaire, soit debout {fig, i04\ s'il est posé sur deux tréteaux mobiles de 1^06 de hauteur; l'intérieur est éclairé par deux ou trois ouvertures munies de verres rouges ou d'autres couleurs ; des stores ou des rideaux noirs permettent d'intercepter plus ou moins l'arrivée de la lumière. On a sous la

l BnUetin de la Société fran^ùe de phûtaçraphie, 1892, p. 233,

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