Phat. Nem, 6 juin
RETARDATEURS. 230
dans l'alcool , l'éther, l'acide acétique et les alcalis. Avec le carbonate de soude il donne une solution qui prend facilement une teinte verd&tre. M. Waterhouse s'est servi de 20 à 30 gouttes de gaïacol dans 60 c. c. d'une solution de carbonate de soude à 4 o/o; plus la proportion de gaîcol est grande, plus l'action est rapide. Le négatif est d'un ton jaune brun, à grain très fin , permettant un tirage facile et donnant de bonnes épreuves positives. Ce révélateur se conserve assez bien. Il est probable que c'est à la présence de divers phénols diatomiques qu'est due l'action révélatrice du gaïacol.
1169. Emploi de la réaorcine. — La résorcine commerciale peut développer les images négatives. D'après M. Mathet*, le révélateur à la résorcine est trois fois moins énergique que celui préparé à Thydroquinone, tandis que le révélateur à la pyrocatéchine (438) est, au contraire, plus énergique que celui à l'hydroquinone. £n prenant comme unité un bon révélateur à l'hydroquinone, il a trouvé les résultats suivants : l'énergie de la pyrocatéchine est 1,3, celle de l'hydroquinone est 1, celle de la résorcine, 0,32.
Le D"" Loshe * a trouvé que la résorcine ajoutée à un bain à l'hydroquinone exerce une action fortement retardatrice sur ce révélateur et en môme temps augmente sa durée de conservation. Le révélateur à l'hydroquinone, même fraîcTiement préparé, additionné de résorcine, développe sans produire de voile et fournit des négatifs intenses. On peut adopter la formule suivante : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude, 30 grammes; hydroquinone, l^^b; résorcine, Og'4; soude caustique, 20 grammes; une plus grande quantité de résorcine augmente l'action retardatrice.
1170. Retardateurs. — On emploie avec presque tous les développateurs une petite quantité de bromure de potassium. D'après Meldola', le pouvoir retardateur de ce bromure serait dû à la formation d'un sel double avec le bromure d'argent seul. On n'a pas isolé ce sel, mais son existence parait probable, comme semble l'indiquer la solubilité du bromure d'argent dans les solutions concentrées de bromure de potassium.
Le retardateur est quelquefois employé pour obtenir des images très brillantes. Pour atteindre ce but, lorsqu'il s'agit de reproduire un dessin au trait, une gravure, etc., M. Wilde * se sert de Teau iodée. Le temps de pose à la chambre noire doit être le double de celui qui serait nécessaire si Ton employait le procédé ordinaire. A 100 c. c. de bain révélateur, il ajoute dans la cuvette de développement 10 c. c. d'un liquide préparé par le mélange à parties égales des deux solutions suivantes : A) alcool, 1,000 c. c. ; iode sublimé, 5 grammes ; B) eau, 1 litre; bromure de potassium, 70 grammes. Par un développement prolongé, on obtient une intensité qu'il n'est pas toujours possible de produire, même en se servant de plaques préparées au coUodion et renforcées. Les reproductions de gravures, cartes, plans, etc., s'obtiennent très aisément avec des glaces au gélatino-bromure et ce retardateur mélangé à un bain d'hydroquinone.
1. U Amateur photographe, p. 163. — 2. Phûto-Gazette^ 1891, p. 65. — 3. Phot, Times ^ 1890, n« 465. — 4. Phot, Naohrichten, 1890, n* 4.
Plusieurs opOrateurs ont recommandé d'immerger la plaque sensible dans l'eau avant le développement, surtout lorsqu'il y a eu excès de pose; mais cette pratique n'est pas à recommander. La durée du développement est bien prolongée, tout comme si l'on employait un retardateur, mais ce bain préliminaire provoque souvent la formation d*une sorte de voile dans les ombres et dans les demi-teintes*.
1171. Accélérateur. — Lorsque Ton se servait du révélateur au fer, on employait souvent un accélérateur (429) qui consistait en une solution très étendue d'hy])08ullite de soude. Ce liquide ne pouvait pas servir avec le bain pyrogallique. M. le capitaine Himly a indiqué le mode de préparation d'une li(iueur convenant à l'un et l'autre de ces bains. On mélange d'abord: A) eau, 1,000 c. c. ; limaille de zinc, 200 grammes; acide sulfurique, 100 gouttes (soit environ 5 c. c); on agite de temps en temps le flacon contenant ce mélange, on laisse déposer pendant quelques jours et on ajoute 500 grammes de sulfite de soude. B) Dans i,000 c. c. d'eau, on fait dissoudre 500 grammes de sulfite d'ammoniaque, on mélange les deux liqueurs A et B par parties égales, ce qui constitue la dissolution mère. Si l'on désire remployer avec le révélateur pyrogallique, à chaque litre de dissolution mère on ajoute 20 grammes de sulfocyanure d'ammonium ; si, au contraire, on veut l'employer avec le révélateur au fer, on ajoute 80 grammes de citrate de fer et d'ammoniacîue à la môme quantité de dissolution mère. Ces deux licjueurs se conservent longtemps en flacons bien fermés ; il suffit de filtrer les liquides de temps en temps.
Lors(ju'on emploie cet accélérateur avec l'acide pyrogallique, on additionne 1 litre de bain de développement de 25 c. c. de liqueur accélératrice; si, au contraire, on révèle à l'aide du bain de fer, on emploie 50 c. c. de liqueur accélératrice par litre de bain. Une plus forte quantité produirait le voile.
1172. Développement en pleine lumière. — On a proposé de développer les plaques à la lumière du jour. On arrive à ce résultat* en ajoutant H chaque demi-litre de révélateur a l'hydroquinone 35 c. c. de la solution suivante : alcool, 500 c. c; eau, 500 c. c; aurantia, 300 grammes; carmin d'aniline, 150 grammes; on agite fortement cette dissolution, on la filtre. Les plaques doivent être transférées des châssis dans le bain révélateur sans subir l'action de la lumière, et, dans ce but, on a construit des châssis à escamoter qui s'ajustent sur des cuvettes spéciales. Les deux appareils étant réunis, on fait tomber dans le bain de développement la plaque à développer ; après quelques secondes d'action , aussitôt que l'image a commencé à i)araitre, on peut suivre le développement ù la lumière du jour sans que Ton ait à redouter que le négatif soit voilé. On trouve dans le commerce, sous le nom de nucktigonia, une teinture de couleur antiphotogénique qui, mélangée au bain révélateur, permet de suivre le développement à la lumière du jour.