‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 143 sur 176 · CHAPITRE VI. H'Jt · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. H'Jt

vienne à toucher deux points de ce circuit avec les deux pôles d'un autre élément, le sens du courant étant le même, le courant de ce nouvel élément passe dans le premier circuit, entre les points touchés, de la même manière que si cette portion du cin^uitse trouvait à l'état naturel. 11 résulte de là que les deux courants se siiperposent et s'ajoutent, de telle sorte que chacun d'eux se propage et se ramifie comme s'il était seul.

§ m. De la mesure relative des sources thermoélectriques et des sources hydro-électriques.

1286. M. Pouillet a résolu une question qui ne l'avait pas été jusqu'ici, du moins aussi complètement; c'est celle qui concerne les rapports d'intensité qui existent entre les courants thermo-électriques et les courants hydroélectriques.

Pour comparer les intensités des sources thermo-électriques aux intensités des sources hydro-électriques, ce physicien a employé une méthode dont nous avons fait usage pour la détermination de l'intensité d'un courant dans une portion d'un circuit métallique, laquelle consiste à affaihiir le courant provenant de la dernière source en le faisant passer par un fil de platine d'une longueur suffisante pour que le courant n'ait plus que l'intensité nécessaire pour faire équilibre au courant tliermo-électrique , les deux courants produisant le même effet sur une boussole de sinus à multiplicateur.

Dans une de ces expériences, on a dû employer un fil de platine de 180 mètres de longueur, en y comprenant la résistance de la pile déterminée préalablement et la longueur des fils additionnels, et de -ri-;^, de millimètre de diamètre, pour que le courant fourni par une pile à la Wollaston, de 12 paires, fît équilibre au courant produit par un élément bismuth et cuivre dans un circuit de 20 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre avec une différence de /[2°,3. Au moyen des lois établies, on en a conclu qu'une semblable pile a une intensité qui est

I']1 MESURE RELAT. DESSOURC. TIIERMO-ÉLEC. , ETC.

j i/j,ooo fois plus grande que riiiknsité du courant de l'élénient Ijisnuitli et cuivre, produit par une difïérence de tenipéralure de un degré entre les deux soudures.

A l'aide des formules d'intensité, on voit pourquoi les sources ihernio-électriques agissent fortement sur l'aiguille aimantée et produisent à peine des actions chimiques, tandis que le contraire a lieu pour les courants hydro- électriques; car si l'on transmet, par exemple, un courant ihermo-électiique dans un liquide quelconque, ce li(juide, qui est mauvais conducteur, équivaut à une longueur excessivement grande du circuit primitif, et réduit par conséquent son intensité dans une semblable proportion.

Quant aux sources bydro-électriques , elles sont telles (|ue l'appareil qui les constitue, présente toujours une résistance considérable en raison de l'alternative des liquides et des bons conducteiu's, tle soi le que le courant, en ti'aversant l'appareil, se trouve déjà affaibli autant que s'il avait déjà traversé une très-grande longueur de fil; il en résulte que si on lui présente un liquide qui soit équivalent, par exemple, à dix mille mètres d'un fil de cuivre de i centimètre de diamètre, le courant provenant d'un élément à la Wollaston , ne seia réduit qu'à moitié après avoir traversé ce nouveau circuit. Il se trouve donc alors posséder une grande énergie pour le traverser et opérer des décompositions,

M. Pouillet en cbeicliant à établir le rapport de conductibilité entre les liquides et les métaux, en prenant pour unité celle du mercure, a commencé par examiner si l'intensité des courants qui parcourent les liquities est, connue pour les métaux, en raison directe de la section, et en laison inverse de la longueur. Il a préparé à cet effet différents systèmes de tubes, composés chacun de deux tubes égaux en tous points, d'une longueur d'environ un demi-mètre pour les tubes à petite section, et d'un diamètrequi variait de3 à 8 millimètres, etd'une longueur d'un mètre pour les tubes à grande section, dont le diamètre avait depuis lo jusqu'à 20 millimètres. H a fait passer

le courant d'une pile de j i paires par la boussole de sinus, et à travers le liquide contenu, soit dans l'un des tubes, soit dans les deux.

En opérant sur des dissolutions de diverses natures, il a trouvé que l'intensité était rigoureusement en raison directe de la section , et en raison inverso de la conductibilité, comme Fecbner l'avait déjà reconnu.

Dans ces expériences , il a négligé la résistance de la pile, ainsi que la longueur du fil de la boussole, parce que ces conducteurs réunis ne formaient, en longueur réduite , qu'une très-faible portion de la longueur du liquide des tubes soumis à l'expérience.

La communication avec le liquide des tubes a toujours été établie avec le métal dont l'oxide se trouvait dans la dissolution. Il a pris le cuivre pour le sulfate de cuivre, le zinc pour le suiflite de zinc , et enfin le platine pour l'eau pure ou acidulée. La loi de l'intensité des courants étant la même pour tous les conducteurs, rien n'a été plus facile que de comparer la conductibilité des liquides à celle des métaux.

11 a déterminé avec une certaine exactitude la conductibilité d'un liquide particulier, afin de s'en servir comme de type à l'égard des autres liquides. Il a pris pour liquide d'épreuve le sulfate de cuivre saturé à la température de i5'~', qu'il a mis dans un tube borizontal d'un mètre de long et de 10 millimètres de diamètre. A côté de ce tube, il a disposé un fil de platine de îioo mètres de long et il a fait passer le courant de la pile de 12 éléments par la boussole pyrométrique et le sulfate de cuivre, puis le même courant dans la boussole pyrométrique et le fil de platine, dont on a varié la longueur jusqu'à ce que la déviation ne fût plus que de 11 degrés. H a trouvé que \Zi mètres de fil de platine équivalent exactement à une colonne de sulfate de cuivre de i mètre de longueur et de 20 millimètres de diamètre. Pour produire ces effets, il faut que les conductibilités du platine et du sulfate de cuivre soient entre elles comme le rapport inverse des sections V. 18

a74 MKSURE RKLAT. DtS SOURC. THF.RMO-ÉLEC. , ETC.

multiplié par le rapport direct des longueurs. En effectuant ce calcul, il a trouvé ijue la conductibilité du platine est plus de i millions et demi de fois plus grande que la conductibilité d'une dissolution de sulfate de cuivre.

Il a comparé ensuite la conductibilité du sulfate de cuivre à celle des autres liquides, au moyen de deux appareils composés cbacun de tiois tubes cylindriques, d'un demi-mètre de longueur, dont les diamètres sont entre eux. comme les nombres i, *2, 4- I^^ p'"^'!* petit est de 3 à 4 millimètres. Ces tubes sont fermés à leur extrémité inférieure par des boucbons de cuivre rouge, qui peuvent s'enlever à volonté; puis à leur extrémité supérieure ils reçoivent de petites tiges pareillement de cuivre, ([ui peuvent être enfoncées plus ou moins, de manière à faire entrer dans le circuit électrique des colonnes liquides plus ou moins longues, depuis (juekjues millimètres jusqu'à 5o centimètres. L'un des appareils est rempli d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre, pour servir de ttpê aux licjuides bons conducteurs, et l'autre contient une dissolution plus ou moins étendue de sulfate de cuivre, pour servir de type aux mauvais conducteurs. Voici quelques-uns des résultats qu'il a obtenus :

Ûissoliitinns. Conductibilltës.

Dissolution saturée i

Id. étendue de i vol. d'eau o,64

Id. de 2 vol. d'eau o,44

Id. 4 volumes d'eau o,Ji r

Id. saturée de sulfate de cuivre i,oo

Id. saturée de sulfate de zinc o,4 i 7

Eau distillée 0,00 2 5

Eau avec — vtt d'acide nitrique 0,01 5

Dans les résultats que nous venons de ra|)porter, il n'a pas été tenu compte de la perle d'électricité qui a lieu quand l'électricité passe d'un métal dans un liquide.

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