‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 77 sur 176 · CHAPITRE VtlT. l4l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VtlT. l4l

l'on traite la masse par l'eau, il y a dégagement de gaz oxigène pur; ce qui annonce qu'il s'est formé du peroxide de potassium. Il se précipite en même temps des flocons de deutoxide de cuivre et des petits cristaux de même nature, dont plusieurs ont queI(|uefois i ou 2 millimètres de longueur, lorsqu'une partie de la potasse a été transformée en peroxide de potassium, et que le refroidissement a été lent. Ces cristaux sont des octaèdres réguliers d'un vif éclat métallique. Ils se forment à l'instant où commence le refroidissement, car il est impossible de les distinguer dans la masse solide avant le lavage; ils ne renferment aucune trace de potasse et jouissent de toutes les propriétés propres au deutoxide de cuivre. On doit ajouter que le succès de l'expérience dépend de la pureté de la potasse; car si l'on emploie de la potasse h la chaux, il y a à peine apparence de cristaux dans le précipité.

On peut se faire ici deux questions : La potasse formet-elle avec l'oxide de cuivre deux combinaisons, dont l'une est stable tant qu'elle n'a pas le contact de l'eau, et dont l'autre est détruite au-dessous d'une certaine température ? ou bien : Le peroxide de potassium qui se forme, comme l'annonce le dégagement d'oxigène, jouitil de la propriété de dissoudre à une certaine température une portion de l'oxide de cuivre, tandis que l'autre se combine avec la potasse non décomposée ? L'expérience suivante sert à fixer les idées à cet égard.

On a mis dans un tube de verre, fermé par un bout, un décigramme de deutoxide de cuivre, avec quelques décigrammes dépotasse; l'autre bouta été effilé à la lampe, et on l'a fermé tout à fait quand une partie de l'eau a été chassée. La température a été portée ensuite au rouge naissant. Après le refroidissement, la masse a été traitée avec l'eau ; il ne s'est précipité que des flocons d'oxide de cuivre sans cristaux. Ainsi l'oxide a été dissous comme à l'ordinaire par la potasse; or, comme il n'y a pas eu formation de peroxide de potassium, cette expérience prouve que la production de ce composé dans le creuset

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d'argent a été une cause déterminante pour la dissolu- I tion et la cristallisation du dcutoxide de cuivre.

I.a formation des cristaux de dcutoxide de cuivre s'opère, avons-nous dit, toutes les fois (jue le creuset reste assez longtemps au feu j)our cju'il y ait |)ro(luction de peroxide de potassium ; mais si on l'y maintient ii la température rouge, pendant quelque temps , tout le deutoxide se change en protoxide. Les cristaux de ce composé ont une couleui' rouge de bricjue, et sont beaucoup plus petits que c(;ux de deutoxide. Il est probable (jue , dans cette transformation, le deutoxide cède laie portion de son ; oxigène au protoxide de potassium, pour le faire [)asser à J'état de peroxide.

Le protoxide de plomb, traité de la même manière que le deutoxide decuivie, donne des lames carrées et ' même des petits cubes de protoxide, quand on laisse le creuset exposé peu de temps à hvelialeur; mais si cette action est continuée pendant quelque temps, le |)rotoxide ' passe à l'état de peroxide, qui cristallise en lames hexagonales d'une couleur puce avec des reflets jaunâtres.

Le phosphate et le sulfate de plomb, traités de la même manière, sont entièrement décomposés par la potasse, suivant la durée de l'expérience et le degré de chaleur. On obtient des cristaux de protoxide ou de deutoxide.

L'oxide de cobalt a été obtenu par la même méthode en lames carrées qui paraissent dépendre du même système cristallin (pie les cristaux de deutoxide avec lesquels ils sont isomoi-phes. L'oxichî de zinc se présente sous la forme d'aiguilles cristallisées de couleur jaune sale. L'oxide de cobalt n'a pu donner des cristaux, ainsi que le pei'oxide de ic\\ qui se dissout très-bien à l'aide de la chaleur dans celui de potassium, et dont il se sépare par le lavage en flocons rouges, avec un dégagement rapide de gaz oxigène pur. Tels sont les oxides qu'on a pu obtenir cristallisés jusqu'ici par le procédé que nous venons d'indiquer.

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