‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 8 sur 176 · CHAPITRE II. î · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. î

nitrique concentré, on ne peut clouter qu'il n'y ait déjà une action chimique, faible à la vérité; mais si on y ajoute une goutte d'eau, qui se répand aussitôt dans tout l'acide , la particule de ce liquide, qui se trouve en contact avec les particules acier et acide, sert a constituer un couple voltaïque , dont l'action contribue à activer l'effet chimique.

M. Pelouze, qui a étudié ce phénomène, a trouvé que l'acide nitrique très-concentré n'attaque pas sensiblement la couleur bleue du papier tournesol bien sec et ne réagit même pas sur la craie à l'aide de l'ébullition.

Il existe un bon nombre de faits analogues aux précédents.

io35. On doit rapporter à des effets du même genre la différence que présente l'intensité de l'action chimique de l'acide sulfurique sur le zinc, suivant que ce métal est très-pur ou mélangé. Le zinc pur^ plongé dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, est à peine attaqué dans les premiers moments, tandis que le zinc du commerce, placé dans les mêmes cii-constances, produit une grande quantité de gaz. M. de Larive, qui a observé ce fait, a cherché à déterminer les circonstances qui influent sur la quantité de gaz hydrogène que peut produire, dans un temps donné, l'action qu'exerce sur le zinc l'acide sulfurique étendu d'eau.

Il résulte de ses expériences, que la proportion d'eau et d'acide sulfurique qui donne nùissance, par son action sur le zinc, à la plus grande quantifé de gaz hydrogène, est celle dans laquelle l'acide entre dans la solution pour 3o à 5o pour loo en poids; que cette même proportion est celle qui est la meilleure conductrice de l'électricité; que la différence que l'on observe entre le zinc distillé et le zinc du commerce, sous le rapport de l'action qu'exerce sur eux l'acide sulfurique étendu d'eau, paraît provenir des substances étrangères qui sont mélangées avec le zinc dli commerce, et particulièrement du fer qui s'y trouve toujours en plus ou moins grande quan-

iG DFS cnANO. (;iii:\r. prod. dans lfs coups, etc.

tité; (juc l'influence de ces suljslances hétérogènes semble, d'après tontes les eiieonstances (jni l'aceonipagnent, cire due à un effet électri([ue (|ui résnite de leue contact avec les particules plus oxiilahles de zinc.

Tl est inutile d'ajouter d'autres faits à ceux qui précèdent pour indiquer rinfliience (|ue l'eau exerce quelquefois sur certaines réactions chimiques.

§ IL Des changements chimiques produits dans les coj'ps par le frottement , la poiphyrisation et la désagrégation.

io36. Avant d'aborder l'importante question de la décomposition des roches et en général des corj)s (pii se trouvent à la surface du globe, ou à peu de distance de cette sin^face, dans l'intérieur, nous devons reprendre une question que nous n'avons fait ([n'indiquer (i), celle qui concerne les décompositions chimiques produites par diverses actions mécaniques simples, qui sont ordinairement acconq)agnées d'effets électri(|ues ([ue nous avons décrits.

Lorsqu'on clive un minéral quelconque régulièrement cristallisé non-conducteur de l'électricité, chaque surface séparée enqiorle avec elle un excès d'électricité contraire. Ce phénomène n'est soumis à aucune loi, puiscjue chaque face, sendilablement placée par rappoi't à Taxe du cristal, ne prend pas toujours la même espèce d'électricité. Nous avons inféré de là que le clivage, ainsi que diverses autres actions mécaniques, qui donnent lieu à un dégagement d'électricité analogue, sont pi'obablement accompagnés de décompositions chimiques.

Pour reconnaître s'il v a décomposition chimique, ou non, quand on clive un minc'ral, ou (|u'on le soumet à la porphvrisation, il faut opérer sur des substances dont les éléments ne peuvent se condjiner immédiatement

(i) Tome II, p. 75.

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