CHAPITRE Xf. I 5 f
4° 4i' et l$° 5, et y joignant l'inclinaison 700 3o' qui répond à la première, on trouve, par cette même proportion, 83" 5a' pour l'inclinaison à la haie de Baffin , c'est-à-dire a3' de moins que celle qui a été directement observée. On jugera sans doute remarquable qu'au moyen de variations de la boussole, observées à bord d'un même vaisseau, en deux lieux de la terre aussi éloignés l'un de l'autre, et de L'inclinaison mesurée en l'un de ces points, on puisse calculer, à moins d'un demi-degré près, l'inclinaison relative a l'autre.
Dans les diverses applications que M. Poisson a pu faire des formules de ce mémoire aux. observations, le sens des déviations observées a toujours été celui que la théorie indiquait. En grandeur absolue, les différences entre le calcul et lVxpérience ont été peu considérables , mais non pas aussi petites cependant que dans les exemples que je viens de citer. Il y a lieu de croire qu'elles diminueraient encore et pourraient être attribuées entièrement aux erreurs des observations, sur un vaisseau préparé d'avance, de manière que la distribution des masses de fer approchât autant qu'il est possible de la symétrie, de part et d'autre de la section principale. Mais, dès à présent, l'accord du calcul et de l'observation est bien suffisant pour ne laisser aucun doute sur l'exactitude de la théorie et de ses applications à la pratique.
Puisque le problème présente deux inconnues à déterminer, l'inclinaison et la déclinaison vraies, il y faut Employer deux données de l'observation. Celles qu'exigent les formules de ce mémoire que j'ai citées jusqu'ici , sont les angles de la section principale du vaisseau cl de la direction apparente de la boussole, avant et après que l'on a fait tourner cette section d'un angle connu; mais on peut éviter cette manœuvre au moyen d'autres formules que l'on trouvera ('gaiement dans le mémoire de M. Poisson, et dont l'application sera, à ce tjii'il croit, plus immédiate et par conséquent plus commode dans la pratique. Pour cela, il suppose que, sans eban-
}5l RFCIIER. ANALYTIQUES DE M. POISSON.
ger la symétrie des masses de fer, on y ajoute un mo ccau de ce métal, assez rapproché de la boussole po en changer notablement la direction, et qui pourra être, par exemple, la plaque de M. Barlow, mais sans qu'elle soit assujettie à faire disparaître ou à doubler les déviations de l'aiguille. Par l'effet de cette addition, les deux constantes contenues dans l'équation d'équilibre prendront des valeurs différentes de celles qu'elles avaient auparavant, que l'on déterminera, comme celles-ci, au départ du navire, et qui dépendront de la position qu'on aura donnée à la plaque. Cela posé, lorsque le vaisseau sera parvenu en un point quelconque du globe, on observera, sans rien changer a sa direction et sans connaître même l'azimut de sa section principale, les angles différents que fait cette section avec la direction apparente de la boussole, soit quand la plaque agit sur l'aiguille, soit lorsqu'elle est assez éloignée pour ne plus exercer une action sensible; puis, au moyen de ces deux données de l'observation, on calculera facilement l'inclinaison et l'angle que fait la direction vraie de la boussole avec la section principale, en sorte qu'il ne restera plus qu'à orienter le bâtiment par les moyens ordinaires, pour connaître la déclinaison vraie au lieu de l'observation.
Dans le mémoire dont je viens de donner un extrait, se trouvent plusieurs considérations sur le magnétisme terrestre, dont je ne puis me dispenser de parler ici, en raison de leur importance. M. Poisson a réuni dans un premier paragraphe les formules connues qui se rapportent aux directions et aux oscillations de l'aiguille horizontale et de l'aiguille d'inclinaison. Il a aussi rappelé dans ce même paragraphe le procédé qu'il avait indiqué autrefois pour comparer les intensités de la force magnétique du globe en deux lieux différents et à des époques éloignées l'une de l'autre, au moyen de deux aiguilles aimantées et librement suspendues, soumises à leur action mutuelle et à celle de la terre , et qui peuvent n'être pas les mêmes à ces deux époques. M. Gauss a fait