‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 103 sur 397 · CHAPITRE XI. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. I

plus que de les indiquer, il a mis en pratique un procédé analogue à celui-là, dans lequel cet illustre géomètre a substitué la mesure de la direction des aiguilles à l'observation de leurs oscillations que M. Poisson avait proposée. En prenant implicitement pour unité de force l'action attractive ou répulsive des fluides magnétiques sous l'unité de masse et à l'unité de dislance; en choisissant, en outre, le millimètre, la seconde sexagésimale, la masse dont le poids est un milligramme, pour unité de longueur, de temps, de quantité de matières, M. Gauss a trouvé 4,Bo85 pour le nombre qui exprimait, à Ga^ttingue et Eu milieu de i83a, la force magnétique du globe. Pour que l'on en pût conclure le rapport de cette force à la gravité, il faudrait que, sous des masses égales et à la même distance , le rapport de la puissance magnétique à l'attraction newtonienne nous fût connu. D'après l'observation de la pesanteur à la surface de la terre, la longueur de son rayon, sa densité moyenne déterminée par Cavendish, nous pouvons facilement connaître la mesure de cette attraction, c'est-à-dire, la vitesse que l'attraction d'une masse homogène, sphérique et prise pour unité, imprimerait en une unité de temps à un point matériel, d'une nature quelconque, ainsi que la masse attirante, et situé à l'unité de distance du centre de ce corps. Mais quant à la mesure absolue du pouvoir magnétique, je ne vois aucun moyen de la connaître ni même de savoir, à la rigueur, si cette puissance varie avec le temps : au lieu du nombre 4, 8083, déterminé à Gœttingue, si l'on en trouvait un autre dans le même point du globe, mais à une époque très-éloignée de la nôtre, on ne pourrait pas, en effet, décider si ce changement proviendrait de ce que la force magnétique de la terre aurait varié dans l'intervalle par une cause locale ou générale, ou bien de ce que la puissance attractive ou répulsive, inhérente aux particules du fluide magnétique, serait devenue plus grande ou plus petite. Nous savons seulement que cette puissance est immensément plus grande que l'attraction universelle; mais,

Page 1