‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 227 sur 335 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DE L'INFLUENCE DE LA CHALEUR SUR LES PIÎO- PRIÉTÉS MAGNÉTIQUES DU FER, DE L'ACIER ET DES AIMANTS.

§ V^. Des propriétés magnétique] du fer et de V acier incandescents.

11']. Newton, dans son optiqne , a avancé que le fer rouge ne jouit pas de la propriété magnétique. Le P. Rircher (i), au contraire , assure que l'aimant attire le fer rouge aussi bien que le fer froid. Des résultats aussi contradictoires ont dû attirer Taltention des physiciens. Déjà Cavallo (2) avait remarqué qu'ils provenaient d'observations faites à différents degrés de température. Il annonça seulement que le fer, à la température rouge, avait un pouvoir plus grand sur l'aimant que lorsqu'il était froid, et moindre au rouge blanc.

M. Scoresby avait fait la même observation. M. Barlaw a repris ses expériences, et a trouvé la véritable cause des résultats contradictoires obtenus par Newton et le P. Kircber.

Les barreaux de fer qu'il a soumis à l'expérience sont des parallélipipèdes de 24 pouces de long et de i pouce '- de coté ; placés dans le méridien magnétique sous l'angle de l'inclinaison magnétique et à une certaine

(i) De Magneti, lib. i. Philosop. transac, y. 18, n" 214. (2) On Magnetism , p. 3 12.

362 PROP. MAGNÉT. DU FER KT DK l'aCIER INCAN.

distance d'une boussole, ils ont donné les résultats suivants à la tenipéialure ordinaire.

inagiii-ti<|ue.

Fer malléable loo

Acier fondu uoii trempé..

Acier ^blisteied^iioiitiempt

Pouvoir

iiKignetiqii'

Acier ( shear ) trempé. ... 5 >

.\cier ( hlistired ) tieinpé. . T) i

Acier foiidii trempé 4';

AN

Acier (shear 1 non trempé. 66 Fer iondii

Nous voyons que plus l'aciei' est doux, plus son pouvoir magnétique est grand. M. Barlow voulut déterminer à quel degré de elialeiu' l'action magnéli(|ue de ces différents métaux se rapproche l'une de l'autre: il a fait chauffer au rouge blanc des barres de fer, d'acier, etc., d'égales dimensions, et les a j)lacées conniie dans l'expérience ci-dessus.. La fonte de fer, (|ui avait le pouvoir le plus faible à la température* ordinaire, excéda le pouvoir des autres au rouge blanc. Le fer malléable, qui avait le pouvoir le plus fort, devint le plus faible quand il fut chaud, et il finit par n'exercer aucune action sur l'aiguille, cjuand on l'eut chauffé au blanc.

Cette action, au contraire, est très-intense à la chaleur rouge de saug. Il existe, en outre, une température intermédiaire où elle s'exerce en sens contraire ; c'està-dire que si l'on place l'aiguille et le baireau de manière que l'extrémité nord de l'aiguille soit attirée par le fer à froid, ce sera l'extrémité sud que le ïev attirera lorsqu'on aura élevé sa tempéiature. On observe cet effet quand le fer passe par les nuances de rouge brillant et de chaleur rouge.

•j. 1 8. Pour connaître toutes les circonstances de ce phénomène, M. Barlow plaça l'aiguille à l'ouest de la barre, à environ 4 pouces au-dessous de son extrémité supérieure, et à 6 pouces et demi environ de distance. A la chaleur blanche, le barreau n'exerça sur* l'aiguille aucune action sensible; à la chaleur rouge de sang, l'aiguille fut déviée de 70*^ degrés. En soulevant le barreau de manière que son extrémité fût élevée de 4 pouces audessus du plan de la boussole, on obtint d'abord les mêmes résultats que ci-dessus; mais aussitôt que le bar-

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