THEORIE 3IATHEMATÏQUE DES PHÉNOMÈNES MAGNÉTIQUES DE ROTATION
245. Plusieurs théories ont été imaginées pour expliquer les phénomènes magnétiques de rotation ; nous ne nous y arrêterons pas, parce qu'elles ont été renversées par les belles découvertes de M, Faraday sur l'induction magnétique, dont nous parlerons dans le livre suivanj:. Nous donnerons seulement un exposé de la théorie magnétique que M. Poisson a donnée de ces phénomènes, attendu que les résultats analytiques coïncidaient tellement avec ceux de l'observation , à l'époque où elle parut, le 10 juillet 1826, que les physiciens doivent la prendre en considération , quelles que soient les idées qu'ils aient adoptées sur la cause première de ces phénomènes.
M. Poisson, pour expliquer la différence d'action du magnétisme des corps, flans l'état de repos et dans l'état de mouvement, remonte aux premiers principes qui ont servi de base à sa théorie du magnétisme. On a vu dans le chapitre précédent qu'il attribue tous les phénomènes magnétiques à deux fluides impondérables, soumis aux lois générales de l'équilibre et du mouvement , et qui peuvejit exercer sur les corps, en vertu de l'action récij)roque de leurs particules, des pressions qui peuvent être mesurées. La loi de leur attraction et de leurs répulsions est celle de la raison inverse du carré de la distance. La différence essentielle qui existe entre ces
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deux Iluicles, et ceux auxquels sont dus les pliénomènes électricjues, consiste en ce que les deiniets peuvent passer d'une molécule à une autre, et parcourir toute I étendue d'un corps, tandis que, dans l'acte de l'aimantation, les particules des deux fluides magnétiques n'éprouvent que des déplacements si faibles ([u ils n'ont {)as encore pu être appréciés. M. Poisson appelle éléments magnétique les petites portions des corps dans lesquelles les fluides boréal et austral j)euvent se mouvoir, et qui sont séparées les unes des autres par des intervalles imperméables au magnétisme.
La proportion de la somme de leur valeur au volume entier de chaque corps, (jui n'est pas la même dans les différents corps, suffit pour montrer comment, dans l'état (le repos , ces matières donnent des signes de magnétisme plus ou moins mar([ués sous l'influence des mêmes forces extérieures.
Nous avons vu ce ([ue c'était ([ue la force coercitive dans les aimants, et dont les effets peuvent être comparés à ceux tlu frottement dans les machines. M. Poisson admet que les substances où cette force est nulle ou insensible , et oii l'aimantation se produit dès que la moindre force extérieure commence à agir, que ces substances, dis- je, exercent une action analogue à la résistance des milieux sur les pai'ticules des deux fluides, hujuelle action retarde le mouvement des fluides dans l'intérieur des éléments magnétiques, et qui peut être très-différent dans les différentes matières. 11 attribue à cette espèce de résistance particulière à chaque substance, les phénomènes magnéti(|ues des corps en mouvement.
Suj)posons donc, avance M. Poisson, «qu'on ap- « proche un aimant d'une matière où la force coercitive « est insensible, et où les éléments magnétiques sont « en proportion (juelconque, aussitôt la décomposition « du fluide neutre commencera dans les éléments , et « elle continuera jusqu'à ce que l'action du fluide libre « fasse équilibre à la force extérieure, ce qui ne man-